Rover est un ancien constructeur automobile britannique, actif de 1904 jusqu'à sa faillite en 2005. D'abord fabricant de cycles à la fin du , l'entreprise se spécialise dans les automobiles haut-de-gamme dès le début du , segment dans lequel elle parvient à s'imposer au cours des années 1930. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Rover expérimente la propulsion à gaz et, tout en continuant à proposer des berlines de standing, s'impose comme un constructeur de premier plan de véhicules tout-terrains, avec les Land et Range Rover.

La qualité de ses produits, comme leur performance, était reconnue à tel point que son premier modèle d'après-guerre essayé par le magazine Road & Track en 1952 a été décrit comme la meilleure automobile de l'époque, à l'exception d'une Rolls-Royce.

Constructeur indépendant jusqu'en 1966, Rover est alors acheté par Leyland Motors qui formera le futur groupe British Leyland, plus tard Rover Group. Rover, amputé des véhicules Land Rover depuis 1978, est cédé en 1994 avec l'ensemble des marques du groupe au constructeur allemand BMW qui se sépare en de nombre de ses autres filiales. Rover est alors revendu au profit d'investisseurs indépendants qui n'arriveront pas à sauver l'entreprise de la faillite, prononcée en .

Les droits d'utilisation de la marque appartiennent depuis 2008 au constructeur Jaguar Land Rover, propriété du groupe automobile indien Tata, qui n'en fait aucun usage.

Histoire Les débuts gauche|vignette|Starley au guidon du .|alt=Photo ancienne en noir et blanc d'un homme à vélo.

Des cycles aux automobiles En 1884, l'entreprise Starley & Sutton Co., basée à Coventry et fondée par John Kemp Starley et William Sutton, produit son premier tricycle.. En 1885, Starley présente l'un des premiers modèles de bicyclette moderne, à chaîne, le .. Devenue plus tard la J. K. Starley & Co. Ltd, elle prend officiellement le nom de Rover Cycle Company Ltd en 1896. En 1899, Starley importe de France certaines des premières motos Peugeot : son premier projet a été d'équiper l'un de ses vélos d'un moteur mais il meurt en à l'âge de 46 ans..

L'entreprise s'oriente alors vers la production automobile sous l'influence de Harry Smith, son successeur, et de Harry John Lawson, dont l'entreprise produit des automobiles Daimler. En 1904 est lancée la toute première automobile, la Rover 8. Ce véhicule, conçu par Edmund Lewis, ancien de Daimler, marque déjà un jalon dans l'histoire automobile alors balbutiante, en ce sens que son châssis n'est plus inspiré des anciens véhicules hippomobiles. En 1911 est introduit un modèle de dont le succès est tel que Rover poursuit une politique de modèle unique jusqu'en 1914..

Dans le cadre de l'effort de guerre, Rover fournit à destination des armées britannique et russe des motocyclettes et produit sous licence des camions Maudslay et des ambulances Sunbeam. La production de motos prend définitivement fin en 1924 compte tenu du succès rencontré par les productions automobiles de la marque. En deux décennies, la production estimée de motocyclettes est de plus de ..

Difficiles années 1920 vignette|droite|Une Rover 8 de 1922.|alt=Une automobile ancienne dans un musée. Les années 1920 sont difficiles pour l'entreprise. Rover conclut en 1920 un accord avec Jack Sangster, un jeune ingénieur, pour la production d'un petit modèle de . Mais l'entreprise est rapidement contrainte de baisser drastiquement ses prix de 300 à pour faire face à la concurrence féroce des nouvelles Austin 7, Citroën Type C 5HP et autres Morris, cette dernière marque détenant en 1925 près de 41 % du marché britannique. En 1925 sort la 14/45 puis l'année suivante la 16/50. Ces modèles n'aideront pas Rover à améliorer sa situation industrielle et financière : trop lourdes, elles se révèlent sous-motorisées, et leur coût de production les rend prohibitives sur le marché. Seuls sont produits en quatre ans. En cette fin des années 1920, la firme court droit à la faillite, comme beaucoup d'autres constructeurs à la même époque.. Un fait d'arme permet néanmoins à la marque de faire la une de la presse britannique : en 1930, Dudley Noble remporte la Course du Train bleu au volant d'une Rover Light Six, avec d'avance sur le train.

Après plusieurs changements à la tête de l'entreprise et au conseil d'administration, une restructuration de Rover est amorcée par le nouveau directeur général Frank Searle. Il recrute en 1929 Spencer Wilks, débauché d'Hillman, comme directeur stratégique (). D'autres employés de Hillman suivent, à commencer par Maurice Wilks en 1930.. Frère du précédent, il devient ingénieur en chef de la marque ; l'un et l'autre resteront dans l'entreprise respectivement jusqu'en 1962 et 1963...

Alors que Frank Searle pense que l'avenir de Rover repose sur la production massive de voitures économiques, Spencer Wilks considère au contraire que la recherche de la qualité doit devenir le fer de lance de la marque et cherche à faire monter en gamme Rover. Le projet Scarab concrétise les ambitions de Searle : une petite voiture à deux portes et quatre places, équipée d'un bicylindre en V dont le prix envisagé était de . Mais après la production de , le projet est définitivement abandonné en 1931, non sans avoir attiré l'attention de Ferdinand Porsche.

Un constructeur renommé Redressement et reconnaissance vignette|droite|Une Rover P2 de 1936.|alt=Une automobile ancienne dans un musée. Spencer Wilks, de son côté, encourage la production d'un nouveau moteur six cylindres, destiné à des véhicules de plus haut standing, ainsi qu'une nouvelle usine à Coventry, sur . La situation financière devient critique, avec des pertes record de en 1931. Spencer Wilks entre alors au conseil d'administration avec l'aide de Howe Graham, financier avisé, de même que les créanciers du constructeur. Un programme de rationalisation est mis en place et les pertes reculent rapidement, permettant même à l'entreprise de renouer avec les bénéfices dès 1933, ceux-ci dépassant les en 1935. Malgré les difficultés et les erreurs commises, Rover survit donc à cette période délicate.. Après le départ de Franck Searle en 1932, Spencer Wilks est nommé directeur général () en 1934.

En 1937, une importante campagne de communication accompagne le lancement de la nouvelle série P2. La marque adopte un nouveau slogan (« L'une des plus belles voitures de Grande-Bretagne ») et des encarts publicitaires présentent la comme étant la voiture des membres du Parlement. Bien accueillie par la presse, The Daily Telegraph ira jusqu'à en faire les « Rolls-Royce des voitures légères », « majestueuses » et « élégantes ». Sous l'impulsion des frères Wilks, Rover est devenue une marque de standing, prisée de l'aristocratie et de la bourgeoisie.

En 1938, la production n'atteint cependant que , soit 3,1 % de la production nationale, pour une part de marché équivalente, à 3,2 % en 1939. Alors que de nouveaux modèles sont mis en production ou annoncés pour renforcer la position de la marque, le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale entraîne une chute de la production automobile, provisoirement arrêtée en .

La Seconde Guerre mondiale et ses conséquences À partir de 1936, le gouvernement britannique lance un programme de réarmement dont l'un des volets comprend la construction d'usines dites fantômes dont la gestion étaient assurés par des entreprises privées. Deux d'entre elles échoient à Rover : l'une à Birmingham dans le quartier d', mise en service en 1937, et l'autre, plus importante, à Solihull, à partir de , toutes deux destinées à la fabrication de moteurs et de cellules d'avions. Progressivement, l'ensemble des usines de la marque se consacrent à l'effort de guerre.

Rover noue également un partenariat à compter de 1940-1941 avec la société Power Jets de Frank Whittle pour développer et produire un tout nouveau moteur à réaction. L'ingénieur en chef de Rover, Maurice Wilks, est responsable de l'équipe de développement du moteur et en améliore les performances. Les essais commencent à la fin . Le partenariat achoppe néanmoins, tant en raison de l'attitude des équipes de Rover que de divergences techniques, conduisant Rover à transmettre le projet à Rolls-Royce en échange de son usine de moteurs de chars..

L'usine d'origine du constructeur, située à Coventry, est gravement endommagée par les bombardements et rapidement vendue à l'issue de la guerre, rompant ainsi définitivement le lien entre le constructeur et la ville. Une fois la décision prise de déménager la production à l'usine de Solihull se pose la question du nouveau modèle à mettre sur les rails : une petite voiture économique, adaptée à la situation de l'immédiat après-guerre ou une voiture de luxe dans la tradition d'avant-guerre ? S'inspirant de la Fiat 500 Topolino, Rover commence par développer un petit modèle, dit M1, au design néanmoins conventionnel sur requête de Maurice Wilks. Malgré la production d'un prototype en 1946, le projet est finalement abandonné en 1947... Dans le cadre du développement d'un modèle de plus grand standing, le constructeur est tiraillé entre son image de marque traditionnelle et prestigieuse et l'envie de se rapprocher des canons stylistiques de l'époque.. La future P3 illustre le dilemme de la marque : elle inaugure tant un nouveau châssis qu'un nouveau moteur, mais avec une carrosserie traditionnelle, quasi-inchangée depuis les P2 d'avant-guerre..

En 1948, Rover présente deux nouveaux véhicules : un tout-terrain rudimentaire, le Land Rover, et la nouvelle P3. Le constructeur, en sortant rapidement cette nouvelle voiture au design peu travaillé, se donne en réalité du temps pour refermer la période de guerre et adopter une nouvelle organisation industrielle. Les ingénieurs et responsables de la marque, au premier rang desquels les frères Wilks, étudient les tendances en cours et notamment la à carrosserie ponton. À la sortie de la P4 en 1949, Rover ne s'est pas précipité dans l'adoption d'un nouveau style tout en prenant le train de la modernité en marche en avance sur d'autres constructeurs, notamment Daimler, Triumph ou Citroën dont le design rappelle toujours les années 1930...

L'âge d'or Expérimentation de la propulsion à gaz vignette|gauche|Rover Jet 1, équipée d'une turbine à gaz.|alt=Un prototype automobile ancien dans un musée. Malgré l'abandon au profit de Rolls-Royce du projet de moteur à réaction, Rover n'abandonne pas pour autant et s'intéresse au développement de la turbine à gaz à destination de l'automobile. Le constructeur engage à cet effet dès 1945 des ingénieurs, notamment Frank Bell et Charles Spencer King , afin de mettre au point une technologie alternative aux moteurs à pistons traditionnels. En 1947, l'équipe met au point une turbine tournant à et produisant plus de 100 chevaux. et alimentée tout autant par de l'essence, du gazole ou de la paraffine..

En 1950, Rover présente le prototype Rover JET1, la première voiture équipée d'un moteur à turbine à gaz.. Ce petit roadster à deux places à moteur arrière atteint une vitesse maximale de sur une autoroute près de Jabbeke (Belgique) en .. Ces avancées techniques permettent à Rover de recevoir le trophée Dewar, qui n'était plus décerné depuis , pour les prouesses technologiques exceptionnelles permises par ces recherches.. Quatre autres prototypes sont ultérieurement construits, les berlines T2 et T2A, le coupé T3 à quatre roues motrices et moteur arrière et enfin la berline T4..

Ces expérimentations continuent au cours des années 1960. Rover s'associe ainsi à l'écurie de Formule 1 BRM pour produire un prototype sportif à turbine à gaz, engagé lors des 24 heures du Mans de 1963 et piloté par Graham Hill et Richie Ginther. Il affiche une moyenne de et une vitesse de pointe de ..

Succès commerciaux