London Labour and the London Poor est un reportage sur la vie des populations pauvres de Londres à l'ère victorienne, écrit par le journaliste Henry Mayhew, et publié à partir de 1850

Londres à l'ère victorienne

Londres est à cette époque en pleine croissance, du fait de l'essor de l'industrie. Sa population augmente massivement. Capitale de l'Empire britannique, celle-ci ressemble pourtant beaucoup à une ville du tiers-monde.

En effet, il s'y concentre une misère noire dans les quartiers les plus pauvres, des taudis où s'entassent les travailleurs les plus pauvres. Mayhew y décrit un monde sale, violent, dangereux et misérable. Un monde où l'emploi est instable et précaire.

La réalisation de l'ouvrage

Pour son ouvrage, Henry Mayhew se rend dans les quartiers populaires de Londres, comme l'East End, avec deux collaborateurs. Il interroge par exemple des mendiants, des prostituées, des voleurs, des ouvriers, des musiciens, des artistes de rues. Il entretient des relations particulières avec les venrdIl se rend également dans des asiles de pauvres. Il se tient informé des rapports de la Poor Law Commission, des forces de police et des autres autorités publiques.

La réalisation des interviews

Il réalise de nombreuses interviews et apporte un nombre considérable de données sur des sujets comme les salaires, les loyers, la criminalité, le coût de la vie, le nombre réel de travailleurs par profession, etc.

La majorité des témoignages recueillis sont anonymes, et il est difficile par conséquent de connaître l'influence qu'ils ont eue finalement sur le travail de Mayhew.

De nombreuses personnes interrogées ont fini par développer des relations particulières avec Mayhew, qui les hébergeait parfois, les invitait chez lui ou leur offrait à manger. Sarah Chandler, une chanteuse de rue non-voyante, est un exemple de cette relation qui se développe entre l'auteur et les personnes avec qui il s'entretient : celui-ci vient régulièrement lui rendre visite à l'hôpital et leurs relations transparaissent dans les entretiens auxquels elle participe.

Devant l'extrême misère dans ces quartiers, il se retrouve parfois obligé de « négocier » ses interviews, comme ici lors d'une visite d'un dortoir collectif :

Entretien avec Jack Black L'auteur réalise un long entretien avec le chasseur de rats Jack Black. Il s'agit de l'une des biographies les plus développées de son ouvrage et occupe une dizaine de pages dans le troisième volume de la série. Le chasseur de rat est présenté comme un personnage excentrique obsédé par la mission à laquelle il consacre sa vie. Pour l'auteur, le culte que Jack Black voue aux rats, qui s'étend jusqu'à leur consommation, est un symbole d'un tabou qui existe dans l'Angleterre victorienne et représente la dichotomie entre le sacré et la saleté, entre la reine et les rats qui prolifèrent dans sa capitale.

Le marché du travail à Londres et la classification des travailleurs

Il pointe le doigt sur un problème important : l'emploi, en s'intéressant au problème de l'instabilité et de l'irrégularité de celui-ci.

Cela le conduit à faire apparaître les deux causes principales :

Il tente de classifier les travailleurs en quatre catégories :

Son engagement en faveur des réformes sociales ne l'empêche pas de classer les mendiants dans la catégorie n° 3 : .

Les minorités

Il s'intéresse au sort des minorités à Londres, constituée à l'époque des Irlandais, des Indiens et des Juifs, qui sont victimes de racisme et d'exclusion.

En parlant des Juifs, il décrit la scène suivante à laquelle il a assisté :

Publication L'ouvrage est d'abord publié sous forme de périodique en plusieurs volumes, entre 1850 et 1852. Puis il est réédité en quatre volumes dix ans plus tard.

Les différents numéros publiés donnent lieu à des lettres de lecteurs qui appuient, contredisent ou questionnent les travaux d'Henry Mayhew, voire sollicitent un entretien avec lui. Mayhew sélectionne certaines de ces lettres grâce à des votes, et répond à certaines de ces lettres personnellement, ajoutant ses commentaires aux numéros à paraître.

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Analyse Selon Jenna M. Herdman, le ton de l'ouvrage oscille entre sympathie et déshumanisation envers les pauvres. Ainsi, dans l'un des premiers numéros de l'œuvre, l'auteur décrit les pauvres comme une , tandis qu'il s'érige à l'inverse dans l'ensemble du livre en faveur de réformes politiques et de la compassion envers les classes défavorisées. Toutefois, les divergences viennent peut-être également du fait que l'ouvrage a été écrit à plusieurs mains, le frère de Mayhew faisant notamment partie des auteurs.

L'auteur est totu de même sujet à des revirements et à une certaine inconsistance dans ses positions à l'égard des plus pauvres, selon Herdman. Anne Humpherys, spécialiste de la littérature victorienne, explique les incohérences de l'auteur dans son livre .

Critiques Le romancier William Thackeray fait une critique très positive de son livre, affirmant qu'il s'agit d'.

Les écrits de Mayhew sont cependant critiqués par certains des groupes sociaux évoqués dans l'ouvrage. Ce sont en particulier les vendeurs de rue qui manifestent leur mécontentement à l'égard des écrits de Mayhew. La se sert des publications de presse, comme l'hebdomadaire , mais aussi de meetings en public pour infirmer la description faite par Henry Mayhew des vendeurs de rue, qui seraient selon l'association . Un membre de l'association critique le fait que Mayhew ait obtenu ses informations en payant ses interlocuteurs, ; un autre affirme que , et qu'il pour les plus pauvres. Le secrétaire de l'association estime que .

Le était cependant initialement partisan du travail de Mayhew, et estimait que l'ouvrage .

Références

Voir aussi

Bibliographie

Sources primaires

Sources secondaires

Liens externes

Articles connexes Londres Pauvreté

Catégorie:Littérature anglaise Catégorie:Époque victorienne