La vie extraterrestre (du latin extra, pour « au-dehors, à l'extérieur »), ou extra-terrestreLe trait d'union a été rendu facultatif par la réforme orthographique de 1990., est toute forme de vie présente ailleurs que sur la planète Terre.

vignette|La météorite de Murchison intéresse particulièrement les astrophysiciens, les cosmochimistes et les exobiologistes à la recherche des origines de la vie, son étude ayant fortement influencé la thèse sur l'origine extraterrestre de la vie sur Terre. L'idée que la vie puisse se développer ailleurs dans l'Univers remonte au moins à l'Antiquité. La mise en évidence d'une vie extraterrestre, présente ou passée, est un sujet de recherche scientifique actif depuis les années 1980, après une première tentative de recherche d'indices par les sondes spatiales du programme Viking envoyées sur le sol de la planète Mars en 1975. Depuis la fin des années 1990, l'agence spatiale américaine, la NASA, poursuit un programme d'exploration spatiale très actif visant à mettre en évidence des indices de vie sur Mars, présente ou fossile : analyse poussée des sols (astromobile ), recherche et identification des sources de méthane, caractérisation des environnements favorables à la vie dans l'histoire de Mars. D'autres sondes spatiales ont identifié des environnements qui pourraient être favorables à des formes de vie plus ou moins complexes : océans souterrains sans doute présents sur Europe, satellite de Jupiter, et sur Encelade, satellite de Saturne, atmosphère dense et complexe de Titan, également satellite de Saturne. La découverte d'indices de vie se heurte toutefois aux limitations imposées à la masse des instruments embarqués sur les sondes spatiales, qui limite les capacités d'analyse. Une première mission de retour d'échantillons martiens, , devrait permettre une avancée décisive dans le domaine. Ces différents projets ont donné naissance à une nouvelle science, l'exobiologie, qui étudie de manière interdisciplinaire les facteurs et les processus ayant amené à l'apparition de la vie, d'une manière générale, et à son évolution.

De nombreuses exoplanètes (planètes tournant autour d'autres étoiles) ont été détectées au cours de la décennie 2010 par des instruments comme le télescope spatial Kepler. Des progrès importants dans les instruments de détection devraient permettre, au cours des années suivantes, d'identifier par spectrométrie des atmosphères d'exoplanètes présentant le cas échéant des indices de vie, tels que la présence d'un , la présence de dioxygène ou une concentration anormalement faible de carbone dans l'atmosphère d'une planète rocheuse tempérée.

Un raisonnement statistique fondé sur des constats comme l'abondance des étoiles dans l'Univers ( dans la seule Voie lactée), l'ancienneté de notre galaxie (plus de dix milliards d'années), ou le rythme fulgurant des progrès techniques sur Terre au cours des deux derniers siècles, et sur des hypothèses telles que le principe de médiocrité (le Système solaire a une configuration ordinaire, l'apparition de la vie puis de la vie intelligente résultent de processus fréquemment rencontrés) permet d'avancer l'hypothèse que la vie intelligente dans l'Univers devrait être répandue, ancienne et donc visible. Or, à ce jour, aucun élément observable de vie extraterrestre n'a été identifié par la communauté scientifique. Ce paradoxe formalisé par Fermi pourrait amener à une remise en question de plusieurs des hypothèses avancées (probabilité d'apparition de la vie et/ou de la vie intelligente, contraintes dues à l'environnement).

Depuis les années 1960, divers programmes d'observation financés par des initiatives privées, baptisés (SETI), s'appuient sur le raisonnement statistique pour tenter de détecter la présence de civilisations extraterrestres avancées dans d'autres systèmes planétaires, en analysant à l'aide de radiotélescopes les émissions radio émanant des étoiles les plus proches.

La vie extraterrestre et ses interactions avec l'espèce humaine sont par ailleurs des thèmes récurrents de la science-fiction (nouvelles et romans, films, jeux vidéo). La présence actuelle ou passée d'êtres extraterrestres intelligents sur la Terre est une croyance très répandue depuis le début de l'ère spatiale. On lui associe l'origine d'objets volants non identifiés (OVNI) et différentes thèses spéculatives associées à des formations spectaculaires (géoglyphes de Nazca, ).

Une hypothèse envisagée dès l'Antiquité

Dès l'Antiquité, certains philosophes grecs supposent l'existence de civilisations peuplant des exoplanètes. D'après l'universitaire Evgenya Shkolnik, l'hypothèse d'une vie extraterrestre ..

Au , Lucrèce, dans , mentionne la possible existence d’extraterrestres :

En 1584, dans Le Banquet des Cendres, Giordano Bruno fait également mention de la possibilité d’habitants d’autres mondes :

André Robinet pointe un argumentaire de Leibniz dans sa Théodicée (1710), résumée dans la sentence (§353): « Rien n'empêche qu'il y ait des terres plus heureuses que la nôtre ». Le monde, œuvre de Dieu, peut être jugé bon pour autant que l'on accepte que celui-ci n'est pas anthropocentrique, et donc n'est pas tenu d'épargner l'Humanité - voire peut tolérer que l'Humanité soit l'espèce intelligente la plus malheureuse, pour peu qu'il y ait effectivement d'autres populations intelligentes qui soient, elles, béates. L'argument a ici une visée théologique, s'inscrivant dans le projet de défense de la Justice de Dieu de l'auteur

Dans sa Critique de la raison pure (1781), Kant écrit :

Bien d'autres passages, dans divers textes de Kant, témoignent de son intérêt pour la vie sur d'autres planètes. Les êtres rationnels non terrestres sont même pour lui un point de comparaison nécessaire pour pouvoir définir l'humanitéP. Szendy, Kant chez les extraterrestres. Philosofictions cosmopolitiques, Les Éditions de Minuit, 2011..

En 1865, dans son roman d'anticipation Un Habitant de la planète Mars, Henri de Parville suppose la vie dans les astres suivantsHenri de Parville, Un habitant de la planète Mars, 1865, . :

Dans l'Eternité par les astres (1872), Auguste Blanqui écrit:Les systèmes stellaires échelonnent leurs planètes autour du soleil, dans un ordre réglé par les lois de la pesanteur, qui assignent ainsi, dans chaque groupe, une place symétrique aux créations analogues. La terre est la troisième planète à partir du soleil, et ce rang tient sans doute à des conditions particulières de grandeur, de densité, sphère Des millions de systèmes stellaires se rapprochent certainement du nôtre, pour le chiffre et la disposition de leurs astres. Car le cortège est strictement disposé selon les lois de la gravitation. Dans tous les groupes de huit à douze planètes, la troisième a de fortes chances pour ne pas différer beaucoup de la terre ; d'abord, la distance du soleil, condition essentielle qui donne identité de chaleur et de lumière. Le volume et la masse, l'inclinaison de l'axe sur l'écliptique peuvent varier. Encore, si la nébuleuse équivalait à peu près à la nôtre, il y a toute raison pour que la développement suive pas à pas la même marche.

Supposons néanmoins des diversités qui bornent le rapprochement à une simple analogie. On comptera par milliards des terres de cette espèce, avant de rencontrer une ressemblance entière. Tous ces globes auront, comme nous, des terrains étagés, une flore, une faune, des mers, une atmosphère, des hommes. Mais la durée des périodes géologiques, la répartition des eaux, des continents, des îles, des races animales et humaines, offriront des variétés innombrables. Passons.

Une terre naît enfin avec notre humanité, qui déroule ses races, ses migrations, ses luttes, ses empires, ses catastrophes. Toutes ces péripéties vont changer ses destinées, la lancer sur des voies qui ne sont point celles de notre globe. A toute minute, à toute seconde, les milliers de directions différentes s'offrent à ce genre humain. Il en choisit une, abandonne à jamais les autres. Que d'écarts à droite et à gauche modifient les individus, l'histoire ! Ce n'est point encore là notre passé. Mettons de côté, ces épreuves confuses. Elles ne feront pas moins leur chemin et seront des mondes.

Nous arrivons cependant. Voici un exemplaire complet, choses et personnes. Pas un caillou, pas un arbre, pas un ruisseau, pas un animal, pas un homme, pas un incident, qui n'ait trouvé sa place et sa minute dans le duplicata. C'est une véritable terre-sosie,... jusqu'aujourd'hui du moins. Car demain, les événements et les hommes poursuivront leur marche. Désormais, c'est pour nous l'inconnu. L'avenir de notre terre, comme son passé, changera des millions de fois de route. Le passé est un fait accompli ; c'est le nôtre. L'avenir sera clos seulement à la mort du globe. D'ici là, chaque seconde amènera sa bifurcation, le chemin qu'on prendra, celui qu'on aurait pu prendre. Quel qu'il soit, celui qui doit compléter l'existence propre de la planète jusqu'à son dernier jour, a été parcouru déjà des milliards de fois. Il ne sera qu'une copie imprimée d'avance par les siècles.

Recherche d'exoplanètes

Les théories concernant la naissance du Système solaire mises au point au font de la formation des planètes un phénomène normal sans qu'on puisse quantifier sa probabilité. Christian Huygens, au , est le premier astronome à envisager l'utilisation des instruments d'observation afin de détecter des planètes tournant autour d'une autre étoile. Mais jusqu'au début des années 1990, malgré de nombreuses tentatives, aucune observation ne peut être réalisée. Les progrès de l'électronique et les débuts de l'ère spatiale, qui permettent de placer des observatoires dans l'espace, changent alors la donne. Une première exoplanète est détectée en 1989 par une équipe suisse. Au cours des années suivantes, les observations se multiplient. Le télescope spatial Kepler, lancé en 2009, effectue un recensement systématique des planètes présentes dans une petite portion du ciel à moins de -lumière en utilisant une technique d'observation indirecte, la méthode des transits. La mission spatiale permet de détecter plus de avec des répercussions importantes sur notre compréhension de la formation des systèmes solaires.

Il est désormais établi que les planètes sont abondantes (en moyenne au moins une planète par étoile)., mais leurs caractéristiques sont souvent très différentes de celles du Système solaire, en particulier la prépondérance de Jupiter chauds, planètes gazeuses très proches de leur étoile hôte. .

Apparition de la vie : processus et contraintes

Les interrogations autour de la présence de la vie ailleurs que sur Terre passent par la compréhension des facteurs et des processus, notamment géochimiques et biochimiques, qui permettent l'apparition de la vie et son évolution. L'exobiologie, science consacrée à ce thème apparue dans les années 1920, s'attache à rechercher les processus présidant à l’évolution de la matière organique simple (biomolécules : chaînes peptidiques, nucléiques ou lipidiques) vers des structures plus complexes (premières cellules, premiers systèmes génétiques, etc.) autant que d'éventuelles traces ou possibilités de vie sur d'autres astres connaissant des environnements radicalement différents du nôtre..

Recherche de la vie dans le Système solaire Les spéculations concernant la présence de la vie extraterrestre ont très tôt porté sur les planètes du Système solaire, en particulier Mars et Vénus. Depuis les années 1980, grâce aux sondes spatiales, des recherches scientifiques in situ d'une vie présente ou passée sont effectuées sur Mars.

Vénus Carl Sagan, David Grinspoon et ont émis l'hypothèse que des microbes pourraient exister dans les couches stables de nuages situées au-dessus de la surface de Vénus, la surface de la planète n'étant pas favorable à l'expansion de la vie..

Mars