Le Jour et la Nuit est un film français réalisé par Bernard-Henri Lévy, sorti en 1997.
Le film a connu un échec critique et commercial retentissant ; il a notamment été qualifié par les Cahiers du cinéma de .
Synopsis Écrivain culte mais vieillissant et à court d'inspiration, Alexandre vit en monarque au fin fond du Mexique. Entouré de sa cour (personnages étranges et mystérieux), il trompe l'ennui par l'alcool, la boxe, les femmes et la montgolfière.
Désireux d'acquérir les droits d'adaptation du premier roman de l'artiste, le producteur Filippi et son actrice Laure arrivent bientôt dans la vie de l'auteur célébré. Alexandre et Laure vont, peu à peu, se rapprocher et déclencher au sein de la communauté les passions les plus extrêmes.
Fiche technique Réalisation : Bernard-Henri Lévy Scénario : Bernard-Henri Lévy, Jean-Paul Enthoven et Guadalupe Loaeza. D'après une histoire de Bernard-Henri Lévy Décors : Solange Zeitoun Costumes : Marielle Robaut Photographie : Willy KurantWilly Kurant fut le chef-opérateur d'Orson Welles, ce qui peut être vu comme un clin d'œil de plus au grand réalisateur. Montage : France Duez Musique originale : Maurice Jarre Production : Éric Dussart, Denise Robert, Jacques de Clercq, Alfonso Gómez Arnau Production : Les Films du Lendemain (Paris), Cinémaginaire (Montréal), Nomad Films (Bruxelles), Cartel S.A. (Madrid). Coproduction : France 2 Cinéma, M6 Films, RTL-TVI, avec la participation de Canal +, du Ministère de la culture et de la francophonie, du Centre National de la Cinématographie et de ZDF, et la participation financière de Sofineurope, Studio Images 2, Telefilm Canada, Gouvernement du Québec (Programme de crédit d'impôts), Gouvernement du Canada (Programme de crédit d'impôts), Société de développement des entreprises culturelles, avec la collaboration de l'Instituto Mexicano de Cinematografia, et le soutien du Fonds Eurimages du Conseil de l'Europe. Distribution : MKL Pays de production : , , et Langue : français Format : couleur - Son : stéréo Genre : drame Durée : 110 minutes Date de sortie :
Distribution Alain Delon : Alexandre Arielle Dombasle : Laure Lauren Bacall : Sonia Francisco Rabal : Cristobal Karl Zéro : Filippi Xavier Beauvois : Carlo Marianne Denicourt : Ariane Jean-Pierre Kalfon : Lucien Julie du Page : Norma Véronique Lévy : Consuelo Vanessa Bauche : Maria
Production Genèse La production, franco-belgo-canado-espagnole, fut coordonnée par « Les films du lendemain », société de production créée par le père de Bernard-Henri Lévy, André Lévy, et François Pinault, pour un budget total de 53 millions de francs, budget énorme pour un film français« Symbolisme et temporalité bergsonnienne dans "Le Jour et la Nuit" », , Nanarland.com (consulté le 1er octobre 2020)..
Le film fut financé, outre la Commission de l'avance sur recettes dont Bernard-Henri Lévy était à l'époque président, par un grand nombre de sponsors, publics et privés.
Alain Delon aurait longtemps refusé que son personnage perde son duel de boxe. Il déclara même à Bernard-Henri Lévy : Bernard-Henri Lévy a menacé Alain Delon d'arrêter le tournage s'il refusait de jouer la scène comme lui l'entendaitSource : site officiel de Bernard-Henri Lévy. .
Concernant la musique, Maurice Jarre raconte qu'elle Bernard-Henri Lévy raconte que le film lui est venu avec la mélodie de Night and Day.
Tournage Le film a été tourné au Mexique, à Ixtapa (Guerrero), Cuernavaca et dans l'État de Morelos.
Sortie et accueil Le Jour et la nuit a été présenté hors compétition à la Berlinale 1997Berlinale 1997 où il a été très mal accueilli.
Accueil critique Quelques critiques de la presse de l'époque : le critique Didier Péron de Libération qualifie le film de . le critique Gérard Lefort, également dans Libération, est l'auteur d'un pamphlet sardonique au sujet du film : . Il conclut : . pour les Cahiers du cinéma Le Jour et la Nuit est le Les Cahiers du cinéma nº 511, mars 1997.. pour L'Humanité le film est décrit en ces mots : « Rien à sauver là-dedans. Débâcle absolue, d'autant plus qu'est patente la prétention. » L'Express, décernant la « palme du grotesque » à Karl Zéro, commente ainsi le film : « Un roman-photo où une actrice innocente comme l'agneau (Arielle Dombasle), flanquée d'un producteur en bermuda (Karl Zéro), débarque au Mexique chez un écrivain démiurge (Delon) et ses marionnettes : femme (Marianne Denicourt), amant de celle-ci (Xavier Beauvois), parrain local, etc. Tous les clichés sont respectés. » le critique Olivier Nicklaus des Inrockuptibles parle d'un film « prétentieux et grotesque » et ajoute : « C'est comme si un mauvais génie avait poussé BHL à justifier l'hypothèse de l'imposture. S'il ne cesse de clamer que le cinéma lui offre une nouvelle vie, artistiquement pourtant son film est un suicideCritique publiée dans le nº 93 des Inrockuptibles le 30/11/1996.. »
Le critique Jean-Baptiste Morain écrit quelques années après la sortie : « Disons-le sans agressivité : tout amateur de cinéma peut continuer à constater l’étendue du désastre du simple point de vue de la fabrication : pas de cadre, pas de direction d’acteurs (Delon-Dombasle), un montage à la truelle, un enfilage de clichés sur la mort, la création, le Mexique et les montgolfières. Aucun intérêt.. »
En 2002, le réalisateur Claude Chabrol déclare dans Le Figaro, au sujet de Bernard-Henri Lévy et du Jour et la Nuit :
En 2009, Claude Chabrol classe Le Jour et la Nuit parmi les trois « plus mauvais films de l'Histoire du Cinéma ». Le cinéaste cite, outre l'œuvre de Bernard-Henri Lévy, son propre film Folies bourgeoises et le peu connu Fanny où Maurice Chevalier interprète le rôle de Panisse et Horst Buchholz celui de MariusInterviewé par Pascal Mérigeau, master class au Forum des Images, 4 février 2009 (visible à 1:21:40)..
Le philosophe et satiriste a consacré une longue chronique au film, intitulée « Symbolisme et temporalité bergsonienne dans Le Jour et la Nuit », qui décortique notamment la genèse du film. Il le décrit en ces termes : Il conclut : « Échec esthétique, commercial et critique sans appel. »
Pour le site spécialisé Nanarland, le film est considéré comme un « nanar de premier choix » ; le site lui consacre deux longues analyses, le décrivant ainsi : « Baudruche gonflée comme la montgolfière d'Alain Delon, époustouflant d'arrogance, de laideur et de niaiserie, Le Jour et la Nuit tient aisément et sans pâlir son rang de nanar de compétitionCritique sur le site Nanarland.. »
En 2010, un article d'Aurélien Le Genissel dans la version française du magazine Slate hésite à qualifier Le Jour et la nuit de « pire film de l'histoire », étant donné la concurrence dans ce domaine (« Pire film du monde ? La concurrence est féroce. Beaucoup de créations affligeantes ont vu le jour depuis le début du septième art »)« "Le Jour et la Nuit", pire film de l'histoire... Vraiment ?, Aurélien Le Genissel, slate.fr, 3 octobre 2010..
Box-office Le Jour et la Nuit enregistra entrées en France, dont à Paris. L'œuvre avait pourtant bénéficié de 3,5 millions de francs de la commission de l'avance sur recettes, un organisme dont Bernard-Henri Lévy était alors le président.
Le film sera un échec commercial retentissant lors de sa sortie, malgré une large campagne de promotionSelon le site Ciné-Ressources (Catalogue collectif des bibliothèques et archives de cinéma), le film a réuni à Paris entrées après 8 semaines d'exploitation.. À la suite de cet échec, Bernard-Henri Lévy ne put poursuivre une carrière de cinéaste de fiction.
Son retour au cinéma se fit cependant en 2012 avec Le Serment de Tobrouk, pour lequel Bernard-Henri Lévy fut entre autres producteur et scénariste, mais pas réalisateur.
Éditions VHS et DVD Distribué par M6 (coproducteur du film) en VHS une première fois, Le Jour et la Nuit sort en DVD zone 2 en 2000. Distribué par l'éditeur Bonzaï dans la collection Sweet Budget, le film est depuis épuisé.
En 2006, un éditeur américain ressort le film en DVD zone 1 NTSC.
En , l'éditeur MAKAM ressort Le Jour et la Nuit dans une édition collector 2 DVD. Le coffret comprend : le film, le documentaire Autopsie d'un massacre de Carole Mathieu et Thierry Humbert (axé sur l'accueil négatif de la presse) ainsi qu'un « droit de réponse » de Bernard-Henri Levy lui-même.
Réactions du réalisateur Bernard-Henri Lévy est revenu dans son livre Comédie, écrit peu après la sortie du film, sur cette expérience cinématographique, qu'il qualifie lui-même de « bide-bangL’après-bide-bang, Le Nouvel observateur, 23 octobre 1997 ». Devant les réactions au sujet de l'interprétation de Karl Zéro, Bernard-Henri Lévy lança : « Karl est un formidable acteur. Il a formidablement servi mon film. Et tous ceux qui nous huent sont des analphabètes ou des salauds ! »Festival de Berlin, février 1997, Conférence de presse pour la présentation du Jour et la Nuit. Source : site officiel de BHL.. Sur le plateau de Bouillon de culture, Bernard-Henri Lévy déclara : En 2010, lors de la promotion du double DVD sur le plateau de Thierry Ardisson, Bernard-Henri Lévy déclara :
Autopsie d'un massacre Film conspué et sujet à polémiques, Le Jour et la Nuit fit l'objet d'un documentaire : Autopsie d'un massacre réalisé en 2010 par Carole Mathieu et Thierry Humbert. Celui-ci présente le film comme la victime innocente d'un « complot » contre Bernard-Henri Lévy. Ce documentaire figure en tant que « bonus » sur la réédition du film en DVDSource : article sur « "Le jour et la nuit" de Bernard-Henri Lévy : film culte ? », bernard-henri-levy.com, 30 octobre 2010..
Dans un épisode spécial de Nanarland : le podcast consacré au film et au documentaire, certains chroniqueurs reprochent cependant à ce droit de réponse de manquer largement d'impartialité, et soulignent aussi le lien professionnel entre Carole Mathieu, Thierry Humbert et Bernard-Henri Lévy..
Autour du film Le film est dédié à André Lévy, père de Bernard-Henri. Le Jour et la Nuit est le dernier film d'Alain Delon en tant que vedette principale. Alain Delon déclara à la sortie du film : Dans la dernière scène du film, on voit en évidence sur le bureau d'Alexandre la biographie d'Orson Welles écrite par Simon Callow et qui venait de paraître à l'époque. Le livre, qui apparaît comme un hommage et une référence au réalisateur américain, fait comprendre au spectateur que la blessure de Sonia est au film de Bernard-Henri Lévy ce que le mot « Rosebud » est à Citizen Kane. Le réalisateur Emir Kusturica déclara au micro de France 2 avoir repris sa carrière après la projection du film :
Notes et références
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