Henri-Jean-Pierre-Antoine, baron Dupont-Delporte (né le à Boulogne-sur-Mer et mort le dans l'ancien 2e arrondissement de Paris) est un haut fonctionnaire et homme politique français du .

Biographie L'Empire Henri-Jean-Pierre-Antoine Dupont nait à Boulogne-sur-Mer le , d'une famille honorable et ancienne dont plusieurs membres s'étaient distingués dans l'administration et les emplois publics, anoblie sous Louis XV, pour services rendus à l'agriculture et notamment à cause de l'introduction des béliers mérinos..

Destiné lui-même à marcher sur leurs traces, il fait d'excellentes études : d'abord à l'École centrale du Pas-de-Calais (Boulogne), où il obtient les premiers prix, notamment celui d’histoire, le , lors de la distribution des prix, constitué de l’ouvrage Œuvres philosophiques de Paw en 7 volumes. Il y obtient aussi une mention honorable en grammaire générale. Il se rend ensuite à Paris et entre à l'Université de jurisprudence : là, de nouveaux succès l'attendent ; il conquiert la place d'honneur et est proclamé parmi les lauréats les plus distingués.

Il entre, à 22 ans à peine (), comme auditeur de au Conseil d'État et est attaché au ministre de la Justice. Il est ensuite chargé d’affaires à Bayonne au moment où se négociait la couronne d'Espagne.

Quelques mois après, envoyé à Berlin par l'empereur , il est chargé des administrations publiques du royaume de Prusse, en l'absence des ministres d'État prussiens qui s'étaient retirés devant le vainqueur, et, par un décret daté de Berlin (), il est investi des fonctions d'administrateur en chef des mines et usines des pays conquis.

Nommé, le , inspecteur général des vivres de la guerre, il remplit pendant quelque temps, par intérim, la place de directeur général, est appelé, le à la préfecture de l'Ariège, et publie une Statistique des mines de ce département, imprimée sur l'invitation du ministre de l'Intérieur.

Le , il est appelé à la préfecture des États de Parme et de Plaisance réunis à l'Empire français sous le nom du département du Taro, où il a à rétablir l'ordre et la paix. Il y déploie un réel talent, faisant preuve d’esprit de conciliation et de prudence, appliquant sa devise : . Ce pays venait d'être ravagé par des insurrections meurtrières. L'administration française était en pleine désorganisation ; en peu de mois, le nouveau et habile préfet parvient à rétablir l'ordre et la paix que les circonstances les plus graves ne purent troubler. Il crée une maison centrale, un dépôt de mendicité, qui devient bientôt un grand établissement de détention, plusieurs écoles publiques ; il donne une organisation nouvelle et plus humanitaire aux ; il augmente et enrichit les musées, fait ouvrir la route de la Spizza, réorganise l'académie de peinture, et rend enfin d'éminents services que les populations reconnurent par des inscriptions et en donnant son nom à des places et monuments publics qui le conservent encore. Au cours de son administration, il supprime aussi l'université de Parme et déclasse l'Académie des beaux-artsRéférence et correspondances administratives dont une correspondance intéressante sur le pillage des œuvres artistiques : 2543.. Il avait organisé dans les villes de Parme et de Plaisance un service d'hôpitaux et d'ambulance, qui fut loué par une lettre autographe du vice-roi et dans un ordre du jour du major-général de l'armée d'Italie.

Lorsqu'en 1813, la guerre s'approcha de cette partie de l'Empire, M. le baron Dupont-Delporte organisa les corps auxiliaires levés dans le pays qui résistèrent aux premiers efforts des alliés, et servit d'intermédiaire aux négociations tentées entre le roi de Naples et le vice-roi d'Italie.

Ce fut en témoignage de sa haute satisfaction que l'Empereur nomma Dupont-Delporte maître des requêtes, par décret du mois de , daté de Saint-Dizier. Ce dernier était déjà Baron de l'Empire depuis le et membre de la Légion d'honneur.

Toujours en , il est chargé de recevoir le pape Pie VII et d'assister, en qualité de commissaire du gouvernement français, à la remise qui fut faite de Sa Sainteté aux alliés par le colonel Lagorce, en présence du prince Esterházy, commissaire de l'empereur d'Autriche et du général Fontana, commissaire du roi de Naples. Après être resté pendant quatre mois, enfermé dans la ville de Plaisance, alors assiégée par le roi de Naples et les troupes alliées, il en sort quelques heures avant leur entrée, n'ayant pas voulu obtempérer à l'invitation qui lui avait été faite d'assister à la remise du pays. En cette circonstance, M. le baron Dupont-Delporte reçut un témoignage de l'estime publique, car les autorités locales et la population presque entière l'accompagnèrent jusqu'au-delà des fortifications.

À la chute de l'Empire, Dupont-Delporte, attaché à par la reconnaissance, refusa de porter son encens à la nouvelle couronne, se retira de la scène publique et vécut dans la retraite la première Restauration.

Les Cent-Jours À son retour de l'île d'Elbe, le à minuit, l'Empereur s'empressa de récompenser son noble dévouement en lui confiant un poste d'honneur : il lui envoya sa nomination de ministre provisoire de l'Intérieur, mais Carnot ayant été appelé définitivement à ce ministère, le baron Dupont-Delporte y resta quelques jours en qualité de secrétaire général pour aider à son organisation.

Il est ensuite nommé, par décret du , préfet du département du Nord, avec des attributions extraordinaires qui s'étendaient sur plusieurs départements, et sur cette frontière que la guerre menaçait d'envahir. Là, il pourvoit aux approvisionnements de réserve de l'armée, à celui des places fortes, forma, avec les gardes nationales mobiles du Nord et de l'Est, un corps destiné à la garnison de ces places, et contribue de tout son pouvoir à la résistance. Dupont-Delporte sert loyalement et jusqu'à sa dernière heure, la cause impériale.

Ce n'est que le , et après l'injonction de faire reconnaître l'autorité du roi, qu'il publie la proclamation suivante :

180px|thumb|right|Henri Dupont-Delporte, gravure du . Après la seconde rentrée de Louis XVIII, il se démit de ses fonctions et se retira à son château d'Égligny (Seine-et-Marne) avec sa famille où il s’adonna aux travaux d’agriculture suivant la tradition familiale.

Monarchie de Juillet 1830 arriva : les couleurs tricolores, auxquelles il avait voué le culte de toute sa vie, resplendirent de nouveau au soleil de juillet, et le roi ayant fait appel à son patriotisme, il accepta la préfecture de la Seine-Inférieure, qu'il garda jusqu'au .

Commandeur, puis grand officier de la Légion d'honneur, il avait été élevé, par , à la dignité de pair de France, le . Le baron était également membre honoraire de la Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure, de l'Académie de RouenAlexandre Héron, Liste générale des membres de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen de 1744-1745 à 1900-1901, Rouen, Léon Gy, 1903 .) et de lAssociation normande.

Pendant sa longue administration, il fait d'immenses travaux et accomplit de grandes choses dans le département : la canalisation de la basse Seine est entreprise, les ports de mer agrandis, les églises et les monuments publics, Saint-Ouen, le palais de justice réparés ou terminés.

à ce magistrat : En 1831, époque de disette et de révolution, l'application d'un système pour la répression de la mendicité, lequel consistait à créer des ressources, dans chaque commune de la Seine-Inférieure, par la réparation générale des chemins vicinaux et d'autres travaux pour les indigents valides, des distributions pour les infirmes, des colonnes mobiles pour la répression des mendiants et des vagabonds ; Quelques années après, la création d'un vaste réseau de routes départementales qui liaient ensemble les routes royales, les villes, les chefs-lieux de canton, les villages où se tenaient des foires et de grands marchés ; La réforme complète des principales prisons ; La séparation des âges, selon la qualification des délits, celle des condamnés, l'introduction du travail ; La formation d'un Musée des Antiquités (1831), qui eut pour origine le produit des fouilles du théâtre romain de Lillebonne et les dons du public ; L'augmentation des bibliothèques par un appel fait aux hommes de lettres, qui furent invités à leur offrir les livres qu'ils écrivaient ; Il établit le comité central de salubrité et des comités d'arrondissements, institution nécessaire dans un pays de fabrique. Il créa aussi une école d'agriculture et une autre . Il organisa dans les ports et sur les bords de la Seine, un service pour le sauvetage .

C'est dans ses fonctions que, le au Val-de-la-Haye, il présida, sous les ordres du prince de Joinville, aux côtés du général Teste et de Henry Barbet maire de Rouen, aux solennités célébrées lors la translation de la dépouille de Napoléon Bonaparte, de retour de Sainte-Hélène, du navire la Normandie vers le vapeur la Dorade 3.

180px|thumb|right|Henri Dupont-Delporte, lithographie du . thumb|Sépulture du baron Henri Dupont-Delporte - Cimetière Montmartre. En 1844, l'Association normande tenant à Neufchâtel-en-Bray son congrès agricole et industriel, le baron Dupont-Delporte vint le présider le jour de la distribution des primes et prit part à un banquet de 300 couverts qui eut lieu sur la place publique à l'issue de la séance.

En 1850, Dupont-Delporte fit partie, au titre de délégué de l'Association normande, du Congrès des délégués des Sociétés savantes, dirigé par l'Institut des provinces : il siégeait près de son ami le baron de Stassart, ancien président du sénat belge, lequel devait le suivre de bien près dans la tombe.

La Révolution française de 1848 mit fin à sa carrière politique. Lorsque cette Révolution éclata, entouré de sa famille, aimée et sympathique à la population, il reçut, en quittant Rouen, l'expression des regrets, des témoignages d'affection, de reconnaissance, et les adieux des notabilités, des fonctionnaires, des employés de son administration, voir de la ville entièreSociété libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure.

Il est inhumé dans une chapelle de la du cimetière Montmartre, avenue Cordier.

Fonctions Inspecteur général des vivres de la guerre () ; Préfet de l'Ariège (appelé le , en poste en - 1810) Préfet du Taro ( - 1814) ; Secrétaire général du ministère de l'Intérieur (Cent-Jours) ; Préfet du Nord ( (Cent-Jours)) ; Préfet de la Seine-Inférieure ( - ) Membre de la Chambre des pairs ( - 1848) Au Conseil d'État : Auditeur de près le ministre de la Justice () ; Auditeur près la section de législation (1806-1808) ; Rattaché à la commission du contentieux (1807) ; En service extraordinaire (1808-1814) ; Auditeur de 2 classe (1812) ; Maître des requêtes en service extraordinaire () ; Conseiller d'État (1831-1848).

Titres Baron Dupont-Delporte et de l'Empire (décret du , lettres patentes du )

Distinctions Légion d'honneur : (), puis, Officier (), puis, Commandeur (), puis, Grand officier de la Légion d'honneur ().

Armoiries

Figure Blasonnement Armes du baron Dupont-Delporte et de l'Empire (décret du , lettres patentes du )

Écartelé : aux 1 et 4, d'azur, à la barre d'argent, acc. de deux léopards lionnés contournés d'or ; au 2, des barons tirés du Conseil d'État brochant ; au 3, de gueules, à une licorne naissante d'argent.Armes du baron Dupont-Delporte, pair de France ()

Écartelé: aux 1 et 4, d'azur, à la barre d'argent, acc. de deux léopards lionnés contournés d'or ; aux 2 et 3, de gueules, à une licorne naissante d'argent.

Union et postérité Henri-Jean-Pierre-Antoine était le fils aîné de Pierre Benoît Dupont (né vers 1752), négociant à Boulogne, et de Jeanne Delporte Source . Il avait un frère cadet, Benoît Casimir Eusèbe Dupont de Caperoy (né en 1786), auditeur au Conseil d'État, préfet des Hautes-Pyrénées pendant les Cent-Jours.