Geoffroy de Vivans (ou Vivant) est né le , au château de Castelnaud, fils de Charles de Vivans, seigneur de Mel (seigneurie qui était sur les rives du Céou), gouverneur du château de Castelnaud pour Charles de Caumont, et de Louise de Cazenac. Il est décédé le au cours du siège du Château de Villandraut que dirigeait le maréchal de Matignon. Durant les guerres de religion, il s'illustre comme un habile et hardi capitaine ; il commande en particulier cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi Henri IV, devient son conseiller en ses conseils d'État et Privé, et est nommé gouverneur du Périgord et du Limousin, de Domme et de Caumont-sur-Garonne.

Il avait pour parrain Geoffroy de Caumont, baron de Caumont et seigneur de Castelnaud, fils de Jeanne de Pérusse des Cars.

Biographie Durant les trois premières guerres de religion (1562-1570) Geoffroy de Vivans est le fils de Charles de Vivans, écuyer, et de Louise de Cazenac de la Beauze, mariés le . Il est élevé dans la foi protestante. Dès l'âge de 24 ans, il rencontre sur son chemin Henri de Navarre, « roi sans couronne, sans femme et sans argent » qui cherche à gagner son trône en conquérant son royaume à la pointe de l'épée, et il va suivre sa fortune jusqu'à son dernier souffle. En 1562, Geoffroy de VivansSociété Historique et Archéologique du Périgord : les deux derniers princes de Carency. est nommé gouverneur de Caslelnaud par Geoffroy de Caumont, devenu le chef de la famille de Caumont après l'assassinat de son frère aîné. Ses frères étaient mariés, François à Philippe de Beaupoil, dame de La Force, et le cadet Charles à une sœur du baron de Biron, le futur maréchal. Geoffroy de Caumont s'était marié en 1568 avec Marguerite de Lustrac, veuve du maréchal de Saint-André. Les Caumont étaient calvinistes, comme Geoffroy de Vivans.

L'histoire des faits d'armes de Geoffroy de Vivans commence le à la bataille de Saint-Denis où il « fict rage » : les huguenots attaquent la ville par surprise, ravagent toutes les églises et mettent à sac le trésor de la basilique, la sacristie et la bibliothèqueChristophe Lafont, Henri IV révélé par son fidèle serviteur, article du mensuel La Une, n° 51, mai 2001, page 17.. C'est ensuite au siège de la ville de Sens que Geoffroy de Vivans s'illustre, dirigeant un combat remarquable de courage, en l'absence de Clermont de Piles dont il commande le régiment : galvanisant ses hommes, il refoule les ennemis et les poursuit jusqu'en haut des remparts. Le , le Prince de Condé met le siège devant Chartres : tout auréolé de sa récente victoire, le régiment de Clermont de Piles fait les premières approches et Geoffroy de Vivans y porte son drapeau blanc d'enseigne coronelle sous les murs de Chartres, affirmant « se vouloir ensevelir avec luy ». En 1569, l'édit de Saint-Maur, pris le , supprime la liberté de culte pour les Réformés ; Geoffroy de Vivans décrit ainsi dans ses mémoires la décision qu'il prend alors : "L'an 1569 que la rigueur des Edictz contre ceux de la Religion executoyent à mort ceux que l'on sobsconnoyt en estre, les visseneschaus et les prevostz couroyent toute la province de Périgord, rançonnant et mettant à mort tant hommes que femmes sans aucune opposition, le sieur Geoffroy de Vivant qui, quelque temps avant, avoyt commandé l'enseigne couronnelle de Monsieur de Pilles dans l'armée de Messieurs les Princes, ne pouvant supporter ses inhumanitez, assembla quelques-uns de ses amys et sçachant que les Prevosts de Périgord avoyt nombre d'archers qui commetoyent des cruauttés inouyes contre ceux de son party, es chargea et deffit au village de las Teuillères près de Sarlat, la plupart de ces archers tuez, mesmes son lieutenant nommé Laporte de Prach, cela arresta les courses de ces gens et donna quelques relasche à ceulx de la Religion". Une version de ce texte a été publiée par Adolphe MagenGuyenne : Société historique et archéologique du Périgord. Tome XV - Adolphe Magen : Faits d'armes de Geoffroy de Vivant, publiés d'après le manuscrit original..

De 1572 à 1577 En août 1572, François de Caumont et son fils aîné sont tués au cours du massacre de la Saint-Barthélemy. Son fils cadet, Jacques, en échappe comme son oncle Geoffroy, qui meurt empoisonné en 1574. Son épouse met au monde sa fille, Anne, marquise de Fronsac, le . C'est à ce moment qu'Annet de Commarque, du château de Pégaudou, sur le territoire de Belvès, tente de s'emparer des châtellenies de Geoffroy de Caumont. Sa femme, Marguerite de Lustrac, fait appel à Geoffroy de Vivans pour les reprendre, dont le château de Caumont à Caumont-sur-Garonne, ce qu'il fait. Jean de Pérusse des Cars, fils de François de Caumont, est désigné tuteur de sa cousine Anne de CaumontChâteau de Castelnaud : historique. Armand de Gontaut ayant été nommé gouverneur de La Rochelle par le roi Henri III après le massacre de la Saint-Barthélemy d'où il avait réussi à échapper en sauvant le fils cadet de La Force, Geoffroy de Vivans s'y rend et en profite pour occuper son château de Montaut.

Le , Geoffroy de Vivans fait une première tentative de prise de la bastide de Domme, mais il échoue. Le , deuxième tentative de prise de la ville de Domme, nouvel échec. Presque toutes les villes et villages du Périgord, de l'Agenais, du Quercy et du Limousin sont alors le théâtre des exploits guerriers de Geoffroy de Vivans. Après la paix du siège de La Rochelle signée le , sur l'ordre de François de La Noue, Geoffroy de Vivans prend Sarlat, en profitant du Mardi Gras du carnaval, le . Les hommes de Belvès ayant décidé d'arrêter les courses de Geoffroy de Vivans dans le pays, il les attire et en tue un grand nombre, le , dans une embuscade près de Larzac. Le même jour, Geoffroy de Vivans entre sans combat dans Monpazier « par l'intelligence et du consentement d'une partie des habitants »Michel Coste, Monpazier, les clés d'une bastide, Librairie du château, 2002 ..

Le , la ville de Périgueux est prise par les protestants commandés par Guy de Montferrand, baron de Langoiran, grâce à un coup de main mené par Geoffroy de Vivans. Le , le sieur de La Bourrelie prend par ruse la ville de Belvès, mais les catholiques s'étant retranchés dans l'église Notre-Dame de Montcuq, Geoffroy de Vivans vient mettre le siège de l'église. Les catholiques se rendent et sont massacrés par la troupe protestante.

Le siège de Villefranche-du-Périgord (1577) En 1577, les habitants de Villefranche-du-Périgord, ville close et très riche, se déclarent opposés au parti du roi de Navarre et chassent de leur ville les huguenots : leurs maisons sont pillées et abattues, les femmes et les enfants ne sont épargnés que contre de fortes rançons. Averti par Geoffroy, son fidèle serviteur, Henri de Navarre envoie Jean de Beaumanoir, sieur de Lavardin, mettre le siège devant Villefranche. Geoffroy de Vivans participe au siège de la ville dont la défense est dirigée par Jean de Cugnac, seigneur de Sermet, et il est chargé d'investir la place. Pour enlever la ville, les protestants font appel à François de la Noue qui arrive le avec un canon et une couleuvrine et fait tirer sur la ville. Combattant avec bravoure sur le haut de la brèche ouverte par le canon, Geoffroy de Vivans y est gravement blessé à l’œil droit. Contraint par le sang qui lui obscurcit la vue, il doit se retirer, non sans avoir enlevé un drapeau ennemi conquis de ses mainsChristophe Lafont, article du mensuel La Une, n° 51, page 17.. Sully assiste au siège. Le commandant de la place est tué au cours de l'assaut ainsi que la plupart des défenseurs. Quelques jours plus tard, François de La Noue, dit Bras de Fer, accourt avec des renforts et poste une batterie face à la tour d'Albié près de l'église. L'artillerie donne de la gueule pendant quelques heures. Se voyant perdus, les assiégés capitulent : la bastide se rend le et est livrée au pillage par la soldatesqueFrançoise Auricoste, La bastide de Villefranche du Périgord, capitale de la Chataigneraie (1261-1800), Tome II : 1500-1800, Éditions du Roc de Bourzac, 1992 . La paix de Bergerac, le , ramène un peu de calme dans la région.

Les dernières années En 1578, Geoffroy de Vivans acquiert la terre de Doyssac de la veuve de Geoffroy de Caumont. Vivans devient gouverneur de Périgueux, en 1578, après Guy de Montferrand, le vicomte de Turenne, de Choupes. Le , Henri de Navarre nomme officiellement Geoffroy de Vivans gouverneur du Périgord et de la vicomté du Limousin, en remplacement de M. de Hautefort, qu'il accuse d'avoir participé aux évènements qui ont précédé et suivi le massacre de la Saint-Barthélemy à ParisGuyenne : Société historique et archéologique du Périgord, Tome XXVIII, G. Charrier : Geoffroy de Vivant gouverneur de la ville de Périgueux, 1578.. Vivans remet Périgueux, en 1580, au capitaine Belsunce qui perd la ville à la suite d'une attaque menée en 1581 par Jean de Chilhaud.

Henri de Navarre demande à Geoffroy de Vivans de reprendre le château et la ville de Montignac tenus pour le roi par le seigneur de la Faye. Malgré une ruse qui lui permet d'en prendre une partie, l'attaque est repoussée.

En 1581, profitant de l'absence de Geoffroy de Vivans du château de Castelnaud, parti à la poursuite des catholiques dans le Haut-Quercy, Jean de Pérusse des Cars, en sa qualité de tuteur de la marquise de Fronsac, entre dans le château de Castelnaud. La maréchale de Saint-André et sa fille qui s'y trouvent sont emmenées à Lavauguyon. La maréchale est libérée mais Jean de Pérusse des Cars garde la marquise de Fronsac pour s'emparer de sa fortune. Peu de temps après, il prend les châteaux appartenant à la maréchale et à sa fille, sauf ceux tenus par Geoffroy de Vivans qui résiste, Castelnaud et les Milandes. Vivans en appelle à Henri de Navarre, gouverneur de Guyenne. Ce dernier commande à Jean de Lavauguyon de rendre les châteaux dont il s'est emparé, en lui laissant sa pupille et les terres de Castelnaud, Coutras et Fronsac. En , Jean de Lavauguyon, pour éloigner les prétendants, Charles de Gontaut-Biron et Henri de Turenne, décide de marier la marquise de Fronsac à son fils aîné, Claude de Pérusse des Cars, qui prend le titre de prince de Carency. Le roi donne le titre de comte de Lavauguyon à Jean de Lavauguyon. Charles de Biron se venge en s'entendant avec le marquis de Montpezat et en provoquant en duel le prince de Carency qui est tué le . Le père s'en plaint au roi qui n'intervient pas. Il marie la jeune veuve avec son fils cadet, Henri de Pérusse des Cars, dernier prince de Carency, en , malgré l'opposition de la maréchale de Saint-André, sa mère.

Le , un arrêt du Grand Conseil du parlement de Toulouse condamne Geoffroy de Vivans à avoir la tête tranchée à la suite d'une plainte de M. de Lestang, seigneur de Bélestang, son président. Cette plainte est due au fait que la maison de M. de Lestang, alors président du présidial au Bas-Limousin, avait été brûlée au cours du siège de Brive par Geoffroy de Vivans.

Le , François d'Anjou, frère du roi Henri III et héritier de la couronne, meurt de tuberculose. L'héritier légitime selon la loi salique devient alors Henri de Navarre, calviniste. La possibilité de voir un roi de France, protestant et relaps, si Henri III n'a pas de fils, entraîne les catholiques les plus intransigeants qui forment la Ligue, en , à Nancy, sous la direction des Guises, avec l'appui financier du roi d'Espagne, Philippe II. À côté de la ligue nobiliaire, va se former en 1584 une ligue roturière à Paris, la Sainte Union. Elle est essentiellement formée d'officiers de rang modeste, d'avocats, de procureurs et de marchands. Il y a aussi des membres du clergé, curés, moines, jésuites. Ils créent le Conseil des Seize, représentant les seize quartiers de Paris, qui est en liaison avec Henri de Guise, chef de la Ligue. Il se met alors en place une littérature justifiant la contestation des hiérarchies terrestres, la lutte contre la pollution des hérésies et le tyrannicide (Dieu seul est roi).