La rue aux Ours est une rue du arrondissement de Paris, située dans le coin sud-ouest de l'arrondissement.
Situation et accès Elle est prolongée vers l'est par la rue du Grenier-Saint-Lazare, et vers l'ouest et le arrondissement par la rue Étienne-Marcel.
La rue aux Ours est desservie par la ligne 4 à la station Étienne Marcel et par la ligne 11 à la station Rambuteau.
Origine du nom Sauval indique qu'en 1209, 1297 ou 1300 cette rue est désignée dans un texte rédigé en latin médiéval vicus ubi coquuntur anseres, c'est-à-dire « rue ou l'on cuit les oies ».
Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris (vers 1280-1300), de Guillot de Paris, sous la forme rue As Ouës « rue aux oies ». Un manuscrit de l'abbaye Sainte-Geneviève, datant de 1450, mentionne la rue aux Oes « idem ». La forme Ours semble apparaître vers le , puisqu'elle est citée sous le nom de rue aux Ours dans un manuscrit de 1636.
L'élément Ours est une altération d’un plus ancien Oe, Oues, c'est-à-dire « oies », qualificatif qui évoque les nombreux rôtisseurs installés autrefois dans cette rueIsabelle Dérens, Le Guide du promeneur. , Parisgramme, 1994.Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments..
En réalité, la forme oe, oue représente l'évolution régulière en langue d'oïl du latin auca « oie »Site du CNRTL : étymologie du mot oie (lire en ligne) , c'est la forme oie qui est aberrante. En effet, elle est sans doute motivée par l'attraction du oi- de oiseau. En revanche, l'altération Oue → Ours s'explique mal et correspond peut-être à une réaction érudite, le français populaire ne prononçait plus le -r final des mots terminés par cette consonne. Le même phénomène s'observe dans le nom des rues homonymes de Rouen et de Metz.
Historique La rue était située à l'intérieur de l'enceinte de Philippe-Auguste entre la poterne du Bourg-l'Abbé à l'angle du boulevard Sébastopol et la deuxième porte Saint-Martin à l'angle de la rue Saint-Martin.
Selon Sauval, un proverbe disait , car le portail de cette église se trouvait autrefois face à la rue aux Oies.
Cette rue qui reliait depuis le la rue Saint-Martin à la rue Saint-Denis fut amputée lors du percement du boulevard de Sébastopol en 1854, puis une autre partie fut intégrée dans la rue Étienne-Marcel lors de son ouverture en 1881.
En 1817, la rue aux Ours, d'une longueur de , commençait aux 135-137, rue Saint-Martin et finissait aux 202-204, rue Saint-Denis. Elle était située dans l'ancien .
Les numéros de la rue étaient rougesJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le . Les numéros pairs étaient dans le quartier de la Porte Saint-DenisCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Porte Saint-Denis », îlot , F/31/83/25, îlot , F/31/83/27, îlot , F/31/83/10, îlot , F/31/83/11, îlot , F/31/83/12 et les numéros impairs étaient dans le quartier des LombardsCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Lombards », îlot , F/31/83/10, îlot , F/31/83/11, îlot , F/31/83/12..
La rue originellement très étroite est élargie au début du par démolition et reconstruction en recul des immeubles du côté nord (numéros pairs) pour un projet d'axe est-ouest qui aurait relié la rue Étienne-Marcel au boulevard Beaumarchais. Après un début d'exécution par l'élargissement de la rue de la Perle et percement de la courte rue Roger-Verlomme, ce projet est abandonné. La construction de l'immeuble du à l'angle de la rue Saint-Martin qui régularise la largeur de la rue est plus récente.
Traditions populaires C'était dans cette rue, au coin de la rue Salle-au-Comte (rue au Comte-de-Dammartin, disparue), qu'était enfermée, dans une grille en fer, une « Notre-Dame dite de la Carole », devant laquelle, jusqu'en 1789, on entretenait une lampe allumée. Selon la tradition, le , un Garde suisse sortant d'un cabaret, après avoir perdu son argent, frappa la statue de plusieurs coups de sabre et elle se mit alors à saigner. Le soldat fut arrêté, conduit devant le chancelier de Marle et condamné à mort. La véracité de l’histoire est douteuse car on n'en trouve aucune trace dans les textes officiels de l’époque, et le chancelier de Marle était mort victime de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons le mois précédent. Néanmoins, une fête populaire en mémoire de cette histoire avait lieu dans la rue aux Ours tous les ans, le ; il y avait un feu d'artifice et un mannequin gigantesque habillé en Garde suisse, que l'on appelait « le Suisse de la rue aux Ours » qui était brûlé. La Révolution mit fin à cette tradition burlesque.
Jean Lepautre exécuta une gravure représentant cet événement . vignette|center|Gravure de Jean Lepautre représentant le miracle de la rue aux Ours.
Le , pour la fête de saint Leu et saint Gilles, qui est la fête patronale de la paroisse Saint-Leu-Saint-Gilles, un mât de cocagne est dressé avec pour trophée une oie et six blancs. Le meilleur grimpeur ne parvint pas jusqu’en haut mais on lui remit toutefois l’oie seuleAuguste Vallet, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, Renouard, 1863, ..
Bâtiments remarquables, et lieux de mémoire vignette| Henri Alexandre Saffrey : Rue aux Ours - Tour de Jean-sans-Peur (eau-forte, 1873). Il y avait dans cette rue en 1675, une auberge à l'enseigne du Soufflet vert<ref>Archives nationales, Insinuations Y/231,fol. 18, Louis Ruelle, novice au couvent des Capucins du Faubourg Saint-Jacques : donation à Pierre Ruelle, marchand hôtelier, demeurant à Crespy en Valois et actuellement logé à Paris, rue aux Ours, à l'enseigne du Soufflet vert, son frère ainé, de tous ses biens meubles et immeubles.Notice n° 25,Date de l'acte : 8 décembre 1675.</ref>. Le , Justin Goblin, maître chaircuitier à Paris, demeurant rue aux Ours : donation à Catherine David, veuve de François Boissierre, demeurant à Chelles-Sainte-Bauxotour, sa nièce, d'une rente de 14 livres tournoisArchives nationales de France: Insinuations Y/231, fol.256, notice 309.. : immeuble industriel primé au concours de façades de la Ville de Paris, en 1909, page 48..
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Guillot de Paris, Le Dit des rues de Paris, avec préface, notes et glossaire d'Edgar Mareuse. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris'', 1817.
Articles connexes Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
Catégorie:Rue dans le 3e arrondissement de Paris Catégorie:Voie citée dans le Dit des rues de Paris Catégorie:Voie citée dans rues de Paris vers 1450 Catégorie:Voie citée dans rues de Paris en 1636