Les mines d'or sont parmi les plus anciennes formes d'extractions métallurgiques de l'histoire humaine. Les premières mines d'or datent du troisième millénaire avant notre ère, et sont contemporaines d'une période appelée, selon une formulation désormais classique, l'âge du bronze.

L'or dont il est question ici est issu de l'extraction, c'est-à-dire, d'un processus qui implique les étapes de recherche, de creusement ou de filtration, d'affinage et de fonte. C'est un travail long et pénible, tant le métal est rare.

L'or se présente sous la forme de gisement. Une partie seulement de ces gisements permet une exploitation durable, sous forme de mines plus ou moins profondes. Cette exploitation mobilisa des millions d'individus, et cet attrait, cette dépense d'énergie, ne saurait faire abstraction des propriétés propres à ce métal, dont l'usage premier fut la parure et donc l'orfèvrerie, ce qui est encore le cas de nos jours. Sa valeur d'usage va en effet varier sensiblement au fil des siècles, faisant de l'or un moteur central de certains systèmes économiques et sociaux, jusqu'à devenir aujourd'hui essentiel au secteur hautement stratégique, celui des composants électroniques. Après 1890, l'industrialisation massive des modes d'extraction n'est pas sans affecter l'environnement et l'écosystème. Auparavant, la quête de mines d'or est le prétexte à des situations et conflits violents, comme la colonisation, et la mise en esclavage, et donne lieu à de nombreuses guerres de conquête territoriale.

Depuis 1976, l'or a cessé d'être un étalon monétaire mais continue à servir de réserve stratégique pour de nombreuses institutions financières. En 2019, la moitié de l'or extrait servait à la joaillerie et 37 % au secteur industriel de l'électronique Hobart M. King, « The Many Uses of Gold », sur Geology.com.. L'USGS estime à près de tonnes d'or les réserves minières potentielles non encore exploitées dans le monde« Pays comptant les plus grandes réserves de mines d'or dans le monde en 2021 », sur Statista Research Department, 19 mai 2023..

Les mines d'or antiques Symbole et puissance dans le Proche-Orient ancien vignette|Créséide d'or lydienne. La quête de l'or sous l'Antiquité génère des récits qui nous ont été transmis comme celui de Jason et la Toison d'or (qui mène au Caucase) ou celui des « mines du roi Salomon », évoquées dans l'Ancien Testament. Les archéologues se posent encore la question de savoir d'où venait cet or qui prend ici une dimension légendaire ? D'où venait par exemple l'or de l'Égypte antique, comme celui que l'on a retrouvé en grande quantité dans la tombe de Toutânkhamon (1 327 avant notre ère) ? À quoi servait-il ? À l'apparat ? à honorer les dieux ? au commerce ? comment était-il extrait ?

L'une des plus anciennes mines retrouvées à ce jour est située en Géorgie, à Sakdrisi (Bolnisi), identifiée en 2007 par une équipe d'archéologues allemands, cette exploitation serait liée à la culture Kouro-Araxe (entre 3 400 et 2 000 ans avant notre ère) Rayhan Demytrie, « Georgia's gold mine dilemma », 29 mai 2014 — lire sur BBC News.. Les plus anciens artefacts en or conservés sont originaires de la nécropole de Varna, site rattaché à la culture de Gumelnița-Kodjadermen-Karanovo (4 600 et 4 200 ans avant notre ère).

Au , les mines d'or et d'électrumAlliage composé d'or et d'argent qu'on rencontre à l'état naturel. du mont Tmole sont la base de la puissance de la Lydie, sa monnaie appuie l'influence internationale de ce royaume en Asie mineure et en Grèce. Les créséïdes pèsent d'or, .. Après Crésus, dernier roi de Lydie, l'usage des pièces d'or se répand aussi bien dans le monde hellénistique que chez les Perses achéménides. Avec les Lydiens émerge l'idée promise à une longue prospérité d'un monopole d'État de la monnaie, de l'or et donc de la production des mines d'or..

Les multiples petites mines d'or des Gaulois vignette|Disque celte découvert à Auvers-sur-Oise, avant notre ère. Les plus récentes recherches prouvent que les Gaulois étaient des prospecteurs et des mineurs exceptionnels. De lourds chariots chargés d'or précèdent Vercingétorix, au triomphe de César à Rome, en 46 av. J.-C. Les Gaulois traquaient déjà l'or depuis plusieurs siècles dans les rivières, sur les flancs des montagnes, et ils en faisaient de somptueux bijoux pour eux et pour leurs dieux.

L'or des Celtes hante les esprits depuis l'Antiquité. Les auteurs grecs et romains mentionnent avec une stupeur mêlée d'envie la richesse en or de la Gaule, les trésors accumulés dans les sanctuaires. César est même accusé d'avoir détruit les villes gauloises dans le seul but de s'en emparer. Le chef arverne Luern jette de son char des pièces d'or et d'argent à ses compatriotes, les Gaulois allant au combat vêtus de leurs seuls bracelets et de leur fameux torque (collier) en or.

La récente prospection menée aux alentours de Cambo-les-Bains, au Pays basque, a permis d'identifier près d'une cinquantaine de sites miniers exploités selon une technique basée sur la force hydraulique : les torrents étaient détournés et retenus dans des bassins au sommet des montagnes aurifères. L'eau lâchée sur les pentes se chargeait d'alluvions aurifères, torrents de boue canalisés vers la vallée. Les particules d'or étaient piégées dans les bruyères tapissant le fond des canaux. Il suffisait de les brûler pour récupérer l'or dans les cendres.

Dans la région de Cambo-les-Bains, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a constaté la présence d'or natif en paillettes dans le sol et de ruisseaux aurifères. D’autres régions, Ardennes, Pays de la Loire, Auvergne, Limousin, Aquitaine et Pyrénées renferment également de l'or alluvionnaire ou pris dans les roches.

En Limousin, quelque 230 mines d'or antiques ont déjà été inventoriées par la prospection aérienne, la photo-interprétation (étude de la couverture photographique aérienne au 1/, réalisée par l'Institut national de l'information géographique et forestière), les recherches dans les archives (études des ingénieurs miniers du siècle dernier et du début du , mentions de trouvailles) et l’étude des noms de lieux du cadastre du ..

En Belgique, divers sites d'orpaillage ont été identifiés en Ardenne, de même qu'une mine souterraine, le trou des Massotais.

De l'importance des mines d'or par le contre-exemple chinois... La relative rareté d'anciens gisements d'or en Asie orientale, ou plutôt le fait que peu d'anciennes mines d'or y ait été localisées (à l'inverse de ce qui se passe de nos jours), expliquerait la faible importance de ce métal précieux dans l'histoire politique et économique de cette région du monde. À l'or, les Chinois ont longtemps préféré l'usage de l'argent comme moyen de paiement de l'antiquité jusqu'au . En Chine, les États et les marchands n'ont pas fait des mines d'or une priorité contrairement à l'Europe où elles ont été l'une des « causes des grandes expansions maritimes » aussi bien mercantiles que coloniales, .. ... Et celui des peuples premiers mésoaméricains et sudaméricains

Les plus anciens objets en or émergent dans une région à cheval sur les actuels Pérou, Bolivie, Chili et Argentine, ils datent d'environ 2100 Cette région est dans cette partie du monde, la plus ancienne à extraire de l'or, et non à se servir uniquement d'or natif. Conséquemment, lorsque les Espagnols envahissent ces terres au début du , en partie animés par la quête de l'or, ces peuples ont une pratique métallurgique aurifère vieille de plus de trois mille ans.

Les mines d'or médiévales, source d'une explosion commerciale Le Moyen Âge, du règne de l'argent-métal au retour des monnaies en or Sous le règne de Charlemagne (768-814), les Francs annexent la Bavière en 788-794 et la Basse-Saxe en 804 après une longue guerre contre les Saxons. À sa mort en 814, ils décidèrent de privilégier l’argent pour battre monnaie, condamnant la production d’or. Ce monométalisme dura quatre sièclesLa révolution industrielle du Moyen Âge, Jean Gimpel, ..

vignette|Ducat vénitien, début du .

Les mineurs allemands devinrent des spécialistes des techniques minières"Révolution industrielle du Moyen Âge, "., permettant de localiser les gisements d’argent dans toute l’Europe centrale. Ces perpétuels migrants étaient toujours prêts à quitter des districts en voie d'épuisement pour la contrée parfois lointaine où les appelle la rumeur d'un nouvel essor. L'abondance de l'or dans les trésors royaux à l'époque de Grégoire de Tours explique que l’on poursuive le monnayage d'un métal qui ne circulait plus dans la société. Les rois ne pouvaient déjà plus lever de taxes en orMonnaie et économie à la fin du Moyen Âge. À propos d'ouvrages récents, par Marc Bompaire, ..

Quatre grandes cités-États marchandes d'Italie décident au de réinvestir l'or en tant que médium monétaire, en créant chacune une pièce fabriquée dans ce métal, plus difficile à rogner. Le fiorino d'oro, principale monnaie du Moyen Âge et la première en or, est frappée pour la première fois en 1252 par la corporation des changeurs et banquiers (Arte del Cambio) de la république de Florence. La république de Gênes crée la même année le genovino d'oro, imitée par la république de PiseÉtudes d'histoire monétaire, par John Day, .. La république de Venise instaure, elle, le zecchino d'oro, en 1284. Ces quatre modules font exactement le même poids, et sont de même aloi. Le fiorino (ou florin) d'or s'apprécie par rapport au florin d'argent (dit Popolino, du peuple). Le premier sert à l'investissement et à l'exportation, le second au commerce intérieur.. Le florin a permis aux drapiers de Florence de capter la laine anglaise dans les années 1270. Sa pureté l'impose, car sa fabrication est dirigée par deux signori della zecca élus tous les six mois par les capitudini des arts, appartenant l'un à la corporation des changeurs l'autre à celle des lainiers, auxquels on adjoignait deux essayeurs de l'or et l'argent. Le succès du florin d'or relance la prospection des mines d'or, en particulier en Slovaquie. Mais Kremnitz fut quasiment la seule source d'or entre 1320 et 1350, à côté de l'or du Soudan qui atteignait la Méditerranée.

Le cas de Venise reste cependant à part : ses liens privilégiés avec l'Empire byzantin, lequel entretient des rapports d'échanges avec toute l'Asie jusqu'à la fin du , permet de comprendre l'origine d'une partie non négligeable de l'or qui circule dans la République : à l'or de Bohême et d'Afrique subsaharienne, s'ajoute celui venu des mines situées autour de la mer Noire, mais aussi en Russie. Par ailleurs, l'Empire ottoman, de par son extension, ne limite pas ses approvisionnement à la seule Afrique, alors que Venise et Byzance demeurent des partenaires commerciaux, deux portes d'accès aux marchés européens« Du ducat médiéval au 4 ducats actuel en or, 800 ans d’histoire », sur Orobel, publié le 7 avril 2016..

La ville serbe de Novo Brdo produit en 1450 un argent à forte proportion d'or La ville serbe de Novo Brdo est citée par Raguse pour ses minerais mixtes, associant l'or et l'argent, très recherchées à partir des années 1300, lorsque la demande d'or a commencé à augmenter.. Les mines de la région de Kopaonik, de Novo Brdo, apparaissent au , suivies, au nord de la Serbie, par celles de Zeleznik. En Bosnie, les archives mentionnent en 1349 le nom de la mine d'OstruvznicaLes mines d'or et d'argent en Serbie et Bosnie, par Desanka Kovacevic, .. La grande peste qui a touché la population européenne entre 1347 et 1351, tuant entre 30 et 50 % des habitants du continent, pénalise ces nouvelles mines. L'impact de la maladie ne s'atténuant que progressivement, la production d'or baisse fortement. En 1450, la ville de Novo Brdo, construite sur le cône d'un ancien volcan, n’a plus vraiment de rivaux. Elle produisit cette année-là par an d'un argent, contenant une forte proportion d'or.

Les « mines du roi Salomon », en remontant le Zambèze par Sofala