Le musée océanographique de Monaco ou Musée océanographique est un musée océanographique-aquarium public de style néo-baroque, du Rocher de Monaco, sur la Côte d'Azur, fondé face à la mer Méditerranée en 1889 par le prince Albert de Monaco, et inauguré en 1910. Propriété de sa fondation Institut océanographique, Fondation Albert , Prince de Monaco, il est entre autres dirigé par le commandant Cousteau de 1957 à 1988.

Ce monument de est le plus imposant du Rocher (avec le palais de Monaco, et la cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco). Il est construit à flanc de falaise sur de hauteur, et constitué d'une centaine de bassins pour une importante collection de de poissons, pour plus de , et plus de annuels.

Le Musée océanographique de Monaco Histoire du musée thumb|gauche|redresse|Le « prince savant navigateur » Albert de Monaco. Après avoir entrepris dès l'âge de (en 1870) de nombreuses années de recherches et d'expéditions océanographiques passionnées à travers le monde, le prince Albert (1848-1922, surnommé le « prince navigateur savant ») envisage pour la première fois en 1885, de créer dans sa Principauté un laboratoire de biologie marine, quelques mois après avoir découvert les résultats de ses expéditions dirigées par le zoologiste Alphonse Milne-Edwards. L'idée mûrit en particulier après l'important succès de la présentation de ses collections scientifiques lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889, avec l’idée de mettre en valeur les collections qu’il a réunies pendant ses campagnes scientifiques, et de diffuser les nouvelles connaissances sur la mer et la richesse de sa biodiversitéMusée océanographique 1910-2010 – édition La Gazette de Monaco .

Construction et architecture Les plans de cet imposant palais-musée monumental et spectaculaire, de style néo-baroque, dédié à la mer Méditerranée et à l'océanographie, sont établis à la fin du par l'architecte français Paul Delefortrie.

La construction de l'édifice, dont la première pierre est posée le , pose de nombreux problèmes techniques à résoudre durant une vingtaine d'années (dont de construction) avant son inauguration et ouverture au public, du fait de son élévation à flanc escarpé de rocher, face à la Méditerranée, depuis le niveau de la mer jusqu’à plus de de haut, et de son respect de l'intégrité des jardins Saint-Martin environnants. L’édifice de de long est essentiellement construit avec des pierres blanches de La Turbie et du calcaire italien de Brescia pour les éléments d’intérêt particulier comme les colonnes de la façade et de l’intérieur ou de l'escalier monumental. Les deux groupes allégoriques de la façade principale, « Le Secours » et « Le Progrès venant au secours de l'Humanité » sont sculptés par Gustave Dussart, et inaugurés le Jacqueline Carpine-Lancre, Albert , Prince of Monaco (1848-1922), 1998, La Construction moderne, volume 25, 1910, . Les premiers poissons et invertébrés sont maintenus dans des bassins en ciment armé dès 1903Catalogue d’exposition : « un Guide illustré pour Oceanomania de Mark Dion – 56 pages, parution avril 2011 », et le musée est inauguré officiellement le .

Le musée à ce jour Le musée rassemble à ce jour une importante collection d'environ de poissons et d’invertébrés, sur d'exposition publique. Le lagon aux requins révèle la diversité du récif corallien peuplé d’une multitude de poissons tropicaux et de coraux vivants.

Dans le cadre d’un programme international qui associe des aquariums publics du monde entier, l'aquarium public de Monaco joue un rôle important de conservation des espèces menacées, avec entre autres ferme à corail, reproduction de poissons-clowns, d'hippocampes, de seiches, ou de l'apogon des îles Banggai menacés par des pêches excessives... Il s'inscrit ainsi dans la sauvegarde et la gestion durable des milieux naturels et des espèces.

Ce haut lieu du monde maritime d’information et de médiation entre les recherches océanographiques et le grand public, présente également une importante collection inestimable d'objets d'histoire et d'art et d'artisanat liés à la merBariaa Mourad, Gérald A. P.-Fromm & Christian Carpine (eds.), «Art de la nacre, coquillages sacrés : Rapport de recherche sur la provenance et l'authenticité d'une collection du Musée océanographique», Monaco: Musée océanographique, 1992, et permet de découvrir, d'apprendre, et d'observer le monde marin, en associant « l’Art et la Science » avec pour enjeu de maintenir cette action novatrice au fil du temps et de l’évolution du monde, grâce à des expositions artistiques menées en partenariat avec le nouveau musée national de Monaco, des conférences, des colloques internationaux et actions de sensibilisation menées en partenariat, et notamment avec la fondation Prince-Albert--de-Monaco...

Ils sont visiteurs en 1991 et à fréquenter le site en 1996.. Le Musée océanographique de Monaco participe activement au rayonnement de la Principauté tant sur le plan scientifique, qu'économique ou touristique. Ses annuels en font l’une des principales attractivités touristiques monégasques. Grâce à l’action du gouvernement princier de Monaco, le musée bénéficie en 2010 d’un ambitieux programme de travaux de rénovation et d’embellissement.

Expositions thumb vignette| thumb Cornucopia de Damien Hirst À l’occasion de son centenaire, le musée a présenté en 2010 une exposition d’œuvres plastiques et picturales de l’artiste britannique Damien Hirst : Cornucopia. Plus de sont présentées, allant de la peinture sur toile aux animaux marins dans le formol en passant par des squelettes d’animaux préhistoriques. Le point d'orgue de la visite était l'aquarium de contenant un Grand requin blanc installé à l’entrée du musée.

Oceanomania de Mark Dion L'année suivante s’est tenue l’exposition Oceanomania de Mark Dion. Cet artiste américain a créé le plus grand cabinet de curiosités du monde marin, conçu spécialement pour le musée. Celui-ci mesurait de largeur et de hauteur. Il contenait de nombreuses pièces des collections du musée comme des maquettes, des bocaux contenant des poissons, des instruments océanographiques et toute sorte d'objets d’art d’inspiration marine. Pour illustrer son intérêt pour les océans, Mark Dion a créé installées dans les différentes salles du musée.

Exposition Méditerranée Initialement prévue du au , elle est finalement prolongée jusqu'au printemps 2013. Elle aborde plusieurs thématiques comme la prolifération des méduses, l’acidification des océans, les espèces venues d’ailleurs ou encore la surpêche du thon rouge en Méditerranée. Cette exposition a également accueilli l’œuvre Wu Zei (乌贼), réalisée par l’artiste chinois Huang Yong Ping. Cet animal hybride entre la pieuvre et la seiche de est suspendu au plafond du Salon d'honneur. « Wu zei » est le nom chinois de la seiche, mais l’idéogramme « Wu » (乌) est aussi la couleur noire, tandis que « Zei » (贼) contient aussi l’idée de « voler ». Ce titre ajoute à l’œuvre une ambigüité de sens entre encre marine et marée noire.

The Littorial Zone de Marc Quinn En 2012, c'est l'artiste britannique Marc Quinn qui a exposé soixante-neuf œuvres (tableaux et sculptures) dans le cadre de l’exposition The Littoral Zone. Squelettes en prière, fœtus en évolution, morceau de glace du pôle Nord, bébé géant ( de long et de haut) ou tête modelée avec son propre sang ; cet artiste britannique affiche son obsession pour le lien entre la vie et la mort, tout en recherchant l’alchimie entre son monde et celui des océans.

On Sharks & humanity Le , l’exposition a ouvert ses portes. Menée en collaboration avec l’association internationale WildAid ce sont 11 œuvres uniques créées spécifiquement pour le Musée par d’avant-garde chinois. Chacune d’elles explore la relation complexe entre les hommes et les squales et par extension, son rapport à la nature. Dans toutes les salles jusque sur la terrasse panoramique, ces installations monumentales, sculptures, peintures, interpellent le visiteur et l’invitent à dépasser certains préjugés. “On Sharks & Humanity“ souligne à travers l’art le rôle indispensable des requins dans l’écosystèmes marins et l’impact négatif de la surpêche.

Taba Naba L’art aborigène et océanien est mis à l’honneur du au à travers Taba Naba, une exposition sur le thème des océans et de l’eau. Le projet s’est articulé autour de trois volets : La défense des océans au cœur de l’art des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres. L’Océanie : des îliens passés maîtres dans la navigation. Et la présentation de peintures aborigènes contemporaines. Utilisant tous les supports ces œuvres alertent sur les risques liés au changement climatique et dénoncent les ravages subit par l’environnement, au travers de la surpêche ou de la pollution plastique. Pour les artistes l’enjeu est de mobiliser le public pour protéger les ressources marines.

Borderline de Philippe Pasqua Dans cette exposition qui s’est déroulée du au , l’artiste a décliné un thème phare de l’histoire de l’art : la vanité. Celle notamment de l’homme souhaitant maîtriser la nature. 12 œuvres monumentales créées sur mesure et installées dans toutes les salles du Musée océanographique, questionnent le visiteur interrogeant sur la protection de l’environnement tout en créant un écho avec les collections historiques du musée. Le but de Philippe Pasqua étant de faire passer, par l’art, un message sur la condition des océans.

Anecdotes thumb|Le prince Albert de Monaco. Le premier vol en hélicoptère En 1905 eut lieu, dans le Musée océanographique de Monaco, le premier vol en hélicoptère de l'histoire, motivé par le prince et par Maurice Léger un ingénieur français inventeur d'hélicoptèresHélicoptère, La genèse de Léonard de Vinci à Louis Breguet - Bernard Bombeau. Octobre 2006 - . L'appareil, équipé de deux hélices coaxiales superposées de de diamètre et de large s'est maintenu en l'air pendant une quinzaine de secondes tout en soulevant un homme de 74 kilos. Cependant, l'histoire ne retiendra pas cette tentative dans la mesure où l’appareil est relié au sol et n’emporte pas son propre moteur. L'expérience est répétée plusieurs fois à partir du . Elles ont été faites dans l’une des grandes salles du musée océanographique de Monaco, pendant sa constructionMaurice Léger et ses hélicoptères 1901-1907 - Jacqueline Carpine-Lancre - 22 novembre 2007 - .

Le rejet de l'algue Caulerpa taxifolia en Méditerranée En 1984, le Musée océanographique de Monaco aurait rejeté accidentellement une souche d'algue invasive Caulerpa taxifolia en Méditerranée. Après avoir infiltré de côte en 2004, elle a naturellement disparu à 80 % en 2013.

La Maison des océans (anciennement Institut océanographique de Paris) thumb|Institut océanographique de Paris.

En 1910, après des années de recherches et d'expéditions océanographiques, le prince Albert crée l'Institut océanographique de Paris, rue Saint-Jacques, dans le quartier latin du . Ce second musée océanographique emblématique monégasque est inauguré le , dix mois après celui de Monaco. Il est renommé « Maison des Océans » en 2011, et accueil des événements liés aux océans (séminaires, workshops, conférences) et rassemble des acteurs de l'environnement et de la protection des océans : la Plateforme Océan-Climat, l'antenne parisienne de la CIESM, France Nature Environnement, le Pew Trust.

thumb|Visite du musée par le prince Rainier III et son épouse Grace Kelly, avec le commandant Cousteau (directeur du musée).

L’Institut océanographique, Fondation Albert , Prince de Monaco