Le musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc est un musée ayant reçu l’appellation musée de France consacré aux arts, aux traditions populaires et à l'archéologie de la région de Saint-Brieuc. Il est installé dans le bâtiment actuel depuis 1983 et 1986.

Historique

Introduction Voulues par les autorités révolutionnaires, les saisies pratiquées sur les biens du clergé et des nobles émigrés, prennent dans un premier temps la direction de la bibliothèque du collège de Saint-Brieuc.

Nommé bibliothécaire, Odio-Baschamps, est également chargé du projet de musée au chef-lieu du département. Les œuvres d'art saisies font l'objet de deux transferts successifs avant d'être entreposés à l'École centrale. Dès 1806, une ouverture au public est réclamée par le préfet Boullé, alors qu'à la même date, les biens saisis doivent être partiellement restitués à leurs propriétaires.

Sous la Restauration, faute de soutiens financiers du département, l'histoire naturelle fait son entrée dans les collections sous l'impulsion d'une commission présidée de 1831 à 1842 par le pharmacien François Ferrary, mais le musée reste une annexe de la bibliothèque et demeure fermé au public.

Sous le Second Empire et grâce à l'action d'Édouard Nimier, en poste de bibliothécaire et de premier conservateur de 1852 à 1884, les dons de différentes œuvres d'art sont sollicités de l'État et viennent enrichir les collections. Ce phénomène s'accentuera durant tout le dernier tiers du , mais ces collections restent encore inaccessibles au public.

La gestion du musée par Henri Hamon, conservateur de 1887 à 1900, la mise en place de sculptures dans l'escalier monumental de la mairie dans les années 1880 et la création d'une commission municipale en 1891 marquent le début d'une gestion municipale du musée.

Le début du voit la nomination de Léon Brandt comme conservateur du musée de 1900 à 1935, la réalisation du premier catalogue et le transfert des collections dans deux salles de l'hôtel de ville, où sont enfin présentées au public une centaine de tableaux, autant de gravures et de sculptures et des collections d'histoire naturelle et d'archéologie.

Émile Daubé, conservateur nommé en 1936, poursuit l'orientation beaux-arts du musée, dresse le premier registre d'inventaire des collections et favorise le dynamisme de la création locale par des expositions à partir de 1943 et jusqu'à son décès en 1961.

René-Yves Creston, conservateur en poste de 1961 à sa mort en 1964, apporte sa vision personnelle au musée et soutient les mouvements artistiques et les arts et traditions populaires.

Durant la période 1964 à 1981, le musée est à la peine, la municipalité récupère les salles d'expositions et les collections déménagent au pavillon Bellescize et autres lieux. Germaine Creston poursuit l'acquisition d'un fonds ethnographique et concourt à quelques expositions.

Dès 1981, avec le soutien de la direction des Musées de France, une impulsion du maire Yves Le Foll et de son adjoint à la culture, Yves Garnier, permet d'entrevoir une nouvelle vie au musée. Pascal Aumasson, en poste de conservateur de 1981 à 1989, participe à l'aménagement en 1983 d'un premier bâtiment pour les expositions temporaires, puis un second bâtiment est inauguré en 1986 pour les collections permanentes.

Les directeurs qui se succèdent ensuite contribuent tous à faire du musée une institution dynamique et professionnelle à travers une riche programmation d'expositions, l'accompagnement de tous les publics et la conservation des collections.

Chronologie

Du musée révolutionnaire aux sociétés savantes 1789 à 1794 : une création révolutionnaire vignette|Maquette par moulage de la Bastille, probablement réalisée en 1789-1790 et arrivée à Saint-Brieuc entre 1790 et 1791. Inv. 530.

Conformément au décret du relatif aux biens du clergé, les bibliothèques du séminaire de Saint-Brieuc et celles des couvents de la ville sont regroupées et viennent rejoindre la bibliothèque du collège de la ville.

À cette époque, le Paradis est le collège de Saint-Brieuc. Cet ancien collège était situé à l'emplacement de l'actuel musée de Saint-Brieuc. Cet édifice appelé « l'isle du Paradis », avait été construit entre 1620 et 1623 à l'emplacement d'une maison ou d'un hôtel appelée Le Paradis acheté par la ville en 1609.

Au milieu du , ce collège fonctionnait sous la haute direction de l'évêque de Saint-Brieuc et il avait la réputation d'être l'un des meilleurs de Bretagne. Le a lieu la dernière distribution des prix et la fermeture de cet établissement tenu par des religieux. C'est la chapelle de ce collège, construite après 1738, qui sert alors de dépôt aux bibliothèques et aux œuvres saisies.

L'Assemblée nationale prend entre 1789 et 1794 plusieurs mesures ambitieuses de conservation des œuvres d'art aboutissant le ( germinal an II) à une instruction sur la manière d'inventorier et de conserver tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences et à l'enseignement, tels que peinture, sculptures, gravures, dessins Elle réitère régulièrement consignes et circulaires à l'attention des citoyens désignés responsables de cette tâche dans les districts ou les départements..

De même, conformément au décret des 9 au et en application du décret du , il est prévu la confiscation des biens des émigrés et leur mise en vente publique.

1794 à 1799 : naissance du musée au chef-lieu du département Courant 1794 et plus exactement en , soit plus de cinq ans après le décret relatif aux biens du clergé, un séquestre est établi sur les biens de l'évêque de Saint-Brieuc Hugues-François de Regnauld de Bellescize qui avait modifié en 1780 la demeure épiscopale par l'adjonction d'un pavillon (actuel pavillon de Bellescize, rue Henri Servain). Nommé en 1774 et encore en poste en 1789-1790, il avait refusé de prêter le serment civil. L'inventaire de ses biens est rapidement dressé, toutefois dans la perspective de la vente publique, neuf objets d'art sont réservés pour la collection et retirés de la vente, les autorités mettent vite ces collections à l'abri dans une salle de la maison épiscopale.

Le premier numéro de cette liste de neuf articles fait référence à . Il s'agit vraisemblablement du tableau de l'école italienne du , que le futur conservateur du musée de Saint-Brieuc Léon Brandt répertorie en 1906 sous le , Vafrin et Herminie découvrant Tancrède blessé, comme provenant de la galerie de Monseigneur de Bellescize, évêque de Saint-Brieuc .

Parmi ces objets figureraient un tableau représentant la Vierge, quatre grands attiques à cadre doré représentant les arts, un autre tableau ou gravure représentant une colonne pyramidale en l'honneur de Louis XVI, une médaille représentant un ange, trois tableaux d'église déchirés, une sphère et un globe, une petite caisse contenant cinq colonnes des ordres de l'architecture et deux cartes géographiques du continent Amérique.

Le citoyen Jacques René Yves Ernault est chargé de la garde de ces objets. Il était le vicaire général de l'évêque constitutionnel de Saint-Brieuc, Jean-Marie Jacob, en poste depuis ..

Par ailleurs, une confiscation au titre des biens d'émigrés a lieu chez Monsieur de Boisgelin au manoir de Kersac'h en PloubazlanecS'agit-il de Pierre-Marie-Fidèle du Boisgelin, chevalier, né le à Ploubazlanec, marquis du Boisgélin, seigneur de Kersa, de la Garenne et de Kerdu-Raison, marié en 1786 à Céleste Félicité de Baude ?. En 1806, Monsieur de Boisgélin obtiendra du préfet la restitution des portraits confisqués .

Parallèlement, la Convention prend, par décret du une ordonnance de création d'une bibliothèque au chef-lieu de chaque département, en l’occurrence à Saint-Brieuc, dont le nom est changé la même année en Port-Brieuc.

L'article de ce décret relatif à l'établissement de bibliothèques publiques dans les districts (futurs départements) est rédigé ainsi : vignette|redresse|Signature d'Odio-Baschamps et catalogue des collections d'histoire naturelle du musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuccollection de la bibliothèque municipale de Saint-Brieuc, BM 4.. Pierre-Marie Odio des Baschamps (dit Odio-Baschamps) est nommé titulaire le 20 brumaire an IV (). Né à Saint-Brieuc en 1751, ancien recteur de Pordic, il devient, dès 1790, le principal vicaire épiscopal du nouvel évêque de Saint-Brieuc, Jean-Marie Jacob, nommé à ce poste le et installé à ce poste le 15 de ce mois.

La première mention d'un projet de « musée à Saint-Brieuc » apparaît, lorsque, dès Odio-Baschamps est chargé par le district et le département d'établir, à côté de l'école centrale, un musée et une bibliothèque.

En sa qualité de commissaire du district, il va d'ailleurs annoter et emballer la bibliothèque de l'abbaye de Beauport, où, jeune, il avait été chanoine régulier de Prémontré. À noter que la crosse en bois sculpté en provenance de cette abbaye de Beauport a été répertoriée en 1906 sous le par Léon Brandt, conservateur du musée à cette époque, et qu'elle est actuellement en dépôt à cette abbaye. À noter également que Léon Brandt répertorie en 1906 sous le une crosse sculptée en provenance du ciborium de la collégiale de Saint-Guillaume, celle-ci est aujourd'hui introuvable.

Devant l'insistance de l'acquéreur de la maison épiscopale (pavillon Bellecsize) désireux d'en prendre possession, il est nécessaire de transférer les objets d'art confisqués dans un autre lieu. Le 22 vendémiaire an IV (), le citoyen Ernault obtient l'autorisation d'entreposer ces objets d'art dans un local de l'ancien collège du Paradis, et il est nommé « gardiataire du musée ».

Le 20 brumaire an IV (), Odio-Baschamps est nommé bibliothécaire chargé des fonds de la bibliothèque et du musée.

Le 7 fructidor an IV (), le musée est installé dans la galerie de la chapelle de l'ancien collège du Paradis où se trouvent déjà regroupées les bibliothèques du département.

Faute de place, ces fonds sont transférés provisoirement en dans l'ancien couvent des Bénédictines du Calvaire (situé dans l'actuelle rue Saint-Benoit) qui devient l'École centrale inaugurée le 7 ou 10 prairial an VII () avec comme directeur Odio-Baschamps.

Le 12 messidor an VII (), Odio-Baschamps est nommé commissaire pour rechercher les objets d'art, livres, tableaux et gravures disséminés dans les dépôts publics et les communes du département, pour en dresser un état général et en provoquer au besoin la remise. À noter qu'à cette époque, le musée et la bibliothèque, aussi bien que l'École centrale relèvent de l'administration départementale.

Odio-Baschamps est assisté dans cette mission de Joseph Michel Lymon de La Belleissue, (dit Lymon-Belleissue). Natif de Saint-Brieuc, docteur-médecin et adjoint au maire de Saint-Brieuc, Lymon-Belleissue, en fin lettré, est élu membre du jury d'instruction et de la commission de recherche des objets d'art. À ce titre, il rapporte de ses voyages dans le département et de Paris d'importantes collections qui viennent enrichir la bibliothèque et le musée.

1800 à 1875 : du musée département vers un musée municipal Le baron Jean-Pierre Boullé, premier préfet du département nommé le 11 ventôse an VIII (), fait exécuter des travaux dans l'ancienne chapelle de l'enclos des Cordeliers construite en 1503. Cet imposant édifice masquait alors totalement les bâtiments du couvent des Cordeliers transformés en 1803 en collège communal (emplacement de l'actuel collège Anatole Le Braz).

Jacques Piou (Guingamp 1770-1861) ingénieur des Ponts et Chaussées du département., fait doubler la surface intérieure de cette chapelle en édifiant un plancher à mi-hauteur de la nef.

Dans une lettre adressée par Jacques Piou le (10 brumaire an IX) à Messieurs Lymon-Belleissue et Odio-Baschamps, il indique (Archives municipales, série 2R2).

Au cours de l'année 1801, la bibliothèque est installée au premier étage et le musée est aménagé au rez-de-chaussée de cette ancienne chapelle..