Les événements sportifs sont les principaux garants d'audience pour les chaînes de télévision en France. Pour certaines chaînes, il est vital de proposer des contenus sportifs dans leur offre. Cette page recense les diffuseurs des épreuves sportives à la télévision en France. Certains événements considérés comme importants ne peuvent être diffusés par une chaîne payante : il s'agit des évènements sportifs d'importance majeure.
Historique
Le sport à la télévision à l'époque du monopole public La télévision demeure un monopole public jusqu'en 1984. Malgré l'éclatement de l'ORTF décidé par le président Valéry Giscard d'Estaing en 1974, la télévision reste détenue par l'État. La concurrence entre les trois chaines publiques (TF1, Antenne 2 et FR3) existe mais la négociation des droits sportifs ne revêt pas à cette époque d'un enjeu majeur. Certaines tendances semblent se dessiner : le « domaine réservé » que constitue le football pour TF1 à partir du début des années 1980 ou le fait qu'Antenne 2 fasse du rugby son pré-carré.
En 1984, un accord entre la Haute-Autorité et TF1 accorde l'exclusivité du football à TF1 et officialise le transfert de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué d'Antenne 2 à TF1. La création du Multi-foot sur TF1 pour la couverture du championnat de France de première division (l'équivalent de la Ligue 1) s'inscrit dans le prolongement de la création de Télé-foot en 1977.
Intensification progressive de la concurrence dans les années 1980
Arrivée de Canal+, pionnière des chaînes à péage en 1984 vignette|Le décodeur Discret 11 utilisé par Canal+ à son lancement en 1984. Par décision du président François Mitterrand, la création de Canal+ marque la fin du monopole de l'État sur la télévision. Devant abonnés, André Rousselet lance la chaîne le . La chaîne bouleverse le paysage audiovisuel français et notamment la diffusion d'événements sportifs en proposant à ses abonnés des sports très peu couverts alors par les chaînes publiques (boxe, basket-ball, golf...). Canal+ propose aussi à ses abonnés des sports plus populaires, à commencer par le football dont la diffusion démarre le avec le match Nantes – Monaco du championnat de France. Canal+ révolutionne la retransmission d'événements sportifs en proposant à ses abonnés plusieurs innovations : prise d'antenne bien avant le début de l'événement pour diffuser des avants-matchs, déploiement d'un nombre bien supérieur de caméras pour améliorer la réalisation, interviews de joueurs à la mi-temps, etc. ce qui apporte une immersion dans la vie du telespectateur.
De nouvelles chaînes privées gratuites et privatisation de TF1 (1985-1987) Le , François Mitterrand lance l'idée d'un « espace de liberté supplémentaire », à savoir l'arrivée prochaine de nouvelles chaînes de télévisions. Le ministre de la Communication, Georges Filioud, entérine au milieu de l'année 1985 la création de deux nouvelles chaînes privées, gratuites cette fois (au contraire de Canal+) qui doivent être en opération début-1986. Le gouvernement décide de hâter la mise en œuvre du projet dans l'optique des élections législatives de 1986 dont on prévoit qu'elles ramènent la gauche dans l'opposition. Cette annonce a un effet dévastateur sur Canal+ dont l'attrait pour les téléspectateurs s'effondre du fait de l'irruption prévue de deux nouvelles chaînes. La Cinq, chaîne généraliste privée détenue par un consortium mené par Jérôme Seydoux et Silvio Berlusconi commence à émettre le . La chaîne se place dans une concurrence frontale face à TF1 et Antenne 2 dont elle débauche plusieurs animateurs et journalistes stars. L'autre chaîne, TV6 (qui est remplacée par M6 dès 1987) est une chaîne musicale qui ne propose pas de retransmission ou magazine sportif.
L'alternance politique qui naît des élections législatives de 1986 bouleverse plus encore le paysage audiovisuel français. Le gouvernement mené par Jacques Chirac décide de privatiser une des trois grandes chaînes de télévisions détenues par l'État. Alors que FR3 était initialement pressentie, c'est finalement TF1 qui est privatisée en contre un chèque de de francs remis par Francis Bouygues qui mène le consortium repreneur de la chaîne.
Les mutations des années 1986-1987 amènent à un contexte de concurrence intense entre les nouveaux acteurs de la télévisions gratuite que sont TF1 et La Cinq. Le service public, recentré sur Antenne 2 et FR3, reste en marge de ce mouvement (même si Antenne 2 récupère la diffusion exclusive du Tournoi de Roland Garros). Le sport devient un enjeu majeur en termes d'image et d'audience, et TF1 comme La Cinq ne cessent de rivaliser sur ce terrain. La diffusion du match Bordeaux–Leipzig le par La Cinq pour de francs constitue un acte fondateur de la rivalité entre les deux chaînes. Reprise successivement par Robert Hersant puis Jean-Luc Lagardère, La Cinq arrache à TF1 en 1990 les droits des Grand Prix de Formule 1 dont elle propose une couverture importante (essais libres, qualifications...) ainsi que de plusieurs autres droits majeurs de sports mécaniques (Paris-Dakar, Grand Prix de Pau...). La diffusion de retransmissions sportives constitue d'ailleurs l'un des seuls succès d'audience de La Cinq dont la situation financière se dégrade rapidement, la plaçant en situation de faillite fin-1991. La chaîne cesse d'émettre le .
De leur côté, Canal+ et TF1 renouvellent leurs accords avec la Ligue nationale de football pour la diffusion du championnat de France et de Télé-foot sur TF1. Les droits connaissent une inflation soutenue : Canal+ débourse entre 2 et 3 millions de francs par match du championnat de France, tandis que les droits de diffusion des matches de l'équipe de France de football passent à 6 ou 7 millions de francs du fait de la concurrence entre TF1 et La Cinq.
De nouveaux modes de diffusion (1988-1992) L'échec du Plan Câble en France laisse à Canal+ un monopole quasi-intégral sur la télévision à péage jusqu'à l'orée des années 1990. Le lancement de la télévision par satellite à la fin des années 1980 laisse entrevoir la possibilité d'une concurrence. Le lancement par l'UER du groupement Eurosport, issu d'un partenariat entre TF1 (France) et Sky Television (Royaume-Uni) ébauche une esquisse de concurrence pour Canal+. La fusion entre TV Sport, chaîne sportive diffusée sur le câble, et Eurosport en 1991 permet à Canal+ de détenir 50 % du capital de la version française d'Eurosport au côté de TF1. De plus, le groupe Canal+ lance le bouquet Canal Satellite en 1992 sur lequel est diffusé Eurosport. La concurrence demeure donc limitée au début des années 1990 pour la télévision à péage dont Canal+ (à travers sa chaîne hertzienne et ses offres satellites) détient un quasi-monopole.
La disparition de La Cinq en 1992 et la faiblesse du service public autour d'Antenne 2 et FR3 avant la constitution de France Télévision permet à TF1 (pour la télévision gratuite) et Canal+ (pour la télévision payante) de bénéficier d'une position confortable pour la négociation des droits sportifs.
Continuité et multiplication des acteurs au cours des années 1990
Tendances observées au cours de la décennie Au cours des années 1990 les grands événements sportifs mondiaux ne font pas encore l'objet de contrat d'exclusivité, à commencer par la Coupe du monde de football (ou encore le Championnat d'Europe) partagée entre TF1 et France Télévision pour les éditions 1994 et 1998. Seule exception : la Coupe du monde de rugby qui, après une première édition diffusée par Antenne 2 en 1987, devient la chasse gardée de TF1 qui en est le diffuseur exclusif (pour la télévision gratuite) tout au long des années 1990 (éditions 1991, 1995 et 1999). L'édition 1999 sera cependant partagée avec Canal+, TF1 conservant l'intégralité des phases finales. M6 propose extrêmement peu d'événements sportifs dans sa grille de programme malgré son caractère généraliste. La seule exception réside dans un certain nombre de courses de moto à partir de 1993 (contrat d'ailleurs abandonné en 2000 au profit de France Télévisions ou de TF1 et de C8 depuis 2001).
Concernant le football, TF1 offre tout au long des années 1990 une couverture très importante au football notamment avec la diffusion régulière de rencontres de la Coupe de France, de la Ligue des champions ou de la Coupe de l'UEFA. Téléfoot demeure l'un des piliers de l'offre sportive de la chaîne tout au long de la décennie. France Télévision demeure un acteur secondaire sur le football mais ravit à TF1 les droits de diffusion de la Coupe de la Ligue à partir de 1997. Canal+ demeure jusqu'en 1999 le diffuseur exclusif de Championnat de France et des principaux championnats européens. Le démarre la diffusion du championnat de France par paiement à la séance (plus communément désigné par « pay-per-view »).
Pour le rugby, c'est cette fois France Télévision qui est l'acteur le plus important pour cette discipline. TF1 revendique dès cette époque ne vouloir diffuser que la coupe du monde de rugby à XV qui a lieu tous les 4 ans, en laissant à France Télévision la diffusion du Tournoi des Cinq nations, du Championnat de France ainsi que de la Coupe d'Europe à partir de sa création en 1995. C'est cette même année que Canal+ diffuse pour la première fois le championnat de France aux côtés de France Télévision qui complète le dispositif en utilisant les stations régionales de France 3.
Le cyclisme demeure chasse gardée de France Télévision qui diffuse chaque année le Tour de France sur France 2 et France 3. Les Jeux olympiques de 1992 (été et hiver), 1994 (hiver) et 1996 (été) sont diffusés à la fois par TF1 et par France Télévision. Les Jeux d'Atlanta en 1996 sont les derniers diffusés par TF1 qui (à l'exception de la cérémonie d'ouverture en 2012) décide de ne plus diffuser les Jeux olympiques sur ses antennes. Depuis 1998, France Télévision est le seul diffuseur des Jeux olympiques sur la télévision gratuite.
La Formule 1 fait son grand retour sur TF1 au moment de la faillite de La Cinq en 1992, TF1 demeure le diffuseur exclusif des Grand Prix de Formule 1 sur le reste de la décennie. Les sports automobiles demeurent la chasse gardée d'Eurosport qui en fait sa marque de fabrique au cours des années 1990.
Les sports d'hiver sont plutôt bien couverts à la fin des années 1990 avec notamment une couverture importante lors des Jeux olympiques d'hiver qui rencontre un certain succès (comme le record d'audience de l'épreuve libre de patinage dames aux Jeux de Lillehammer en 1994 sur France 2). Le hockey sur glace n'est pas en reste avec une diffusion de la finale du championnat de France et du Tournoi International du Mont Blanc sur TF1 et du tournoi olympique sur France 2. Cette discipline reste cependant l'apanage de Canal+ qui diffuse la NHL à partir de .
Recentrage progressif vers les sports les plus populaires pour les chaînes gratuites Selon les données présentées par le Rapport Assouline sur le sport à la télévision, la diversité des épreuves diffusées sur les chaînes gratuites se dégrade au cours des années 1990 (puis plus encore dans la décennie suivante). Cette tendance pourrait s'expliquer par l'inflation des droits sportifs et la volonté des diffuseurs gratuits (en particulier TF1) de se focaliser sur les grands événements des sports les plus populaires (rugby, tennis et surtout football) et les plus fédérateurs auprès du public. Cette politique de prestige ne va pas sans impact financier, la plupart des grands événements sportifs étant diffusés à perte du fait du déséquilibre entre un marché publicitaire limité et de l'inflation exceptionnelle des droits sportifs commencé dans les années 1990.
TPS et AB Sat, nouveaux acteurs dans la télévision par satellite (1996)