Le Concours Eurovision de la chanson est un évènement annuel organisé par l’UER, l’Union européenne de radio-télévision. Il réunit les membres de l’Union dans le cadre d’une compétition musicale, diffusée en direct et en simultané par tous les pays participants. Depuis 1956, le concours (appelé plus communément Eurovision) s’est tenu chaque année, sauf en 2020 en cause de la pandémie de Covid-19. Jusqu'à présent, cent dix-sept personnes ont déjà présenté une édition du concours. De celles-ci, trente-neuf étaient des hommes et quatre vingt-douze des femmes. Au total, le concours a été présenté trente-et-une fois par une personne seule ; vingt-une fois par un couple composé d'un homme et d'une femme ; une fois par un couple composé de deux femmes; quatre fois par un trio composé d'un homme et de deux femmes ; deux fois par un trio composé d'une femme et de deux hommes ; une seule fois par un trio composé de trois femmes ; une seule fois par un trio composé de trois hommes ; une fois par un quatuor composé de deux hommes et de deux femmes ; deux fois par un quatuor composé de un homme et trois femmes et une fois par un quatuor composé de quatre femmes.

Historique 1956-1959 En 1956, la première édition du concours fut présentée par Lohengrin Filipello. Celui-ci demeure toujours le seul homme à avoir présenté le concours en solo.. Il s'exprima entièrement en italien. En effet, la règle obligeant les présentateurs à s'adresser au public dans les deux langues officielles de l'UER (le français et l'anglais) n'était pas encore entrée en vigueur.

En 1957, le concours fut présenté pour la première fois par une femme, en l'occurrence l'actrice allemande Anaid Iplicjian. Elle s'exprima en allemand durant toute la soirée, avec quelques exceptions durant le vote. À la suite d'une modification du règlement, les jurys furent pour la première fois contactés par téléphone. Une table, deux chaises et deux téléphones furent apportés sur scène, pour Iplicjian et son assistante. La sonnerie des téléphones annonça que les porte-paroles étaient en ligne. Iplicjian et son assistante répétèrent à haute voix les votes des jurys. Les connexions ne furent pas toujours immédiates, forçant Iplicjian à répéter à de nombreuses reprises « Allo ? Allo ? ».

En 1958, la présentatrice de la soirée fut Hannie Lips. Elle n'apparut sur scène qu'après que toutes les chansons eurent été jouées. Elle dut à cette occasion faire la première annonce technique de l'histoire du concours. En effet, à cause d'un problème de liaison, la chanson italienne n'avait pas été diffusée convenablement dans tous les pays. Le représentant italien, Domenico Modugno, dut remonter sur scène pour la rechanter, après que tous les autres concurrents soient passés.

En 1959, la présentatrice de la soirée fut Jacqueline Joubert. Elle devint la première présentatrice à ouvrir le spectacle par la phrase rituelle « Bonsoir l’Europe ! ».

1960-1969 En 1961, le concours fut à nouveau présenté par Jacqueline Joubert. Elle devint ainsi la première présentatrice à officier une nouvelle fois. Durant l'ouverture, elle reprit le désormais célèbre « Bonsoir l'Europe ! » et conclut sur ces mots : « Pour rapprocher les peuples, un petit refrain vaut parfois beaucoup mieux qu'un long discours. » Durant la procédure de vote, une erreur survint lors du vote du jury belge, qui fut corrigée tardivement. Joubert demanda alors au public dans la salle s'il y avait eu une erreur et se vit répondre par l'affirmative. Elle rétorqua alors : « Vous comptez mieux que moi ! », ajoutant immédiatement : « Il est vrai que moi, je suis très émue d'appeler tous ces pays. Si vous étiez à ma place... Je n'ai jamais parlé à autant de gens à la fois. »

En 1966, la présentatrice Josiane Chen provoqua un quiproquo malgré elle durant la procédure de vote. Elle salua le porte-parole britannique de ces mots : « Good night, London ! » Réalisant son erreur, elle se reprit : « No ! Good evening, London ! » Mais le porte-parole lui répondit alors : « Good morning, Luxemburg ! », suscitant l'hilarité de Chen et du public.

En 1967, la présentatrice de la soirée fut Erica Vaal. Durant l'ouverture, elle salua le public en six langues : allemand, français, anglais, italien, espagnol et russe. Elle conclut à chaque fois son message par ces mots : « Que ce soit la meilleure et la plus belle des chansons qui gagne, tel est notre vœu à tous ! » Elle exprima ensuite ses regrets de ne pas avoir eu le temps d'apprendre la langue des autres pays, mais qu'elle le trouverait certainement lorsque le concours serait à nouveau organisé à Vienne. La procédure de vote se termina sur une confusion majeure de Vaal. Elle oublia en effet d'appeler le dernier jury, le jury irlandais, et annonça à contretemps la victoire du Royaume-Uni. L'on vit à l'écran Udo Jürgens tenter d'amener sur scène la représentante britannique, Sandie Shaw. Le superviseur, Clifford Brown, dut alors intervenir : « Still waiting for the Irish vote ! ». Vaal s'excusa et appela Dublin. Le porte-parole du jury irlandais répondit à ses salutations, par ces mots : « I thought we were going to be left out ! » Le public applaudit alors vivement.

En 1968, le concours fut présenté pour la troisième fois par Katie Boyle. Elle raconta par la suite, avoir dû prendre sur elle durant toute la cérémonie. Son mariage traversait alors une phase difficile et elle avait tellement pleuré ce jour-là qu’elle dut rester allongée plusieurs heures auparavant avec de pommes de terre crues sur les yeux.

1970-1979 En 1974, le concours fut présenté pour la quatrième fois par Katie Boyle, un record toujours inégalé dans l’histoire du concours. Durant les répétitions, apparut un problème vestimentaire majeur. La robe couleur saumon que Katie Boyle s'était choisie était trop ajustée. Sous l'éclairage violent, elle laissait transparaître les sous-vêtements de la présentatrice. Le costumier de la BBC ne parvint pas à rendre la robe opaque. Quelques minutes avant le début du concours, Katie Boyle se résolut à enlever ses sous-vêtements. Elle monta donc sur scène, nue sous la fameuse robe, mais se sentit particulièrement mal à l'aise durant toute la retransmission.

En 1975, la présentatrice de la soirée fut Karin Falck.. Elle s'adressa aux téléspectateurs en suédois, en anglais et en français. Elle rencontra quelques difficultés avec ces deux dernières langues, allant jusqu'à s'exclamer durant le vote : « How much is seven in France ? » Durant l'ouverture, elle accueillit les téléspectateurs par ces mots : « Si je ne défaille pas en vous voyant tous ainsi, c'est sans doute parce que je suis tellement heureuse de pouvoir vous souhaiter chaleureusement la bienvenue à ce Concours Eurovision de la chanson ! » Elle poursuivit en citant le sportif français Jean-Claude Killy : « La vie n'a qu'un charme vrai et c'est celui du jeu. » Dans son introduction en anglais, elle cita le poète danois Piet Hein : « Prendre le plaisir pour simplement du plaisir / Et le sérieux, sérieusement / Montre clairement qu’aucun des deux n’est vraiment insincère. » Avant la reprise de la chanson gagnante, Falck conclut la soirée sur ces mots : « Quelque part au fond de nous, nous sommes toujours ensemble. Bonsoir ! »

En 1976, le concours fut présenté pour la toute première fois par une ancienne participante et une ancienne gagnante. Il s'agit de la néerlandaise Corry Brokken, qui a remporté la victoire en 1957..

En 1977, la procédure de vote rencontra de nombreux hiatus, dus notamment aux difficultés que rencontra la présentatrice, Angela Rippon, pour comprendre les points attribués en français. Elle s'exclama d'ailleurs : « I'm pretty afraid I have trouble with my deaf aid, down here. »

En 1978, le concours fut présenté pour la toute première fois par un couple. Il s'agit de Denise Fabre et Léon Zitrone.. Ce fut également la première fois depuis 1956 qu'un homme présenta le concours. Hormis quelques exceptions, Denise Fabre s'adressa aux téléspectateurs en français et Léon Zitrone, en anglais.

1980-1989 En 1982, à la fin du vote, la présentatrice Jan Leeming s'emmêla dans ses fiches. N'apercevant pas l'auteur victorieux, l'allemand Bernd Meinunger, qui était monté sur scène dans son dos, elle l'annonça absent. Elle se retourna, sursauta et corrigea son erreur. Elle avoua immédiatement : « I have so many cards in my hand, I could play a card game with myself ! »

En 1983, le concours fut présenté par Marlène Charell, danseuse et meneuse de revues renommée. Celle-ci se fit remarquer par son omniprésence et ses erreurs de langage.. Durant l'ouverture, elle salua le public en trois langues et dit : « Je suis très heureuse de passer cette soirée avec vous. » Elle ajouta : « C'est la musique qui est reine, ce soir ! », avant d’expliquer de façon extensive les règles du concours. Les cartes postales n'ayant pu être réalisées à temps, Charell introduisit elle-même et toujours en trois langues, le titre de la chanson et les noms et prénoms des auteurs, compositeurs, interprètes et chefs d’orchestre. À sa droite, furent disposés des bouquets de fleurs, composés par elle, et reprenant les couleurs des drapeaux des pays participants. Ces introductions furent perturbées par de nombreuses erreurs de Charell. Elle confondit les noms de certains artistes et écorcha celui de bien d’autres. Ainsi, elle appela le chef d'orchestre norvégien, Sigurd Jansen, « Johannes Skorgan » ; la représentante espagnole, Remedios Amaya, « Ramedios Amaya » et la représentante finlandais, Ami Aspelund, « Ami Aspesund ». Cela provoqua le mécontentement des personnes concernées. Elle apparut ensuite dans le spectacle d'entracte, intitulé « Song Contest Ballet ». Il s’agissait d’un ballet, mené par Charell et dansé sur la musique de succès internationaux, tous composés par des artistes allemands. À la fin de l'entracte, encore essoufflée d'avoir dansé, Charell revint sur scène pour saluer le superviseur, Frank Naef, qui lui fit un baisemain, puis pour lancer la procédure de vote. Celle-ci fut perturbée par de nouvelles erreurs de langage de Charell. Elle en commit pas moins de treize, confondant notamment les langues, les attributions des points et les noms des pays. Après l'annonce de la victoire, une certaine confusion s'installa. L’orchestre entama la partition de la chanson gagnante, alors que la délégation luxembourgeoise était encore occupée à recevoir ses fleurs. Charell dut remonter précipitamment sur scène et mener la gagnante, Corinne Hermès, jusqu’à son micro.