La Jeanne d'Arc est un croiseur école de la Marine française, en service de 1931 à 1964, qui a participé à la Seconde Guerre mondiale.
Histoire thumb |La Jeanne d'Arc à Vancouver le 9 janvier 1935.
Construction
La construction de la Jeanne d'Arc débute à Saint-Nazaire en 1928 et elle s'achève seulement 2 ans après. Les plans sont de l'ingénieur du Génie maritime Antoine. Cette unité est conçue pour être à la fois un navire-école et un bâtiment de guerre opérationnel.
Première croisière vignette|gauche|Vue arrière de la Jeanne d'Arc à Varna en Bulgarie. En , la « Jeanne » comme l'appelle familièrement les marins, appareille pour sa première croisière d'application sous le commandement du capitaine de vaisseau André Marquis. Elle entame alors une tournée dans les pays d'Amérique du Sud afin d'augmenter l'influence de la France. Le croiseur école visite ensuite plusieurs pays de la mer Noire en 1932.
Seconde Guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, la Jeanne d'Arc est affectée à l'escadre de l'Atlantique basée à Brest. Elle prend part au blocus visant les cargos allemands présents dans les ports neutres. À la fin du mois de , accompagnée du croiseur Émile Bertin, elle appareille de Brest et fait route vers le Canada, escortant un cargo transportant une partie de l'or de la Banque de France. Après avoir rejoint le porte-avions Béarn dans l'Atlantique, la force navale, sous le commandement du contre-amiral Rouyer, rallie Halifax saine et sauve. La Jeanne d'Arc rejoint ensuite les Antilles françaises, et reste à quai ou au mouillage en Martinique jusqu'en .
En , l’équipage de la Jeanne d’Arc se mutine contre le régime de Vichy« 21e Groupe Antillais de D.C.A. : L’historique détaillé (1) - Les origines », Mémoire de la 1re DFL, consulté le 28 décembre 2024..
Elle rallie alors les Forces françaises combattantes et est modernisée en Afrique du Nord (débarquement des installations aéronautiques remplacées par des radars, équipement d'un ASDIC, remplacement de son artillerie anti-aérienne par 20 canons de Oerlikon Mk 4 et 6 canons de Bofors Mk 1/2 à la place des 11 canons de et des 12 mitrailleuses de d'origine française). En décembre, elle prend part aux opérations en Corse et au débarquement en Provence. Elle sera citée à l'ordre de la Nation pour les services rendus durant la guerre.
Après-guerre Après la guerre, elle reprend son activité de navire-école, comptant vingt-sept croisières d'application autour du monde à son actif.
En 1953, la Jeanne d'Arc est le lieu de tournage du film Le Grand Pavois de Jack Pinoteau avec Jean Chevrier et Marc Cassot.
En 1962, le , sa campagne d'application débute, avec sa conserve , l'aviso-escorteur . L'objectif s'apparente à un tour du monde : Atlantique, canal de Panama, Pacifique, Océan Indien, canal de Suez, Méditerranée puis Brest. Mais le , une rupture de la ligne d'arbre tribord déjà âgée oblige le navire à faire demi-tour au milieu du Pacifique. Le retour vers Tokyo, afin de recevoir le nouvel arbre, est marqué par l'événement des "Trois Glorieuses."
Les Trois Glorieuses En 1963, le navire est victime d'une succession de 3 vagues scélérates, surnommées par la suite "les Trois Glorieuses". Une dénomination française pour un phénomène déjà appelé "Trois Sœurs".
Le , peu avant 10h, alors que le navire se situe entre Tokyo et Pearl Harbor, de grosses vagues déferlantes sont aperçues. Ce sont 3 vagues espacées d'une centaine de mètres qui frappent le navire et l'inclinent jusqu'à plus 35°. Le naufrage est évité grâce à une réaction rapide, face à ces vagues de de haut. Le Victor Schœlcher, proche de seulement 2 nautiques, fut témoin du phénomène sans pour autant le ressentir.
Bien qu'ayant duré une trentaine de secondes, l'événement fut si marquant que le commandant en second dut intervenir en rappelant "que la manière la plus sûre d'éviter les "événements de mer" consiste à ne jamais quitter la terre ferme."
Fin de service En 1964, elle est retirée définitivement du service, remplacée par le porte-hélicoptères La Résolue qui prendra à son tour le nom de Jeanne d'Arc quand le croiseur école sera désarmé.
Liste des commandants La Jeanne d'Arc aura compté 20 commandants, de 1930 à 1964Net-Marine - Croiseur-école Jeanne d'Arc 1930.
N° Nom Date de prise de commandement 1 Capitaine de vaisseau Marquis... 2 Capitaine de vaisseau Donval 3 Capitaine de vaisseau Latham 4 Capitaine de vaisseau Auphan 5 Capitaine de vaisseau Rouyer 6 Capitaine de vaisseau Vidil... 7 Capitaine de vaisseau Delpeuch... 8 Capitaine de vaisseau Hourcade... 9 Capitaine de vaisseau Fatou... 10 Capitaine de vaisseau Cabanier 11 Capitaine de vaisseau Beaussant 12 Capitaine de vaisseau de Toulouse-Lautrec 13 Capitaine de vaisseau Amman 14 Capitaine de vaisseau Béret 15 Capitaine de vaisseau Quérangal des Essarts 16 Capitaine de vaisseau Burin des Roziers 17 Capitaine de vaisseau Dartigues 18 Capitaine de vaisseau de Bazelaire 19 Capitaine de vaisseau Storelli 20 Capitaine de vaisseau Postec Personnalités ayant servi à son bord
Paul Louis Antoine Fontaine (1899-1976), lieutenant de vaisseau, campagnes 1931-1932 et 1932-1933
Références
Bibliographie
Liens internes Liste des croiseurs français Histoire de la marine française depuis 1789 Liste des navires construits aux Chantiers de l'Atlantique Histoire de la construction navale dans l'estuaire de la Loire
Liens externes
Net-Marine Alabordache Films tournés par les marins sur la Jeanne d'Arc (conservés à la Cinémathèque de Bretagne)
Catégorie:Croiseur léger Catégorie:Bateau lancé en 1930 Catégorie:Croiseur de la Marine française de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Croiseur des Forces navales françaises libres Catégorie:Navire construit à Saint-Nazaire Catégorie:Navire-école de la Marine française Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Nommé d'après Jeanne d'Arc