La chanson wallonne est un ensemble de genres de compositions musicales en langue wallonne dont les plus anciennes connues datent du .

Histoire Des noëls anonymes Les plus anciens chants en langue wallonne qui ont été conservés sont des noëls, un genre importé en Wallonie depuis la France. Une cinquantaine d'œuvres sont documentées, issues essentiellement du nord-est de l'aire linguistique wallonne. Selon Maurice Delbouille, ces noëls peuvent être attribués à des clercs des et se rattachent au répertoire du vaudeville français, qui subit toutefois des altérations lors de ces reprises.

Les premiers chanteurs connus À Namur, le premier compositeur de chansons dont le nom a été conservé par la tradition est (1707-1784), dit le « Sergent Benoît ». Sergent de ville (agent de police) de profession, il est l'auteur de nombreuses chansons, dont la plus connue est Les Housards (« les hussards »). Leur premier interprète est un portefaix surnommé Carême.

À Liège, vers la moitié du , plusieurs chansonniers forains se disputent le titre de « Béranger liégeois », comme l'ancien tailleur , dit Hasserz, et le chaudronnier ..

Chansons d'étrennes Parmi les premières chansons imprimées figurent des feuilles volantes offertes en échange d'étrennes lors de la présentations des vœux de bonne année de certains corps de métier. À Namur, les chansons des (« allumeurs de réverbères ») et des (« corneurs [guetteurs] de la citadelle ») sont parmi les plus connues.

Félix Rousseau date de 1793 la plus ancienne feuille conservée des « réverbéristes » et note qu'elles font le choix de la chanson en langue wallonne à partir de 1833. Les airs sont alors empruntés à La clé du Caveau, qui parait en 1811. Quant aux textes, plusieurs furent composés par Charles Wérotte et son entourage. a notamment écrit dans ce cadre des chansons d'actualité, qui font le bilan de l'année écoulée et abordent des questions de société.

Sociétés chantantes Au , plusieurs sociétés chantantes se forment en Wallonie. La société Royale Moncrabeau est fondée en 1843 à Namur, Les Braillards aux alentours de 1850 à Charleroi., le Royal Caveau Liégeois en 1872 à Liège et le Caveau Verviétois en 1878 à Verviers. Ces sociétés jouent un rôle important dans le développement de l'intérêt du public bourgeois pour la chanson en langue wallonne.

La vogue du lyrisme vignette|Nicolas Defrecheux, l'auteur de Lèyîz-m' plorer (gravure par Adrien de Witte). En 1854, Nicolas Defrecheux écrit la chanson Lèyîz-m' plorer. Publiée par le Journal de Liège, elle obtient un succès immédiat, si bien qu'il s'écoule, en l'espace de trois années, exemplaires du tiré à part.. Cet évènement fait l'effet d'un  : Ce style est rapidement imité par d'autres auteurs, qui vont ainsi explorer les veines du lyrisme et du sentimentalisme.

Parmi les auteurs associés à cette veine, citons Jacques Bertrand, dont la chanson Sintèz come èm keûr bat ! (1865) a également connu une postérité importante, ainsi que (, 1899) et Joseph Vrindts. La mode est telle qu'elle suscite par ailleurs des œuvres maladroites, que la critique classe sous le terme de lèyîz-m’ plorisme.

La musique de variétés Au , alors que la mode des sociétés chantantes décroit, la chanson wallonne investit le music-hall. C'est la vogue de la musique de variétés, qui s'accompagne de grands succès populaires. Oscar Sabeau compose et interprète la chanson wallonne peut-être la plus connue, La P'tite Gayole. Bob Dechamps, qui enchaine les chansons et les sketchs durant ses spectacles, est l'artiste emblématique du genre. Des chanteuses à succès comme Tohama ou Édith Piaf reprennent alors des classiques wallons comme Lèyîz-m' plorer, qui ont les faveurs du public.

Renouveau et diversification La chanson wallonne connait un renouveau dans les années 1970, sous l'influence de Julos Beaucarne notamment. Considéré comme le , il est imité par des artistes comme , Jean-Claude Watrin et .

Vers la même époque, la vogue des radios libres contribue aussi à la diffusion de la chanson en langue wallonne. Des artistes comme Henri Golan bénéficient alors de ce contexte favorable..

Dans les années qui suivent, des artistes wallonophones vont expérimenter une variété de genres musicaux : le jazz (Guy Cabay), le blues (Elmore D), la country (William Dunker), le rock (, Les Slugs), le punk rock (René Binamé), le slam ()…

Concours de la chanson Plusieurs concours sont successivement organisés pour encourager l'émergence d'artistes d'expression régionale en Wallonie.

D'abord réservé aux chanteurs liégeois, le Grand Prix de la chanson wallonne est organisé pour la première fois en 1967 par José Georges, un producteur de la Radio-télévision belge de la Communauté française. Il s'agit alors d'un concours radiophonique qui couronne, les années paires, des compositions et, les années impaires, des interprètes..

À partir de 1974, le concours obtient une diffusion nationale en télévision. L'organisation est alors reprise par la productrice , qui l'ouvre dès 1975 à des artistes issus de toute la Wallonie. Le prix est alors attribué à plusieurs artistes de premier plan : Philippe Anciaux en 1976, Jean-Claude Watrin en 1977, en 1978…

À partir de 1979, l'organisation du prix est confiée à la région d'origine du lauréat précédent. En 1980, la coordination est reprise par Guy Fontaine, qui prend la décision, en 1985, de rapatrier le concours à Liège. Il s'interrompt en 1987, avec le départ de Fontaine, mais est réinstauré en 1992, à Nivelles. Il est alors porté, non plus par le centre de production de Liège, mais par celui de Charleroi. L'Union Culturelle Wallonne et la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs collaborent aussi à son organisation.

En 1998, le Grand Prix de la chanson wallonne est remplacé par un Festival de la chanson wallonne coorganisé par l'Union Culturelle Wallonne et VivaCité. Ce dernier disparait à son tour en 2014.

En 2025, le comité coordinateur de la Fête aux langues de Wallonie et le cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès décident d'organiser un Tremplin pour la chanson en langue régionale, conçu pour pallier l'absence de grand prix depuis plusieurs années. Celui-ci se tient le à Namur.

Genres spécifiques à la Wallonie Cramignon

Liste de chansons wallonnes Chansons en wallon central Nameur li djolie Si voye volti Les klokes Li vix clotchi d' Saint-Djean Emerance Li carion d' Saint Auboin Li Bia Bouquet

Chansons en wallon occidental La P'tite Gayole Sintèz come èm keûr bat ! El Quézenne au Mambourg El ducale du Bos Skeudjè L'feû, Zabelle Ele mindjeut des buloques A ! l' djeu d' bale Martchand d' lokes Toudis su l'voye Djan Pinson Monsieu del Bourlote Vive Djan Djan

Chansons en wallon oriental Ah! K'il èst bê, mu p'tit viyèdje Bê viyèdje d'One Harbouya Lèyîz-m' plorer Lès djonnès fèyes Lès dj'vôs galopants Li payizan d'Tîleû Li p'tit banc Lu fôre du Sint-Djâke Lu Marihâ Lu ptite Martchande du Lèssèt Mame Mu bounome èsteût si malâde Mu curèye Pocwè n'av nin v'ni Quénès complications Y'a m'pêre ki m'a marié

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes . .

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