vignette|redresse|Une version du « tract de Villejuif ».
Le tract de Villejuif (aussi appelé rumeur de Villejuif) est une infox, prétendument publiée par l' en France, prenant la forme d'une liste signalant faussement comme cancérigènes un certain nombre d'additifs alimentaires, tout particulièrement E330 (acide citrique).
Le tract a d'abord circulé sous forme de photocopies dans les années 1970, et plusieurs versions sont intitulées « Guide des additifs alimentaires ». Bien que l'Institut Gustave-Roussy, un Centre régional de lutte contre le cancer situé à Villejuif, ait démenti à plusieurs reprises. être à l'origine de ce document, cette légende urbaine se remet parfois à circuler épisodiquement, y compris jusqu'aux années 2010 par courrier électronique et par les réseaux sociaux..
Contexte En , les listes de la première nomenclature unifiée des additifs alimentaires pour les pays de la CEE sont publiées au Journal officiel. Les additifs y sont classés à l'aide d'un code « E plus trois chiffres ». En , le magazine français Science et Vie publie un tableau résumant et commentant cette codification, et classant comme ou ... L'acide citrique (E330) est présenté comme .
En , la CEE interdit aussi l'utilisation de neuf colorants alimentaires, mais suspend cette interdiction pour un an. Plusieurs organisations de consommateurs protestent et, au début de , organisent un boycott de tous les colorants. En avril, le numéro de Que choisir est intitulé « Boycottez les colorants », et le magazine publie une liste de , en présentant 70 comme dangereux ou suspects. L'acide citrique est à nouveau présenté comme .
Historique du tract vignette|redresse|Une des premières versions, mentionnant Science et Vie.
Le premier exemplaire connu du tract a été publié en en France, sous forme d'une page dactylographiée. Son auteur est inconnu. Il fait référence à l'article de Science et Vie, mais pas encore à l'hôpital de Villejuif. Il classe les additifs alimentaires en , ou . Des versions successives indiquent , et enfin Des détails fantaisistes sur les effets des additifs apparaissent, ainsi que des marques (notamment La Pie qui Chante, Pastis Duval, Picon, Martini, Coca-Cola, Banga, Canada Dry, Schweppes, La vache qui rit, Amora) et ., parfois classées comme ou .
Lors d'un sondage de , 19 % indiquent qu'elles ont arrêté d'acheter les marques en question, et 69 % envisagent de le faire.. En , la section de Fougères de la Confédération syndicale du cadre de vie (CSCV), qui avait distribué le tract, est assignée par Schweppes devant la chambre civile du TGI de Fougères. ; Schweppes est débouté..
D'après Jean-Noël Kapferer, le tract attire l'attention d'experts lors de sa diffusion, qui le considèrent aussitôt comme suspect, en raison de la description incorrecte de l'E330 comme toxique cancérigène .. Mais les démentis officiels n'entravent pas sa diffusion..
Des copies circulent à travers l'Europe pendant une décennie, sous la forme d'un tract ou d'un pamphlet, transmis entre amis ou collègues, citant outre l'acide citrique neuf autres additifs et une liste de produits décrits comme toxiques et cancérigènes. En 1985, les tracts sont notamment signalés en Belgique, au Cameroun, au Gabon, en Italie, au Koweit, au Liban, au Maroc, et en Suisse. La Grande-Bretagne est touchée en , et le Danemark en . En , une version allemande du texte est diffusée parmi le personnel de la Commission européenne à Bruxelles.
Le tract circule toujours en France en au travers des réseaux sociaux. Le , le député MoDem du Loiret, Richard Ramos, invité par la chaîne de télévision à l'émission C politique, brandissait encore une copie du tract pour étayer son réquisitoire véhément contre la grande distribution, en dénonçant la présence de l'additif E330 dans plusieurs échantillons qu'il avait apportés sur le plateau, sans mentionner et apparemment sans savoir qu'il s'agissait de l'acide citrique, et sans être contredit sur ce point par les invités et journalistes présents sur le plateau..
Liste des éléments
Plusieurs versions de cette liste ont circulé, et les éléments varient entre le statut de suspect à dangereux selon les versions. La liste actuelle a été incluse dans au moins plusieurs versions.. : Toxique : E102, E110, E120, E123, E124, E127, E211, E220, E225, E230, E239, E250, E251, E252, E311, E312, E320, E321, E330 (acide citrique, listé en tant que ), E407, E450 Suspect : E125, E131, E141 , E142, E150, E153, E171, E172, E173 (aluminium), E210, E212, E213, E214/E215, E216/E217, E221, E222, E223, E224, E226, E231, E232, E233, E240, E338, E339, E340, E341, E460 (cellulose), E461, E462, E463, E464, E465, E466
Références
Bibliographie
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republié dans . . .
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