, né à Ikeda dans la préfecture d'Ōsaka le , est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ). Il est élu depuis 1992 à la Chambre des conseillers, la chambre haute de la Diète du Japon, à la proportionnelle nationale. Il est également ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie du au dans les 93 et Cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan.

Une carrière dans l'industrie et le syndicalisme automobile

Issu d'un milieu modeste, Masayuki Naoshima multiplie durant sa scolarité des petits emplois pour aider à financer ses études. Il livre ainsi des journaux au collège, travaille à temps partiel pour le fabricant de matériel roulant ferroviaire Kisha Seizō à Ōsaka pendant ses années de lycée puis, lorsque son université est fermée durant un an en raison des grèves étudiantes de la fin des années 1960, il livre du lait.

Il est de l'université de Kobe en mars 1971. Le mois suivant, il intègre Toyota Motor Sales (aujourd'hui Toyota Motor Corporation) et fait ses débuts notamment au sein de la chaîne de commercialisation Toyopet du constructeur automobile à Ōsaka.

Il s'investit rapidement dans l'activité syndicale de l'entreprise, la , en tant que successivement secrétaire général adjoint du deuxième bureau de l'organisation en , puis président du bureau d'investigation l'année suivante et enfin secrétaire général du deuxième bureau de l'organisation en . Il s'engage ensuite au niveau de la ou : il en est responsable du bureau de la stratégie industrielle en , puis secrétaire général adjoint en et enfin vice-président en mars 1991.

Ses fonctions syndicales au niveau national le rapprochent progressivement du monde politique. En effet, la Jidōsha Sōren est alors membre, comme la plupart des syndicats représentant le secteur privé, de l', plus connue sous le nom de . Or celui-ci soutient tant humainement, matériellement et financièrement le Parti démocrate socialiste (PDS), formation centriste d'opposition au Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice traditionnellement au pouvoir depuis 1955), socialiste démocratique, anti-communiste et américanophile fondée en 1960 à la suite d'une dissidence de l'aile droite du Parti socialiste japonais (PSJ).

Carrière politique Les premiers pas à la Diète et la valse des partis

Il est ainsi choisi par le PDS pour mener la liste du parti au scrutin proportionnel national à l'occasion du renouvellement de la moitié de la Chambre des conseillers du . Elle remporte voix et 5,02 % des suffrages exprimés, soit la sixième place sur huit formations candidates, et 3 élus Résultats de la liste PDS présentée au scrutin proportionnel national des élections à la Chambre des conseillers de 1992, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Restant au second plan du parti, il intègre toutefois immédiatement sa direction à des postes de collaborateur. Il est ainsi en directeur adjoint du Bureau de l'organe de presse ainsi que vice-président du Comité de recherche politique (organe important chargé de la définition du programme politique, il y seconde Kansei Nakano). Il en est ensuite président de la commission de la vie des citoyens en puis, trois mois plus tard, vice-président de celle de l'organisation. Il participe ainsi à la coalition anti-PLD et anti-communiste qui gouverne le Japon entre et , puis à la fusion en de son parti dans le Shinshintō, grand parti allant du centre gauche au centre droit s'opposant à l'alliance gouvernementale tout juste formée entre le PSJ, le PLD et le Nouveau Parti pionnier (NPP).

Au sein de ce nouveau parti, il est l'adjoint du secrétaire général Ichirō Ozawa (un conservateur libéral dissident depuis 1993 du PLD) en , et en devient un proche. Lorsqu'Ozawa prend la présidence du mouvement en décembre suivant et qu'il forme son , il nomme en son sein Naoshima « conseiller auprès du "Premier ministre de demain" ». À la Chambre des conseillers, il devient en directeur (équivalent de secrétaire) de la Commission des Règles et de l'Administration en , puis président de la commission des Transports en . Il est de plus vice-président du Comité des Affaires de la Diète du groupe parlementaire qui réunit depuis 1994 au sein de la chambre haute le Shinshintō aux quelques élus centristes d'inspiration bouddhiste du Kōmei.

Après l'éclatement du Shinshintō le , il participe dans les jours suivant, avec l'essentiel des anciens membres du PDS, à la création du Nouveau parti de la Fraternité (NPF), officialisée le . Il en est le vice-président du Conseil de recherche politique, comme il le fut pour le PDS, cette fois-ci pour seconder Tatsuo Kawabata, et y est tout particulièrement responsable des contre-propositions économiques et industrielles. Moins de quatre mois plus tard, le , ce parti, et donc Masayuki Naoshima, rejoint avec une autre formation issue du Shinshintō, le Parti de la bonne gouvernance (réunissant d'anciens dissidents du PLD n'ayant pas suivi Ichirō Ozawa au sein du Parti libéral), ainsi que le Parti des réformes démocratiques (bras politique du grand syndicat Rengō) le Parti démocrate du Japon (PDJ) de Naoto Kan et des frères Yukio et Kunio Hatoyama. Ce dernier devient alors la nouvelle grande force d'opposition au PLD, d'autant qu'il avait déjà attiré plus de la moitié des parlementaires de l'ancien PSJ devenu le Parti social-démocrate (PSD) en 1996.

Une ascension discrète au PDJ

Avec les anciens du PDS et du NPF, Masayuki Naoshima fait partie depuis 1998 au sein du PDJ de l', dominée par Kansei Nakano puis surtout progressivement par Tatsuo Kawabata. Peu de temps après son ralliement, il est réélu à la Chambre des conseillers lors des élections du . La liste démocrate à la proportionnelle nationale menée par la speakerine de la NHK Yōko Komiyama, et sur laquelle il figure à la cinquième place, obtient un bon résultat avec voix (21,75 %) et 12 élus sur 50 sièges à pourvoir par ce mode de scrutin, n'étant devancée que de 3,42 points et deux sièges par le PLD Résultats de la liste PDJ présentée au scrutin proportionnel national des élections à la Chambre des conseillers de 1998, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

À la suite de sa réélection, il continue à occuper des fonctions de collaborateurs dans les principaux organes du parti, généralement en rapport aux questions économiques, industrielles, financières ou du travail. Il est ainsi en vice-président du Comité de surveillance du système fiscal. Après l'élection à la présidence du PDJ de Yukio Hatoyama contre le sortant Naoto Kan le , il devient un proche du nouveau chef de parti. Il adhère d'ailleurs à la faction créée par ce dernier en 2002, le , tout en restant membre du Minsha kyōkai (la double appartenance étant fréquente au PDJ).

Dans la nouvelle direction nommée en , il retrouve un poste déjà expérimenté au sein de ses précédentes formations politiques, la vice-présidence du Comité de recherche politique, dirigé par Naoto Kan, et est tout particulièrement chargé, en tant que président du Conseil de réflexion politique pour la Chambre des conseillers, de relayer son action au sein de la chambre haute. Le premier contre-gouvernement démocrate étant formé à cette occasion et baptisé , Naoshima, tout en n'étant pas un de ses membres titulaires, est nommé en tant que Vice-ministre suivant chargé du Travail (ainsi que directeur de la Division du Travail du parti) Vice-ministres du Cabinet suivant du PDJ formé en octobre 1999, sur le site officiel du parti.

Il occupe ces fonctions jusqu'en , date à laquelle il prend la présidence du Comité des affaires de la Diète du groupe du PDJ à la Chambre des conseillers. Il y défend les deux motions de censure déposées par l'opposition à quelques mois d'intervalle contre l'impopulaire Cabinet de Yoshirō Mori, le et le (toutes deux rejetées relativement de peu) Kyodo News, « Japan: Upper house rejects censure motion against Mori », News Library, 14 mars 2001.. À la faveur d'un remaniement au sein de l'exécutif du groupe démocrate à la Chambre des conseillers à la suite du scrutin du et à des querelles entre factions, Masayuki Naoshima obtient en le secrétariat général, et donc la place de numéro deux, de ce groupe Kyodo News, « Japan: Main opposition picks upper house caucus chief, deputy after complications », News Library, 6 août 2001.. Il est de plus secrétaire général adjoint du Cabinet suivant de janvier à .

Un technicien du parti désormais affirmé

Il obtient un troisième mandat de six ans à la Chambre des conseillers aux élections du , lors desquelles le PDJ dépasse en voix le PLD (qui reste toutefois majoritaire grâce à son bon résultat au renouvellement précédent de 2001) tant au vote unique non transférable à l'échelle des préfectures ( voix, 39,09 % et 31 élus sur 73 contre votes, 35,09 % et 34 sièges) que pour la proportionnelle (, 37,79 % et 19 conseillers sur 48 contre , 30,03 % et 15 élus). Le vote national ne se faisant plus selon des listes bloquées depuis 2001, mais désormais au vote préférentiel, Naoshima est placé par le choix des électeurs en sixième position parmi les 26 noms de la liste démocrate et en dix-neuvième place de l'ensemble des candidats avancés à ce mode de scrutin, avec voix Résultats de la liste PDJ présentée au scrutin proportionnel national des élections à la Chambre des conseillers de 2004, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Peu après, il intègre pour la première fois le contre-gouvernement en tant que ministre suivant titulaire chargé de la Réforme réglementaire et de la revitalisation industrielle dans le second Cabinet suivant de Katsuya Okada du au . Pour compléter cette fonction, il prend le mois suivant la présidence de la commission interne du parti à la réforme règlementaire ainsi que la vice-présidence de celle de la réforme postale. Il est chargé de contrer son homologue du deuxième Cabinet de Jun'ichirō Koizumi, Seiichirō Murakami. Il participe également, pour ces questions, à l'élaboration du programme de campagne démocrate pour les élections législatives du . Celles-ci sont assez nettement perdues par l'opposition qui fait face à un véritable raz-de-marée électoral en faveur de Koizumi et de son projet de privatisation de la poste japonaise.

Katsuya Okada démissionne du fait de cet échec électoral et est remplacé par Seiji Maehara, issu de l'aile droite et de la jeune garde du parti. Sous la présidence de ce dernier mise en place le , Naoshima retrouve des positions de second plan tant au sein du Cabinet suivant dont il est désormais secrétaire général adjoint (il le reste après qu'Ichirō Ozawa a succédé à Maehara en , et cela jusqu'au ) que dans la direction où il est président délégué du Comité de recherche politique (secondant à ces deux postes Takeaki Matsumoto, qui de plus le remplace en tant que ministre suivant chargé des réformes règlementaires) ainsi que de la Commission du budget à partir d'octobre. À la Chambre des conseillers, il retrouve la présidence du Conseil de réflexion politique du groupe parlementaire et celle de la commission de l'audit et du contrôle du gouvernement de ce dernier. Il est également directeur en chef de la Commission de l'Audit de la Chambre, puis, à partir d', de la Commission spéciale chargée de la Réforme administrative. Sur un plan local, il obtient également l'une des cinq vice-présidences de la fédération préfectorale d'Aichi (où est historiquement implantée Toyota) en Journal de la fédération PDJ d'Aichi, 28 février 2008, p. 2.

Un des artisans de la victoire de 2009