thumb|upright=0.8| Jean Grave, vers 1910. thumb|upright=0.8| Émile Pouget.Portrait par Aristide Delannoy, avant 1911. thumb|upright=0.8| Portrait de Sébastien Faure avant 1918.Le procès des Trente est un procès qui s'ouvre en France le devant la cour d'assises de la Seine.

Au cours de ce procès, qui constitue alors l'apogée de la lutte contre l'anarchisme, trente inculpés sont jugés, allant d'intellectuels anarchistes à des militants illégalistes, tous rassemblés dans une même accusation d'association de malfaiteurs.

Le procès vise aussi à justifier par leur application les « lois scélérates » de 1893-1894. La quasi-totalité des inculpés sont cependant acquittés, dans un verdict dont la modération contribue à calmer les esprits.

Contexte

Au cours des premiers mois de 1894, la police organisa des descentes menant à des arrestations contre le mouvement anarchiste, que le gouvernement cherchait à briser. Pour cela, il fit appel aux lois scélérates de et , votées après l'attentat d'Auguste Vaillant. Le , Le Père Peinard, édité par Émile Pouget, dut cesser sa parution, suivi le par Le Révolté d'Élisée Reclus et Jean Grave, Note 1.

Du au , 426 personnes, dont 29 ne purent être arrêtées, furent jugés sous l'accusation d'« association de malfaiteurs ». Selon l'historien Jean Maitron, la plupart des activistes ayant été arrêtés ou ayant fui le pays, la propagande anarchiste cessa quasiment.

Les inculpés Les 30 inculpés comptent 19 théoriciens de l'anarchisme, mêlés à 11 voleurs de droit commun, amalgame favorisé par l'affirmation des anarchistes de leur droit à s'affranchir des lois. Parmi les accusés les plus notoires, on relève les noms de : Ivan Aguéli Léon Ortiz (Condamné) Orsini Bertani (Condamné) Victorine Belloti Paul Chiericotti (Condamné) Sébastien Faure Félix FénéonFélix Fénéon mit à profit sa captivité pour commencer la traduction de Northanger Abbey, roman de Jane Austen. Jean Grave Louis Matha Élisée Bastard Émile Pouget (Condamné par contumace) Paul Reclus Paul Bernard Charles ChatelDictionnaire des anarchistes, « Le Maitron », 2014 : Charles Chatel. François Soubrié. Constant Martin (Condamné par contumace) Maria Zanini

Le procès

Précédé par de nombreuses arrestations et perquisitions, le procès s'ouvrit le . Y comparaissaient les 26 inculpés qui avaient pu être arrêtés, devant le juge Dayras.

Mené sur le fondement de l'article 265 du Code Pénal, modifié par la loi du pour association de malfaiteurs, le procès s'est traduit par un acquittement de presque tous les 26 accusés présents, à l'exception de Philippe Léon Ortiz (condamné à quinze ans de travaux forcés), Pierre Paul Jacques Chiericotti (huit ans de travaux forcés, Annette Soubrier-Chiericotti sa femme étant acquittée), et Orsini Bertani (six mois de prison et seize francs d'amende). La clémence de ce verdict contribua à atténuer les tensions et à calmer les espritsOlivier Meuwly, Anarchisme et modernité : essai politico-historique sur les pensées anarchistes et leurs répercussions sur la vie sociale et politique actuelle, L'Âge d'homme, 1998, p. 92..

Le même mois, le , l'anarchiste Sante Geronimo Caserio fut guillotiné près de la prison Saint-Paul.

Les traits d'esprit de Félix Fénéon

thumb|upright=0.8|Félix Fénéon à la prison Mazas en 1894 par Maximilien Luce. thumb|upright=0.8| Stéphane Mallarmé, par Nadar, en 1896. thumb|upright=0.8| Edgar Demange, qui fut l'avocat de Félix Fénéon avant d'être la même année celui du capitaine Dreyfus.

Félix Fénéon fit sensation par ses « inoubliables réparties ». autant que par les soutiens dont il bénéficiait. Toutefois, comme le note Joan Halperin., plus que ses mots d'esprit, c'est son attitude de « dilettante ». qui obtint son acquittement. Il fut défendu par le grand avocat d'assises Edgar Demange, que lui avait procuré Thadée NatansonNatanson fonda La Revue blanche, dont Fénéon fut le secrétaire, puis le rédacteur en chef. et qui allait bientôt défendre le capitaine Dreyfus. Stéphane Mallarmé vint témoigner en sa faveur le : . L'interrogatoire de Fénéon est passé à la postérité :

Notes et références

Annexes Bibliographie

John Rewald, Félix Fénéon, L'Homme qui désirait être oublié, L'Echoppe, 2010

Articles connexes Anarchisme Félix Fénéon Lois scélérates Procès des 66

Liens externes

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