Jeanne d'Angleterre, née à Angers en et morte à Rouen le , est une princesse anglaise qui devient reine de Sicile puis comtesse de Toulouse.
Biographie Jeanne, née au château d'Angers en , est la fille du roi , et d'Aliénor d'Aquitaine. Deux de ses frères, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, sont rois d’Angleterre.
Entre 1168 et 1172, Aliénor d’Aquitaine confie son éducation aux religieuses de l’abbaye de FontevraudMartin Aurell, in Edmond-René Labande, Pour une image véridique d’Aliénor d’Aquitaine, paru dans le Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1952, pages 175-234 ; réédité avec une préface de Martin Aurell par la Société des antiquaires de l'Ouest-Geste éditions en 2005 , .. En juillet 1174, à l'issue de la révolte de 1173-1174, elle regagne l'Angleterre en compagnie de sa mère, que le roi Henri emmène en captivité. En 1176, afin de renforcer l'alliance avec les rois normands de Sicile, Jeanne, âgée de onze ans, est fiancée au jeune roi de Sicile, Guillaume II. À l'automne 1176, la jeune fille doit quitter sa mère, qui est alors en résidence surveillée à Salisbury, et prend la mer pour rejoindre son futur royaume. Elle est escortée sur le continent par ses frères Henri le Jeune et Richard.
Le , elle épouse en premières noces, à Palerme, le roi , membre de la famille normande de Hauteville., dont elle a un fils, mort en bas âge, selon Robert de Torigni, Bohémond (Boamundus). Elle est couronnée reine de Sicile le jour même.
Le 18 novembre 1189, Guillaume meurt et son cousin, Tancrède de Lecce, bien qu'illégitime, parvient à s'emparer de la couronne de Sicile. Jeanne est alors spoliée de son douaire, enfermée et détenue en otage dans son propre palais par Tancrède. Seule l'arrivée de Richard Cœur de Lion, en septembre 1190, permet de libérer Jeanne, qui rejoint Messine le 28 septembre. Richard parvient à négocier avec Tancrède et Jeanne reçoit vingt mille onces d'or en dédommagement de son douaire. Elle revoit brièvement, en mars 1191, sa mère venue accompagner la nouvelle fiancée de Richard, Bérengère de Navarre.
À Messine, il semble que Jeanne ait fait forte impression sur le roi de France, Philippe II Auguste, en partance pour la croisade et veuf depuis quelques mois, au point que celui-ci envisage de la demander en mariage. Selon le chroniqueur Roger de Hoveden, « le roi de France montrait alors un visage si réjoui que le peuple disait qu'il allait l'épouser ». Mais Richard, opposé à cette union pour des raisons de succession, s'empresse d'envoyer Jeanne dans un couvent fortifié de Calabre jusqu'au départ de Philippe.
Jeanne accompagne Bérengère et son frère Richard Cœur de Lion, qui participe à la troisième croisade, en Terre sainte. La flotte de Richard quitte Messine le 10 avril 1191. Deux jours plus tard, une tempête disperse les navires. La nef transportant Jeanne et Bérengère manque à l'appel, ainsi que celle contenant le trésor du roi. Richard lance ses autres navires à leur recherche. Le 1 mai, le navire de Jeanne et Bérengère est retrouvé à Chypre, ancré au large de Limassol. Isaac Doukas Comnène qui a pillé les épaves des navires échoués et capturé les naufragés a également tenté de s'emparer des deux jeunes femmes. Richard prend alors l'île de Chypre et vainc son gouverneur. La fille d'Isaac Comnène, retenue en otage, accompagne dorénavant Jeanne, dont elle devient la dame de compagnie. Le mariage de Richard et Bérengère à lieu à Limassol, le 12 mai 1191.
En Terre sainte, le roi envisage de marier Jeanne à Al-Adel, frère de Saladin et de confier aux deux époux le royaume de Jérusalem, mais Jeanne refuse d'épouser un prince musulman et Saladin refuse d'autoriser son frère à se convertir au christianisme, ce qui met fin au projet.. Fin septembre 1192 Jeanne et Bérengère embarquent pour leur voyage de retour, sans Richard. Elles débarquent à Brindisi en novembre et se rendent sous bonne escorte à Rome, où elles demeurent six mois sous la protection du pape , de peur d'être arrêtées, comme le roi Richard, par l'empereur . Sur le chemin du retour elles sont accueillies par le comte de Toulouse et son fils, le futur À cette occasion Raymond VI rencontre la fille d'Isaac Doukas Comnène, qui fait partie de la suite de Jeanne. Il l'épousera quelques mois plus tard avant de la répudier pour épouser Jeanne cf..
À l'automne 1193, Jeanne et Bérengère sont à Poitiers. Jeanne réside à partir de 1194 à Fontevraud, en compagnie de sa mère qui s'y est retirée.
Revenu de captivité, Richard, qui a des prétentions sur le comté de Toulouse, ne peut les défendre par les armes, occupé à combattre Philippe Auguste, et préfère se faire un allié du comte en lui donnant sa sœur en mariage, avec en dot l'Agenais et le Quercy.
Elle épouse donc, en , à Rouen et en secondes noces, , comte de Toulouse († 1222) dont elle a : (1197 - 1249) ; Jeanne (1198 - 1255) mariée à Bernard, seigneur de la TourBaluze (1708) Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, , p. 499. ; un enfant né et mort le .
Elle n'est pas une comtesse passive, mais son mariage ne semble pas heureux, bien qu'il n'y ait pas de témoignages explicites de violences conjugales. En , alors que son mari règle un litige en Provence, un vassal du Lauragais se révolte et Jeanne vient elle-même assiéger le château..
Après la défection de ses troupes, elle doit fuir ses États et tente de se mettre sous la protection de son frère Richard Cœur de Lion. Lorsqu'elle apprend la mort de ce dernier, le 6 avril 1199, elle se réfugie auprès de sa mère à Niort, en avril ou mai 1199. Elle est alors enceinte d'environ quatre ou cinq mois. Aliénor la confie aux moniales de Fontevraud, où elle peut se recueillir sur la tombe de son frère. Le 1 août 1199, elle est auprès de sa mère à Rouen, à la cour de Jean sans Terre. Malade, épuisée et sur le point de mourir, elle obtient, par une dérogation exceptionnelle de l'archevêque de Canterbury, l'autorisation de prendre le voile des religieuses de Fontevraud, alors qu'elle est mariée. Elle meurt en couches à près de trente-quatre ans, le . L'enfant, né par césarienne, ne lui survit que de peu. Aliénor fait transporter le corps de Jeanne à Fontevraud où elle est inhumée parmi les moniales.., et se charge personnellement de remettre au comte de Toulouse le testament original de Jeanne.
Le médiéviste Martin Aurell a récemment mis en évidence, grâce aux travaux de recherche de l'historienne de l'art Bénédicte Fillion-Braguet, que le quatrième gisant de Fontevraud en bois polychrome, longtemps attribué à Isabelle d'Angoulême, serait en réalité celui de Jeanne...
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie complémentaire . . . . .
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