Florence Caroline Dixie (née Florence Douglas à Dumfries, - ), est une voyageuse, correspondante de guerre et militante féministe britannique.

Famille et jeunesse Née en Écosse à Cummertrees, Dumfries, Lady Florence Douglas était la fille d'Archibald Douglas (8e marquis de Queensberry) et de son épouse Caroline, fille du général William Clayton, baronnet (1786-1866), député de la circonscription de Great MarlowDIXIE, Lady Florence, poet, novelist, writer; explorer and a keen champion of Woman's Rights in 7345683 Who Was Who sur le site xreferplus.com (souscription requise), consulté le 11 mars 2008.. Elle eut un frère jumeau, Lord James Douglas (mort en 1891), une sœur aînée, Lady Gertrude Douglas (1842-1893), et trois frères aînés, John Douglas, de Queensberry, qui donna son nom aux règles de la boxe et fut à l'origine de la condamnation en justice et de la déchéance d'Oscar Wilde ; Lord Francis Douglas (1847–1865), mort dans un accident d'alpinisme lors de la première ascension du Cervin ; et Lord Archibald Douglas (1850–1938) qui devint prêtre catholiqueG.E. Cokayne et al., eds., The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, nouvelle édition, 13 volumes in 14 (1910-1959 ; nouvelle édition, 2000), volume X, .Lady Florence Dixie sur le site spartacus.schoolnet.co.uk (consulté le 8 mars 2008)..

En 1860, le père de Lady Florence mourut dans ce qui fut présenté comme un accident de chasse mais était plus probablement un suicide. En 1862 sa veuve se convertit, ainsi que ses deux plus jeunes enfants Florence et son frère James, au catholicisme, les amenant vivre pendant deux ans à Paris, ce qui amena les tuteurs des enfants à menacer Lady Queensberry de lui retirer la garde de ceux-ci, une possibilité réelle à un moment où les droits des femmes étaient très limités. Plus tard, Lady Florence mena campagne contre de telles injustices en abordant notamment le sujet dans son livre The Story of Ijarn (1903)Dorothy Middleton, « Dixie [née Douglas], Florence Caroline, Lady Dixie (1855-1905) » in Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004, ..

Lady Florence fut alors instruite à la maison et, après son retour de Paris, dans un couvent. Elle détestait la discipline répressive de l'école et le dogmatisme de son enseignement religieux et se mit à écrire de la poésie. Ses œuvres d'enfance furent publiées en 1902 sous le titre Songs of a Child et le pseudonyme de Darling.

Dès son plus jeune âge, Florence a montré un amour du sport et des voyages et un don pour l'écritureLady Florence Caroline Dixie en ligne sur le site de la National Portrait Gallery npg.org.uk (consulté le 8 mars 2008)..

Mariage et enfants thumb|Bosworth Hall dans le Leicestershire. Le , à l'âge de 19 ans, Florence Douglas épousa Sir Alexander Beaumont Churchill Dixie, baronet (1851-1924), connu sous le sobriquet de Sir A.B.C.D. ou Beau. Le jeune couple s'établit dans un premier temps à , près de Market Bosworth dans le Leicestershire. Ils eurent deux fils, George Douglas (né le ) qui devint plus tard le Baronet, et Albert Edward Wolstan (né le et mort en 1940) qui eut pour parrain le prince de GallesBurke en ligne sur le site staleyandco.com (consulté le 11 mars 2008). Sir Alexander Beaumont Dixie fut high sheriff du Leicestershire à partir de 1876The Office of High Sheriff en ligne sur le site leics.gov.uk (consulté le 8 mars 2008). En 1877, Lady Florence publia son premier livre, Abel Avenged: a Dramatic Tragedy.

Le couple partagea le goût de l'aventure et de la vie au grand air mais une ombre vint ternir le tableau du fait de leur passion immodérée pour le jeu à grosses mises, au point que la demeure ancestrale et les propriétés du mari durent être vendues pour payer leurs dettes. Par la suite, le couple vint s'établir dans les années 1880 à Glen Stewart, une des demeures du domaine écossais de Kinmount de Lord Queensberry, qui fut la résidence de la mère de Florence, la marquise douairière de Queensberry.

Globe-trotteuse et journaliste La Patagonie Fatiguée de la vie mondaine anglaise, Dixie visita la Patagonie avec son mari, deux de ses frères et , un ingénieur, écrivain et explorateur, en 1878 et 1879 John Theakstone, Annotated Bibliography of Selected Works by Women Travellers, 1837-1910 (été 2003) en ligne sur victorianresearch.org (consulté le 8 mars 2008). Là, elle pratiqua la chasse en prenant goût aux venaisons. Lors de l'une de ses randonnées, l'équipée fut prise dans un important feu de prairie et le cheval de Lady Florence boula sous elle. À son retour au pays, Florence rédigea son ouvrage Across Patagonia (1880). Un hôtel de Puerto Natales dans la partie chilienne de la Patagonie est appelé Hotel Lady Florence Dixie en son honneurHotel Lady Florence Dixie en ligne sur le site chileanpatagonia.com.. De son voyage en Patagonie, Dixie avait ramené un jaguar qu'elle baptisa Affums et garda comme animal de compagnie mais Affums tua plusieurs daims dans le parc de Windsor et dut être placé dans un zoo.

L'Afrique australe thumb|right|125px|Le roi zoulou Cetshwayo en 1885. En 1881, Dixie fut dépêchée comme correspondante de guerre du Morning Post de Londres pour couvrir la première guerre des Boers (1880-1881) et les suites de la guerre anglo-zouloue. Son mari l'accompagna en Afrique du Sud. Au Cap, elle séjourna chez le gouverneur de la Colonie du Cap. Elle visita le Royaume zoulou et à son retour interviewa le roi zoulou Cetshwayo, tenu en détention par les Britanniques.

Ses reportages, suivis par la publication de ses livres (1882) et (1882), furent pour une bonne part à l'origine de la brève restauration sur le trône de Cetshwayo en 1883Lady Florence Caroline Douglas Dixie - Columbia Encyclopedia (sixième édition) en ligne.. Son ouvrage In the Land of Misfortune laisse poindre son ambivalence entre son individualisme et son adhésion à l'impérialisme britannique mais dans l'ensemble, en dépit de ses sympathies pour la cause zouloue et le roi Cetshwayo, elle resta de cœur une militante de la cause impérialiste.

Militante politique et féministe La question irlandaise et les allégations de tentatives d'attentats Dixie fut une rédactrice enthousiaste de lettres aux journaux sur des thèmes et sujets libéraux et progressistes, en ce compris pour soutenir la Home Rule irlandaise. Son article The Case of Ireland a été publié dans le Vanity Fair le . Néanmoins, elle se montra critique à l'égard de l et des Fenians qui tentèrent en 1883 de l'assassiner, tentative à la suite de laquelle la reine Victoria lui envoya son serviteur John Brown à des fins d'enquête.

En date du le New York Times rapporta en effet en première page une agression contre Lady Florence Dixie par deux hommes déguisés en femmes sous la manchette : A DASTARDLY IRISH CRIME - AN ATTEMPT TO ASSASSINATE LADY FLORENCE DIXIE. SHE IS WAYLAID BY TWO MEN DISGUISED IN WOMEN'S CLOTHES - HER LIFE SAVED BY A ST BERNARD DOG. Le , le journal publia un second article, sous le titre : LADY FLORENCE DIXIE'S OWN STORY. - From the Pall Mall Gazette of March 19Reports are published of an attempt to assassinate Lady Florence Dixie at her residence, the Fishery, situated near the Thames, and about two and a half miles from Windsor. Lady Florence Dixie gives the following account of the occurrence: « I was out walking near the Fishery last evening, about 4:30, when two very tall women came up and asked me the time. I replied that I had not got my watch with me, and, turning, left them. Opening a small gate which led into the private grounds of Capt Brocklehurst, of the Blues, I made toward a stile, and was just going to get over, when I heard the gate open behind, and the two women followed me in. Somehow or other I felt all was not right, so I stopped and leaned against the rails, and then, as they came on, went to meet them. One on the right came forward and seized me by the neck, when by the strength of the clutch I felt it was no woman's power that pulled me down to the ground. In another second I saw the other would-be woman over me, and remember seeing the steel of the knife come right down upon me, driven by this person's hand. It struck through my clothes and against the whalebone of my stays, which turned the point, merely grazing the skin. The knife was quickly withdrawn and plunged at me again. I seized it with both hands and shouted as loud as I could, when the person who first pulled me down pushed a large handful of earth into my mouth and nearly choked me. Just as the knife was wrenched from my hands, a very big and powerful St. Bernard dog I had with me broke through the wood, and the last thing I remember was seeing the person with the knife pulled backward by him. Then I heard a confused sound of rumbling of wheels, and I remember no more. When I came to myself I was quite alone. From what I saw of the knife I believe it to be a dagger, and the persons were undoubtedly men. They were dressed in long clothes, and were unnaturally tall for women; the one who stabbed me had on a thick veil, reaching below the mouth; the other was unveiled, but his face I did not notice much. This is all the information I can give. My head is very confused and painful, and I expect they must have stunned me. This is a wretched scrawl, but my hands are very much cut, and it pains me so much to write ». Lady Ripon and H. Ponsonby called yesterday with a message of sympathy from the Queen to Lady Florence. :

Cependant, le New York Times du publia un nouvel article, intitulé GRAVE ENGLISH TOPICS : LADY FLORENCE DIXIE, THE IRISH AND PARNELL From the Pall Mall Gazette of March 19GRAVE ENGLISH TOPICS LADY FLORENCE DIXIE, THE IRISH AND PARNELL - From the Pall Mall Gazette of March 19 - London, March 21 - It has been boldly suggested by the St. James's Gazette that Lady Florence Dixie is labouring under a mistake in regard to the dramatic occurrence which has occupied so much attention during the last 48 hours. Possibly when this reaches you its boldness will have been justified. The Tory journal does not believe that her ladyship has been attacked at all. Others share this opinion. In a week's time, the general public may share it. :

Quand Florence Dixie mourut en , le même New York Times publia un article nécrologique intitulé LADY FLORENCE DIXIE DEAD annonçant que « l'auteur, champion des droits de la femme et correspondant de guerre » était décédé le « à son domicile de Glen Stuart, Dumfriesshire » et comprenant le passage suivant : « Lady Florence Dixie était un membre de la famille Queensberry et avait hérité de l'excentricité aussi bien que de la malice de nombre de ses membres. Il y a quelques années, elle a surpris Londres en déclarant qu'elle avait été kidnappée par de présumés agitateurs irlandais et détenue en captivité pendant quelques jours. Son histoire n'a jamais été démentie mais jamais non plus prouvée et nombre de personnes disent que toute l'affaire a été inventée »« LADY FLORENCE DIXIE DEAD. Author, Champion of Woman's Rights, and War Correspondent -… Lady Florence Dixie was a member of the Queensberry family and inherited the eccentricities as well as the cleverness possessed by so many members of it. Some years ago she startled London by declaring that she had been kidnapped she believed by Irish agitators, and had been held for some days in captivity. » - New York Times du mercredi 8 novembre 1905, Comparable à la mystérieuse disparition d'Agatha Christie..

L'émancipation féminine