Khiam ou Al-Khiyam (en ) est un village situé au sud du Liban, dans le gouvernorat de Nabatieh, au sud de Marjeyoun et à 5 km au nord de la frontière israélienne. Il est célèbre en raison de la prison qui y est située, transformée par les Israéliens en centre de détention dans lequel des personnes soupçonnées d'être hostiles à Israël étaient incarcérés sans jugement, entre 1985 et 2000Marie Bonte et Zara Fournier, « Prison et boîte de nuit. Le Liban post-conflit à travers ses lieux-fantômes », Géographie et cultures, 106 | 2018, en ligne ; DOI : https://doi.org/10.4000/gc.7341. La prison a été transformée en musée en 2000. L'aviation israélienne a détruit le musée lors de sa campagne de bombardements en 2006. Le site est devenu un lieu de mémoire important au Liban.

En 2026, l’armée israélienne détruit entièrement le village, placé derrière la ligne jauneWilliam Christou, Abbas Abdel Karim, Lucy Swan, « "‘Everything is gone’: Israel destroys entire villages in Lebanon" », The Guardian, 12 avril 2026..

Situation La municipalité se situe à une distance d'environ 100 kilomètres (62.14 mi) de Beyrouth la capitale du pays Liban. Elle s'élève à une altitude de 695 mètres (1)( - 760.052 yd) du niveau de la mer et s'étend sur une surface de ( - ).

Des combats opposent à proximité du village l'armée israélienne au Hezbollah lors de l'invasion israélienne du Liban. Les troupes israéliennes échouent à s'en emparerhttps://www.lorientlejour.com/article/1435975/deux-elus-locaux-de-tyr-tues-dans-une-frappe-israelienne-sur-loffice-des-eaux.html.

Histoire

Antiquité

Moyen Âge

Temps modernes

Époque contemporaine Pendant l‘occupation française du mandat incluant la Syrie et le Liban, un fort est construit à Khiam. Ce fort est transformé en une base de l'armée libanaise, avant d'être occupé par les Israéliens puis par leurs supplétifs libanais, l'Armée du Sud-Liban. Des documents déclassifiés en 2022 montrent la forte implication de l'armée israélienne et du Service de sécurité intérieure israélien dans les traitements inhumains dont de nombreux prisonniers ont été victimes..

Pendant l'occupation israélienne Les Israéliens transforment le fort en une prison clandestine et un centre de torture sous le commandement des officiers de l'Armée du Liban SudVoir par exemple ce reportage de l'émission Zone libre sur Radio Canada.. De 1985 à 2000, plusieurs milliers de prisonniers libanais et réfugiés palestiniens, dont des mineurs âgés de , ont été détenus dans la prison sans jugement.. L'insistance du CICR a permis en 1995 de visiter les détenus d'une des prisons donnant le plus à l'époque lieu à des maltraitances.

Plusieurs associations de défense des droits de l'homme considèrent Israël responsable de l'existence et du fonctionnement de cette prisonVoir par exemple Human Right Watch et Amnesty International.. L'État d'Israël a toujours nié toute implication, en dépit des témoignages d'anciens détenus qui ont pu apercevoir des officiers ou fonctionnaires israéliens dans la prison..

En mai 2000, avec le départ précipité de l'armée israélienne et de ses collaborateurs de l'Armée du Liban Sud, les gardiens de la prison ont pris la fuite vers Israël et la population a libéré les 145 derniers prisonniers. Cet épisode n'a d'ailleurs pas entraîné de chasse aux sorcières, les anciens geôliers étant « pardonnés » après s'être volontairement rendus à la mosquée de Khiam sur l'appel des autorités chiites.

Transformation en lieu de mémoire en 2000

Dès le départ de l'armée israélienne du Liban en 2000, des associations comme le «Khiam Rehabilitation Center» ont appelé à instituer l'ancienne prison en « lieu de mémoire ».

En un film documentaire intitulé Khiam y a été tourné par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige et projeté en 2001..

Le Hezbollah contrôle alors la transformation de la prison en musée, dès 2000, en pratiquant, selon les chercheuses Zara Fournier et Marie Bonté, une récupération du lieu à son profit. Nombre d'anciens prisonniers anti-israéliens n'avaient aucun rapport avec la résistance islamique, parmi lesquels les prisonniers communistes ; or le Hezbollah a exclu des « initiatives de mise en mémoire portées par d'anciens prisonniers » qui ne venaient pas de ses rangs.

Évènements de 2006

En juillet et , Khiam, fief symbolique et tactique de la milice Hezbollah, a de nouveau connu la violence. Le village a fait à plusieurs reprises l'objet du ciblage de l'aviation et de l'artillerie israélienne en raison des positions Hezbollah qui s'y trouvaient.

Le , après des tirs d'artillerie les jours précédents, une bombe guidée par un chasseur israélien a eu raison des murs du bunker où avaient trouvé refuge les quatre bérets bleus de la « Patrol Base » de Khiam, l'un des quatre postes d'observation des observateurs de l'ONU (United Nations Truce Supervision Organisation). Une controverse s'est développée concernant le ciblage, volontaire ou non, des bérets bleus qui ont sans doute payé la proximité de leur base avec des cibles. Israël a regretté, au cours de l'enquête menée par l'ONU, une « erreur au niveau opérationnel ».

Un mémorial a été élevé à Khiam en mémoire des quatre observateurs (autrichien, canadien, chinois et finlandais).

La prison a aujourd'hui disparu. Il ne reste qu'un tas de gravats laissés par les bombardements israéliens pendant la « guerre de 34 jours » entre Israël et le Liban en 2006.

Témoignages En 2000, Souha Bechara militante communiste libanaise anti-israélienne, qui y a été détenue dix ans, publie un livre de témoignage sur son incarcération (Résistante. Une vie pour le Liban, co-écrit avec Gilles Paris), suivi d'un deuxième en 2014 (La Fenêtre, camp de Khiam, co-écrit avec Cosette Ibrahim).. Elle est devenue une « icône de la résistance » selon Le Monde..

Occupation de 2026

Le 18 avril 2026, au cours de sa guerre contre le Hezbollah, Israël instaure une ligne jaune au nord de la frontière internationalement reconnue. Cette ligne jaune crée une zone tampon sous occupation israélienne de 62 villes et villages, dont KhiamMohammed Sio, « Israël publie la carte de sa "ligne de défense avancée" et de ses troupes dans le Sud du Liban », AA, 19 avril 2026.Emanuel Fabian, « 26 ans après, Tsahal rétablit sa zone de sécurité dans le sud-Liban, avec des différences notables », Times of Israel, 20 avril 2026.Mise à jour du nombre de villages : Enzo Quesnecourt, « Villages concernés, superficie, habitants sommés d'évacuer : ce que l'on sait, en cartes, de la "zone tampon" revendiquée par Israël au Liban-Sud », L’Orient-Le Jour, 22 avril 2026..

L’armée israélienne bombarde Khiam pendant des semaines, tentant de l’encercler et de rompre les lignes d’approvisionnement des combattants du Hezbollah, y compris pendant le cessez-le-feu commencé le 15 avril. La ville a une importance stratégique et symbolique. Malgré cela, les soldats israéliens échouent, pour le moment (jusqu‘au 21 avril) à encercler Khiam..

Établissements scolaires Établissements scolaires Khiam (2005-2006) Liban (2005-2006) Nombre d'établissements scolaires 9 2788 Établissements scolaires publics 6 1763 Établissements scolaires privés 3 1025 Élèves scolarisés dans les établissements publics 387 439905 Élèves scolarisés dans les établissements privés 501 471409

Références

Bibliographie Véronique Ruggirello, Khiam, prison de la honte : Récits d'une résistance à vingt-deux ans d'occupation israélienne du Liban sud, 2003 - L'Harmattan

Marie Bonte et Zara Fournier, « Prison et boîte de nuit. Le Liban post-conflit à travers ses lieux-fantômes », Géographie et cultures, 106 | 2018, en ligne ; DOI : https://doi.org/10.4000/gc.7341 Zara Fournier, “Images in South Lebanon: an Absent Presence. The Case of the Former Khiam Prison”, Articulo - Journal of Urban Research [Online], 19 | 2019, Online since 07 March 2019, connection on 08 October 2022. URL: http://journals.openedition.org/articulo/3915; DOI: https://doi.org/10.4000/articulo.3915

Voir aussi Lieux de mémoire au Liban

Liens externes

Site officiel du village Fiche de la Municipalité de Khiam - Localiban

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