René Lhopital, né à Paris le et mort à Suresnes le Acte de naissance à Paris , n° 2196, vue 16/31, avec mention marginale du décès à Suresnes en 1960., fut un militaire, un Commissaire général des Scouts de France, le premier président du Comité France-Allemagne et un résistant français.

Biographie Fils d'un administrateur général de la MarineLe Gaulois, 16 mars 1929, ingénieur civil des mines de la promotion de 1907, il reste dans l'armée au terme de ses trois ans de service militaire.

Première Guerre mondiale et Entre-deux-guerres Officier d'artillerie, il gagne cinq citations durant la « Grande guerre ». En 1919, capitaine puis commandant, il est choisi comme officier d'ordonnance par le maréchal Ferdinand Foch. Il l'accompagne ou le représente à des cérémoniesEntre autres exemples: Le Temps, 12 novembre 1924, "Le maréchal Foch à Notre-Dame", Journal des débats, 17 septembre 1927, "La Légion américaine". À la mort du maréchal en 1929, il se fait mettre en disponibilité puis obtient à sa demande sa mise à la retraite, à compter de Journal officiel, novembre 1934. Ce catholique se consacre aux Scouts de FranceLa Presse, 16 décembre 1927, "Les boys-scouts à l'honneur", Journal des débats, 24 juin 1928, L'Ouest-Eclair, 13 mai 1929, Revue de l'Alliance nationale pour l'accroissement de la population française, janvier 1931, conférence de Lhopital sur le scoutisme, "école de chefs" dont il devient commissaire général de 1932 à 1936Le Journal, 6 avril 1934, "les scouts de France ont fêté Pâques à Rome", Le Journal, 30 décembre 1935, "La première journée du congrès des Scouts de France". Son épouse - il s'est marié en 1916Bulletin religieux de l'Archidiocèse de Rouen, 16 décembre 1916, p. 1156-1157 -, cheftaine scout, meurt du tétanos à la suite d'une blessure en camp de louveteaux.

Blessé pendant les émeutes du Il a été atteint au cuir chevelu: L'Ouest Eclair, 12 février 1934, ( photographié aux côtés de Jean Goy ), Rapport général fait au nom de la Commission d'enquête chargée de rechercher les causes et les origines des évenements du 6 février 1934, il adhère à l'Association des blessés du fondée par Darquier de Pellepoixcf. supra la biographie de Lhopital sur le site des Annales des mines .

Espérant une réconciliation franco-allemande qui permettrait d'éviter une nouvelle guerre et de mettre en place Journal des débats, 5 février 1936, "Allemagne: un banquet franco-allemand" de ces deux pays , il accepte la présidence du Comité France-Allemagne, lors de sa fondation en Cahiers de l'Union fédérale, 10 décembre 1935, "Un comité France-Allemagne a été récemment créé" (discours de Lhopital donné le 29 novembre 1935 à Paris et photographie). Il démissionne en à la suite d'un scandale de mœurs homosexuel : lors de la première sortie outre-Rhin du comité - les dirigeants du C.F.A ont été invités pour l'ouverture des Jeux olympiques et ont rencontré Hitler Cahiers de l'Union fédérale, 10 février 1936, "Le comité France-Allemagne à Berlin". Lhopital s'était déjà rendu à Berlin le mois précédent pour assister à la projection du film La Kermesse héroïque, organisée par l'ambassade de France : Le Journal, 19 janvier 1936 -, il a été arrêté après s'être livré à des attouchements sur un jeune soldat allemand dans un cinémaGilbert Joseph, Fernand de Brinon, L'aristocrate de la collaboration, Albin Michel, 2002, : L'auteur écrit que cet homme marié est homosexuel. Daniel Guérin l'affirme aussi : Paris gay 1925 : le témoignage de Daniel Guérin. Fut-ce une machination menée par les Allemands ? Un écho d'un journal français évoque son arrestation en Allemagne, arrestation dont les « raisons véritables sont restés inconnues du public français » et que le gouvernement allemand aurait « étouffé » avec « bienveillance » : Journal des débats, 17 mars 1936. . Un article nécrologique donne une version édulcorée et plus patriotique : René Alquier et Roger Millot, "Le colonel Lhopital", Bulletin de l'association des anciens élèves de l'École des mines de Paris, 1964 : cf. supra la biographie de Lhopital sur le site des Annales des mines.

Seconde Guerre mondiale : résistant et déporté

Rappelé en 1939, il sert à la d'infanterie nord-africaine puis à la Armée et obtient la Croix de guerre.

Dans Paris occupé, il fonde dès 1940 un mouvement de résistance, l'Armée des Volontaires dont les militants participent à la rédaction et à la diffusion du journal de Raymond Deiss, Pantagruel.

Arrêté le , il est emprisonné deux mois au Cherche-Midi puis relâché. Le , il est de nouveau arrêté. Le , il est déporté à Wittlich (Allemagne) en vertu du décret Nacht und Nebel. Les 27 et , les militants de l'Armée des Volontaires et de l'équipe de Pantagruel sont jugés à Trèves par le du Volksgerichtshof. Le commandant Lhopital, contre qui n'a été relevée aucune preuve, est condamné à un an de réclusion pour "non-livraison" d'un journal anti-allemand. À Sachsenhausen, il rencontre Claude Bourdet qui l'accompagne à Buchenwald.

René Lhopital est rapatrié le .

Au lendemain de la guerre Connu de la police judiciaire pour ses « mœurs dissolues », il est arrêté par la brigade mondaine en aux bains de Penthièvre à ParisHervé Joly, « Les membres du Comité France-Allemagne, une antichambre de la collaboration ? », Philipp Müller et Hervé Joly (dir.), Les espaces d’interaction des élites françaises et allemandes, Presses universitaires de Rennes, 2021 : Lire en ligne. Il s'agit d'un sauna gay parisien, réputé depuis la fin du Marc Lemonier, Guide historique du Paris libertin, La Musardine, 2015, , David Higgs, Queer sites, gay urban histories since 1600, Londres et New York, Routledge, 1999, : Ces bains restent en activité jusqu'à la fin des années 1960. Ils firent l'objet d'une descente de police en 1891, évoquée pour la première fois par la presse..

Ce qui ne l'empêche pas, grâce à ses titres de résistant et de déporté, d'accéder au sommet de l'ordre de la Légion d'honneurHervé Joly, op. cit.. Chevalier de la Légion d'honneur en 1919, officier en 1936, il est promu commandeur (1947), grand officier (1953) puis est élevé à la dignité de grand croix de la Légion d'honneur en 1958. Membre de l'Union nationale des officiers de réserve (UNOR), il préside l'association nationale des officiers agents de liaison et interprètes militaires et l'Alliance Atlantique des Anciens combattants. Il est membre du conseil national du Mouvement européen-France et du comité exécutif de l'Alliance France-Grande-BretagneBiographie de Lhopital sur le site des Annales des mines..

Publications Édition française par le commandant Lhopital du Journal du maréchal Wilson publié par le major général sir C. E. Callwell ; Préface du maréchal Foch, Payot, 1929 Commandant René Lhopital, Foch, l'armistice et la paix, Plon, 1938, 245 p.Le Figaro littéraire, octobre 1938, Commandant Lhopital, "Foch, l'armistice et la paix"

Liens externes

Biographie de Lhopital sur le site des Annales des mines

Bibliographie Alain Guérin, Chronique de la résistance, Place des éditeurs, 2010, Henri Michel : Paris résistant, Albin Michel, 2013, Claude Bourdet : L'aventure incertaine

Notes et références

Catégorie:Colonel français Catégorie:Personnalité liée au scoutisme en France Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Élève de l'École des mines de Paris Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance en décembre 1885 Catégorie:Naissance dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en octobre 1960 Catégorie:Décès à Suresnes Catégorie:Décès à 74 ans