300px|thumb|right|Évariste-Vital Luminais, Combat de Romains et de Gaulois, musée des Beaux-Arts de Carcassonne.

La cavalerie dans la Rome antique ne constituait pas, à l'origine, une arme indépendante au sein de l'armée romaine : chaque légion avait sa cavalerie organique (300 cavaliers, organisés en dix escadrons commandés chacun par un décurion).

À l'instar des Grecs qui développèrent leur cavalerie au contact des PersesVoir Tactique militaire utilisée par Alexandre le Grand., c'est essentiellement au contact de ses adversaires — Numides, Celtes, Germains, Parthes, Sassanides et Huns — que Rome entreprend progressivement la mise sur pied d'unités de cavalerie — souvent d'ailleurs par le biais de recrutement de mercenaires issus des peuples soumis (equites singulares) — qui ne resteront cependant que des « auxiliaires » de la légion d'infanterie, clé de voûte de la tactique militaire romaineDenis Bogros : Des hommes, des chevaux, des équitations. Petite histoire des équitations pour aider à comprendre l'Équitation, Chap. III : L'équitation des peuples sédentaires dans l'Antiquité in Bibliographie..

La cavalerie romaine : equites romani et mercenaires

Cette section est partiellement issue de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Roman cavalry » (voir la liste des auteurs)

Époque royale (753 av. J.-C.(?) - 509 av. J.-C.) Selon l'histoire mythique de Rome, Romulus leva une garde personnelle, les Celeres, que Tite-Live donne pour une unité de cavalerie, chacune des trois tribus fondatrices fournissant une centuria de 100 hommes. Cette unité aurait vu ses effectifs doublés sous le règne de Tarquin l'Ancien (616-578 av. J.C.)Tite-Live I.36. Selon cet auteur, Servius Tullius leva par la suite douze centuriae supplémentaires de cavalerieTite-Live I.43 mais cette affirmation est sujette à caution puisqu'une telle mesure aurait porté les effectifs de la cavalerie romaine à , aux côtés des , chiffre très improbable compte tenu du fait que la cavalerie représentait en général quelque 8 % des effectifs de l'armée, la cavalerie alignant deux légions fortes de 300 hommes aux débuts de la RépubliqueStatistiques fondées sur les chiffres donnés par Polybe, II.24.

Dès la fondation de la cité-état, l'organisation de l'armée romaine — armée de milice citoyenne où le commandement est exercé par des cadres politiques qui ne sont pas des militaires professionnels mais des notables, les maîtres de cavalerie — reflète celle de la société civile et politique. Le citoyen-soldat devant supporter le coût financier de son équipement et des campagnes, la cavalerie est dès lors recrutée parmi les classes aisées de la société : elle était donc levée parmi les 18 centuries que Servius Tullius avait placées en dehors des classes pour les attribuer aux familles nobles et dont six appartenaient aux gentes (curies). Mais le déclin historique de cette caste fit qu'à la fin de la République, il ne restait plus que cinquante maisons capables de faire remonter leur filiation aux origines historiques de Rome et qu'elle dut être revitalisée par l'assimilation des « parvenus » Bruno Jean-Baptiste Joseph Renard : Histoire politique et militaire de la Belgique .. (voir Bibliographie), Tome Premier, Chapitre II : Organisation militaire des Romains, et suiv. et Émile Wanty : L'art de la guerre, Tome 1 à 87 pour cette section. .

Époque républicaine (509 av. J.-C. - 44 av. J.-C.)

thumb|right|Carte de la bataille de la Trébie. Comme il était de pratique classique au cours de l'Antiquité, la cavalerie est déployée sur les ailes des armées en présence en vue d'une attaque de l'adversaire dans ses flancs et sur ses arrières. L'utilisation magistrale de sa cavalerie par Hannibal dans les batailles de Trébie et Cannae fit prendre conscience à Rome, au prix de deux cuisantes défaites, de la valeur tactique de la cavalerie. Cependant, à l'époque de ces guerres puniques, la noblesse ne conservait plus assez de subsistance pour fournir la cavalerie de la légion et l'on dut recourir à des réformes sociales et à d'autres moyens — recours massif au mercenariat et au recrutement étranger — pour assurer ce recrutementRenard, . La République ne viendra ainsi finalement à bout de Carthage que grâce notamment à la défection à son camp d'une partie de la cavalerie numide conduite par Massinissa (Bataille de Zama).

Une réforme censitaire ouvrira ensuite l'ordre équestre à une nouvelle « aristocratie d'argent », les publicains, ces bouleversements socio-politiques entraînant des conséquences dans l'armée et amenant même finalement l'un de ses membres, Caius Marius, à sa têteEncyclopedia Britannica 1911 en ligne: Equites. Sous son égide, la cavalerie sera détachée de la légion et réunie en unités autonomes déployées aux extrémités de la ligne de bataille. Chaque aile ainsi constituée était placée sous le commandement d'un préfet et toute la cavalerie était placée sous l'autorité d'un général particulier.

Période transitoire (44 av. J.-C. - 27 av. J.-C.)

L'Empire (27 av. J.-C.- 476 ap. J.-C.) thumb|right|Reconstitution d'un cavalier romain au Musée du Valkhof à Nimègue (Pays-Bas). Manquant de manière récurrente de moyens humains nationaux, la cavalerie romaine se retrouva, à certaines périodes de l'Empire, entièrement composée par recrutement mercenaire étranger : César eut des cavaliers hispaniques, thraces, numides et même gaulois et germains, les uns formés et manœuvrant à la romaine, d'autres « auxiliaires irréguliers » conservant leurs tactiques de combat propres. Sous Hadrien, l'empire se dota d'une cavalerie lourde de fédérés cataphractaires sur le modèle de celle des AlainsVoir notamment : Karen R. Dixon & Pat Southern, The Roman cavalry: from the first to the third century, B.T. Batsford 1992 pour cette section..

Au fil des ans et du déclin de la légion de milice nationale, la cavalerie vit ses effectifs considérablement accrus, la « régulière » représentant à elle seule l'équivalent du sixième de l'effectif de l'infanterie, à laquelle venaient s'ajouter les auxiliairesB.J Renard : , . Sous Dioclétien, cette proportion avait été portée à un tiers, la cavalerie comptant quelque . Mais en dépit de ces développements quantitatifs et malgré la décadence de la légion, la cavalerie restera toujours pour Rome une arme « auxiliaire », cantonnée dans des missions de détail marginales comme la surveillance des frontières et les généraux romains ne parvinrent jamais à développer des tactiques offensives ou défensives — choc, enveloppement, exploitation, … — intégrant pleinement cet outil militaire. Ils se révélèrent également incapables de développer des tactiques inter-armes combinant et exploitant les qualités manœuvrières, offensives ou défensives propres de l'infanterie et de la cavalerie — à l'opposé de ce que firent Grecs et Macédoniens avec Xénophon et Alexandre le Grand.

La cavalerie romaine au combat

Les adversaires de Rome : de la conquête du Latium aux grandes invasions 15px Articles détaillés : Guerres de la Rome antique Guerres du Latium thumb|right|Brides de tête étrusques conservées au British Museum. thumb|right|Type de cavalerie numide. thumb|right|Type de cavalier celte. thumb|right|Représentation monumentale d'un cataphractaire sassanide. thumb|right|Image classique des invasions hunniques en Europe.

Le Latium est habité depuis le par les Latins qui subissent la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, ils formèrent la Ligue latine, qui comprenait une trentaine de cités, dont Albe, cité antique rivale de Rome au , qui sera finalement vaincue par cette dernière après le combat des Horaces et des Curiaces. Au , tout le Latium tomba sous la domination de Rome et ses habitants devinrent des citoyens romains.

Carthage

Face aux méthodes de combat statiques encore fortement marquées par l'héritage phalangique des légions de la République romaine, la cavalerie — d'origines numide et ibérique — d’Hannibal fut l'élément déterminant des victoires carthaginoises pendant la deuxième guerre punique.

Celtes

Afrique

Guerres orientales : Parthes et Sassanides Parthes. L'une des plus importantes défaites militaires subies par Rome survint à l'issue de la bataille de Carrhes qui, en 53 av. J.C., opposa Crassus au général parthe Suréna dont l'armée était essentiellement composée de cavalerie lourde et d'archers montés. Utilisant une version améliorée des tactiques de combat des Scythes, les Parthes combinèrent adroitement charge et enveloppement, les lanciers lourds appuyant les archers qui eux-mêmes, en harcelant les Romains en combat tournoyant, désorganisèrent les formations légionnaires en permettant ainsi à la cavalerie lourde de porter le coup décisif par le choc de sa chargePersée : Les cavaliers parthes. Aspects de la structure sociale de la Parthie. Sassanides.

Vainqueurs des redoutables Parthes à la Bataille de Firuzabad en 224 et eux-mêmes légataires de l'héritage militaire achémide, les Sassanides régnèrent sur le dernier grand empire du « Croissant fertile » avant la conquête islamo-arabe du et à son apogée, cet empire n'eut d'égal contemporain que ceux de Rome et de Byzance dans le monde de l'Antiquité tardive.

Les Sassanides eurent une influence prépondérante sur la pensée et la technologie militaires de leur époque et même au-delà puisque leurs organisation, tactique et armement de cavalerie marquèrent le développement de celles et celui-ci dans la cavalerie du monde occidental médiéval. Dans l'armée sassanide, la cavalerie lourde constituait en effet l'élément le plus important et ses tactiques et méthodes de combat furent adoptées par les Romains et plus tard par la chevalerie européenne et les Turcs ottomans, les cavaliers lourds sassanides n'étant finalement vaincus que par la cavalerie légère mercenaire de Byzance — croisade d’Héraclius — et celle des Arabes musulmans rompus aux tactiques de combat tournoyant de harcèlement de la razzia, proches de celles des peuples cavaliers qui importèrent le cheval dans cette région du mondeVoir Kaveh Farrokh et Angus McBride, Sassanian Elite Cavalry AD 224–642 Osprey Publishing, série Elite (2005) pour cette section..

Grandes invasions : Germains et Huns

Les invasions germaniques. Amorcées dès le Bronze final, les invasions germaniques en direction de l'Europe de l'Ouest et de la Méditerranée atteignirent leur point culminant aux , entraînant la chute de l'Empire romain d'Occident au Les Huns.

Les chevaux de guerre au temps de la Rome antique

Comme l'écrit Denis Bogros dans son ouvrage « Des hommes, des chevaux, des équitations »Voir Bibliographie à propos des races équines dans la sphère méditerranéenne antique, « les anciens disposaient pour leur remonte des races suivantes : des chevaux de Sicile rapides et au pied sûr. Des chevaux du Péloponnèse réputés pour leur élégance. De ceux de Thessalie grands et généreux. Des chevaux de Thrace rapides, résistants, fiers d’allure. De ceux d'Afrique dociles, endurants et rapides. De ceux d’Iran de haute taille, rapides, fougueux et manquant d'endurance. De ceux d’Espagne petits, rapides et peu résistants et, enfin, de ceux des confins danubiens petits et résistants. Ainsi donc, n'ayant que peu de chevaux chez eux, ils allaient les choisir de la façon la plus éclectique autour de la Méditerranée, de la mer Noire et de la mer Caspienne, suivant leurs qualités. Ces variétés de chevaux étaient les produits des populations équines venues par vagues successives d'Asie et peut-être d'Afrique »Chap. III L'équitation des peuples sédentaires dans l'Antiquité.. À ces races originelles viendra encore s'ajouter plus tard le poney celte — equus celticus.

Équipement et armement des cavaliers La cavalerie romaine

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