Fălticeni est une ville du județ de Suceava, Moldavie, située dans le nord-est de la Roumanie. En 2011, elle comptait citypopulation.de - Recensement de la Population et des habitations en 2011, Roumanie.

Géographie Localisation La ville de Fălticeni est située au Sud-Est du Județ de Suceava, parcourue par la route européenne E85 (DN 2), située à une distance de de la ville de Suceava, chef-lieu du département portant le même nom.

Au sud, à env. est située la ville Roman, du Județ de Neamț. Fălticeni est connectée au réseau de voies ferrées roumaines, par la voie ferrée secondaire Dolhasca – Fălticeni, d'une longueur de . Les travaux pour cette voie ferrée ont débuté le et ont été finalisés le .

La ville de Fălticeni administre deux villages : Șoldănești et Țarna Mare.

Relief La ville de Fălticeni est située dans une zone vallonnée du plateau de Suceava, entourée de vergers, de pommiers et de lacs piscicoles. De la ville de Fălticeni on aperçoit les sommets des monts de Stânișoara (altitude maxime au Sommet du Bison); devant est un horizon de hauteurs sous-carpatiques – La Colline Marteau (), La Colline Haute (), La Colline Pleșului () ; plus près, on trouve le couloir dépressionnaire de la vallée de la rivière Moldova.

Climat Le climat de la ville s'encadre dans le type tempéré-continental, caractéristique aux zones dépressionnaires.

La température moyenne est entre 7 et la quantité moyenne annuelle de précipitations est de . Les températures les plus élevées enregistrées à Fălticeni ont été de + (le ) et + (le ). La température la moins élevée enregistrée à Fălticeni a été de (le ). Les températures moyennes annuelles au printemps sont assez basses (+ en mars et + en avril), ce qui a comme conséquence la floraison tardive des pommiers, des gels et du givre.

Démographie Conformément au recensement effectué en 2011, la population de la ville de Fălticeni s'élevait à  habitants, en baisse depuis le recensement antérieur datant de 2002, quand on enregistrait, selon le site hongrois Kulturális Innovációs Alapítvány, kia.hu,  habitants.

Les habitants sont majoritairement roumains (92,7%). Pour 5,49% de la population, l'appartenance ethnique n'est pas établie ou bien connueLes résultats finaux du Recensement de 2011 : .

Du point de vue confessionnel, la population est majoritairement orthodoxes (90,61 %), avec une minorité d'orthodoxes de rite ancien (1,15 %). Pour 5,5 % de la population, l'appartenance confessionnelle n'est pas connueRésultats finaux du Recensement de 2011: .

Historique La première attestation écrite date du , quand le trésorier Isac a acheté les terres du village Fulticenii, situé sur la rivière Șomuz, de Neacșa, la fille d'Hanea. Une deuxième attestation documentaire date du , quand Alexandru Lăpușneanu a fait don de ses biens immobiliers, le domaine Lapusneanu, au monastère Moldovița.

Comme ville, Fălticeni a été fondée, conformément aux écrits de l'enseignant Vasile laissés sur le Cazania de l'église Fălticenii-Vechi, en 1779 et conformément au document Condica Visteriei, La Chronique de la trésorerie, numéro 23 de 1824, la fondation daterait de l'an 1772.

La ville de Fălticeni est mentionnée dans le Grand dictionnaire géographique de la Roumanie, elle serait fondée par Ioniță Bașotă en 1780, par l'affrètement, la charte du prince Constantin Moruzi, datée du , et que juste après sa création, le bourg, le marché, la foire de Șoldănești, ce qui correspond à la ville de Fălticeni d'aujourd'hui, ont été peuplés par des personnes venant des villages et communes de Baia, réfugiées ici après une grande inondation causée par la rivière Moldova (pas d'attestation pour cet événement).

Selon certaines recherches, on affirme que la ville a existé avant la date de la charte princière du . Le village Folticeni est mentionné dans des documents de 1490 et 1550, quand le voïvode Alexandru Lăpușneanu écrit que le village et le terrain afférent appartiennent au monastère Moldovița.

Officiellement, selon la charte ou l'affrètement du prince Constantin Moruzi, la ville a été créée le sur la propriété de Șoldănești, du stolnic, Ioniță Bașotă.

La ville est beaucoup plus ancienne, idée soutenue aussi par l'historien de la ville, Arthur Gorovei, car son ancienneté aurait été confondue avec l'ancienneté du village Fălticenii-Vechi duquel parlent les documents du .

Communauté juive

Origine de la ville vignette|Grande synagogue fondée en 1795 et reconstruite en 1852 Selon l'Encyclopedia of Jewish Communities in Romania de Yad Vashem, la ville de Fălticeni est bien fondée en 1779 sous le règne de Constantin Moruzi, Hospodar de Moldavie - première ville de Roumanie fondée par des Juifs sous la protection des princes: Falticeni, Yad Vashem Institute, traduction en anglais de Pinkas Hakehillot Romania (Encyclopedia of Jewish Communities in Romania, Volume 1), Jérusalem, 1980, p. 188. L'historien de la ville, Artur Gorovei, mentionne dans sa monographie qu'en 1772, trois frères juifs vivaient déjà en ville, et précise que l'origine de la ville provient de l'établissement de ces Juifs.

En 1774, quand la Bucovine est annexée par l'Autriche, plusieurs Juifs s'enfuient à Fălticeni. Le , le contrat signé entre le propriétaire terrien Ionita Basota et les Juifs leur permet, sous conditions, de construire une synagogue dans le voisinage (Grande synagogue de Fălticeni construite en bois en 1795:  Falticeni, op. cit., p. 189) et leur cède une parcelle de terre pour y créer un cimetière. Ils ont l'autorisation d'exercer un commerce et doivent payer les taxes fixes. Approuvé par le prince, ce contrat à validité permanente est aussi signé par les boyards possédant les terres avoisinantes. Aucune restriction n'est imposée quant au nombre de Juifs pouvant s'installer dans la ville. Cet accord pour la création d'une telle ville permet d'attirer des Juifs d'autres villes comme Suceava en Bucovine, de Bessarabie, de Galicie ou de Baia, auquel le propriétaire terrien s'emploie.

À partir de 1810, de nouveaux propriétaires prétendent être en droit de recevoir les taxes payées par les Juifs, lesquels portent l'affaire en justice et construisent des synagogues en pierre avec comme seule autorisation, celle des autorités.

Pendant la révolution de 1821 en Moldavie et Valachie, la ville est pillée et incendiée par les Etéristes. Les révolutionnaires grecs s'emparent des dirigeants de la communauté juive, les conduisent au monastère de Targu Neamt et exigent une forte rançon pour leur libération. Plusieurs sont torturés et assassinés, les autres ne devront leur salut qu'à l'arrivée de l'armée ottomane.

En 1823, le prince Ioan Sturdza accorde les droits de propriété sur le domaine à Andrei Basota, petit-fils du premier propriétaire. Celui-ci abroge l'accord de 1780 et désire signer un nouveau contrat avec les Juifs, qui augmente les taxes existantes et en crée de nouvelles. Se basant sur le contrat de 1780 à validité permanente, les Juifs s'opposent à cette abrogation mais le prince annule tout de même l'accord de 1780 et autorise le nouveau statut défavorable aux Juifs. Ce n'est qu'en 1836, que les Juifs et le propriétaire du domaine arrivent à s'entendre et qu'ils obtiennent la possibilité d'acheter les terrains dans le centre-ville sur lesquels ils ont vécu Falticeni, Yad Vashem Institute, traduction en anglais de Pinkas Hakehillot Romania (Encyclopedia of Jewish Communities in Romania, Volume 1), Jérusalem, 1980, pp. 188 et 189.

Les Juifs de Fălticeni travaillent principalement dans le négoce de marchandises, participent à l'essor des foires (notamment de Saint-Elie) et voient le nombre de leurs membres croître rapidement, passant de en 1803 à en 1831, avec l'arrivée de Juifs de Bessarabie et de Bucovine, puis à en 1838. En 1859, 63,5 % de la population totale de la ville sont juifs Alex Mitru, Istorisiri evreiești, in "Evenimentul", 10 mars 2007. En 1852, la Grande synagogue est détruite par un incendie et reconstruite en pierre et brique. vignette|Mémorial pour les martyrs juifs de Falticeni de 1916-20 Pendant la seconde moitié du , la communauté est florissante et s'équipe de plusieurs institutions. On recense 13 synagogues en 1859Dimitrie Bolintineanu, Călătorii în Moldova (Voyage en Moldavie), récit de voyage, Bucarest, 1859. Le nombre de Juifs varie pendant cette période entre et , atteignant même un pic de en 1899. À partir de cette date, la population juive ne va cesser de décroître en raison notamment d'une forte émigration vers les États-Unis. En 1910, on ne recense plus que Juifs à Fălticeni.

Après le rattachement de la Bucovine à la Roumanie en 1918, de nombreux Juifs quittent la ville, tandis que la situation économique de ceux qui restent se détériore fortement, jusqu'à devenir misérable dans la période de l'Entre-deux-guerres, telles décrites dans ses mémoires par le Moses Rosen, futur grand-rabbin de Roumanie et président des communautés juives de Roumanie après la Seconde Guerre mondiale: Dr. Moses Rosen, Primejdii, încercări, miracole. Povestea vieții șef rabinului Dr. Moses Rosen (Danger, épreuves, miracles. Histoire de la vie du grand-rabbin Moses Rosen), éditeur Hasefer, Bucareșt, 1990, p. 22. Parallèlement, surgissent les premières manifestations d'antisémitisme au quotidien: Dr. Moses Rosen, Primejdii, încercări, miracole. Povestea vieții șef rabinului Dr. Moses Rosen, op. cit..

À cette époque, des Juifs participent à la vie politique, tel Adolf Baier, vice-maire de la ville. Selon le recensement de 1930, les Juifs représentant 36,6 % de la population totale de la ville.

Dès son arrivée au pouvoir en 1937, le gouvernement d'Octavian Goga élabore des lois antisémites qui conduisent à toute une série de persécutions contre les Juifs : ceux-ci sont roués de coups dans les rues, obligés de garder leur magasin ouvert le Chabbat, etc. En juin 1940, le gouvernement de Ion Antonescu adopte de nouvelles lois plus draconiennes, prévoyant la confiscation des biens juifs, l'expulsion des écoles et de la fonction publique de tous les Juifs, l'interdiction pour un médecin juif de traiter des patients d'une autre religion, etc.

Selon le recensement de 1941, il reste Juifs habitant Fălticeni, soit 31,8 % de la population Falticeni, Yad Vashem Institute, traduction en anglais de Pinkas Hakehillot Romania (Encyclopedia of Jewish Communities in Romania, Volume 1), Jérusalem, 1980, pp. 188 à 191. En juin 1941, un corps militaire allemand s'installe en ville et s'empare des synagogues et des bâtiments juifs afin d'y loger ses officiers et ses soldats. Le , tous les Juifs de la ville reçoivent l'ordre de porter l'étoile jaune. Un camp de concentration est créé pour interner tous les Juifs fălticeniens et des villes avoisinantes de Lespezi et de Liteni. Sur les Juifs déportés en Bessarabie et Transnistrie, seuls environ survivront à la guerre.

Après la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, des Juifs de Fălticeni émigrent par Chypre vers la Palestine/Israël dès fin 1947 puis par vagues successives, en 1950 et 1951, puis entre 1958 et 1962. Une loi oblige les émigrants à devoir rembourser à l'État roumain le coût de leurs études souvent poussées et vendre tous leurs biens avant de partir définitivement pour Israël.