Jarry sur la butte est un spectacle, à partir des œuvres complètes d'Alfred Jarry, dont la création a eu lieu à Paris en 1970.

Contexte de la création En 1959, André Malraux avait installé Jean-Louis Barrault et la compagnie Renaud-Barrault au théâtre de l'Odéon. Mais presque 10 ans plus tard, pendant les événements de mai 1968, Jean-Louis Barrault ouvre le théâtre aux étudiants contestataires en déclarant : . Lorsque le pouvoir gaulliste reprend la main, André Malraux, qui ne pardonne pas à Jean-Louis Barrault cette attitude, lui retire la direction du théâtre, et oblige sa compagnie à quitter le lieu. Jean-Louis Barrault, ainsi chassé et plus saltimbanque que jamais, s'installe alors, pour ses créations théâtrales, dans une salle de catch, l' Élysée Montmartre. La scène est installée sur le ring. Il y monte successivement deux pièces consacrées à deux auteurs qui le passionnent : Rabelais (spectacle sur une musique de Michel Polnareff), puis Jarry sur la butte (sur une musique de Michel Legrand).

Alain Peyrefitte, ex-ministre de l'éducation (jusqu'en ...) et futur ministre de la culture est parmi les personnalités assistant à la générale de ce Jarry.

Sujet Dans cette pièce, Jean-Louis Barrault s'inspire, comme il l'avait fait un an auparavant pour François Rabelais, de la vie et des créations d'Alfred Jarry. Le prologue, reprenant partiellement Ubu sur la Butte, évoque aussi le pataphysicien Faustroll, le ménage Ubu, sa gidouille, et différentes scènes de son œuvre mêlées à des moments du parcours du dramaturge. Le premier acte est centré sur «la bêtise militaire», passant de la vie au fantastique, et de la caserne au cauchemar de la bataille de Morsang, une bataille imaginée par Alfred Jarry et décrite dans un chapitre du roman La Dragonne, comme un récit héroïque. Après l'entracte, cette fusion entre la vie d'Alfred Jarry, en vrac, et son oeuvre se poursuit avec des défis sportifs et sexuels qui obsédaient cet auteur.

Jean-Louis Barrault commente ainsi, pour Bertrand Poirot-Delpech, le thème de cette pièce, faisant allusion à ces événements de : .

Création La création du spectacle a eu lieu le , à l'Élysée-Montmartre, à Paris Mise en scène : Jean-Louis Barrault Auteur : d'après les œuvres complètes d'Alfred Jarry Costumes et éléments scéniques : Jacques Noël Chorégraphie : Norbert Schmucki Musique : Michel Legrand

Personnages et interprètes Mère Ubu, Une spectatrice : Françoise Bertin Varia, Messaline : Anny Duperey Acrobate, Palotin, Courtisane romaine : Monique Febvre Manette, Actrice, Virginie : Florence Giorgetti Miriam, Ellen : Geneviève Grad Bonne sœur, Bob Rumble, Visité : Diane Kurys Prostituée, Courtisane romaine, Irène : Dominique Lavanant La Muse, Bonne sœur, Courtisane romaine, Adèle : Hélène Manesse Père Ubu : Jacques Alric Dr Faustroll : Georges Audoubert Meneur de jeu : Jean-Louis Barrault Palotin, Soldat, Infirmier, William Elson : Victor Beniard Lucien, Philippe, Haschischin : Gérard Berner Acrobate, Jongleur, Professeur Achras, Palotin, Jewey Jacobs : Michel Bertay Mime romain, Soldat, Silius : Richard Caron Double de Jarry : Valens, l'Indien... : Robert Etcheverry Palotin, Haschischin : Louis Fremont Le Poète, Palotin, Gough : Pierre Gallon Le Singe, Bosse-de-nage, Palotin : Jean-Renaud Garcia Jarry et Sengle : Jean-Pierre Granval Soldat, Tribun romain : Yves Jouffroy Soldat, Scytotomille, Haschischin : François Joxe Huissier Panmuphle, Palotin : Robert Lombard Médecin principal, Docteur Bathybius : Régis Outin Soldat, Médecin stagiaire, Evodus (Romain) : Philippe Poliac Le Général, le Patriote de métier, Empereur Claude César : Michel de Ré Caporal, Déserteur, Gendarme, Narcisse (Romain) : Jean-Claude Sachot Sergent Bobillot, l'Evêque-Marin : Dominique Santarelli Guignol : Chef des Palotins, Général Sider, Conscience du Père Ubu... : André Weber

Musiciens Sitar : Serge Franklin Violon : Roland Stepczak Percussion : Vincent Gemignani

Accueil La pièce est mal reçue par les spectateurs, mais François-Régis Bastide écrit : . Philippe Madral titre : . Et Bertrand Poirot-Delpech explique : .

L'échec commercial oblige Jean-Louis Barrault à quitter l' Élysée Montmartre : il installe alors sa compagnie au Théâtre Récamier où elle joue La Mère, de Stanisław Ignacy Witkiewicz mis en scène par Claude Régy, puis Où boivent les vaches ? de Roland Dubillard mis en scène par Roger Blin, et enfin Harold et Maude de Colin Higgins adapté par Jean-Claude Carrière. Enfin, en 1974, cette compagnie toujours dirigée par Jean-Louis Barreault se pose dans la gare d'Orsay, qui devient, pendant quelques années, le Théâtre d'Orsay.

Livre Jean-Louis Barrault, Jarry sur la butte, spectacle d'après les œuvres d'Alfred Jarry, Le Manteau d'Arlequin, Gallimard (1970)

Références

Annexes Presse écrite La Quinzaine littéraire, 1970, extrait en ligne

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