Antoine Merlin, né le à Thionville, mort le à Paris, est un homme politique de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire. Il est surnommé Merlin de Thionville pour être différencié de son collègue et homonyme Philippe-Antoine Merlin « de Douai ».

Biographie

Antoine Merlin est fils de procureur au bailliage de Metz. Il effectue des études auprès des Augustins, au séminaire de Metz puis des études de droit qui le conduisent à devenir avocat en 1788Jean-René Suratteau, « Merlin Antoine Christophe, dit de Thionville », p. 741-742 in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France coll. « Quadrige », 1989, réédition 2005, 1132 p..

En , la France devenue une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 du même mois, Merlin est élu député du département de la Moselle, le deuxième sur huit, à l'Assemblée nationale législativeArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, p. 39..

Il siège à gauche de l'hémicycle et incarne le « trio Cordelier » aux côtés de Claude Basire et de François Chabot, avec qui il dénonce le comité autrichien.. En , il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la MarineArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 39, séance du 8 mars 1792, p. 494.. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séanceArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792, p. 407.. En août enfin, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La FayetteArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792, p. 583..

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du à laquelle Merlin participe : les bataillons fédérés marseillais et bretons ainsi que les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est destitué et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.

En , Merlin est réélu député, le premier sur huit pour la Moselle, et le troisième sur treize pour la Somme, à la Convention nationale. Il opte pour la MoselleArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, p. 51..

Il siège sur les bancs de la Montagne. Il devient suppléant du Comité de la guerre et membre du Comité de l'agriculture. Il est l'un des accusateurs les plus acharnés de Louis XVI. En mission avec Reubell et Nicolas Haussmann, lors du procès du roi, il ne participe pas aux différents votes que nécessite son jugement ; mais le , Merlin et ses deux collègues envoient une lettre à la Convention qu'ils terminent par cette apostrophe : .

gauche|vignette|Merlin de Thionville à l'armée du Rhin, par Nicolas-Toussaint Charlet (1843). Commissaire aux armées du Rhin, des Vosges et de la Moselle, il ne participe pas à l'appel nominal sur la demande de mise en accusation de Marat. Il reçoit une lettre de félicitations de la Convention nationale pour son courage lors de la défense de la forteresse Mayence au siège de Mayence (1793) puis lors du blocus de Mayence. Il est toujours en mission à l'armée du Rhin lors de la demande du rapport du décret qui a cassé la Commission des Douze.

Il accompagne l'armée de Mayence en Vendée, où il se fait remarquer par son courage et son intrépidité. Toutefois, le capitaine d'Hastrel donne de lui le portrait suivant : .

Le 9 thermidor, il prend une part active à la chute de Robespierre. Il repart pour assiéger Mayence en 1795, puis devient membre du Conseil des Cinq-Cents et en 1798 directeur général des postes. Au Consulat, il se retire de la vie publique.

vignette|Plaque de la rue Merlin-de-Thionville (Suresnes). Enrichi par la spéculation sur les Biens nationaux (membre de la Bande noire), il rachète en 1795 le calvaire du mont Valérien à Suresnes (où s'est installé un clan de faux-monnayeurs) et envisage d'y faire construire un château. Il revend la propriété dès 1805. Une rue de la ville porte depuis son nom, p. 156, p. 379., p. 34..

En 1814, il résout de se mettre à la tête de volontaires pour repousser l'invasion des armées alliées. Échappant à la proscription lors de la Restauration, il se confond en regrets devant Louis XVIII, voulant le persuader que la prise des Tuileries et sa lettre en faveur du régicide du étaient Eugène Welvert, "Merlin de Thionville" dans Lendemains révolutionnaires, les régicides, Paris, Calmann-Levy, 1907.

vignette|Plaque au 58 rue des Tournelles (Paris). Il meurt au 58 rue des Tournelles à Paris, où une plaque explique que ( entre 2 balcons). Son corps repose au cimetière du Père-Lachaise, à côté du mausolée du maréchal Ney.

Le , un monument est érigé en son hommage à Thionville, au centre du rond-point qui porte également son nom. La statue à son effigie est du sculpteur parisien Ulysse Gémignani.

Sources primaires 1828-1830 - Questions de droit qui se présentent le plus fréquemment dans les tribunaux. Tome premier, a.-app.; Tome deuxième, app-ban.; Tome troisième, bel.-com.; Tome quatrième, com.-cur.; Tome cinquième, dat.-dom.; Tome sixième, don.-epo.; Tome septième, err.-gru.; Tome huitième, hér.-ins.; Tome neuvième, ins.-mar.; Tome dixième, mar.-nul.; Tome onzième, obl.-pré.; Tome douzième, pre.-ren.; Tome treizième, ren.-rét.; Tome quatorzième, réu.-sub.; Tome cinquième, sub.--tes.; Tome seizième, tie.--wis.. Quatrième édition, revue, corrigée et considérablement augmentée

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Jean-René Suratteau, « Merlin Antoine Christophe, dit de Thionville », p. 741-742 in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France coll. « Quadrige », 1989, réédition 2005, 1132 p. Eugène Welvert, « Merlin de Thionville » dans Eugène Welvert, Lendemains révolutionnaires, les régicides Paris, Calmann-Levy, 1907. Alphonse Aulard, Recueil des actes du comité de salut public, 27 vol, tome 1. Augustin Kuscinsky, « Merlin de Thionville », dans Dictionnaire des Conventionnels, Paris, 1916. Edna Le May (dir), « Merlin de Thionville », dans Dictionnaire des Législateurs 1791-1792, Centre international d'Histoire du , 2 vol., tome 2, H-Y. G. Lenotre, « XIII. Teufel Feuer », in La poignée de main du bourreau.

Liens externes

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