Theo J.E. Francken, né le à Lubbeek en Belgique, est un homme politique belge membre du parti nationaliste flamand N-VA, secrétaire d'État à l'Asile et aux Migrations et responsable de la Simplification administrative dans le gouvernement Michel I du au .

En , il intègre le gouvernement De Wever comme ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur.

Biographie

Formation Theo Francken est licencié en sciences pédagogiques de la en 2001..

Carrière politique De 2001 à 2004, Theo Francken est assistant parlementaire pour la Volksunie au Parlement flamandIBZ - Service public fédéral Intérieur Présentation de Theo Francken sur le site de la N-VA.

Il est ensuite, de 2004 à 2008, conseiller au cabinet du ministre flamand Geert Bourgeois pour les questions d'Éducation, d'emploi, de sport et d'intégration.

Chef de la section locale de la N-VA à Lubbeek, il se présente aux élections communales de 2006, mais n'obtient qu'un résultat décevant.

En 2008 et 2009, il est collaborateur scientifique de la fraction N-VA au Parlement flamand.

En 2009 et 2010, il est chef de cabinet adjoint du vice-ministre-président du gouvernement flamand Geert Bourgeois pour l'intégration civique et la ceinture de communes flamandes « Vlaamse Rand ».

En 2010, chef de la N-VA dans la circonscription de Louvain, se présentant sur les questions d'asile, de la migration et d'intégration, il obtient voix de préférence, et devient député fédéral le .

En 2012, son parti remporte les élections communales à Lubbeek : Theo Francken y détrône l'Open VLD (libéraux flamands) et devient bourgmestre.

Le , il est élu à la Chambre des représentants.

Le , il est nommé Secrétaire d'État à l'Asile, à la Migration et à la Simplification administrative dans le gouvernement Michel I.

Le , Theo Francken est remplacé par Maggie De Block à l'Asile et à la Migration à la suite de la crise gouvernementale provoquée par le Pacte mondial sur les migrations et redevient député à la Chambre des représentants, de même que Jan Jambon et Zuhal Demir.

Le , il intègre le gouvernement De Wever comme ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur.

Prises de position et controverses

Liens avec l'extrême droite Présence à l'anniversaire du sympathisant nazi Bob Maes Le , trois jours après avoir été nommé secrétaire d'État dans le gouvernement Michel I, Theo Francken essuie les critiques de l'opposition pour avoir assisté quelques jours auparavant, avec le N-VA Ben Weyts (ministre flamand de la Mobilité) au du sympathisant nazi et collaborateur Bob Maes, ex-membre du parti politique pro-nazi VNV (Vlaams Nationaal Verbond) pendant la Seconde Guerre mondiale, et fondateur en 1950 du Vlaamse Militanten Orde (VMO), une milice privée d'extrême droite interdite depuis 1983. Le VMO était l'héritier direct du mouvement collaborationniste en Flandre et le prolongement des organisations d'extrême droite en Flandre dans l'entre-deux-guerres. À la suite de ces révélations, plusieurs partis demandent la démission du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration et du ministre flamand de la Mobilité.

L'opposition reproche au Premier ministre son manque de prise de position à la suite des agissements de Theo Francken et, en réponse, Charles Michel condamne au nom de son gouvernement la collaboration avec l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale : .

Organisation de réunions d'extrême droite (VNV) Le lendemain, , le cdH réclame la démission du secrétaire d'État après la révélation par la presse du fait qu'il organisait des réunions d'extrême-droite pour le compte d'un groupe portant le nom VNV - une claire référence au Vlaams Nationaal Verbond, ce parti qui avait collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les quotidiens du groupe Sudpresse publient des courriels envoyés en 2007 par M. Francken à propos de ce VNV dans lesquels il tient des propos menaçants et homophobes: "si certains révélaient ces réunions secrètes, ils recevraient une balle ou devraient passer une nuit avec Christian Dutoit" qui, précisent les journaux, est un homosexuel flamand notoire.

Politique inspirée du Vlaams Belang Theo Francken est l'artisan de la ligne dure au sein de la N-VA, que le parti d'extrême droite Vlaams Belang lui reproche de lui avoir volée, ce qui lui a valu le surnom de « Xerox » dans les rangs de ce parti.

Le , dans un débat avec le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken, Theo Francken reconnaît s'inspirer parfois du parti d'extrême droite en matière migratoire. Durant ce débat, Francken affirme que , allusion aux avertissements de l'ancien président du Vlaams Belang Filip Dewinter sur le groupuscule djihadiste Sharia4Belgium. Il poursuit et avoue . Il dit aussi être opposé au principe du « cordon sanitaire », un principe qui exclut en Belgique et en Flandre toute alliance avec le parti d'extrême droite Vlaams Belang.

Les réactions à cette prise de position sont vives tant du côté de l'opposition que de la majorité, où le chef de groupe des libéraux à la Chambre, David Clarinval, est sévère avec Theo Francken : .

Un sondage publié par le quotidien flamand De Standaard en estime que 71 % des Flamands soutiennent la politique de Théo Francken en matière d'asile (mais seulement 40 % des Francophones belges).

Le , Karel De Gucht , ancien Commissaire européen au Commerce, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien président des libéraux flamands et une des figures de proue de l'Open Vld, estime que .

À la suite des élections fédérales, régionales et européennes du , qui ont vu la percée du Vlaams Belang en Flandre, Francken annonce le ne pas exclure des négociations avec le parti d'extrême-droite si celui-ci arrive avec des propositions concrètes similaires à celles de la N-VA, ce qui romprait le cordon sanitaire.

Refus de dire « Vive la Belgique » lors de la fête nationale (2025) Le , à l’occasion de la fête nationale belge, Théo Francken, alors ministre de la Défense, a suscité une polémique en refusant de dire « Vive la Belgique » au micro de RTL-TVI, tout comme le Premier ministre Bart De Wever, également membre de la N-VA. Les deux responsables politiques ont invoqué leur attachement au nationalisme flamand et leur volonté de voir une Flandre indépendante pour justifier leur silence.

Le geste a été qualifié de « scandaleux » par plusieurs membres de l’opposition, notamment au sein des partis francophones, qui y ont vu un manque de respect envers les institutions fédérales et une provocation délibérée en pleine célébration nationale. Des éditorialistes et responsables politiques ont dénoncé un comportement « indigne d’un ministre fédéral ».

L'incident a ravivé le débat sur la loyauté des ministres N-VA envers l'État belge et leur participation au gouvernement fédéral, malgré un programme politique axé sur le confédéralisme voire la séparation.

Propos jugés racistes Doutes sur la valeur ajoutée de certaines diasporas Le , quatre jours après sa nomination comme secrétaire d'État, un post Facebook de Francken datant de 2011 refait surface et est mis en avant par la RTBF : .

Le , Theo Francken présente des excuses à la Chambre mais, le , le journal flamand De Morgen révèle un e-mail du dans lequel Francken analysait pourquoi les homosexuels sont traités de manière plus agressive à Bruxelles : . Et de terminer en ironisant : « Tous les musulmans en dehors de Bruxelles ? Ce serait assez amusant ;-) ».

Tweets après l'élection de Catherine Moureaux Le , Catherine Moureaux est pressentie pour devenir bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean après les élections communales du .

Theo Francken poste plusieurs tweets basés sur une même photo où on aperçoit Catherine Moureaux fêter sa victoire entourée par une foule en liesse composée majoritairement d'hommes issus de l'immigration : et .

Traitement des réfugiés syriens Refus d'accorder des visas humanitaires à une famille syrienne En , une famille syrienne fuyant Alep demande des visas humanitaires à la Belgique. Une famille namuroise souhaite accueillir le ménage syrien et entame des démarches juridiques, et le tribunal de première instance condamne l'État belge à d'astreinte par jour tant que ce document ne leur est pas délivré mais Francken va en appel en déclarant .

Le , le Conseil du contentieux des étrangers impose aux autorités de délivrer des visas ou laissez-passer à la famille syrienne.

En décembre, la cour d'appel de Bruxelles rend un arrêt qui l'oblige à délivrer les visas mais Francken s'entête : . .

Mais en , la Cour de Justice de l'Union européenne rend un arrêt favorable à la Belgique, estimant . Cette décision constitue une victoire pour Theo Francken qui avait plaidé, avec 13 autres États européens et la Commission, auprès de la Cour pour ne pas rendre obligatoire l'octroi de visa humanitaire aux personnes souhaitant se rendre sur un territoire pour demander l'asile.

Après cette décision de justice, Francken tweete (Yesss! Gagné!)

Accueil préférentiel des réfugiés syriens chrétiens Présenté par certains médias de référence comme un Flamand anti-migrants, il assume son choix de privilégier l’accueil de certaines minorités plutôt que d'autres : ainsi, en , il se félicite d'avoir sauvé 903 chrétiens syriens. L'un de ses proches collaborateurs sera condamné en 2021 pour corruption, fraude et trafic d’êtres humains, ayant exigé de familles syriennes chrétiennes de lui verser une rétribution (allant de à par personne) pour l’obtention d’un visa humanitaire.

Positions sur les questions migratoires Attaques contre MSF Le , Theo Francken rédige des tweets acerbes contre l'association Médecins sans frontières qu'il accuse de contribuer à la traite des êtres humains et d'encourager l'immigration illégale.

Dans ses tweets, le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration reproche à MSF ses actions de sauvetage : , ajoutant .

Stupéfaite, l'ONG s'adresse au Premier ministre Charles Michel, qui rappelle son secrétaire d'État à l'ordre et l'invite à rencontrer MSF. Theo Francken rencontre des membres de l'ONG et admet avoir été trop loin, mais sans pour autant s'excuser. Il exprime son respect pour le travail humanitaire effectué par MSF, mais il continue de dire que les opérations de sauvetage créent un effet d’aspiration qui mène à plus de noyades.

Accord avec le Soudan pour l'identification des migrants Le , Theo Francken annonce que le Soudan est prêt à délivrer des laissez-passer pour permettre le rapatriement de ses ressortissants qui séjournent illégalement en Belgique et à envoyer une équipe à Bruxelles permettant l'identification de ses ressortissants. Cette annonce suscite une vive polémique, le spécialiste du Moyen Orient Koert Debeuf soulignant qu'il est vraisemblable que cette équipe soit composée d'agents des services secrets soudanais. L'affaire suscite alors de vives réactions de la Ligue des droits de l'Homme, qui rappelle que le président soudanais Omar el-Bechir est poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, ainsi que des réactions d'Ecolo et du PS.

Le , la presse révèle que plusieurs Soudanais entendus par l'équipe d'identification à Bruxelles et renvoyés dans leur pays auraient été enfermés et maltraités à leur retour, selon des témoignages que l'Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient (Tahrir Institute for Middle East Policy) a pu récolter. Le député écologiste Benoit Hellings souligne : , avant de conclure que la faute commise par le secrétaire d'État et .

Le , le Premier ministre Charles Michel évoque un moratoire sur les rapatriements de Soudanais jusqu'à la fin janvier, ce que Theo Francken qualifie « d'absurde » puisque, selon lui, aucun nouveau rapatriement n'était programmé avant cette date. Or il apparaît très vite qu'au moins une expulsion vers le Soudan était bien prévue durant le mois de janvier, ce qui oblige Theo Francken à présenter ses excuses au Premier ministre le .