Bouxwiller est commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace. Élevée au rang de ville au cours du puis capitale du comté de Hanau-Lichtenberg de 1480 à 1736, Bouxwiller compte bon nombre de monuments et d'édifices de valeur. Le visiteur qui parcourt les ruelles tortueuses, placettes et autres impasses du centre historique est amené à admirer de remarquables témoins de son prestigieux passé. centre|800px|<center>Vue sur les toits du centre historique de Bouxwiller

Plan du centre-ville

La place du Château Le lycée Adrien Zeller

thumb|Le Lycée "Adrien Zeller" de Bouxwiller Le nom de cette place rappelle le souvenir du château résidentiel des anciens maîtres du lieu. Cet édifice, aujourd'hui disparu, n'a pas survécu aux difficultés financières endurées par la jeune municipalité bouxwillerois issue de la Révolution française. N'ayant pas les moyens de l'entretenir, le château devint une carrière de pierre pour les habitants et en 1808 il n'en subsista plus rien. Durant près d'un siècle, cette vaste place fut vide de tout édifice. Des marchés agricoles et des fêtes s'y tenaient alors de temps à autre. Durant la période de l'annexion de l'Alsace-Lorraine au Deuxième Reich allemand (1871-1918), on édifia en 1884 grâce à un important don financier de l’industriel bouxwillerois Schattenmann, dans le style architectural wilhelmien, l'actuel lycée de Bouxwiller. Cet édifice moderne d'une superficie à peu près égale à l'ancien château se situe non pas à l'emplacement exact de ce dernier mais un peu plus en retrait, en grande moitié sur ce qui fut le fossé de ses douves arrières.

La chapelle castrale et la halle aux blés 30px

De toutes les constructions qui entouraient autrefois le château de Bouxwiller, la chapelle castrale Saint-Georges est la plus ancienne en âge car elle est déjà citée au cours du . La chapelle avec son chœur à trois pans est de style gothique tardif. Plusieurs seigneurs de Lichtenberg y furent inhumés. Profanée à la Révolution française, elle servit un temps de prison. Avant et après la Seconde Guerre mondiale, l'étage de la chapelle sert de logement au garde champêtre communal. Elle est classée Monument historique depuis le . La halle aux blés reconstruite vers 1725 prolonge la chapelle et ne font qu'un bâtiment.

Ces deux édifices accueillent depuis le le Musée du pays de Hanau après trois années de rénovation.

La Chancellerie (actuellement Hôtel de Ville) 30px

thumb|La Chancellerie prolongée par la remise aux carrosses Situé en face du Lycée, le bâtiment rectangulaire de la Chancellerie accueille maintenant les services de la mairie de Bouxwiller. Construite après la guerre de Trente Ans sur les souhaits du comte Frédéric Casimir de Hanau-Lichtenberg et sous la direction de l'architecte Hans Weibel de Strasbourg, les travaux s'étalèrent de 1658 à 1663. Le coût s'éleva à la somme de 7703 florins sans compter les jours de corvée exigés à la population. À part le clocheton de l'horloge de la façade principale, on remarque surtout les deux portails médians richement sculptés bien que celui de la façade arrière soit le plus ouvragé. Les armoiries des comtes de Hanau, martelées lors de la Révolution de 1789, furent remplacées en 1909. L'édifice est classé monument historique depuis le .

La chancellerie se prolonge par une construction de 1702. Son rez-de-chaussée servait de remise à carrosses. On remarque encore les six arcs en plein cintre des ouvertures de stationnement. L'étage accueillait le personnel de la cour des comtes. Ce local abrite en 2010, entre autres, l'office de tourisme et le musée de Bouxwiller (fermé au public pour travaux).

Le portail arrière de la Chancellerie et trois détails de ses sculptures

Les écuries (actuellement La Poste) Le bâtiment dénommé à l'origine Marstall fut construit en 1688 à l'emplacement de l'ancienne chancellerie. Au rez-de-chaussée se situaient les écuries et le parc à voitures, et à l'étage, les logements des palefreniers. Après la Révolution et durant 100 ans il a abrité les locaux de la gendarmerie. En 1906, l'édifice fut acquis par l'administration impériale allemande qui fit détruire les trois-quarts du bâtiment. Le tiers restant fut transformé et restauré et accueille en 2010 les locaux de la Poste. On remarque encore la longueur d'origine du bâtiment par le mur de clôture avec oculi qui correspond à une partie du mur du rez-de-chaussée d'origine. Sur la façade de l'entrée du public on remarque une tourelle d'escalier avec porte d'entrée à fronton cintré. Plus loin dans le prolongement de la Poste se situe le bâtiment de l'Office seigneurial daté de 1704 et profondément modifié en 1956.

La rue de la Chancellerie La remise thumb|100px

La remise de la mairie est située derrière le bâtiment de la Chancellerie, à côté du restaurant du Relais de la Poste. Cette construction d'apparence anodine est sûrement l'une des plus anciennes que compte Bouxwiller. Sa charpente date probablement du . La technique moyenâgeuse de montage de cette dernière s'inspire de méthodes déjà en usage au Néolithique. Dans sa conception, le poteau est vu comme élément central de la structure. Tout s'organise autour de lui. Les pièces horizontales majeures comme la panne intermédiaire ou la sablière supportant la base des chevrons et des solives.

La Grand'Rue La Laube (Maison commune) L'origine de ce bâtiment remonte probablement au . Sa position est stratégique car placé à l'intersection des deux principaux axes routiers de la vieille cité. Ce sont d'une part la Grand'Rue (nord/sud) qui reliait les deux principales portes fortifiées de Bouxwiller et d'autre part la rue du Canal (est/ouest) qui reliait le clos de l'ancien château comtal à l'église Saint-Léger située extra muros. De cette époque on remarque, bien que restaurées, les arcades en arc brisé. Le rez-de chaussée, ouvert sur deux ou trois côtés, abritait des transactions commerciales tels les étals des bouchers. En 1721, on fit refaire les étages en pan de bois. La maison servait à accueillir les réunions des bourgeois du lieu, les bureaux de la municipalité et le tribunal local et l'auberge du Lion d'or. Cette dénomination étant tirée de la fontaine au lion (Löwenbrunnen) située devant le bâtiment, rue du Canal. Après la Révolution, la mairie fut déménagée vers la Chancellerie. Actuellement, une pharmacie occupe les locaux du rez-de-chaussée

La maison Pflüger ou à la sirène 30px

La maison, sise au 29 de la Grand'Rue, comporte la date de 1667 avec les initiales HGPMAP et un symbole de cordier. On peut ainsi identifier le couple Hans Georg Pflüger et Marie Agathe Pflüger née Haberkorn qui se sont unis le à Bouxwiller. Le rez-de-chaussée a été modifié et est occupé par la boutique Phildar. Les deux étages sont à pan de bois. On remarque surtout l'oriel richement sculpté où apparaissent des êtres fantastiques aux figures humaines et barbues. Sur un des meneaux de l'oriel apparait une sirène. La maison est classée monument historique depuis le .

La maison à l'oriel sculpté 30px La maison située au 46 de la Grand'Rue comporte un petit oriel en pierre sculpté de pampres et d'animaux. Il a été classé monument historique le . Les décorations sont cependant mutilées par endroits. Comme suspendu à l'angle de l'étage supérieur, il permet d'avoir une vue sur la Grand'Rue et la rue des Seigneurs. La date de 1613 apparait sur un de ses linteaux bien que la maison ait été construite en 1557 (porte du rez-de-chaussée).

Maisons

Les remparts La première mention écrite des murs de la ville date de l'an 1312 lorsque Bouxwiller est appelée oppidum dans la charte des indulgences de l'église Saint-Léger. En 1337 la même église Saint-Léger est qualifiée d' ecclesia ex muros, c'est-à-dire située en dehors des remparts. La ville comptait trois portes. La Niedertor fut démolie en puis l'Obertor connut le même sort en 1835. Ces deux édifices étaient des tours ayant chacune son pont-levis et servaient à l'occasion de cachot. La troisième le Totensteg ne s'ouvrait que pour les enterrements célébrés en l'église Saint-Léger. En 1702, l'ingénieur militaire Guillin basé à Neuf-Brisach, parcourt une partie de l'Alsace pour recenser les ouvrages pouvant servir à la défense de la nouvelle province française. Sur le feuillet 146 de son rapport, il dit de Bouxwiller, l'orthographe d'origine ayant été conservée : Son enceinte est de maçonnerie de 25 pieds de hauteur réduitte dont 18 à 19 sont de quatre pieds et demy d'épais percés de créneaux beaucoup éloignés les uns des autres, flanqué par des tours de temps en temps. Il y a un chemin de ronde couvert de thuilles qui communique tout autour de la place. Il reste au pied du mur quelques vestiges d'une fausse braye qui étoit autrefois, de même que du revestement des fossés qui ont de large 8 à 9 toises et dans lesquels il passe une petite fontaine qu'on y peut retenir quand on veut.

La rue du Sable Le portail-passage Depuis la Grand-Rue, l'accès à la rue du sable se fait en passant sous un immeuble d'allure vétuste. Le corps de passage est en maçonnerie et en colombage. Sa grande porte en plein cintre et chanfreinée est datée de l'année 1560.

Ferme

Impasse

La maison située au 3 de la rue du Sable, date probablement du . Le rez-de-chaussée est en maçonnerie avec une porte d'entrée moderne et une porte de cave en plein cintre. Les deux étages sont en colombage en encorbellement côté rue. Son passage transversal débouche sur une impasse.

Maison de 1595 30px Édifice de 1595 portant les initiales MI AN sur la porte d'entrée et inscrit sur l'inventaire des monuments historiques le . Cette maison est située à l'angle de la rue du Sable avec la rue du . Trois de ses façades sont dégagées. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont en pierre crépie. Les baies du premier étage sont d'origine et moulurées, avec meneau pour deux d'entre elles. La porte d'entrée se situe sur le côté (rue du Sable). Elle est surélevée et accessible par un escalier extérieur en pierre. Le chambranle est mouluré et le linteau porte la date de 1595. Les deux étages supérieurs sont en pan de bois simple, chacun en léger encorbellement sur trois côtés.

Le quartier de l'église luthérienne L'église paroissiale luthérienne 30px

La Niederkirche ou église basse tire son origine dans une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie citée dès l'année 1335 quand un dénommé Gotzo d'Utweiler décide d'y entretenir un chapelain. Elle passe au culte luthérien en 1542 par la volonté du comte Philippe IV de Hanau-Lichtenberg. Ce dernier décide de la remanier en 1546. Puis la nef est démolie et reconstruite en 1613 sous l'impulsion de Johann Reinhard I de Hanau-Lichtenberg, tandis que la partie inférieure du clocher est conservée. La tour est surélevée en 1728 par son beffroi octogonal à bulbe et clocheton. La plus ancienne cloche, presque cylindrique, datant de 1623. L'orgue (1777-1778) qui occupe le mur oriental de la nef est l'œuvre du très renommé facteur Jean-André Silbermann. À l'intérieur, on pourra remarquer la chaire en pierre polychrome Gothique (remploi) et Renaissance (1579) ainsi que la loge seigneuriale décorée de stucs, meublée d'une table Renaissance provenant du château de Bouxwiller. Édifice classé monument historique depuis le .

Le Collège (actuellement Maisons des Associations)