thumb|250px|Les chefs de la confrérie des arbalétriers de saint Sébastien, appartenant à la Garde civique d’Amsterdam, par Bartholomeus van der Helst (1653). Une (pluriel : ) ou schuttersgilde est une garde municipale volontaire, ou milice civique, des Pays-Bas des époques médiévale et moderne, destinée à protéger la ville contre les attaques, par exemple, des bandes itinérantes de brigands ou des armées étrangères, et à agir en cas de révolte ou d'incendie. Les tâches essentielles de la schutterij étaient ainsi comparables à celles de l'ordre et des services d'urgence contemporains tels que la police, les pompiers et l'armée : garder et maintenir l'ordre, la paix et la sécurité des citoyens. Le nom schutterij vient probablement de schieten (tirer) plutôt que de beschutten (s'abriter).
Ces milices étaient regroupées selon leur district ou leur arme : arc, arbalète, lance ou fusil. Les membres d’une formaient une , ce qui pourrait être grossièrement traduit par « guilde de tireurs ». C'est désormais un titre donné aux clubs de tir de cérémonie et à l'équipe olympique de carabine du pays.
En histoire de l'art, un (pl. ) est un portrait de groupe de membres d'une milice, comme pour les fameux Cluveniers.
Fonctionnement et activités vignette|Frans Hals, La Compagnie du capitaine Reinier Reael et du lieutenant Cornelis Michielsz. Blaeuw, dite « La Maigre Compagnie », un schutterstuk pour l'une des guildes d'Amsterdam, 1633-37, Rijksmuseum Amsterdam.
Composition La schutterij, garde civique ou garde municipale, est un système de soutien militaire défensif pour l'autorité civique locale. Ses officiers sont de riches citoyens de la ville, nommés par les magistrats de celle-ci. Dans le nord des Pays-Bas, après le changement officiel de l'autorité civique après la Furie iconoclaste, qui, en fonction de la ville, s'est déroulée entre 1566 et 1580, les officiers doivent être membres de l'Église réformée néerlandaise. Son capitaine est généralement un riche habitant du quartier, et l'enseigne du groupe un jeune célibataire fortuné (souvent reconnaissable dans les portraits de groupe de Schutterijen à ses vêtements particulièrement raffinés et au drapeau qu'il porte). Le capitaine n'est pas toujours du quartier, si celui-ci ne peut pas fournir un candidat approprié ou fiable. La milice soutient les autorités locales, les officiers étant nommés par le conseil municipal. Rejoindre une schutterij en tant qu'officier pendant quelques années ou servir un mandat biennal est souvent un tremplin vers d'autres postes importants au sein du conseil municipal. Les membres doivent acheter leur propre équipement : cela implique l'achat d'une arme et d'un uniforme.
L'idéal est que, pour cent habitants, trois appartiennent à la schutterij. Les mennonites néerlandais en sont exclus aux , et paient une double taxe en lieu et place du service. Les personnes au service de la ville (comme le ministre, le médecin, l'enseignant, le sacristain, les porteurs de bière et de tourbe), et les Juifs de la ville, n'ont pas besoin de servir. Les porteurs de bière et de tourbe doivent, pour leur part, être déployés en cas d'incendie par la guilde des pompiers pour faire fonctionner les pompes.
Garde vignette|Romeyn de Hooghe, Schutterij de La Haye, vers 1700. Les artilleurs sont de garde par rotation (par exemple une fois par mois), dirigés par un officier. Chaque nuit, deux hommes gardent leur quartier en deux équipes, de 10 h jusqu'à 2 h du matin, et à partir de 2 h du matin jusqu'à 6 h du matin, fermant et ouvrant les portes de la ville. Au début de leur quart de travail, les clés des portes sont récupérées auprès du bourgmestre responsable et rendues le matin. La supervision de la milice est généralement confiée au bourgmestre le plus jeune ou à celui qui l'a rejointe plus récemment et semble avoir été aussi une sorte de poste final. Il faudra attendre la fin du pour qu'une sorte d'indemnité de licenciement soit instaurée afin d'en améliorer l'attractivité et la fréquentation. Ceux qui arrivent en retard ou se présentent « sous influence » doivent payer une amende de quelques sous.
À heure fixe chaque mois, les schutters défilent sous le commandement d'un officier.
Fonction sociale Ces « volontaires » locaux exercent également une autre profession. Les schutterijen ont aussi initialement un fort caractère religieux et la schutterij a souvent sa propre chapelle et son autel. Outre ses fonctions de sécurité, sa fonction sociale est également importante : le local permanent ou la salle de réunion de la schutterij locale est également utilisé par les membres pour discuter de toutes sortes de questions locales. Souvent, il existe aussi une sorte de « boîte aux pauvres » pour soutenir les membres nécessiteux et malades. Après la Révolte des Gueux, ce rôle social devient de plus en plus important.
Autres tâches En cas d'incendie ou de danger, le crieur de la tour, employé par la ville et de quart dans un édifice élevé (généralement un clocher d'église), doit avertir les schutters de service en faisant un appel sonore dans la direction du danger. Les tireurs se trouvent généralement dans la maison de garde où ils passant le temps avec divers jeux tels que jouer aux cartes et à discuter.
Armes Les schutters sont initialement regroupés selon l'arme qu'ils utilisent : l'arc long, l'arbalète ou le fusil, et plus tard selon leur quartier. Les grandes villes sont souvent protégées contre les menaces extérieures par des remparts sur lesquels sont positionnés des canons.Ces armes sont également utilisées par la schutterij.
Vers 1600, les canons ne peuvent tirer plus de deux ou trois fois toutes les dix minutes. S'ils sont rechargés trop rapidement, le canon est encore trop chaud par rapport au tir précédent et la poudre nouvellement chargée dans l'arme peut exploser prématurément. De nombreuses personnes sont nécessaires pour maintenir une batterie d'armes à feu opérationnelle. Le cœur de l'ensemble est formé par les équipages de canons. Ces artilleurs doivent être protégés en rase campagne contre les attaques des cavaliers et des fantassins qui sont précédés des piquiers avec leurs lances de 5,5 mètres. Chaque canon est monté sur un affût. Les canons de siège ont de grandes roues qui les rendent faciles à déplacer. Ce type de canon a deux roues et une pelle dite de sol à l'arrière, pour contrer le recul lors du tir. La schutterij possède aussi parfois un rolpaard, un chariot de canon a quatre roues plus petites qui se trouve initialement principalement sur les navires. Le retour de cette arme est empêché en l'attachant simplement avec une grosse corde, par exemple à un arbre ou à des anneaux dans le mur de la ville. Plus tard, ce type d'arme est également utilisé sur les fortifications.
Leurs terrains d'entraînement, les doelen, se trouvent dans la quasi-totalité des cas à proximité de ces murs d'enceinte, de sorte que les éventuels dégâts occasionnés par des reculs lors du tir, entre autres, restent limités.
Doelen (terrains d'entraînement) Les schutters (traditionnellement des archers) ou cloveniers (mousquetaires) se rencontrent sur des terrains d'entraînement à la cible appelés doelen (cibles). Ces terrains se trouvent souvent sur des espaces ouverts dans la ville, près des remparts, et, lorsque le temps ne le permet pas, ils se retrouvent à l'intérieur d'une église. Les doelens sont généralement attenants à un grand bâtiment où les schutters se réunissent pour des exercices de gymnastique et tiennent leurs réunions. Les grands portraits de groupe sont accrochés dans ces grandes salles pendant des siècles, et de nombreuses peintures ont considérablement souffert des gymnastes enthousiastes au fil des ans. Ces endroits ne sont pas les seuls endroits où les schutters se rencontrent : les schutterijen gardent également des autels et des chapelles dans les églises locales, où elles se réunissent pour des raisons religieuses. La plupart des schutterijen ont comme saints patrons saint Sébastien, saint Antoine de Bavière, saint George (St. Joris en néerlandais), ou Adrien de Nicomédie . Ces devoirs religieux constituent une part importante de l'appartenance à la schutterij ; les schutters paient leurs cotisations à l'église.
Après la Réforme protestante, tous les autels sont dissous dans les églises hollandaises réformées du nord des Pays-Bas, et les cotisations ne sont plus payées à l'église, mais à l'hôtel de ville. À Amsterdam, les schutterijen ne sont plus autorisées à établir des règles ou à dépenser de l'argent par elles-mêmes, mais à Haarlem, deux schutterijen conservent leurs règles d'origine (St. Adriaen et St. Joris), comme organiser des banquets et faire des collectes pour les membres malades ou les veuves. Bien qu'ils aient déménagé plusieurs fois, certaines des anciennes salles de la Garde civile de Haarlem subsistent, où les schutters se rencontraient et où leurs peintures de groupe étaient accrochées ; ces peintures sont maintenant soigneusement conservées au musée Frans-Hals (à l'exception notable de la peinture La Garde Civique Saint-Adrien de Cornelis Engelsz. datée de 1612, qui se trouve au musée des Beaux-Arts de Strasbourg).
vignette|centre|Plaque au-dessus de la porte de la bibliothèque de Haarlem : « En 1572, l'ennemi espagnol est venu ici pour nous traiter de la même manière que Naarden. Nous lui avons résisté, en nous battant avec bravoure, mais de faim nous avons dû abandonner. »
Portraits de groupe vignette|Rembrandt, La Ronde de nuit, Rijksmuseum. Après 1581, il est officiellement interdit aux schutterijen d'influencer la politique de la ville, mais comme les régents au pouvoir sont tous membres de celles-ci, l'interdiction est peu respectée. Une fois par an, ils organisent un banquet, avec de la bière et un bœuf rôti. Chaque fois qu'un changement d'officier supérieur se produit, un peintre local est invité à peindre les membres ; la scène la plus populairement choisie pour ces portraits de groupe est la scène du banquet. Bien qu'ils soient parfois montrés à l'extérieur en service actif, les membres sont généralement représentés pour la postérité vêtus de leur tenue du dimanche, plutôt que de leur tenue de garde. Ces portraits de groupes de miliciens comprennent certains des plus grands portraits de l'Âge d'or de la peinture néerlandaise.
Les portraits de groupe sont populaires parmi grand nombre d'associations civiques qui constituent une partie notable de la vie néerlandaise, telles que les officiers du schutterij ou les gardes de la milice, les conseils d'administration et les régents des guildes et des fondations caritatives, etc. Surtout dans la première moitié du , les portraits sont très formels et raides dans leur composition. Les premiers exemples les montrent en train de dîner, le regard dirigé vers le spectateur. Les groupes suivants montrent la plupart des personnages dans une composition plus dynamique. Une grande attention est accordée aux détails des vêtements et, le cas échéant, aux meubles et autres signes de la position de la personne dans la société. Plus tard dans le siècle, les groupes deviennent plus vivants et les couleurs plus vives. Le Syndic de la guilde des drapiers de Rembrandt présente un traitement subtil d'un groupe autour d'une table.