L'histoire des Studios Disney de 1973 à 1988 est marquée par un sommeil apparent, conséquence de la maladie puis de la mort de Walt Disney en 1966. Walt lançait toujours sa société sur plusieurs projets de front que ce soit pour les films ou le reste. Ainsi jusqu'à quatre films d'animation étaient en production dans les années 1940 et au moins une demi-douzaine dans les années 1950. Selon Danny Miller, et des longs métrages classiques d'animation .. Miller précise qu'entre 1977 et 1981, 50 % des recettes du studio provenaient de ces ressorties alors que les studios concurrents proposaient des nouveautés. Cette accalmie semble avoir poussé un groupe d'investisseurs à prendre le contrôle de la société au début des années 1980, au cours d'une Guerre financière pour Disney.

Face au départ à la retraite des artistes Disney qui ont constitué le catalogue, le studio renouvelle son département animation avec l'arrivée d'une nouvelle génération d'animateurs avec les films de transition Les Aventures de Bernard et Bianca (1977) et Rox et Rouky (1981).

Divers changements arrivent à cette période, dont les premiers sont, avant même le renommage de en en 1984, la création de filiales indépendantes pour assurer les différentes productions. Toutefois, le service animation se lance dans la création de plusieurs studios en dehors du siège de Burbank : voir Walt Disney Animation Studios. Sous l'impulsion de plusieurs personnalités comme Ron Miller ou Thomas L. Wilhite, le studio se lance dans de nombreux projets s'éloignant des traditionnelles comédies familiales avec, par exemple, Le Trou noir (1979), Les Yeux de la forêt (1981) ou Tron (1982). En 1984, la nouvelle direction lance de nouveaux projets pour redorer le blason cinématographique de l'entreprise, projets qui émergent à partir de 1988. En dehors du cinéma, les activités se diversifient aussi avec la chaîne Disney Channel, et plusieurs parcs à thèmes. Ces derniers éléments ne sont plus intégrés aux studios Disney, mais à des divisions dédiées de la .

Cette période prend fin quand les studios Disney retrouve le succès critique et financier avec Basil, détective privé (1986), Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988) et Oliver et Compagnie (1988).

Historique vignette|Réplique du bureau de Walt Disney.

Le début des années 1970 est marquées par l'absence de projets d'envergure pour la branche cinématographique de la société Walt Disney Productions à la suite de la mort en 1966 de Walt Disney. La société se voue essentiellement à réaliser les dernières volontés de son fondateur en construisant le parc Walt Disney World Resort en Floride Jeff Kurtti, Since the World began: Walt Disney World, the first 25 years, et 34. On peut quand même noter la sortie de quelques films importants dont : Robin des Bois en 1973, dernier film voulu par Walt, seulement une idée au moment de sa mort Les Aventures de Winnie l'ourson sorti en 1977 et constitué de trois moyens métrages produits eux en 1966, 1967 et 1974. Ce dernier film est devenu l'une des principales franchises des studios Disney et de la société entière.

Clôturant en quelque sorte cette période et en hommage au travail du studio considéré comme un art, une rétrospective Disney a eu lieu à l'été 1973 au Lincoln Center de New York Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, ..

1973-1979 : Qu'aurait fait Walt ?

Mark Arnold considère l'année 1971 comme la première durant laquelle s'est posée la question « Qu'aurait fait Walt ? » avec la fin du mandat de Roy Disney au cours duquel les dernières idées et concepts de Walt Disney ont été développés. La situation ne s'est pas améliorée par la suite. Leonard Maltin considère que ce est encore utilisé durant la production de Rox et Rouky sorti en 1981 Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, .. Pour Willima Kalmly, l'année 1979 est celle de tous les espoirs

Une société sans Walt Disney

Le film Peter et Elliott le dragon (1977) est caractéristique de la période. Leonard Maltin écrit que malgré des recettes honorables en salles, le film est un effort décourageant pour les studios Disney en raison de la comparaison avec Mary Poppins (1964), un énorme succès financier et artistique Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, .. Le rôle principal donné à une chanteuse et la campagne publicitaire "à la" Mary Poppins ont joué en défaveur du film en invitant à une comparaison et confirme un sentiment général au sein de l'industrie cinématographique que toutes les décisions au sein des Studios Disney étaient sur la base de Qu'aurait fait Walt ?. Et la réponse aurait été « quelque chose de mieux » car comme le rappelle Ward Kimball, Walt Disney, bien que critiqué par les banques et les empires financiers pendant des années, parvenait à innover en prenant des risques. En 1971, Roy E. Disney, neveu de Walt et juste membre du directoire, encourage le studio à ne pas répéter les vieilles formules mais Card Walker, alors PDG, refuse, faisant perdurer le mantra, « Qu'aurait fait Walt? » John Taylor, Storming The Magic Kingdom, .. Walker a alors le soutien de Lilian Disney, veuve de Walt, sa fille Diane et son mari Ron Miller John Taylor, Storming The Magic Kingdom, .. John Taylor ajoute que Walker manquait d'instinct créatif. En 1977, lassé que ses propositions de changer le studio ne soient pas écoutées, Roy E. quitte l'entreprise John Taylor, Storming The Magic Kingdom, ..

Leonard Maltin ajoute qu'il est difficile de considérer des films comme Charley et l'Ange (1973) et La Coccinelle à Monte-Carlo (1977) comme des films des années 1970 en raison des acteurs identiques pour les personnages principaux ou seconds rôles à ceux des années 1960, voir 1950, jouant des rôles similaires. Le studio est selon Maltin devenu un havre pour les vieux acteurs reprenant leurs anciens rôles. Mark Arnold mentionne pour plusieurs films des décors eux aussi similaires comme dans la plage des Walt Disney Studios Burbank dans Le Gang des chaussons aux pommes (1976) utilisée depuis le tournage des Trois Caballeros (1944) ou le Medfield College dans Un candidat au poil (1976) présent dans la série lancée avec Monte là-d'ssus (1961). Arnold mentionne aussi le projet Merveilles de la nature (1975) comme une tentative de faire revenir le succès des True-Life Adventures.

Le constat est qu'au début des années 1970, le studio repose sur les mêmes équipes, les mêmes acteurs, mais aussi réalisateurs, producteurs, scénaristes...

Nouvelle génération d'animateurs vignette|L'Animation Building historique vignette|Le laboratoire des Walt Disney Studios Burbank Au début des années 1970, les Neuf Sages de Disney deviennent de plus en plus vieux et sont ne plus actifs sur les productions, tout comme leurs collègues aussi méritants qui ont permis de construire le catalogue du studio Disney Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, . Le studio lance alors un programme de formation d'une nouvelle génération qui sera par la suite fusionnée avec le , baptisé Ross Anderson, Pulling a Rabbit Out of a Hat, . Quelques animateurs et artistes d'animation sont appelés pour former une nouvelle génération d'animateurs, Melvin Shaw est ainsi recruté en 1974 . Le film Les Aventures de Bernard et Bianca est produit avec les trois derniers Neuf Sages encore actifs, Frank Thomas, Ollie Johnston et Milt Kahl. Bernard et Bianca modifie les pratiques du studio Disney dans l'animation John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, .. À partir des années 1960, la presse critique l'utilisation des acteurs qui donne leur voix pour définir ou concevoir la personnalisaté des personnages et l'ajout régulier de chansons qui s'insérent de manière intrusive dans l'action. Selon John Grant, Bernard et Bianca ajoute une nouvelle pratique, celle d'une forte conception des personnages reprise dans les productions suivantes des années 1980 comme Rox et Rouky (1981), Taram et le Chaudron magique (1985) et Basil, détective privé (1986). Steve Hulett mentionne un film inachevé Steve Hulett, Mouse in Transition, ., prévu pour 1981 d'après les ouvrages de Ben Lucien Burman.

Walt parti et les animateurs qu'il avait entraînés et côtoyé n'étant plus disponible Frank Thomas et Ollie Johnston, The Disney Villain, ., il est devenu difficile de saisir l'importance des valeurs qu'il instiguait dans leur travail Frank Thomas et Ollie Johnston, The Disney Villain, .. Pour Frank Thomas et Ollie Johnston, la nouvelle génération se cherchait un nouveau style et trouvait le rythme de Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) trop long malgré la romance et les bonnes chansons. L'un des axes d'améliorations consistait à donner plus d'énergie aux chansons, un autre d'avoir des personnages au caractère plus développé, plus profond, plus du quotidien. Les méchants avec une seule idée en tête utilisaient depuis quarante ans n'avaient plus lieu d'être, il faillait des méchants plus complexes. Les nouveaux animateurs vont éprouver encore quelques années difficiles et frustrantes, le temps de prendre de l'expérience et de la confiance en eux. Pour Thomas et Johnston, c'est ainsi qu'a été conçu Rox et Rouky (1981). Pour ce film, la direction de Disney demande à Wolfgang Reitherman de lâcher la réalisation au profit des jeunes avant de prendre sa retraite mais il est réticent Steve Hulett, Mouse in Transition, .. Cela crée des tensions dont l'une provoque le départ de Don Bluth fin 1979.

Parmi la nouvelle génération d'animateurs, le plus remarqué est Don Bluth qui se voit accorder la réalisation du moyen métrage Le Petit Âne de Bethléem (1978) avec seulement de jeunes animateurs. L'animateur Glen Keane fait ses premiers pas à la supervision de l'animation aux côtés de Ron Clements tandis que John Musker anime un personnage. Parmi les animateurs du film se trouve le jeune Tim Burton, âgé de à l'époque. Phil Nibbelink fait partie des jeunes animateurs arrivés en 1978 et a suivi la même formation que John Lasseter et Chris Buck Ross Anderson, Pulling a Rabbit Out of a Hat, Ross Anderson, Pulling a Rabbit Out of a Hat, . Il a été assigné à l'équipe supervisée par Randy Cartwright. Tony Anselmo (qui devient la voix de Donald Duck à partir de 1984), Mark Henn, Brian McEntee, Joe Ranft, Bill Frake et David Pacheco, ancien de Hanna-Barbera mais ils ne sont pas tous affectés à Rox et Rouky. Mark Henn est assigné au poste d'intervalliste Ross Anderson, Pulling a Rabbit Out of a Hat, . Mike Peraza travaille sur des images pour la caméra multiplane Ross Anderson, Pulling a Rabbit Out of a Hat, .

Taram et le Chaudron magique est un projet d'adaptation du livre de quête Fantasy Les Chroniques de Prydain de Lloyd Alexander autorisé par Ron Miller à condition que la nouvelle génération fasse ses preuves sur des projets plus classiques. En , Aljean Harmetz du New York Times évoque la sortie de Taram et le Chaudron magique initialement prévue pour 1980 dont le coût de production est déjà de d'USD. Il annonce un retard de quatre ans minimum avec une sortie en salle pas avant Noël 1984, car le nouveau groupe d'animateurs a besoin de six années pour appréhender les complexes techniques d'animation, non acquises en 1978.

Changement d'équipes au cinéma thumb|Choupette, vedette des films de Walt Disney Pictures.