Le gouvernement Martens I fait suite aux élections législatives belges de 1978. Se forme alors une majorité composée de sociaux-chrétiens, de socialistes, et du FDF, concluant sur un nouveau gouvernement le . Deux jours plus tard, le Premier ministre Wilfried Martens prononce sa déclaration de gouvernement à la Chambre, ainsi qu'au Sénat..
Sous ce premier gouvernement Martens, il existe une distension croissante au sujet de la question bruxelloise entre la position flamande - essentiellement celle du C.V.P. (actuel CD&V)- et celle du FDF.
Cette opposition de points de vue mènera à la démission des ministres du FDF, le , ce qui entrainera la chute du gouvernement.
Les élections législatives belges du 17 décembre 1978 À la suite de la démission du gouvernement Tindemans IV, fin 1978, Paul Vanden Boeynants forma un gouvernement provisoire reprenant la composition de son prédécesseur. En effet, Léo Tindemans ayant démissionné à la suite de l'échec du pacte d'Egmont. Ce gouvernement Vanden Boeynants II traita des affaires courantes de l'État, jusqu'à la formation du gouvernement Martens I.
Les rapports de forces entre partis Entre la démission du gouvernement Tindemans IV et les élections législatives du 17 décembre 1978, le parti socialiste s'est scindé en deux ailes : une francophone (PSB, actuel PS), et une autre flamande (BSP, actuel sp.a).
Les résultats électoraux ont souligné une grande stabilité du corps électoral francophone. En effet, les socialistes et sociaux-chrétiens n'ont pas été pénalisés à cause de leur participation gouvernementale. Les résultats démontrèrent que le PSC (actuel CDH), ainsi que le PSB, n'avaient ni régressé ni augmenté leurs résultats électoraux, depuis les élections de 1977.
Par contre, côté flamand, le changement s'avère bien plus important. On fait face à une progression du PVV, ainsi qu'à la première élection d'un député du Vlaams Blok.
Les sociaux-chrétiens flamands sortirent grand vainqueur de ces élections, malgré une légère régression en voix. Cela n'impacta guère leur représentation aux assemblées; ils gagnèrent, pour preuve, deux sièges.
La seconde force politique flamande, le BSP obtint 20,9 % des voix en Flandre (soit son plus mauvais score). L'écart entre la première formation politique et le seconde ne fit que croître : les sociaux-chrétiens flamands ayant obtenu 43,52 % des suffrages.
Concernant la Volksunie, celle-ci connut, lors de ces élections, une lourde défaite. En effet, elle perd six sièges. Ces voix perdues profitèrent alors au P.V.V. ainsi qu'au Vlaams Blok, et non au CVP. La Volksunie se vit sanctionnée, ayant été fidèle au pacte d'Egmont, et plus particulièrement aux solutions dégagées pour la problématique bruxelloise.
Jusqu'en 1978, le FDF fut le parti dominant de Bruxelles. Par ailleurs, le 17 décembre 1978, il obtint un des meilleurs résultats de son histoire : 35,4 %. Le parti a réuni la majorité des suffrages bruxellois francophones, soit 50,85 %. Tel qu'en Flandre, l'écart entre la première force politique bruxelloise (FDF) et la seconde (PSC) a eu tendance à s'accroître. En effet, une différence de plus de 20,82 % se dessina entre les deux partis.
La formation gouvernementale À la suite de ces élections législatives, le C.V.P. disposa d'une majorité de blocage au Sénat pour le vote des lois à majorité spéciale. Étant donné que cette période est marquée par la volonté de réviser la Constitution, ce droit de blocage s'avèrera essentiel.
Le PSB, quant à lui, demanda qu'il y ait une majorité significative dans chaque région; en effet, le parti souhaite former un gouvernement représentatif pour les trois régions. Dès lors, la présence du FDF, au sein du gouvernement, devint indispensable aux fins de respecter la volonté du Parti socialiste francophone. Sans le FDF, il n'y aurait pas eu de majorité significative dans la région bruxelloise.
Concernant le Pacte d'Egmont (n'étant qu'un pacte de pacification communautaire), celui-ci fut conclu, en 1977, et visa l'achèvement de la réforme des institutions.
L'accord de Stuyvenberg, lui succédant, souhaita préciser les dispositions contenues dans le pacte d'Egmont.
La réforme prévue avait en fait pour ambition de créer quatre niveaux de décision politique : niveau de l'État, niveau de la communauté culturelle, niveau de la région et niveau de la commune. On sait également que ce pacte fera l'objet de nombreuses critiques en Flandre; alors qu'il fut soutenu par une fraction importante de la classe politique flamande (CVP, VU et BSP). Tout ceci se conclut par la démission du Premier ministre Tindemans, en , étant dans l'impossibilité de réunir une majorité dans le but de faire voter le pacte..
Un parallèle est à faire avec le gouvernement Martens I, visant également à l'achèvement de la réforme des institutions. Cette réforme fut marquée par une envie d'opérer à un équilibre entre la volonté flamande (celle de communautarisation), et la volonté francophone (celle de régionalisation). Cependant, une place plus large sera réservée au Parlement, dans l'accord de gouvernement de Martens I. Et ceci, contrairement à la place donnée dans le pacte d'Egmont.
Afin de faciliter l'adoption de cette réforme, il fut décidé d'opérer en trois phases : phase immédiate, phase transitoire et irréversible, phase définitive.
Composition du gouvernement FonctionTitulaire PartiPremier ministreWilfried MartensCVPVice-Premier ministreMinistre de la Défense nationalePaul Vanden Boeynantsà partir du 15.10.79: José DesmaretsPSCVice-Premier ministreMinistre des affaires économiquesWilly ClaesBSPVice-Premier ministreMinistre du BudgetGuy SpitaelsPSMinistre de la JusticeRenaat Van ElslandeCVPMinistre des Affaires étrangèresHenri SimonetPSMinistre de la Prévoyance sociale et des PensionsAlfred CalificePSCMinistre de la Fonction publique et des Réformes institutionnellesWilly CalewaertBSPMinistre de l'agriculture et des Classes moyennesAlbert LavensCVPMinistre des CommunicationsJos ChabertCVPMinistre de l'Éducation nationaleJef RamaekersBSPMinistre des Affaires communautaires néerlandaisesHendrika De Backer-Van OckenCVPMinistre de la Santé publique et de l'EnvironnementLuc DhooreCVPMinistre des FinancesGaston GeensCVPMinistre du Commerce extérieur et de la Politique scientifiqueLucien Outersdémissionne le 16.1.80FDFMinistre des Affaires bruxelloisesLéon Defossetdémissionne le 16.1.80FDFMinistre des affaires wallonnesJean-Maurice DehoussePSMinistre des Travaux publicsGuy MathotPSMinistre des Postes, Télégraphes et TéléphonesRobert UrbainPSMinistre de la Coopération au DéveloppementMark EyskensCVPMinistre de l'Emploi et du TravailRoger De WulfBSPMinistre de l'Éducation nationaleJacques HoyauxPSMinistre de l'Intérieur et des Réformes institutionnellesGeorges GrammePSCMinistre des affaires flamandesMarc GalleBSPMinistre des affaires communautaires françaisesMichel HansennePSCSecrétaire d'État aux affaires bruxelloisesGuy CudellPSSecrétaire d'État aux affaires wallonnesAntoine Humbletà partir du 15.10.79: Philippe MaystadtPSCSecrétaire d'État aux affaires communautaires françaisesFrançois Persoonsdémissionne le 16.1.80FDFSecrétaire d'État aux affaires flamandesà partir du 9.7.79:secrétaire d'État à la Communauté néerlandaise et à la Région flamandePaul AkkermansCVPSecrétaire d'État aux affaires communautaires néerlandaisesRika SteyaertCVPSecrétaire d'État aux affaires bruxelloisesLydia de Pauw-DeveenBSPSecrétaire d'État aux affaires flamandesà partir du 9.7.79:secrétaire d'État à la Communauté néerlandaise et à la Région flamandeDaniël CoensCVPSecrétaire d'État aux affaires wallonnesBernard AnselmePS
Déclaration gouvernementale du Premier ministre gauche|vignette|Wilfried Martens (Premier ministre)
Le nouveau Premier ministre Wilfried Martens lit, le , devant la Chambre et le Sénat, sa déclaration gouvernementale.
La grande crise que traverse la Belgique, à cette période, semble être le premier tracas du Premier ministre. En effet, la situation en Belgique est alors précaire : désindustrialisation croissante (surtout dans le sud du pays), chômage, une perte de vitesse des investissements nouveaux... Une crise socio-économique touchant chaque couche de la société, ainsi que les finances publiques. Martens parle alors d'une nécessité de coopération entre le gouvernement et le Parlement. Tous deux se doivent d'avancer, « main dans la main », afin que le tout nouveau gouvernement puisse être stable. Ce besoin de stabilité, perdu depuis peu à la suite d'une absence de gouvernement en 1977, permettrait à la politique de cette nouvelle législature de faire bouger les choses.
Le Premier ministre insiste sur une volonté de restaurer la confiance entre communautés et régions. Pour ce faire, il annonce vouloir laisser une certaine liberté à ces entités fédérées afin qu'elles puissent veiller, au mieux, au bien-être de la société belge. Dans le but de protéger les besoins de leurs citoyens, il est alors convenu que les communautés et régions puissent alors définir des politiques appropriées aux objectifs escomptés; politiques qui feront l'objet de déclarations gouvernementales appropriées.
La réforme de l'État préoccupe également le gouvernement fraîchement élu. Il voit en cette réforme la création de cadres institutionnels, grâce auxquels l'État, les régions et communautés pourront assurer leurs propres responsabilités. Dans la réforme, il sera également question de modifier un petit nombre d'articles constitutionnels et d'attribuer des matières personnalisables aux communautés culturelles. Leur autonomie n'en sera qu'élargie et renforcée.
Au niveau des objectifs, ceux-ci sont majoritairement d'ordre social; aidant également les entreprises - alors, en perte de vitesse. Ils visent la réduction du temps de travail, le recrutement de personnel supplémentaire, ainsi que l'amélioration de la rentabilité des entreprises. Tant au niveau national qu'au niveau européen, Wilfried Martens fait également état d'une volonté d'améliorer la politique énergétique..
Événements marquants de la période Cette période est avant tout marquée par une crise institutionnelle; et est également accompagnée d'une instabilité économique.
Au niveau international Sous le gouvernement Martens I, la Belgique connaît une grande période de crise et d'instabilité. Lié à celle-ci, un essoufflement économique fait rage, à cette époque, sur la scène internationale. Cet essoufflement arrivant majoritairement des pays du Moyen-Orient fut engendré par la chute du shah d'Iran - qui découlera sur une grande crise pétrolière.
En effet, le , des émeutes - qualifiées sous le nom de Vendredi noir - firent rage à Téhéran. Ces bouleversements politiques perpétrés dans la capitale iranienne amenèrent alors à la déposition du shah, en . Ce renversement du shah fit entrer le pays sous la domination de la République islamique.
Étant donné que l'Iran était à ce moment-là l'un des principaux exportateurs de pétrole; la production mondiale fut alors complètement perturbée par cette révolution. C'est le début de la seconde crise pétrolière.
La hausse du prix du pétrole toucha directement la Belgique; et ne fit que renforcer sa période de troubles économiques. Tout comme dans la majorité des pays industrialisés, la Belgique connaît alors une baisse générale des investissements ; ainsi « qu'un renchérissement du coût de l'énergie qui oblige ces mêmes pays à investir prématurément dans certaines énergies de substitution ».
Concernant la question de l'implantation de missiles nucléaires en Belgique, il existe trois problèmes.