L'École d'administration militaire (EAM) est une ancienne école militaire française créée sous le nom d'École d'administration de Vincennes le à Vincennes. Rebaptisée École militaire d'administration en 1925, installée à Montpellier en 1947 puis fusionnée avec l'École du commissariat de l'armée de terre en 1986, elle est recréée pour trois ans le à Coëtquidan, après la fusion de l'École militaire supérieure d'administration et de management (EMSAM, de Montpellier) et de l'École militaire du corps technique et administratif (EMCTA, présente à Coëtquidan depuis 1977).
Au sein des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, elle formait les officiers du corps technique et administratif de l'armée de terre, du service des essences des armées et du service de santé des armées, ainsi que les commissaires des armées ayant un ancrage « armée de terre ». Elle est dissoute en 2013, à la suite de la création de l'école des commissaires des armées. Les officiers du CTA n'étant plus que d'origine semi-directe, ils rejoignent l'EMIA ou l'EMAC pour leur formation initiale.
Historique Avant la Première Guerre mondiale L'École d'administration de Vincennes, est créée, sous ce nom, par la loi du , à Vincennes. Elle avait pour vocation de former l'ensemble des officiers d'administration. Cette école répondait à la nécessité de la formation de cadres spécialisés, permettant ainsi de parer aux carences de l'administration et de l'intendance qui avaient été relevées durant la guerre de 1870 contre les Prussiens. Elle est installée dans une des ailes du château de Vincennes, là ou étaient déjà dispensés des cours d'administration militaire.
Les élèves sont sélectionnés parmi les sous-officiers de plus de deux ans de service avec des épreuves de culture générale et de connaissances administratives.
Durant les guerres coloniales, 69 élèves seront morts au champ d’honneur en Chine, en Cochinchine, au Mexique, à Rome, en Tunisie, au Tonkin, à Madagascar, au Sahara et au Maroc.
Première Guerre mondiale Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les officiers d'administration demandent à servir dans les armes combattantes. Autorisés par un décret du à y servir, de nombreux officiers d’administration demandent à y entrer. Devant l'afflux de volontaires, leur nombre sera alors limité à cinq cents.
La qualité de leur engagement vaudra à l'école la Croix de guerre avec palme et une citation à l'ordre de l'armée par arrêté du ministre de la guerre du pour la conduite des officiers d'administration durant la grande guerre. Les officiers issus de l'EAM morts au combat seront au nombre de 149 et 188 blessés (sur 614). Il y aura eu 1500 citations à l'ordre des officiers d'administration.
Seconde Guerre mondiale En 1925, le ministre de la guerre souhaite mettre l’accent sur la vocation militaire de l’école et décide de la renommer École militaire d’administration.
Le , l'école reçoit son drapeau, 62 ans jour pour jour après la fondation de celle-ci. Elle sera à nouveau citée pour l'engagement des officiers d’administration pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la Croix de guerre avec palme. Au total, 120 officiers seront morts au combat ou en déportation, 306 citations et 6 médailles de la résistance.
Durant cette guerre, l'école sera fermée et la formation s'éparpillera à Cherchell-Médouina, Bouguenais, Marseille, Beyrouth, Néris-les-Bains et Casablanca.
Après guerre En 1947, l'École militaire d’administration s’installe à Montpellier, dans l'ancien séminaire de la ville, transformé en caserne. En 1976, l'EMA devient l’École d’application des corps technique et administratif de l’armée de terre.
Le , l’École du commissariat de l’armée de terre et l’École militaire d'administration sont fusionnées pour donner naissance aux Écoles du commissariat de l’armée de terre à Montpellier.
Écoles du commissariat
Les intendants, recrutés parmi les capitaines, n’avaient souvent que peu de période de formation, tout au plus un stage de quelques mois à l'École militaire de Paris.
Une décision du créée l’École supérieure de l'intendance afin de former les intendants. La formation y est peu importante, par manque de cadres. Cette école rejoint en 1946 l'École militaire de Paris où la formation devient de grande qualité.
Elle déménage par la suite à Montpellier dans les locaux de l'École militaire d’administration. Dans un souci d'harmonisation de ses missions et de ses modes de recrutement avec ceux des commissariats de l’air et de la mer, le service de l'intendance devient le commissariat de l'armée de terre le . L'École supérieure d’intendance devient donc l'École du commissariat de l'armée de terre, puis fusionnant avec l'EMA, elles deviennent les Écoles du commissariat de l’armée de terre. Elles sont remplacées par l'École militaire supérieure d’administration et de management (EMSAM) le .
L'EMCTA
Les officiers d’administration changent d'appellation par décret du pour devenir les officiers corps techniques et administratifs (CTA) de l'armée de terre, des essences, de l’armement et du service de santé des armées. Afin d'assurer leur formation, l'École militaire du corps technique et administratif (EMCTA) est créée à Coëtquidan le . Elle est chargée de la formation initiale des officiers des corps techniques et administratifs de l’armée de terre, du service de santé des armées (SSA) et du service des essences des armées (SEA).
Renaissance de l'EAM Le aout 2010, l'EMCTA et l'EMSAM disparaissent, faisant provisoirement renaître l'École d'administration militaire sur le site militaire du camp de Coëtquidan, intégrant ainsi « la grande école du commandement » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Elle est dissoute en 2013.
Formation L'EAM a formé pendant trois ans les commissaires de l'armée de terre, les officiers du corps technique et administratif (CTA) de l'armée de terre en formation initiale et en école d'application, et les officiers CTA du service de santé des armées et du service des essences des armées en formation initiale.
Les commissaires recevaient une formation militaire commune avec les CTA en début de première année. Puis une formation commune avec les commissaires de l'air et de la marine durant l'autre partie de l'année. La deuxième année se passe en alternance avec Université Rennes 1 et une formation à Coëtquidan.
Les CTA recevaient une formation militaire et académique commune en première année, puis se dispersaient en fonction de leurs services en deuxième année soit dans : le service des essences des armées à la base pétrolière interarmées, située à Chalon-sur-Saône ; le service de santé des armées à l'École du Val-de-Grâce, situé à Paris; l'armée de terre à l'École d'administration militaire.
Le concours externe était ouvert à partir de bac+3 pour devenir commissaire et officier ; et à partir du bac pour le concours interne (semi-direct) sous-officier ou militaire du rang.
Promotions des officiers d'administration (CTA et commissaires) EAM
1875 à 1898 : 23 promotions 1898-1899 : des Quarante 1899-1900 : Garreaux 1900-1901 : de Timinimoun 1901-1902 : des Coloniaux 1902-1903 : de Figuic 1903-1904 : de Melegniano 1904-1905 : du Cinquantenaire 1905-1906 : du Centenaire d’Iéna 1906-1907 : de Casablanca 1907-1908 : Juncker 1908-1909 : du Cinquantenaire de Solférino 1909-1910 : Antoine Gley 1910-1911 : Maurice Berteaux 1911-1912 : Marinie 1912-1913 : des Balkans 1913-1914 : Chargnot 1919-1920 : du Retour 1920-1921 : du Soldat Inconnu 1921-1922 : Maréchal Galliéni 1922-1923 : du Centenaire de Pasteur 1923-1924 : de la Flamme du Souvenir 1924-1925 : de l’Ouercha 1925-1926 : du Rif 1926-1927 : de la Croix de Guerre 1927-1928 : du Souvenir 1928-1929 : Maréchal Foch 1929-1930 : Clemenceau 1930-1931 : Maréchal Joffre 1931-1932 : Président Paul Doumer 1932-1933 : du Tricentenaire de Vauban 1933-1934 : Maréchal Lyautey 1935-1936 : Rouget de Lisle 1936-1937 : du Drapeau 1937-1938 : Alsace et Lorraine 1939-1940 : Varsovie 1941-1942 : France 1942-1943 : Provence 1943-1944 : Espérance 1945 : Victoire 1945-1946 : Armée Nation 1946-1947 : Chombart de Lauwe 1947 : La Voie Nouvelle 1947-1948 : Intendant Général Daru 1948-1949 : Général Giraud 1949-1950 : Union française 1950-1951 : Lieutenant Jansen 1951-1952 : Lieutenant-colonel Pion 1952-1953 : Capitaine René-George Weill 1953-1954 : Intendant militaire de première classe Bonnotte 1954-1955 : du Centenaire 1955-1956 : Capitaine Bessieres 1956-1957 : Commandant Yellet 1957-1958 : Capitaine Piccoto 1958-1959 : Lieutenant Briot Voir le site de promotion http://briot.chez.com 1959-1960 : Marquis de Montcalm 1960-1961 : Sous-lieutenant Lebault 1961-1962 : Professeur Morini–Comby 1962-1963 : Capitaine Hollemaert 1963-1964 : Sous-lieutenant Normand 1964-1965 : Commandant Stephant 1965-1966 : Lieutenant Geiger 1966-1967 : Lieutenant Ettinhausen 1967-1968 : Capitaine Salvadori 1968-1970 : Sous-lieutenant Bourges 1969-1971 : De Cazis de Lapeyrouse 1970-1972 : Lieutenant Jean Sauvage 1971-1973 : Languedoc 1972-1974 : Capitaine Vergnaud 1973-1975 : Sous-lieutenant Chauveau 1974-1976 : Vincennes-Montpellier 1975-1977 : Lieutenant Montjotin 1976-1978 : Capitaine Charles 1977-1978 : Lieutenant Henaux 1978-1979 : Sous-lieutenant Gil-Schwab 1979-1980 : Commandant Leduc 1980-1981 : Sous-lieutenant Caillaouze 1981-1982 : Sous-lieutenant Devarenne 1982-1983 : Sous-lieutenant Decaillon 1983-1984 : Sous-lieutenant Torlet 1984-1985 : Sous-lieutenant Jean 1985-1986 : Lieutenant-colonel Colonna d’Ornano 2010-2012 : Maréchal Pérignon 2011-2013 : Opération Daguet 2012-2013 : Officier comptable de 1re classe Jean-Pierre Ader
EMCTA
ECAT puis EMSAM
Articles connexes Centre national de formation du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie nationale 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint Cyr
Sources TAM n°288 RHA n°4 : 1954 Service historique de la Défense BEAUFIGEAU Patrick, EVENO Pierre, GENU Xavier, De l’intendance militaire au commissariat de l’armée de terre, ECPAD, Ivry-sur-Seine, 2009, 3441 p. (ISBN : 9782110987808)
Catégorie:École d'officiers de l'armée française Catégorie:Intendance militaire Catégorie:Établissement scolaire fondé en 1875 Catégorie:Organisme disparu en 2013