Le système éducatif belge, tel qu'il est conçu, comporte un enseignement scolaire, l'instruction étant obligatoire de 5 à 18 ans.

Pour l'enseignement scolaire, l'organisation générale est le résultat de la paix scolaire coulée dans une loi votée le , le Pacte scolaire. Cette loi définit quelques grands principes du système éducatif belge :

La liberté de choix d’instruction des enfants par les parents ; La fin des tensions entre réseaux ; La gratuité de l'enseignement public.

Le pouvoir fédéral est garant de cette paix scolaire mais l'organisation de tous les niveaux d'enseignement est assurée par les entités fédérées que sont les communautés, dont l'organisation dans chacune d'entre elles est largement similaire.

Le cursus scolaire belge est le suivant :

Niveau maternel, de 2 ans et demi à 6 ans (obligatoire à partir de 5 ans depuis ) ; Niveau primaire, de 6 ans à 12 ans (obligatoire) ; primaire à primaire. Certifications obligatoires ; Niveau secondaire, de 12 ans à 18 ans (obligatoire) ; secondaire à secondaire. Certifications obligatoires ; Enseignement supérieur.

Le Pacte scolaire ne s'applique pas à l'enseignement supérieur. Ce dernier s'intègre dans le processus de Bologne.

Aux côtés du cursus traditionnel, on retrouve l'enseignement de promotion sociale qui offre la possibilité d'acquérir un titre d'études qu'une personne n'a pas obtenu lors de sa formation antérieure. Cet enseignement intervient aussi dans le cadre de la formation personnelle et professionnelle continue.

Histoire L'Ancien régime

Pendant l’Ancien régime, l’enseignement primaire est peu organisé et laissé aux mains des curés et des congrégations religieuses. L’enseignement secondaire, quant à lui, est confié à des prêtres ou à des ordres religieux comme celui des Jésuites, de l'Oratoire de Sainte-Ursule, etc.

Avant 1773, dans ce qui deviendra la Belgique, on dénombre collèges dont 17 tenus par les Jésuites, dont l'ordre sera dissous par le pape Clément XIV cette année-là. Dans les Pays-Bas autrichiens, les écoles de l'ancien ordre Jésuite sont alors transformées en « Athénées Thérèsiens », du nom de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.

La période française

Sous l'administration d'Antoine Reinhard Falck, ministre de l'industrie, des colonies et de l'instruction publique, la loi du Royaume de Hollande de 1806 sur l'éducation est étendue aux Pays-Bas méridionaux : elle établit un enseignement primaire gratuit avec des instituteurs brevetés.

Le Royaume uni des Pays-Bas

vignette|L'université de Liège, fondée en 1817 au même titre que celle de Gand et de Louvain. La loi fondamentale du Royaume uni des Pays-Bas de 1815, dispose que . Le gouvernement néerlandais décide de développer l'enseignement dans ses « provinces belges ». Le , un arrêté royal parait, dont l'article 4 dispose de la création trois universités d'État (l'université de Gand, l'université d'État de Louvain et l'Université de Liège), de deux écoles de navigation (l'académie maritime d'Anvers et l'académie maritime d'Ostende), et de huit « athénées » : l', l'athénée royal de Bruges, l'athénée royal de Bruxelles, l'athénée de Luxembourg, l', l'athénée royal de Namur, l'athénée royal de Tournai. La plupart des professeurs sont belges mais il s'y ajoute des savants hollandais et allemands. Une association indépendante, la Maatschappij tot Nut van 't Algemeen (« Société d'utilité publique »), développe l'enseignement pour adultes et les bibliothèques populairesFrans Van Kalken, Histoire du royaume des Pays-Bas et de la révolution belge de 1830, Bruxelles, 1910, p. 57-59. L'académie des sciences et lettres de Bruxelles, créée par l'impératrice Marie-Thérèse au , est restaurée en 1816. Il s'y ajoute une société de philologie, les Scriptores rerum Belgicarum (l'actuelle Commission royale d'histoire), chargée de publier les documents d'histoire des anciennes provinces belgesFrans Van Kalken, Histoire du royaume des Pays-Bas et de la révolution belge de 1830, Bruxelles, 1910, p. 59-60.Séance solennelle du 8 novembre 1909. In: Bulletin de la Commission royale d'histoire. Académie royale de Belgique. Tome 78, 1909. pp. 65-124.. Le conservatoire, l'observatoire de Quetelet et le jardin botanique de Bruxelles datent aussi de cette époque.

Par des arrêtés royaux de 1822, 1824 et 1825, le gouvernement fait interdire d'ouvrir des écoles primaires à ceux qui ne seraient pas agréés ou sans son autorisation expresse, puis, à partir de 1825, il en fait de même pour des écoles latines, collèges ou athénées. Poursuivant sa doctrine visant à favoriser le protestantisme aux dépens du catholicisme, le roi Guillaume fait fermer les écoles des Frères chrétiens, les petits séminaires et les collèges catholiques sont progressivement supprimés. Un collège philosophique est créé avec pour objectif était de former les jeunes qui souhaitent devenir prêtre. Il impose également petit à petit le néerlandais comme unique langue dans l'enseignement officiel, ce qui fera d'ailleurs partie des causes de la révolution belge de 1830.

Après l'indépendance vignette|L'. Après la révolution belge puis l'indépendance, le gouvernement provisoire de Belgique abroge les arrêtés jugés entravant à la liberté d'enseignement et la liberté de religion. Le , un arrêté du gouvernement provisoire dispose que :

Cet arrêté est traduit et détaillé dans l'article 24 de la Constitution belge, à l'époque article 17, adoptée le .

Le un loi organise l'enseignement primaire en Belgique, imposant à chaque commune de disposer d'une école primaire sur son territoire. L'enseignement de la religion était obligatoire et les autorités catholiques avaient un droit de contrôle sur les cours et sur les livres scolaires mais les communes pouvaient mais il pouvait s'agir d'écoles privées.

Concernant l'enseignement secondaire, la « loi Rogier » du confirme ou promeut dix « athénées royaux » à ce titre, en prévoyant un dans le chef-lieu de chacune des neufs provinces de Belgique : on nomme donc cinq nouveaux athénées royaux en plus des cinq autres restant encore sur le territoire belge : l'athénée royal d'Arlon, l'athénée royal de Gand, l'athénée royal d'Hasselt, l'athénée royal de Mons et l'athénée royal de Liège. En plus, la loi prévoit la création d’une cinquantaine d’écoles de cycle court sur trois années : les « Écoles moyennes ». Ces deux types d'établissements étaient placés sous la direction du gouvernement belge qui y désignait les membres du personnel et fixait le programme des cours. Les Athénées Royaux comportaient alors deux sections : les humanités anciennes et les humanités professionnelles (scientifiques et commerciales), qui prennent ultérieurement le nom d’humanités modernes. Ils avaient pour mission de préparer les élèves aux études universitaires et de former des cadres supérieurs tandis que les Écoles Moyennes avaient comme objectif de former des cadres moyens.

La Belgique, nouveau et jeune pays, utilise ce système éducatif jusqu'en 1879 où éclate une crise majeure par l'antagonisme entre partis politiques quant à l'école : la première guerre scolaire. Une autre crise se produit en 1950, la deuxième guerre scolaire, qui prend fin en 1959 avec le Pacte scolaire.

En 1989, la troisième réforme de l’État belge transfère la compétence de l'enseignement aux communautés de Belgique. Cela entraine des conséquences majeures, comme des programmes scolaires différents ou encore des réformes qui peuvent être prises par une communauté mais pas l'autre. Parmi ces réformes, on trouve le « Pacte pour un Enseignement d’excellence » de la communauté française de Belgique, qui réorganise notamment le calendrier scolaire<. Ainsi, dès sa mise en place à la rentrée scolaire de 2022, les dates des congés scolaires varient d'une communauté à l'autre, entrainant de nombreuses problématiques pour les familles dont les enfants sont dans des écoles de communautés différentes, ce qui est particulièrement le cas autour de la frontière linguistique et autour de la région bilingue de Bruxelles-Capitale.

Organisation de l'enseignement en Belgique En Belgique, chaque école dépend d'un « pouvoir organisateur » (PO). Il s'agit de la personne physique ou morale ou de l'institution qui a la charge de l'organisation et la gestion de l'établissement scolaire.

Rôle du pouvoir fédéral Le état fédéral a peu de compétences en matière scolaire car elles ont été transmises aux Communautés lors de la Troisième réforme de l'État belge de 1989, sauf dans le cas de l'enseignement à domicile ou en écoles privées de personnes domiciliées en Région de Bruxelles-Capitale, où le pouvoir fédéral reste compétent. Il reste cependant garant du pacte scolaire, fixe les conditions minimales d'obtention des diplômes et s'occupe des pensions des enseignants.

Rôle des Communautés Depuis la Troisième réforme de l'État belge de 1989, ce sont les Communautés de Belgique qui organisent l'enseignement en Belgique dans le respect du pacte scolaire. Les Communautés subventionnent les établissements scolaires indépendamment du réseau (excepté le réseau privé ou indépendant qui ne reçoit aucun subside) et fixent un certain nombre de mesures (socles de compétences, inscriptions).

Les réseaux Deux grands réseaux éducatifs sont définis par le Pacte scolaire :

Le réseau officiel, où le pouvoir organisateur est une personne de droit public (historiquement l'État, actuellement remplacé par les trois communautés, ou la province ou la commune). Le réseau libre, où le pouvoir organisateur est une personne de droit privé. Le réseau libre est plus ou moins structuré en libre confessionnel (à grande majorité catholique) et libre non confessionnel (surtout présent dans l'enseignement supérieur). Un troisième réseau (très minoritaire) existe également : le réseau privé, où le pouvoir organisateur est une personne de droit privé, en l'occurrence l'autorité parentale, à laquelle l'article 24 de la Constitution garantit la liberté d'enseignement. L'enfant, dans ce cas, satisfait à l'obligation scolaire par un enseignement à domicile, financé par les parents, ou dans une école privée choisie par eux, l'État ne pouvant dès lors organiser son inspection qu'en tant qu'Autorité Publique contrôlant si cette scolarité libre n'enfreint pas l'ordre public et les bonnes mœurs. Néanmoins différents textes (décret, arrêté) visant à structurer un contrôle ont fait l'objet de contestations à la Cour constitutionnelle et au Conseil d'État, provoquant des annulations ou des corrections. Actuellement, après une assez longue période de vide, un nouveau décret s'est mis en place (Moniteur belge du ) qui, comme cela était arrivé jadis, a suscité, lui aussi, un nouveau recours (de plusieurs parties) en suspension et en annulation (requête déposée le par Maître R. Lefebvre). Ce type d'enseignement, d'après ce nouveau décret, devrait être validé par un examen officiel organisé par ce que l'on appelle le « jury central ».

Les réseaux sont fortement décentralisés, tant au niveau des matières que du recrutement des personnels.

Recrutement et formation des enseignants des deux réseaux principaux Les enseignants de l'école maternelle Il n'y a qu'une seule filière de formation pour devenir instituteur maternelle/préscolaire : l'enseignement supérieur de type court, dans la section normale préscolaire. Ces études sont organisées en un cycle de trois ans et permettent d'obtenir le titre d'instituteur préscolaire.

Remarque : les diplômés de l'école normale préscolaire peuvent suivre un an de formation supplémentaire pour pouvoir également donner les cours dans l'enseignement primaire.

Les enseignants de l'école primaire des deux principaux réseaux