Olivier Duhamel est un constitutionnaliste et politologue français, né le à Neuilly-sur-Seine.
Agrégé de droit public, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), il est spécialiste du droit constitutionnel, de la Cinquième République et de la gauche française. Jusqu'à fin 2010, il a été professeur dans les établissements suivants : l’université de Besançon, l’université Paris-Nanterre, l’université Panthéon-Sorbonne et à Sciences Po. Il est président de la Fondation nationale des sciences politiques de 2016 au .
Il occupe de nombreuses fonctions publiques et politiques, notamment comme conseiller de Daniel Mayer et Robert Badinter, présidents du Conseil constitutionnel (1983-1995), membre du comité consultatif pour la révision de la Constitution présidé par Georges Vedel (1993) et du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions présidé par Édouard Balladur (2007). Il est député européen socialiste entre 1997 et 2004.
Auteur de plusieurs documentaires pour la télévision, il intervient fréquemment dans les médias, en particulier comme éditorialiste sur Europe 1 et LCI. Il est éditeur au Seuil et chez Dalloz.
En , il admet avoir commis des viols et agressions sexuelles sur son beau-fils alors adolescent, à la suite d'accusations d'inceste portées contre lui par sa belle-fille Camille Kouchner. Il avait déjà démissionné en de toutes ses fonctions et était radié de l'ordre des avocats de Paris.
Situation personnelle Famille, jeunesse et formation Olivier Duhamel est le fils de Jacques Duhamel (1924-1977), qui fut directeur de cabinet du président du Conseil, le radical Edgar Faure., puis trois fois ministre sous la présidence de Georges Pompidou.
Sa mère, Colette Rousselot (1924-2008), travaille dans l'édition en 1952, lorsque son beau-père, Maurice Bourdel, lui cède, ainsi qu’à sa sœur Nadine Bolloré, une partie des actions qu’il détient dans les éditions de la Table ronde. Elle rencontre Claude Gallimard qu'elle épouse en secondes noces le à Paris..
Olivier Duhamel a trois frères : Jérôme (né en 1948, mort accidentellement en 1971) énarque, Stéphane (né en 1951), qui présida RTL puis La Provence, et Gilles (né en 1952), médecin, inspecteur général des affaires sociales.
Dans sa jeunesse, il voit passer des personnalités importantes chez ses parents, ce qu'il évoque dans une biographie de ses parents, intitulée Colette et Jacques, publiée en 2019..
Ses parents sont très proches de l'armateur Francis Fabre, président des Chargeurs réunis, et du couple Pierre et Hélène Lazareff qui les reçoivent régulièrement — avec Olivier Duhamel et ses frères — en même temps que d'autres personnalités, le dimanche dans leur propriété de LouveciennesYves Courrière, Pierre Lazareff ou le Vagabond de l'actualité, éditions Gallimard, « Biographies », 1995, , .
Il fait ses études supérieures à l'université de Paris (campus de Nanterre) de 1967 à 1973. Après une première année en sciences économiques, il poursuit par le droit. Licencié en droit puis diplômé d'études supérieures en droit public et en science politique.
Il est, en outre, diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris (1972, section Service Public).
Vie privée Olivier Duhamel est marié de 1974 à 1981 à Leïla Murat (née en 1953.), cousine de Salomé Murat (épouse d'Albin Chalandon), descendante des maréchaux et princes d’Empire Joachim Murat et Louis-Alexandre Berthier..
Il se remarie en 1987 avec la juriste et romancière Évelyne Pisier (déjà mère de trois enfants, issus d'un premier mariage avec Bernard Kouchner) et ensemble, ils adoptent deux enfants chiliens : une fille, Aurore, en 1987 et un garçon, Simon, en 1989. Évelyne Pisier relate cette expérience dans Une question d'âge, une « autobiographie fictionnée » publiée en 2005. Évelyne Pisier est la sœur de l'actrice Marie-France Pisier.
Il n'a aucun lien de parenté avec Alain Duhamel ou Patrice Duhamel..
Carrière Carrière universitaire et éditoriale thumb|left|Olivier Duhamel (à gauche) avec le directeur de Sciences Po Richard Descoings le , jour de son dernier cours donné à l'Institut. Olivier Duhamel devient assistant à l'université Paris X-Nanterre. Il y obtient son doctorat d'État en droit public en 1979 avec une thèse sur La Gauche et la République, dirigée par René de Lacharrière., dans laquelle il analyse le rejet originel, puis le ralliement de la gauche française aux institutions et aux pratiques créées par Charles de Gaulle.
Nommé professeur des universités à l'université de Besançon à la suite de son succès au concours d'agrégation de droit public en 1981, il est ensuite nommé à l'université Paris X-Nanterre (1984-1988), puis à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Il enseigne pendant plus de vingt-cinq ans à l'institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), assurant le cours d’institutions politiques en première année de 1986 à 2010, ainsi que différents cours sur la vie politique française, le droit constitutionnel et la politique comparée. Il y a notamment créé les premiers cours enrichis en ligne. Il annonce le qu'il ne fera plus de cours magistraux mais se consacrera à son activité de conseiller du directeur de Sciences Po. Il est désormais professeur émérite à Sciences Po.
Il est l'auteur de plusieurs manuels de droit constitutionnel (Droit constitutionnel et institutions politiques, un Dictionnaire constitutionnel, un ouvrage sur le bilan de la ) et a participé à une Histoire des idées politiques (1993) et au Dictionnaire des œuvres politiques (1995).
Membre du conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques (depuis 1995), l’organe de gouvernance qui a la responsabilité des grandes orientations stratégiques et de la gestion administrative et financière de Sciences Po, il en a été élu président le .. Le , Olivier Duhamel annonce sa démission à la suite d'accusations de viol sur mineur et d'inceste sur le fils de son épouse décédée, alors que celui-ci était âgé de moins de ..
Il est également : président du jury du prix Guy-Carcassonne du meilleur article constitutionnel, créé en 2014 ; président du conseil d'administration de Teach for France, depuis sa création en 2015 jusqu'à fin 2016 ; président du jury du prix Sciences Po de la photographie politique, qu'il a créé en 2017.
Aux éditions du Seuil, il est : cofondateur et codirecteur de publication, avec Philippe Ardant, de la revue d'études constitutionnelles et politiques Pouvoirs. ; directeur à partir de 1993 de la série « Textes politiques ».
Il est directeur depuis 2006 de la collection À savoir aux éditions Dalloz.
Il dirige également la publication annuelle de TNS Sofres L’État de l’opinion de 1984, avec Jérôme Jaffré jusqu’en 1997, Philippe Méchet de 1997 à 2003, Brice Teinturier de 2003 à 2010 et Édouard Lecerf jusqu'à l'arrêt de la collection en 2016.
Carrière politique et participation au débat public Olivier Duhamel est conseiller des présidents du Conseil constitutionnel Daniel Mayer puis Robert Badinter de 1983 à 1995., et membre du Comité consultatif pour la révision de la Constitution (« commission Vedel ») en 1992 et 1993.
vignette|redresse|Portrait d'Olivier Duhamel en tant que député européen (1999). En juin 1997, il devient député européen à la faveur de la nomination de Bernard Kouchner, son prédécesseur sur la liste des candidats élus du Parti socialiste aux élections européennes de juin 1994, comme secrétaire d'État à la Santé auprès de Martine Aubry ministre de l'Emploi et de la Solidarité, dans le gouvernement Jospin ; il siége jusqu'en 2004 dans le groupe du Parti socialiste européen. Auteur du rapport sur la constitutionnalisation des traités ()., il a été l'un des principaux contributeurs à la Convention européenne, où il a représenté le Parlement européen. Le PS ne l'ayant pas réinvesti pour les élections européennes de 2004, il quitte le parti.
Critique du fonctionnement de la Cinquième République et de ses tendances « monarchistes » (division des pouvoirs au profit de l’exécutif), il est depuis l'élection présidentielle de 2002 partisan d'une Sixième République et d'un système primo-ministériel, qu’il juge capable d’établir un équilibre institutionnel qui manquerait à la Cinquième République..
Il est l'auteur de l'article « Les 12 raisons de voter oui » au référendum du 29 mai 2005, dans la revue Sociétal, peu de temps avant la victoire du non au référendum sur le projet de Constitution européenne.
Il fait partie de l'équipe des anciens chercheurs et associés au CEVIPOF.
En 2007, il participe au Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, mis en place par le président de la République Nicolas Sarkozy et présidé par Édouard Balladur.
Il est vice-président du club Le Siècle de 2010 à 2012. Il en est le président de à ..
Ami avec François Hollande, il soutient aussi Emmanuel MacronPouvoir : L’affaire Duhamel, la chute de l’ami des puissants, vanityfair.fr, 6 janvier 2021. ; il lui fait passer plusieurs notes et participe à quelques meetings de campagne. Dans la revue Pouvoirs, il le compare au général de Gaulle.. Selon Le Monde, il est consulté sur la première mouture d’un plan de lutte en faveur de la laïcité – le futur projet de loi contre le séparatisme. Le , il fait un passage à la célébration de la qualification d'Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017 à La Rotonde.. « L’affaire Olivier Duhamel » est par la suite surveillée de près par Emmanuel Macron et son Premier ministre Édouard Philippe, l’opprobre qui touche Olivier Duhamel imposant .
Carrière d'avocat Olivier Duhamel est avocat au barreau de Paris et a prêté serment le Annuaire des avocats parisiens. Il est ensuite associé du cabinet d'avocats Veil Jourde., cabinet des fils de Simone Veil.
Il est membre du Club des juristes, un cercle de réflexion, créé à l'initiative de Nicolas Molfessis, réunissant une quarantaine de juristes, financé par des cabinets d’avocats et des grandes entreprises, présidé par l'avocat et ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve et auquel appartiennent également Jean Veil, Louis Vogel, Loïc Cadiet, Denys de Béchillon..
Le , le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Olivier Cousi, confirme qu'une enquête disciplinaire est engagée à son égard par le barreau de Paris.. En , il démissionne du Barreau de Paris. Le , il est radié de l'Ordre des avocats de Paris à la suite d'une procédure disciplinaire engagée par le conseil de l'ordre.
Carrière dans l'édition et les médias Responsable avec Jean-Luc Parodi de la collection « Recherches politiques » aux Presses universitaires de France, Olivier Duhamel la transfère aux éditions du Seuil en 1993, après la nomination de Pascal Gauchon, ancien responsable d'extrême droite, fondateur du Parti des forces nouvelles, à la tête de la collection « Major »..
Il tient pendant six ans, de 2004 à 2010, une chronique quotidienne sur l'actualité politique française et internationale dans le cadre des Matins de France Culture. Le , il annonce qu'il quitte les Matins, « pas de son fait », dit-il, regrettant de quitter sa radio favorite, « l'honneur du service public », pour rejoindre la radio .
À compter de 2007, il coanime l'émission Mediapolis le samedi à sur ; l'émission traite des relations entre les médias et le monde politique, l'émission qu'il présentait avec Catherine Nay est annulée le ..
L’été 2015, il présente la série Politiques fictions, et l’été 2016, la série Histoires de présidentielles, qui revisite par ce prisme la vie politique de 1958 à nos jours, et l’été 2017, la série « La folle présidentielle »La plupart de ces programmes peuvent être vus en podcasting sur europe1.fr.. En 2018 et 2019, il participe à la création de séries podcastées pour Europe 1, la première sur la naissance de la , la seconde sur les présidents dans la tourmente.