L'hôtel Porgès est un ancien hôtel particulier de Paris situé sur l'avenue Montaigne.
Histoire La Maison pompéienne est acquise en 1892 par le diamantaire Jules Porgès (1838-1921) qui se porte également acquéreur de la parcelle du 14, propriété de Pierre Jean Cros, petit terrain de qui supporte quelques modestes bâtiments. Il fait abattre le tout, non sans permettre à l'architecte Alfred-Nicolas Normand de prélever quelques éléments de son œuvre dont certains sont donnés à la Ville de ParisSelon André Becq de Fouquières : « Quelques vestiges, paraissant dignes d'être conservés, furent transportés à l'hôtel de Sully, rue Saint-Antoine » ()., et commande à l'architecte Ernest Sanson un vaste hôtel particulier où puisse s'exprimer la passion de son épouse, une jolie Viennoise née Anna Wodianer (1854-1937), pour le français.
L'hôtel présente sur l'avenue un mur orné de refends et percé de larges baies cintrées ainsi que de deux portes cochères surmontées de masques de lion. La cour d'honneur est de forme rectangulaire. Le principal corps de bâtiment est placé perpendiculairement à l'avenue et s'inspire étroitement du château d'Asnières, construit vers 1750 par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour le marquis de Voyer. Le rez-de-chaussée, orné de refends, est percé de baies légèrement arrondies en anse de panier, ornées d'agrafes, tandis que le premier étage présente de hautes fenêtres en plein cintre ornées de mascarons. Au-dessus d'une corniche à modillons, une balustrade de pierre agrémentée de groupes d'enfants et de vases dissimule en partie le comble mansardé. Sur le jardin, un avant-corps central en demi-lune sommé d'un fronton triangulaire orné d'un haut-relief allégorique est agrémenté d'un balcon de ferronnerie au premier étage et, au rez-de-chaussée, d'un long balcon supporté par des consoles sculptées et également agrémenté d'une rampe de ferronnerie terminé par deux escaliers permettant de descendre dans le jardin à la française orné d'une fabrique de treillage formant perspective, qu'Achille Duchêne a pu aménager en 1894 grâce à la démolition de bâtiments voisins. Sur la cour d'honneur, un perron mène à un vestibule rectangulaire, puis un second de plan carré précédant un vaste escalier d'honneur décoré de marbres et couvert d'une coupole. À gauche se trouvent une salle de billard et la chambre de Jules Porges et à droite les appartements de son épouse et de sa fille. Au premier étage, la galerie de tableaux, renfermant une collection réputée comptant plusieurs toiles de Rubens, Van Dyck, Rembrandt, Brueghel de Velours et Le Lorrain, est disposée parallèlement à l'avenue Montaigne, à proximité d'une vaste salle de bal. Un ascenseur dessert l'ensemble des niveaux.
Les écuries, la sellerie ainsi que des logements de domestiques sont aménagés au 40 rue Jean-Goujon. Selon l'architecte, la construction revient à la somme de de francs. D'après André Becq de Fouquières : André Becq de Fouquières, Cinquante ans de panache, Paris, Pierre Horay, 1951, 315. Selon le même auteur : « Le banquier Jules Porgès commanda à Samson (sic), l'architecte élu alors par le gratin, l'hôtel qui devait remplacer la Maison Pompéïenne. Hôtel qu'on voit encore aujourd'hui, mais déshonoré par le blockhaus que les Allemands y ont dressé pendant l'occupation. Inexpugnable, l'énorme monstre de béton n'aurait pu être dynamité sans danger pour les demeures voisines. L'hôtel Porgès connut une période brillante. La maîtresse de maison donnait des fêtes somptueuses, accueillant avec une infinie bonne grâce ses invités en haut du magnifique escalier de marbre. Tout se déroulait selon les rites d'une cérémonie assez pompeuse, mais ce que ces réunions eussent pu avoir d'un peu solennel était joyeusement animé par la présence de l'ambassadeur de la Double Monarchie, le comte de Khevenhuller, hôte régulier et plein de séduction de Porgès, par les jeunes diplomates austro-hongrois, tous incomparables valseurs, par l'ami espagnol de la maison, le comte de Casa-Sedano, qui apportait là sa bonne humeur et son entrain. Au cours d'une de ces soirées, je conduisis le cotillon avec la fille de Porgès, la marquise de La Ferté-Meun. Après la mort de Porgès, l'hôtel fut vendu, puis ce fut la guerre. » ().
Après le décès de Porgès en 1937, l'hôtel est vendu. Dans les années 1960, il est rasé et remplacé par un immeuble moderne.
Bibliographie .
Notes et références
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Porges