Les combats de la campagne de Birmanie en 1944 sont les plus intenses du théâtre du Sud-Est Asiatique pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont lieu aux frontières entre la Birmanie et l’Inde et entre la Birmanie et la Chine, ils impliquent le britannique, les forces chinoises et américaines contre les forces de l’empire du Japon et de l’armée nationale indienne. Les forces du Commonwealth britannique proviennent surtout du Royaume-Uni, de l’Inde et de l’Afrique.
Les Alliés ont surmonté leurs difficultés organisationnelles et logistiques, qui ont nui à leurs efforts initiaux, ils sont fin prêts à envahir la Birmanie occupée par le Japon, depuis plusieurs points d’entrées largement espacés. Les Japonais retardent cette invasion en élaborant leur propre offensive sur l’Inde, une offensive qui a une portée beaucoup plus grande que prévu au départ. À la fin de 1944, les Alliés font des gains significatifs surtout à l’extrême nord-est de la Birmanie, l’attaque des Japonais sur l’Inde est un désastre, comptant un très grand nombre de victimes. Ce qui a pour effet de rendre la défense de la Birmanie par les Japonais extrêmement difficile, face aux attaques répétées des Alliés, l’année suivante.
Les plans Plans alliés
En , les Alliés créent le Commandement du l’Asie du Sud-Est (SEAC) un nouveau commandement consolidé pour le théâtre du sud-est asiatique. Son commandant est Louis Mountbatten. Ce qui amène un nouveau sens à l’objectif et en novembre le SEAC prend la responsabilité de la Birmanie, la armée britannique est prête à prendre l’offensive. Ce revirement exceptionnel de l’efficacité de la armée est généralement attribué au commandement du lieutenant général William Slim. Il met en place l’utilisation de médications contre la malaria, et plus généralement l’emphase est mise sur la santé des troupes. Il établit aussi une formation spéciale, pour les combats en milieux tropicaux, il rétablit la confiance de soi aux troupes, en gagnant des victoires faciles et développe l’infrastructure militaire localeKeegan (ed) Références 243-255..
Les efforts de Slim sont grandement aidés par l’amélioration des lignes de ravitaillements des Alliés. En , la capacité des lignes ferroviaires du Nord-Est de l’Inde passent de par jour au début de la guerre à par jour. La supériorité de la est établie, ce qui permet aux Alliés d’élaborer de nouvelles tactiques, reposant sur le ravitaillement aérien des troupes.
Le SEAC doit prendre en compte différentes possibilités de plans offensifs adverses. L’amiral Mountbatten, ayant une expérience d’officier naval, il a déjà servi aux Quartiers Généraux des Opérations Combinées, favorise un débarquement amphibie. Le premier de ceux-ci devant avoir lieu aux îles Andaman (Opération « »), mais les barges de débarquement assignées à l’opération sont rappelées en Europe pour le débarquement de Normandie.
En 1943, une attaque britannique sur la province côtière de Arakan avait été sévèrement repoussée. Ayant été complètement réorganisé, le corps indien se prépare à renouveler son offensive. Encore une fois, une opération limitée, destinée à supporter cette attaque, a dû être abandonnée à cause du manque de barges de débarquement et ainsi qu’à d’autres considérations maritimes. thumb|left|250px|Colonne Chindits pendant l’opération Longcloth. La raison d’être de la présence américaine sur ce théâtre des opérations est de maintenir la ligne de ravitaillement vers la république de Chine sous la gouverne de Chiang Kai-shek. Ils ont établi une route de ravitaillement aérienne, connue sous le nom de () la Bosse, survolant l’Himalaya. Les troupes chinoises qui avaient dû se retirer vers l’Inde en 1942, sont rééquipées et formées par une mission américaine sous le commandement du lieutenant général Joseph Stilwell. Une des missions de Stilwell est la construction de la route de Birmanie, afin de relier l’Inde à la Chine par voie terrestre, bien que certains dirigeants britanniques soient sceptiques sur la raison d’être de cette route ainsi que sur les efforts consentis à sa construction. Au début 1944, la route est construite jusqu’aux montagnes de Patkai, et Stilwell se prépare à poursuivre la construction jusqu’à Kamaing et Myitkyina.
Chiang Kai-shek consent à élaborer une offensive en Birmanie depuis la province chinoise de Yunnan. Lorsque le débarquement aux îles Andaman est annulé, il prétend un bris de confiance, et annule l’offensive venant du Yunnan, il revient sur cette décision un peu plus tard.
À la suite de l’opération « Longcloth » en 1943, le major général britannique Orde Charles Wingate avait obtenu l’accord pour une force de pénétration longue portée, connue sous le nom de Chindits. Slim s'est opposé à celle-ci, croyant qu’elle puiserait beaucoup trop dans ses effectifs. Sous la pression de Winston Churchill, Wingate obtient finalement gain de cause. Les Chindits, maintenant connus sous l’appellation de la division d’infanterie indienne, ont maintenant la responsabilité d’assister Stilwell, en perturbant les lignes de ravitaillement japonaises du front nord.
Le plan original de Wingate est de capturer un terrain d’aviation ennemi à Indaw, et de l’occuper par une division d’infanterie, afin qu’il devienne la base pour de futurs raids des Chindits. Cette deuxième partie ne sera pas mise en placeSlim, , 218..
Les plans alliés pour 1944 sont réduits à : une offensive de Stilweel et des troupes chinoises vers Ledo ; l’opération Chindit en support de Stilwell ; une nouvelle attaque terrestre à Arakan ; et une offensive, imprécise au-delà de la rivière Chindwin vers Imphal en support aux autres opérations.
Plans japonais thumb|right|125px|Subhas Chandra Bose. Au même moment où les Alliés établissent le SEAC, les Japonais mutent le commandant en Birmanie, le lieutenant général Shojiro Iida, et créent un nouveau quartier général, l’armée régionale de Birmanie, sous le commandement du lieutenant général Masakazu Kawabe, la armée au nord-est et la au sud-ouest lui sont subordonnées.
Par hasard ou volontairement, le nouveau commandant de la armée, le lieutenant général Renya Mutaguchi, a joué un rôle majeur dans les récentes victoires japonaises. Il tient à monter une offensive contre l’Inde. L’armée régionale de Birmanie s’oppose à ce plan, mais Mutaguchi persiste et réussit à convaincre les officiers du groupe de l’armée expéditionnaire méridionale, basée à Singapour, le quartier général de toutes les forces déployées dans le sud de l’Asie. Finalement le quartier général de Tokyo approuve les plans de Mutaguchi. Ni Kawabe, ni le maréchal Hisaichi Terauchi, commandant l’armée expéditionnaire méridionale, n’ont l’occasion d’imposer leur veto au plan, ils n’ont aucun contrôle sur les opérations, une fois celles-ci enclenchées.
Les Japonais sont influencés, jusqu’à un certain point par Subhas Chandra Bose, le commandant de l’armée nationale indienne. Cette armée est principalement composée de soldats indiens, capturés en Malaisie ou à Singapour, et des fermiers tamouls vivant en Malaisie. À l’initiative de Bose, une contingent important se joint à la « marche vers Delhi ». Mutaguchi et Bose soulignent les avantages et les possibles gains qu’apporteraient une attaque victorieuse sur l’Inde. C’est avec inquiétude de la part de certains supérieurs de Mutaguchi, ainsi que certains de ses subordonnés que l’opération U-Go est lancéeAllen, , 157-170..
Le front du nord thumb|left|200px|Les opérations de Stilwell au nord de la Birmanie. Les forces de Stilwell, le commandement de combat région nord, sont principalement constituées de deux divisions chinoises équipées de matériels américains, des blindés légers de type Stuart M3 et d’une brigade de pénétration longue portée américaine, connue sous le nom de « » tiré du nom de leur commandant. Trois divisions chinoises sont plus tard aéroportées de Yunnan pour consolider les forces de Stilwell à Ledo.
En , la division chinoise dirigée par Sun Li-jen commence une avancée de Ledo vers Shinbwiyang, pendant que les ingénieurs américains assistés de fermiers indiens, prolongent la route de Birmanie derrière eux. La armée impériale japonaise se dirige vers Chindwin pour les stopper, mais ils ne sont pas de taille. À chaque confrontation entre les et division chinoises et les troupes japonaises, les forces des sont utilisées pour déborder les positions japonaises, en traversant la jungle. Une technique qui a bien servi les Japonais jusqu’à cette date, mais qui est maintenant utilisée par les Alliés, qui apprennent l’art de la guerre dans la jungle. Si la division chinoise avait été un peu plus rapide à joindre les à Walawbum un encerclement de la division japonaise aurait été possible.
En plus de repousser les Japonais, les Alliés réutilisent les routes construites par les Japonais afin de réapprovisionner la division, pour accélérer la construction de la route de Birmanie.
La seconde expédition Chindit L’opération « jeudi » () des Chindits a pour mission de soutenir l’avance de Stilweel en interceptant les lignes de ravitaillement japonaises dans la région de Indaw. Le , le brigadier Bernard Fergusson et la brigade d’infanterie partent de Ledo pour la Birmanie. Ils réussissent à traverser un terrain très inhospitalier et pour cette raison sans doute, non surveillé par les Japonais et ainsi pénètrent profondément les arrières japonais. Au début de mars, trois autres brigades sont aéroportées derrière les lignes japonaises par les l’armée de l’air américaine, le « », ils y établissent des bastions sur la plupart des routes terrestres et ferroviaires, qui relient le front du nord. Durant les trois prochains mois, les Chindits sont impliqués dans plusieurs affrontements sérieux avec l’ennemi.
Le brigadier Michael Calvert de la brigade d’infanterie indienne, défend avec succès une des zones d’atterrissage, du nom de code de « », il bloque une route et une voie ferroviaire à Mawlu, au nord de Indaw. Cette position du nom de code de « » (La ville blanche), est tenue pendant plusieurs semaines. Les voies de communications vers le front nord japonais n’ont pas toutes été bloquées, seul, un bataillon Chindit est opérationnel sur la route de Bhamo à Myitkyina, et surtout, cette section est à l’extérieur de la couverture de support aérien.
Le , la brigade de Fergusson essaie de capturer un terrain d’aviation à Indaw, mais ils sont repoussés, et la brigade, épuisée, est retirée vers l’Inde. La même journée, Wingate, le commandant des Chindits meurt dans un accident d’avion. Le brigadier Joe Lentaigne anciennement de la brigade d’infanterie indienne, le remplace.
Le , le contrôle des Chindits passe de la armée de Slim à Stilweel. Les Chindits évacuent « » et « » laissent les arrières japonais et se dirigent vers les nouvelles bases, plus près du front occupé par Stillwell. On leur donne de nouvelles tâches, pour lesquelles ils ne sont pas équipés. Au même moment, les Japonais remplacent leurs forces de défense arrière, la armée, par la division, contre les Chindits.
La brigade de Calvert, capture Mogaung après un siège qui se termine le , mais en perdant 50 % de son effectif. La brigade essaie de bloquer la route et le chemin de fer près de Hopin, l’opération « », mais ils doivent se retirer. À la fin de cette campagne, les Chindits comptent et . La moitié des survivants ont dû ultérieurement être hospitalisés avec une diète spéciale.
Le front de Yunnan
thumb|right|200px|Une section de la « Route de Birmanie ». Les forces chinoises sur le front de Yunnan attaquent avec près de durant la deuxième semaine d’avril, ils traversent la rivière Salouen sur un front de . Durant quelques jours, une douzaine de divisions chinoises du corps expéditionnaire chinois, soit , sous le commandement du général Wei Lihuang, attaquent la division japonaise. Les forces japonaises doivent maintenant composer avec deux fronts, les Alliés au Nord-Ouest et les Chinois nationalistes au Nord-Est.