vignette|Carte actuelle du Ghana. Le Ghana est nommé d'après l'empire existant au Moyen Âge en Afrique de l'Ouest, l'Empire du Ghana. Cet Empire a lui-même été désigné en Europe et en Arabie, comme l'Empire du Ghana, d'après le titre de son empereur, le Ghana. L'Empire semble avoir été brisé en 1076 à la suite de la conquête du général almoravide Abou Bakr ben Omar. Un royaume a continué à exister après la fin de la dictature almoravide, et le royaume a été incorporé ultérieurement aux empires sahéliens, comme l'Empire du Mali.

Une grande partie de la zone a été unifiée sous l'Empire ashanti au . Les gouvernements Ashanti fonctionnent d'abord comme un réseau lâche puis mettent en place progressivement une bureaucratie centralisée, avec comme capitale Kumasi. Les puissances coloniales sont attirées par ce territoire pour le commerce d'or puis la traite d'esclaves. Ce pays accède à l’indépendance dès 1957.

Préhistoire et Antiquité Des fouilles archéologiques attestent que la côte de l'actuel Ghana est habitée dès le début de l'âge du bronze, vers -4000 par des peuples pratiquant la pêche dans les lagons et rivières. Le centre du pays, au nord de la zone forestière, a pu être colonisé entre le et le millénaire par des hommes venus du bassin du Niger. Comme dans la plus grande partie de l'Afrique subsaharienne, l'agriculture s'y répand jusqu'à la fin du à partir de la frange sud du Sahara.

Parmi les sites archéologiques notables du néolithique se trouvent les cultures dites de Buobini (ou Punpun), le complexe de Kintampo et de Ntereso. Les fouilles révèlent des résidus de fonte de fer datant du début du millénaire Sur base de la tradition orale recueillie dans la région de Begho, l'anthropologue M. Posnansky suppose une continuité de l'occupation humaine depuis la culture de Kintampo. En effet, les mythes originels des États voisins mentionnent différents emplacements qui se révèlent être des sites archéologiques Kintampo.

Les fouilles archéologiques réalisées en 1986 sur les sites d'Asantemanso associés au commencement de l'histoire Ashantis révèlent des datations au carbone 14 qui remettent en question les hypothèses actuelles sur les migrations Akan et l'origine des Guan. En effet, ces fouilles démontrent que le site est occupé dès le début du second millénaire et accueille plusieurs milliers d'habitants. Certaines datations remontent à plusieurs siècles avant J.-C. Des fragments de poterie et d'outils en fer sont également trouvés, permettant d'envisager une activité agricole sédentaire plus ancienne qu'envisagé jusqu'alors. De plus, les motifs décoratifs de ces poteries sont retrouvés en grand nombre dans la vallée de Birim peuplée de Guan. Les auteurs ne se prononcent pas sur l'identité des habitants de la région, mais émettent l'hypothèse des Guan. Cette hypothèse remet en question l'histoire du peuplement de la région et les relations entre les Guan et les premiers Akan.

Moyen Âge et Renaissance vignette|droite|300px|Carte des successeurs de l'empire du Ghana (vers 1200).

Migrations À la fin de l'ère classique, plusieurs royaumes émergent en Afrique de l'Ouest, dont l'empire soninké du Ghana au nord du Ghana actuel. À l'origine, le titre ghana ne désigne que le roi, mais les textes arabes l'emploient pour parler du roi, de la capitale et du royaume lui-même. Au , l'historien et géographe arabe Al-Yaqubi désigne le Ghana comme l'un des trois États les plus organisés de la région avec Gao et le royaume du Kanem-Bornou. Il fait état de la richesse en or du royaume, de l'opulence de sa cour et de l'habileté de ses guerriers. Le commerce de l'or y attire de nombreux marchands d'Afrique du Nord. La puissance militaire et le contrôle sur les mines d'or de la région déterminent les relations du Ghana avec l'Afrique du Nord et la Méditerranée pour plusieurs siècles. Al-Bakri (1014-1094), compilateur andalou décrit le royaume à l'époque du roi Tankâminîn (Aoukar, Royaume du Ouagadou, Koumbi Saleh, Empire du Ghana).

Entre le et , la région traverse plusieurs changements importants : d'importants mouvements démographiques vers le centre et le sud, l'émergence de nouveaux États, le développement de centres de commerce en lien avec les villes du Niger, la diffusion vers le sud de nouvelles techniques (tissage du coton, fonte du cuivre, etc.) et la différenciation linguistique. Ces changements prennent racine dans trois facteurs. Premièrement, l'expansion du commerce et de la demande en or à la fin du . Deuxièmement, d'importants sécheresses durant le et le qui poussent les populations à chercher de nouvelles terres arables. Enfin, la peste noire qui traverse le Sahara et pousse les populations vers le Sud.

Premiers États Akans Le royaume de Bono s'établit au à la lisière de la région forestière du Ghana, entre les petits États Akan du Sud et les royaumes mossi. Une carte néerlandaise de 1629 précise au sujet du royaume . Le terme Bono signifierait pionnier, cependant la tradition orale pense également que ce nom provient de Boo (en akan, trou), en accord avec la légendes sur les origines des fondateurs du royaumes sortis d'un trou dans le sol à Amuowi. Au , le royaume de Bono est un centre d'activités commerciales en plein essor.

Le développement du commerce encourage l'apparition d'États Akans sur la route menant aux mines du sud à travers la forêt. La forêt elle-même n'est que peu densément peuplée jusqu'à la fin du , lorsque quelques groupes Akan s'y installent en y amenant des plants de sorgho, de banane et de manioc importés d'Asie du Sud-Est et d'Amérique. Au début du , des sources européennes mentionnent l'existence d'États riches en or dans la vallée de l'Ofin.

À la même époque, les Mandingues qui avaient fondé les États Haoussas dans le nord de l'actuel Nigeria et près du lac Tchad émigrent vers le sud-ouest et s'imposent aux peuples indigènes occupant alors le nord du Ghana et du Burkina Faso actuels. Ils y fondent les États de Dagombas et de Mamprusi, et influencent le développement du Gonja.

Tant la tradition orale que les fouilles archéologiques semblent s'accorder sur le fait que les États de Mamprusi, Dagombas et Gonja, ainsi que les États Mossi de Yatenga et Wagadugu sont parmi les premiers royaumes à émerger au Ghana moderne et sont bien établis au tournant du . Les Mossi et les Gonja adoptent la langue des peuples qu'ils avaient envahi, mais conservent leurs traditions dont quelques-unes témoignent encore aujourd'hui de leur origine septentrionale.

Le premier état Akan date du début du et correspond à l’Ashanti. Les Dioula, commerçants d’ethnie Manding viennent y acheter l’or. Au apparaissent, sur la côte le royaume de Denkyira et un peu au nord le royaume Ashanti et son premier souverain Obiri Yeboa, dont le successeur Osei Tutu Ier remporte une série de victoires contre les états voisins. Selon les récits traditionnels, c’est lui qui reçoit du ciel, par l’intermédiaire d’un devin célèbre, Okomfo Anokye, le trône d’or, symbole de la puissance des rois ashanti, sur lequel était répandu le sang des prisonniers capturés au combat et sacrifiésLes cinquante Afriques, Hervé Bourges et Claude Wauthier, Seuil, (1978), page 578.

La tradition veut que le royaume Gonja soit fondé par des cavaliers venant du Mali, qui s’inquiètent de voir diminuer la quantité d’or que le royaume de Bono fournit aux Dioula. La raison en est que de nouveaux acquéreurs étaient apparus sur la côte, les européens.

Empire ashanti (1670/1701–1902, 1935–1957)

À la suite de la bataille de Feyiase en 1701, la confédération Ashanti subjugue le royaume de Denkyira et ouvre la voie à l'établissement de l'hégémonie ashantie. L'expansion de cet empire se perpétue jusqu'à son paroxysme sous le règne d'Osei Bonsu. Il décline au travers des différentes guerres anglo-ashanti avant de se soumettre en 1874. Le traité de Fomena prévoit le démembrement de l'Empire à la suite de la chute de Kumasi.

Colonisation Européenne

Attractivité commerciale Dès le , l'extraction de l'or est en plein essor dans la région, sur base de techniques provenant des gisements soudanais de Bambouk et de Bure. Dès le début de la colonisation portugaise, le commerce de l'or rend la côte attractive au point de prendre le nom de Côte de l'Or. Au début du , une de leurs cartes dresse la liste des commerçants provenant de l'intérieur du territoire et rejoignant Elmina. Parmi ceux-ci se trouvent de nombreux marchands des États intérieurs tels que les Adansi, les Begho, les Bono ou encore les marchands de Techiman. Les portugais dénombrent également sept autres royaumes, potentiellement Guan, dont le Tafo, dans l'actuel Kumasi, qui est considéré par les Portugais comme l'un des plus importants centres de production d'or de la région.

Les marchands échangent l'or contre des esclaves qui permettent de renforcer la main d'oeuvre des États intérieurs occupés à défricher la forêt pour augmenter les parcelles de terres cultivables. Entre 1500 et 1535, une estimation du nombre d'esclaves échangés s'élève de à pour le fort d'Elmina, sans tenir compte du commerce effectué avec les contrebandiers ou les piroguiers.

Les échanges avec les Européens ne provoquent toutefois pas un chamboulement direct des activités commerciales dans l'ensemble du territoire. Ces échanges renforcent les États côtiers et provoquent l'émergence de Birampon (Grands Hommes) qui gagnent en indépendance en devenant intermédiaires commerciaux avec les États Akans de l'intérieur du territoire. Ces États situés à l’intérieur développent alors essentiellement les voies commerciales avec les Malinkés, mais la présence des Européens leur offre une voie commerciale supplémentaire. Cependant, les effets économiques et sociaux relèvent de l'introduction de nouvelles plantes et cultures qui entraînent la transformation de la production agricole.

Les États africains de la côte et de l'intérieur profitent également de la concurrence entre les Européens lors de négociation de traités commerciaux. Ils jouent de ces rivalités afin de tirer le meilleur profit du début de la colonisation jusqu'à la fin de l'hégémonie commerciale ashantie au .

Période coloniale portugaise : Côte-de-l'Or portugaise (1482-1642) vignette|droite|311x311px|Représentation portugaise du comptoir d'Elmina vers 1500.

vignette|Le fort de traite portugais d'Elmina, sur la Côte de l'Or, entre 1610 et 1624. En 1471, les Portugais débarquent sur la côte du futur Ghana, qui reçoit par la suite le nom de Gold Coast (Côte-de-l’Or). En 1482, ils fondent un premier comptoir commercial à São Jorge da Mina, là où se situe actuellement la forteresse Elmina. Les Portugais se lancent dans le commerce de l’or, et la région devient le premier fournisseur de l’Europe. Ils gardent ensuite le monopole de ce commerce pendant plus d’un siècle et demi, jusque vers 1650. Ils se lancent également dans le commerce des esclaves, commerce plus rentable encore que celui de l’or, qu’il supplante bientôt en importance dès la seconde moitié du . Ils fondent El Mina, véritable base militaire, à partir de laquelle les Portugais imposent leur volonté aux ethnies côtières, afin qu´elles leur fournissent or et esclaves.

Toutefois, pour faire un lien avec le passé historique de la Côte-de-l’Or, il ne faudrait pas non plus croire que les Portugais ont inventé ces commerces de l’or et des esclaves. Bien au contraire, additionné aux commerces du sel et cuivre, notamment, des assises économiques bien concrètes existaient déjà dans la région. Comme le décrit Jean-Michel Deveau dans son ouvrage sur l’impact économique de l’impérialisme portugais sur la Côte-de-l’Or : .