Stefan Bengt Edberg, né le à Västervik, est un joueur de tennis suédois.

Professionnel de 1983 à 1996, il a remporté 41 titres en simple messieurs, dont six titres du Grand Chelem et un Masters, ainsi que 18 titres en double, incluant trois titres du Grand Chelem et deux Masters.

Adepte du service-volée, il devient champion olympique lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, mais tout comme Steffi Graf chez les dames, cette victoire ne sera pas reconnue comme majeure, le tennis étant alors réintroduit en tant que sport de démonstration. Il s'adjuge néanmoins la médaille de bronze en simple et en double messieurs aux JO de Séoul quatre ans plus tard.

Auteur d'un Grand chelem de finales en carrière en 1991, lors de l'US Open, Edberg atteint le classement de mondial un an plus tôt, en 1990, et achèvera deux saisons à ce rang, en 1990 et 1991, pour un total de 72 semaines cumulées. Il est d'ailleurs un des trois seuls joueurs, avec John Newcombe et John McEnroe, à avoir été numéro un mondial en simple et en double messieurs. Il est désigné par l'ATP joueur de l'année en 1990 et 1991 et reçoit à cinq reprises, en 1988, 1989, 1990, 1992 et 1995, le Sportsmanship Award, récompensant le joueur le plus fairplay. Ce trophée sera d'ailleurs rebaptisé à son nom en 1996.

Il remporte la Coupe Davis à quatre reprises avec l'équipe de Suède, en 1984, 1985, 1987 et 1994.

De 2014 à fin 2015, il sera l'entraîneur du champion suisse Roger Federer.

Considéré comme l'un des plus grands joueurs des années 1980 et 1990 , Stefan Edberg fait son entrée au International Tennis Hall of Fame en 2004.

Carrière

Bien que Suédois, Stefan Edberg est l'antithèse de ses illustres compatriotes Björn Borg et Mats Wilander. Au lieu de pratiquer un jeu de défense et de contre, Edberg est un adepte du service-volée cher à John McEnroe.

Comme Pete Sampras, Stefan Edberg possédait à l'origine un revers à deux mains. Il est un des exemples les plus saisissants des joueurs ayant réussi une mutation profonde de leur jeu : sous l'impulsion de son entraîneur suédois Percy Rosberg, il passe à 15 ans à un revers à une main qui sera considéré comme l'un des plus beaux du circuit masculin des années 1980 et 1990. Constatant que son coup droit ne lui permet pas de devenir un bon joueur de fond du court, Stefan Edberg sera un attaquant enchaînant systématiquement service-volée.

En junior, il est considéré comme la référence, même pour son futur adversaire Boris Becker, qui le qualifie à cette époque-là d'« injouable »cf. Boris Becker, Sans filet, 2004..

1983 : Grand Chelem junior Il devient professionnel en 1983 après avoir remporté la plupart des grands titres junior comme l'Orange Bowl en 1982 (sorte de Masters pour les cadets-juniors) et surtout en réalisant le premier Grand Chelem chez les Juniors, une performance inégalée à ce jour (que ce soit chez les filles ou les garçons)« Roland-Garros : ces juniors qui ne grandissent jamais » dans La Croix du juin 2016.. Lors de sa demi-finale de l'US Open junior le , il affronte Patrick McEnroe. L'un des arbitres de ligne, Richard Wertheim, 61 ans, cherchant à éviter la balle d'un premier service du Suédois, est finalement touché à l'aine, tombe à terre et se fracture le crâne en heurtant le sol en ciment. L'arbitre décède 5 jours plus tard d'un hématome sous-dural. Edberg déclarera par la suite avoir envisagé de mettre fin à sa carrière à la suite de cet accidentLe joueur de tennis Stefan Edberg a tué un arbitre de ligne avec son service En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/6037875/le-joueur-de-tennis-stefan-edberg-a-tue-un-arbitre-de-ligne-avec-son-service/#RD6Ga8YY3EDzi0Qs.99. La famille de l'arbitre poursuivra en justice l'United States Tennis Association pour un montant de 2,25 millions de dollars.

1985-1987 : la montée en puissance

Edberg commence réellement sa carrière professionnelle en 1984 avec comme entraîneur l'Anglais Tony Pickard. Il décroche un premier titre à Milan en battant en finale son compatriote Mats Wilander et remporte la médaille d'or en simple aux Jeux olympiques de Los Angeles, où le tennis était un sport de démonstration et réservé aux moins de 20 ans. Mais c'est en 1985 sur le gazon de Kooyong à l'Open d'Australie qu'il marque les esprits, en sauvant deux balles de match en huitièmes de finale contre Wally Masur et en remportant ensuite le titre, son premier en Grand Chelem, face à Wilander (6-4, 6-3, 6-3). Pourtant, la véritable révélation de l'année 1985 n'est autre que son éternel adversaire, l'Allemand Boris Becker, qui a remporté quelques mois avant lui le titre à Wimbledon. Les deux juniors ont confirmé la même année leur adaptation rapide chez les seniors et ce au plus haut niveau.

Stefan Edberg brille également en double aux côtés d'Anders Järryd. Les Suédois remportent les Masters de double messieurs 1985 et 1986. Ils échouent par contre en finale de Roland-Garros 1986, où l'ambiance lors la remise des trophées fut lourde. En effet, les Suédois, de nature fair-play, contestèrent la balle de match qui aurait été selon eux une faute d'arbitrage, dans un match très serré se terminant à 14-12 au cinquième set.

Au premier tour de Wimbledon 1987, il inflige à Stefan Eriksson le troisième 6-0, 6-0, 6-0 de l'ère Open en Grand Chelem (5 en tout, 1 en 1968 et 1993 et 2 en 1987) et le seul sur le gazon britannique.

Edberg conserve son titre australien en remportant à nouveau l'édition 1987, celle de 1986 n'ayant pas eu lieu pour cause de changement de calendrier. Il bat cette fois le régional de l'étape, l'Australien Pat Cash en 5 sets 6-4, 6-3, 3-6, 5-7, 6-3. Il atteint cette année-là la mondiale et remporte 7 titres. Il devient également mondial de double et remporte, toujours avec son compatriote Anders Järryd, les titres à l'US Open et à l'Open d'Australie.

1988 : victoire à Wimbledon

La consécration arrive en 1988. Arrivé en finale de Wimbledon, après avoir frôlé la défaite en demi-finale contre le Tchécoslovaque Miloslav Mečíř, Edberg retrouve Boris Becker pour la première fois dans une grande finale. En , Becker reste invaincu sur le Center Court de Wimbledon, puisqu'après ses deux titres de 1985 et 1986, Boris avait été éliminé en 1987 sur le court . La finale de Wimbledon 1988 se joue sur deux jours en se finissant le lundi à cause de mauvaises conditions météo.

Alors qu'il mène 3-0, balle de 4-0, Edberg s'effondre dans la première manche qu'il laisse à Becker 4-6. Il s'accroche au second set et parvient à l'emporter au tie-break 7/6. Le public londonien, à l'origine tout acquis à la cause de Boris Becker, surnommé "Boum-Boum", commence à gronder contre les colères de ce dernier. De plus en plus agressif et confiant en retour, Edberg enlève les deux sets suivants 6-4, 6-2, devant un public visiblement aussi ravi que lors de la victoire de Becker en 1985.

Pour les deux duettistes que sont Edberg et Becker, l'année 1989 à venir constitue déjà le sommet de leur carrière qui durera 3 ans. Ivan Lendl est le seul de l'ancienne génération à les empêcher d'atteindre la première place mondiale. Après un petit chelem en 1988, Mats Wilander entame un long déclin, John McEnroe ne joue plus que rarement les premiers rôles, alors que la relève américaine, symbolisée par Andre Agassi, commence son ascension.

1989 : le regret Roland-Garros

Edberg est, d'après certains observateurs, le favori pour le titre en Australie à la vue de son niveau de jeu. Mais il se blesse au dos lors de son match contre Pat Cash et doit déclarer forfait pour son 1/4 de finale contre Thomas Muster.

À Roland-Garros, Edberg profite d'un climat sec qui rend la terre battue un peu plus favorable qu'à l'habitude aux attaquants. Il arrive en 1/4 de finale en n'ayant perdu qu'un set et affronte l'Argentin Alberto Mancini, récent vainqueur de Monte Carlo et Rome. Malgré une terre lourde ce jour-là à cause de la pluie, Edberg s'impose en 3 sets et retrouve Becker en demi-finale. La version terre battue de la finale de Wimbledon 1988 est d'abord dominée par un Edberg qui pilonne le revers de Becker. Puis celui-ci se met à frapper plus fort sa première balle et profite d'une baisse de régime d'Edberg pour empocher les deux manches suivantes. Arrivé au , Edberg arrive à dérégler de nouveau le revers de Becker et réussit ses volées. En soirée, il s'impose 6-2 après avoir joué de nombreuses balles sur la ligne, ce que Becker n'oublie pas de lui signaler dans un sourire en lui serrant la main.

La finale l'oppose à la révélation du tournoi Michael Chang, qui a battu le mondial Ivan Lendl en 1/8 de finale. Visiblement stressé, Edberg perd sèchement la première manche 6-1 et se fait breaker par un Chang très précis dans ses retours de service et ses passings. Le Suédois change alors de tactique en montant sur des coups de débordement. Il enchaîne 7 jeux consécutifs et mène un temps 1-6, 6-3, 6-4, 4-4. C'est au qu'Edberg laisse passer sa chance. Le Suédois commence à fatiguer, ce que Chang dit avoir vu dès le premier jeu du . À 4-4 30-40, il n'est pourtant séparé du titre que par un point et un jeu de service. Mais son manque de patience dû à la fatigue permet à Chang de sauver 10 balles de break sur l'ensemble du set et de l'emporter 6-4. Malgré un break d'entrée au , un jeu ayant duré 17 minutes, Edberg s'effondre physiquement. Chang réussit à faire durer les jeux suivants et remporte la finale 6-1, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2. Jamais Edberg ne retrouvera une telle occasion de remporter Roland-Garros.

Visiblement émoussé, Edberg atteint tout de même la finale de Wimbledon 1989. Après avoir battu McEnroe en 1/2 finale en 3 sets, c'est de nouveau Boris Becker qu'il retrouve en finale. Mais cette fois-ci, l'Allemand semble mentalement très préparé. Après avoir sèchement perdu le premier set 6-0, Edberg obtient trois balles de sur son service. Mais rien n'y fait, Becker est le maître du court et s'impose 6-0, 7-6, 6-4. C'est un coup dur pour Edberg, qui vient de perdre deux finales importantes en jouant un haut niveau de tennis. Il perd de nouveau contre Becker en finale de l'Open de Paris-Bercy et les deux champions s'affrontent une ultime fois en 1989 en finale du Masters de New York. Après un début de match moyen où le spectre d'une nouvelle défaite en finale semblait être promis, Edberg retourne la situation. Grâce à un jeu très agressif, il arrive à provoquer la colère de Becker, le faisant mal jouer. Edberg s'impose 4-6, 7-6, 6-3, 6-1.

1990 : le mondial

Stefan Edberg ne s'est pas souvent blessé dans sa carrière. Son physique était naturellement bon. Par manque de chance, il connaîtra sa seule grosse blessure en finale de l'Open d'Australie en 1990. Après avoir survolé le tournoi et avoir infligé un très sévère 6-1, 6-1, 6-2 à Mats Wilander en demi-finale, Edberg domine en finale le mondial Ivan Lendl pendant un set et demi. Il remporte en effet le premier set 6-4 et mène d'un break au deuxième set. C'est à ce moment-là que sa ceinture abdominale, déjà douloureuse à l'entraînement, commence à faire souffrir le Suédois. Le kiné le laisse poursuivre mais Edberg ne peut plus servir correctement. À 4-6, 7-6, 5-2 pour Lendl, Edberg abandonne avant que sa blessure ne devienne trop grave, une première en finale d'un tournoi du Grand Chelem.

Alors que la victoire lui semblait promise, Edberg perd une troisième finale du Grand Chelem consécutive.

Souffrant d'ampoules au pied, il perd dès le premier tour à Roland-Garros face à Sergi Bruguera. Becker lui emboîte le pas en perdant contre Goran Ivanišević. Ces deux joueurs feront par la suite une belle carrière.