L'abbé Jean-François Van de Velde, né à Beveren-Waas le et mort à Beveren le , est un professeur, polémiste, bibliophile qui fut le dernier bibliothécaire de l'ancienne université de Louvain.

Biographie Les parents de Jean-François Van de Velde étaient d'importants négociants et industriels boulangers. Jean-François Van de Velde commença ses études à l'ancienne université de Louvain en 1761, fut ordonné prêtre en 1769 et obtint sa licence en théologie en 1772. Cette même année, il fut nommé bibliothécaire de cette université, succédant au littérateur, érudit et bibliographe Jean-Noël Paquot, successeur lui-même de Corneille-François de Nélis (1736-1798).

Son activité de bibliothécaire En tant que bibliothécaire il entama une politique d'accroissement en acquérant des livres nouveaux mais également anciens dans des ventes publiques tant dans les Pays-Bas qu'à l'étranger.

Il parvint également à acquérir auprès du gouvernement, avec une réduction du tiers, les livres des collèges des jésuites supprimés, ainsi que de nombreux ouvrages des couvents supprimés dès 1783 par le gouvernement impérial.

Il profita aussi de la suppression de nombreux autres ordres religieux pour doubler la collection des livres de l'université de Louvain jusqu'à ce que l'empereur ait décidé de supprimer cette université également en 1788, suppression qui ne devint en fait effective qu'en 1797 sous le régime français.

Il fut démis de ses fonctions par l'empereur en 1788 et exilé, car son attitude ultramontaine et hostile au gouvernement avait déplu à Vienne et aux autres professeurs de Louvain fidèles en majorité à l'esprit janséniste et gallican de cette université.

Lors de la révolution brabançonne, il fut rétabli dans ses fonctions.

En 1794, lors de la deuxième invasion française, Van de Velde mit à l'abri à l'étranger une importante partie des archives de l'université. Polémiste hostile à la République et aux idées nouvelles, il fut considéré comme ennemi par les « citoyens » Le BlondEn 1794-1795, Leblond fit partie (avec Charles de Wailly, André Thouin et Barthélemy Faujas de Saint-Fond) du groupe de savants chargés de procéder aux saisies scientifiques et artistiques en Belgique, Hollande et Allemagne. et De WaillyDe Wailly fut envoyé en Hollande et en Belgique pour y choisir des œuvres d'art après l'annexion de ces pays. Il s'occupa notamment du pillage de la grande bibliothèque de l'Université de Louvain en 1795., commissaires de la République françaiseB. Savoy, Patrimoine annexé. Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2003, au motif qu'il avait refusé de prêter le serment de fidélité à la République, Van de Velde fut emprisonné et condamné au bagne de Cayenne. Il parvint à se sauver en 1797 en passant par les Provinces-Unies pour gagner l’Allemagne où il se mit à découvrir l'œuvre de Luther et le protestantisme. Il rentra au pays après le Concordat de 1802. Il constata malheureusement que des milliers de volumes avaient été détruits ou volés, dont de nombreux précieux manuscrits. Expulsé par Napoléon, Van de Velde mourra épuisé après son dernier retour au pays en 1814.

Son opposition au gallicanisme La Catholic Encyclopedia le félicite surtout pour son ardeur à défendre les intérêts du pape. On y lit, à l'article « Ghent » (Gand)Diocese of Ghent (gandensis or gandavensis)

Le bibliophile Passionné dès son plus jeune âge par les livres, il s'était constitué une riche bibliothèque.

Ses héritiers vendirent en 1833 cette riche collection qui comptait près de 450 incunables et 1.300 manuscrits et qui fut Jan Roegiers, in "Les Seigneurs du Livre, Bruxelles, KBR, ..

Parmi les ouvrages de cette bibliothèque certains proviennent manifestement des couvents supprimés par l'empereur Joseph II et comme l'écrit Herman MulderHerman Mulder, Un manuscrit du monastère de Val-Saint-Martin à Louvain, dans Les Seigneurs du Livre, Bruxelles, .:

Une importante partie de ses collections a été par la suite acquise par la Bibliothèque royale de Belgique et par d'autres bibliothèques et collectionneurs privés.

C'est ainsi que l'Université catholique de Louvain a su acquérir la correspondance presque complète de Jean-François Van de Velde.

Il est considéré comme un des grands bibliophiles belges dont la Bibliothèque royale possède des ouvrages.

Le gardien des archives de l'ancienne université de Louvain