Koundara est une ville du nord de la République de Guinée, chef-lieu de la préfecture de Koundara et située à une vingtaine de kilomètres de la frontière sénégalaise. C'est une bourgade d'environ , située sur la principale piste reliant la Guinée au Sénégal (route nationale ) entre Bensané et la frontière du Sénégal sur une distance de du nord au sud, et d'est en ouest entre Termessé et Kandikka (frontière de la Guinée-Bissau) sur une distance de sur la route nationale .
Transports Transport Aérien L'aérodrome de Sambailo est un aéroport desservant la ville de Koundara en Guinée. Localisation Cette préfecture est située dans la partie Nord-Ouest de la République de Guinée. Elle est située entre le degré 29 et degré 09 de latitude nord et entre le degré 18 et le degré 08 de longitude ouest. L'altitude y est de en moyenne. Elle est limitée au nord par la République du Sénégal, à l’est par la préfecture de Mali, au sud par la préfecture de Gaoual et à l’ouest par la République de Guinée-Bissau.
Caractéristiques Elle couvre une superficie de pour une population de 106.048 habitants en 2010, soit pour la commune urbaine, une densité préfectorale de 17 habitants par km2.
De par son sol, la préfecture est riche en Banco argile, qui contribue à la fertilité du sol favorable à l’agriculture. Koundara est sur une zone pénéplaine recouverte de sable, cuirassée en surface et en profondeur. Son fond est constitué de grès feldspathique et de schistes.
Climat Son climat est subsaharien : avec une température parfois qui dépasse les 45 °C en avril et mai, avec une moyenne de en août et 15 à en décembre et janvier. Le climat est aussi du type tropical, chaud et sec. Il est caractérisé par deux vents dominants : l’harmattan et la mousson : le premier vent venant de l’Est, dessèche le pays après l’hivernage. Il souffle de décembre à mai dans la direction du Est-Ouest tandis que le second souffle de manière imperceptible en mai et juin dans la direction Sud-Ouest et Nord-Est. Ce qui explique une chaleur remarquable après les pluies hivernales. Les pluies sont soumises à un régime irrégulier qui s’étend généralement de juin à novembre le maximum tombant en juillet et août. La moyenne pluviométrique est de . La pluviométrie oscille entre 1.200 et par an. La région de Koundara est considérée comme la région la plus chaude et la plus aride du pays. Le taux moyen d’humidité relative est de 60. Ce qui rend la zone particulièrement vulnérable à la suite des changements climatiques en cours (voir rapport ministère des Mines, de la Géologie et de l’Environnement, ). vignette|La dynamique de lutte contre le réchauffement climatique à travers une campagne de reboisement d'une association des jeunes de Koundara 2018
Végétation Son couvert végétal est de type sahélien, le signe végétatif est celui de la savane herbeuse d'un côté et boisée de l'autre, le parc Niokolo Badiar est un milieu naturel abritant des milliers d’animaux qui sont en détresse actuellement à cause la coupe abusive des arbres, le braconnage, le changement climatique et le vol des spécimens. Il est classé dans le type de forêt non classée.
Une végétation qui rappelle les réalités de la zone soudanaise dont elle constitue la transition avec le Fouta Djallon (savane arbustive et savane arborée). Elle est formée par endroit des forêts galeries qui longent les cours d’eau mais aussi de grandes plantations qui tendent à disparaître (Nioronko, Loni, Sewa et Wawa). Il faut le signaler que ces eaux tarissent pendant la saison sèche et s’entrecoupent. L’érosion du sol et l’avancée du désert sont à signaler. vignette|ici se trouvait la mare de King Kong, aujourd'hui ensevelie par une bande de sable lié à l’érosion de la plaine de Hafia, le Nord du quartier Hafia endroit autrefois très propice à la riziculture. Conséquence directe de la sécheresse et du changement climatique. |alt= vignette|La rentrée de Koundara, à quelques mètres du camp militaire
Relief
Le relief est peu accidenté (260 m d’altitude en moyenne). Cependant, dans ce vaste territoire uniforme se détache quelques élévations montagneuses comme les monts Ziroun (365 m), mont Tongou (449 m), cocon Tandja (385 m), mont Badiar (505 m).
À part ces montagnes, Koundara présente une diversité de paysages qui constituent bien sur une ressource potentielle touristique, avec l’existence de plateaux, des plaines comme celles de Wanoumou, de Kandayda, de Tabadel, de Kamabi, de Oudaba et de Oulandji. Des Bowés très riches en herbes pour le pâturage, ainsi que des bandes de sable (Sewa, Sinthian, Youkounkou) tout comme des zones de graviers signe de la sécheresse (Guinguan, Termessé).
Hydrographie La Préfecture de Koundara se situe entre deux versants fluviaux, celui du bassin versant de la Haute Gambie et celui de Koliba. La préfecture est arrosée par trois cours d’eau :
Le koliba ou Kombat qui reçoit le banané à la limite de Gaoual, le Woulandjiwol venant du Mont Badiar et le Koulountou à l'est qui se perd dans le nord en traversant le parc national du Niokolo Badiar. Toutefois, il faut signaler l’existence d’innombrables marigots qui arrogent la préfecture bien que la plupart soit loin du centre urbain, nous avons entre autres :
Loni : à l’est de la ville en partance vers Youkounkou
Kadjo Diowé : à l’ouest de la ville en partance vers les confins de Sambailo
Pantiankiwol : à l’est de la préfecture.
Wousson : au nord de la préfecture et abrite aujourd’hui le château d’eau de la SEG (Société des Eaux de Guinée).
Wounouwol : au nord de la préfecture et tant d’autres, il y a également des mares comme celle de King-Kong que l’érosion du sol a complètement dominé à l'est de la ville.
Sans oublier aussi les fleuves de petites tailles comme le Thalgwel, Oulandjiwol, Kantoutou, Kalandjo, Doussoussou, Kathiwouro, Danini, Senini, Panini, Mtiyi, Bankoukou, Amban, Kaparabinawol, Dokoual, Kayanga.
Il y a aussi des mares pérennes comme celles de Bataba et d'Akana.
Cultures Koundara est l'une des préfectures de la Guinée les plus riches en potentialités culturelles, les cérémonies de la circoncision et de l’excision se faisant pendant la saison des pluies constituent des moments animés dans les contrées de Koundara comme : Youkounkou, Guinguan et Termessé. Les communautés de ces zones sont authentiques à travers les danses folkloriques comme les Gangouran chez les diadiaranka, les diakankés, les mandinko et les loukouta chez les coniagui, les bassaris et les tandas. Ces derniers pendant les grandes pluies de la saison pluvieuse font les grandes fêtes initiatiques appelées Sampathiè, ce qui rend la zone très animée pendant ces périodes.
Population À partir d'une extrapolation du recensement de 2014 (RGPH3), la population de Koundara Centre a été estimée à République de Guinée, Institut national de la statistique, Annuaire statistique 2016, .
La préfecture est peuplée principalement de Foulakounda, de Peuls, de Coniaguis, de Bassaris, de Badiarankés, Diakandés, de Mandinkos et de sarakolés. Les langues de ces ethnies y cohabitent, mais les Peuls étant majoritaires dans cette région de Guinée, c'est le poular qui est principalement utilisé.
Les Badiarankés (10 %) sont considérés comme les premiers habitants de la région avant même le , qui ont donné leur nom à la région « Badiar » au Nord-Ouest de la cité suivi des Foulakoundas (20 %) peuple très civilisé à l’époque qui fonda non pas la contrée badiaroise mais la ville de Koundara. Un éclaircissement important à apporter. Les badiarankés les premiers à s'installer, ce fut généralement derrière la montagne. Tandis que les Foulakoundas venus par la suite ont été les premiers à s'installer au bas de la montagne (Koundara Centre et Sareboido).
À cela s'ajoute ensuite des Bassaris (5 %), des Koniadji (2), des Tanda Boyini, venus du Sénégal et du Mali, ensuite des Soninkés ou Sarakolés ou encore des Markas, puis des Madinka ou Madinko ou Sebbe, venus du Mali et de la Casamance par la suite des Diakankés venant Fouta Djallon et Mali à cause des hostilités et rivalités religieuses entre les deux communautés et enfin les dernières vagues furent les Foutankés ou peulhs ou Foulbés (60 % de la population) au à la suite de leur affaiblissement au Fouta Djallon avec l’arrivée des colons blancs. À cela, on peut ajouter la vague migratoire des Madinka ou Malinké après l’indépendance avec la nouvelle administration politique avec eux les forestiers qui deviennent de plus en plus nombreux dans la préfecture.
Le , les résultats du recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4) de 2025 révèlent que la population de la commune urbaine de Koundara est estimée à 46 199 habitants, dont 22037 hommes, soit 47,7 %, et 24162 femmes, soit 52 %.
Religion
70 % de la population est musulmane tandis que 15 % est catholique et les autres 15 % sont animistes. Des grandes mosquées ornent encore la ville de Koundara et les sous-préfectures possèdent très peu d'infrastructures religieuses. On dénombre beaucoup d'écoles coraniques dans les villages environnants avec des lettrés très convoités dans la zone. On rencontre plusieurs églises dans la préfecture notamment dans la commune urbaine et celle d'Ourous dans la sous-préfecture de Youkounkou, d'où est d'ailleurs originaire le père Robert Sarah, qui est aujourd'hui cardinal.
Histoire Les Koniadjis furent un exemple résistant de la région avec le leader kouré-gnaaki qui dompta les peuples environnants qui marchandaient avec les colons.
Il faut signaler que ce peuple garde encore des traits caractéristiques de sa tradition.
Administration La région de Koundara existait depuis des siècles. La colonisation française en fait un arrondissement en 1905 avec Youkounkou comme chef-lieu et qui relevait de la commune de Gaoual. Après l'indépendance, la révolution en a fait un pouvoir révolutionnaire régional ; ainsi Koundara a été érigé en chef-lieu administratif en 1963 remplaçant Youkounkou en transférant l'autorité administrative de Youkounkou vers Koundara. Ce fut plus tard une préfecture avec l'instauration de la déconcentration des pouvoirs publics après les reformes de la république. À la date de sa création en 1963, Koundara regroupait quatre arrondissements. En 1977, ont été créés deux nouveaux arrondissements : Kamabi et Sambaïlo. Aujourd’hui, la préfecture fait partie de la région administrative de Boké, et elle compte une commune urbaine et six communautés rurales de développement (CRD) qui sont devenues de nos jours des communes rurales, à savoir : Guingan, Kamaby, Sambaïlo, Sareboido, Termessé et Youkounkou.
La commune urbaine se décompose en huit districts urbains (Kandaïda, Mamandjoula, Mama-Nayi, Kandaida, Kinssanbougou, TP, Loni et Athiabaly) et quatre quartiers centraux : Hafia : quartier résidentiel qui abrite les locaux de l'administration publique, la cité des fonctionnaires, l'ancienne commune urbaine, la maison des jeunes, le stade préfectoral, le centre de lecture, la Société des Eaux de Guinée, l'hôtel de ville, la BICIGUI et la FIbank, l'hôpital préfectoral, cinq écoles primaires et une medersa) la tribune préfectorale et deux stations services. Sans oublier l'établissement de la mission catholique avec une ancienne église dont une bâtisse en chantier aujourd'hui et celui de l'église pentecôtiste. Mosquée : quartier populaire de la ville de Koundara, qui abrite la grande mosquée de la préfecture, le grand marché, la place publique ou place de l'Indépendance, la gare routière principale, le siège de la gendarmerie et celui du commissariat central (qui aujourd'hui a été déplacé au quartier Hafia) la nouvelle commune urbaine, une école primaire, une station service, une fontaine solaire. vignette|Cette image montre la précarité des infrastructures scolaires de la préfecture de Koundara