François Jacob est un biologiste et médecin français, né le à Nancy et mort le à .
En 1965, il est récompensé du prix Nobel de physiologie ou médecineSon allocution, Les contradictions du chercheur, prononcée lors de la remise du prix est reproduite dans Lwoff, Monod, Jacob à Stockholm, Le Figaro littéraire du jeudi 23 décembre 1965, .
Compagnon de la Libération par décret du , il est chancelier de l'ordre d' à .
Biographie Jeunesse et famille Né dans une famille juive« Kaddish pour la disparition du Prix Nobel François Jacob », dans IsraelValley News, 22 avril 2013, en ligne, annonçant que lors de l’enterrement de François Jacob, le Kaddish sera lu par sa famille., François Jacob est le fils unique de Simon Jacob et de Thérèse Franck (morte en ). Son grand-père maternel, Albert Franck (1868-1936), polytechnicien (X1887), est le « premier Juif à atteindre le grade de général de corps d'armée »Damien Mascre, « François Jacob, prix Nobel de médecine et résistant, est mort », Le Figaro.fr, publié le 21 avril et mis à jour le 22 avril 2013, (consulté le 23 avril 2013). Il est le cousin germain de Gilles JacobGilles Jacob, La vie passera comme un rêve, Robert Laffont, 2009, p. 92 : "Oncle Simon ne mangeait pas, ne dormait pas, ne parlait pas. Il était fou d'angoisse d'être sans nouvelles de son fils François, futur Prix Nobel de médecine, qui avait rejoint de Gaulle au début de la guerre.".
Engagement durant la Seconde Guerre mondiale Après sa scolarité au lycée Carnot de Paris, il s'inscrit à la faculté de médecine de Paris avec l'intention de devenir chirurgien. Ses études de médecine sont interrompues avant la fin de la deuxième année : en , il quitte la France pour rejoindre les Forces françaises libres à Londres. C'est en qualité d'officier du Service de santé des armées qu'il participe aux opérations militaires au Fezzan et en Tripolitaine (Libye), ainsi qu'en Tunisie, où il est blessé par des éclats de mortier au bras. Il passe ensuite dans la . Lors de la campagne de Normandie en août 1944, il est à nouveau blessé, cette fois grièvement (son bras et sa jambe reçoivent quatre-vingts éclats de grenade aérienne), et doit passer sept mois à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce. Il est nommé médecin-lieutenant à titre exceptionnel le François Jacob, biographie sur le site de l'ordre de la Libération.
Après la guerre, il termine ses études de médecine à Paris, où il soutient en 1947 une thèse consacrée aux propriétés de la tyrothricine, un antibiotique à usage local qui avait été isolé dès 1939 par René Dubos, et qui fut le premier antibiotique commercialisé. La même année, il épouse la pianiste Lysiane Bloch, avec qui il va avoir quatre enfants : Pierre, qui devint philosophe, les jumeaux Laurent et Odile (fondatrice des éditions Odile Jacob), et Henri. Veuf, il se marie en secondes noces avec le docteur Geneviève Barrier, directrice du SAMU à Paris.
Humaniste, il a notamment signé, avec d'autres lauréats du prix Nobel, un appel demandant qu'une délégation du Comité des droits de l'enfant de l'ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gendhun Choekyi Nyima, reconnu comme par le , Tenzin Gyatso.
Les honneurs militaires lui sont rendus le dans la cour d'honneur des Invalides, en présence du président de la République.
Carrière scientifique Ses blessures de guerre lui interdisant d'exercer la chirurgie, il travaille d'abord dans d'autres domaines (sulfamide et pénicilline), jusqu'en 1950 date à laquelle il entre à l'institut Pasteur sous la direction d'André Lwoff.
En 1956, il est nommé directeur de laboratoire et, en 1960, chef du service de génétique cellulaire qui venait d'être créé à l'institut Pasteur. Lorsque le Collège de France crée à son tour une chaire de génétique cellulaire, en 1964, il en devient le professeur.
L'importance de ses travaux sur l'ADN et l'ARN, et la célébrité que lui confère le prix Nobel (1965), le font recevoir comme membre étranger de nombreuses académies : Académie royale danoise des sciences et des lettres, American Academy of Arts and Sciences, National Academy of Sciences des États-Unis, American Philosophical Society, Royal Society de Londres, Académie royale de médecine de Belgique, New York Academy of Sciences, International Academy of the History of Science, Académie hongroise des sciences, Académie royale des sciences d'Espagne.
Il est aussi docteur des universités de Chicago, du Mount Sinaï Medical Center de New York, Humboldt de Berlin, Bruxelles, Barcelone, de l'institut Weizmann d'Israël, de l'université Rockefeller de New York, Oxford, Rome, Lisbonne, Bologne, Harvard, Athènes, Crète, Montréal, Valence, Madrid, Istanbul.
Principaux travaux C'est en 1951 qu'il achève ses études de biologie et en 1954 qu'il soutient à la Sorbonne une thèse de doctorat en biologie consacrée à la lysogénie bactérienne (c’est-à-dire l'état d'une bactérie ayant intégré une partie du matériel génétique d'un virus bactériophage) et au concept de provirus (un provirus ou prophage étant le nom donné au génome dormant du bactériophage une fois intégré à celui de la bactérie hôte). Dans ce travail, il décrit notamment les conséquences biochimiques des mutations ponctuelles du génome bactérien. C'est ainsi qu'il parvient à expliquer la résistance des bactéries aux prophages par l'existence de mécanismes génétiques capables de freiner l'activité des gènes des prophages.
En 1954, commence, avec Élie Wollman, une collaboration féconde de plusieurs années, qui leur permettra de mieux comprendre les liens et les relations entre le matériel génétique de la bactérie et celui de son prophage, ainsi que la conjugaison entre bactéries. Ils élaborent ensemble plusieurs théories nouvelles, pour expliquer l'échange de gènes entre bactéries au cours d'une conjugaison, pour démontrer la structure circulaire du chromosome des bactéries et l'existence des plasmides. Leurs résultats sont rassemblés dans l'ouvrage Sexualité et génétique des bactéries.
En 1958, les analogies remarquables entre la lysogénie et la possibilité d'induire chez certaines bactéries la synthèse de la lactase (l'enzyme permettant de décomposer le lactose) permettent à François Jacob et à Jacques Monod d'élucider les mécanismes génétiques responsables de l'échange de gènes entre bactéries. Ces échanges confèrent aux bactéries des propriétés nouvelles en leur permettant, par exemple, de synthétiser des protéines. C'est ainsi qu'ils découvrent l'opéron lactose de la bactérie Escherichia coli, qui révolutionne la compréhension de la régulation de l'expression chez les bactéries, à l'origine du développement du génie génétique. En conclusion de ce travail, Jacob et Monod ont mis au point un modèle décrivant l'interaction des différents types de gènes et des protéines lors de la transcription de l'acide ribonucléique (ARN).
Dans les années 1970-1980, il écrit des ouvrages qui défendent une approche biologisante, La logique du vivant, Le jeu des possiblesSébastien Lemerle : Le singe, le gène et le neurone, Éditeur : Presses universitaires de France, Coll.: Science, histoire et société, 2014, .
Il fut membre du conseil d'administration du Centre Royaumont pour une Science de l’Homme.
Engagement militant
Il est désigné co-président du comité d'honneur du Mouvement français pour le Planning familial en 1965, avec ses collègues Jacques Monod et André Lwoff.
En 1972, François Jacob prend la parole au procès de Bobigny en tant que spécialiste scientifique au côté de Jacques MonodD. Dauvergne, Le débat sur l’avortement, de Bobigny à la promulgation (octobre 1972-janvier 1975), la presse s’engage, Sciences de l'information et de la communication, 2014 à propos de l'avortement, dont le droit est défendu par l'avocate et militante féministe Gisèle Halimi. Il écrit également une tribune publiée dans le journal Le Monde, intitulée Droit à l'avortement : .. Il poursuit en affirmant que , récusant les arguments utilisés contre l'avortement, qu'il qualifie d'.
Décorations et distinctions
Décorations alt=|50x50px|Legion Honneur GC ribbon Grand-croix de la Légion d'honneur ; alt=|50x50px|Ordre national du Merite GO ribbon Grand officier de l'ordre national du Mérite ; alt=|50x50px|Ordre de la Liberation 1st ribbon Croix de la Libération par décret du pour son action durant la Seconde Guerre mondiale. En , F. Jacob est nommé Chancelier de l’Ordre de la Libération pour une période de quatre ans, après le décès de Pierre Messmer. Fred Moore lui succède en ; avec 5 citations ; alt=|50x50px|Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon Médaille coloniale avec agrafes « Fezzan-Tripolitaine » et « Tunisie » ; alt=|50x50px|Medaille (Insigne) des Blesses Militaires ribbon Insigne des blessés militaires ; Ordre du Ouissam alaouite (1971).
Distinctions
Prix Charles Léopold Mayer de l'Académie des sciences (1962) ; En 1965, le prix Nobel de physiologie ou médecine, qu'il partage avec André Lwoff et Jacques Monod, vient récompenser ses travaux en génétique ; Élu à l'Académie des sciences en 1977 ; Élu à l'Académie française en 1996, au fauteuil du romancier Jean-Louis Curtis, et reçu par Maurice Schumann le ; En 1995 et 2005, il a été délégué de l'Académie des sciences à la Séance publique annuelle des cinq académies de l'Institut de France.
Œuvres 1954 : Les Bactéries lysogènes et la Notion de provirus, éditions Masson. 1961 : , avec Élie Wollman, aux Academic Press 1970 : La Logique du vivant, une histoire de l’hérédité, aux éditions Gallimard. 1979 : L'évolution sans projet dans Le Darwinisme aujourd'hui, , éditions du Seuil). 1981 : Le Jeu des possibles, essai sur la diversité du vivant, aux éditions Fayard 1987 : La Statue intérieure, aux éditions Odile Jacob, livre autobiographique. 1997 : La Souris, la Mouche et l’Homme, éditions Odile Jacob.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Jérôme Estrada de Tourniel, Les combattants de l'aube : les Compagnons de la Libération d'origine lorraine, Éditions Serpenoise, 2014 François Jacob étant Nancéien, un chapitre de cet ouvrage lui est consacré. . .
Articles connexes Histoire de la génétique et de la biologie moléculaire Chromosome Gène Acide désoxyribonucléique Innovations génétiques Bioéthique
Liens externes
Notice biographique, Ordre de la Libération.
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