Le Limoges Cercle Saint-Pierre, encore appelé Limoges CSP ou CSP, est un club de basket-ball français, créé en 1929 et basé à Limoges.

Après une cinquantaine d'années passée dans les championnats locaux, régionaux, et les divisions nationales inférieures, le CSP accède à la première division du championnat de France en 1978. Il remporte sa première coupe de France en 1982, ainsi que, la même année, son premier titre européen, la coupe Korać. Il devient champion de France, pour la première fois de son histoire l'année suivante, en 1983, tout en faisant le doublé en coupe Korać.

En 1988, il remporte le championnat de Pro A, organisé pour la première fois par la ligue nationale de basket. La même année, il renforce son palmarès européen en gagnant la coupe des Coupes. Le , il devient le premier club français de sport collectif à remporter une coupe d'Europe des clubs champions, toutes disciplines confondues, avant d'être rejoint, au mois de mai de la même année, par l'équipe de football de l'Olympique de Marseille.

En 2000, le club réussit un extraordinaire triplé championnat, coupe de France et coupe Korać, mais à l'issue de deux décennies de rivalité sportive avec l'Élan béarnais, le club plonge dans une crise d'abord financière, puis sportive, qui l’amène jusqu'en troisième division. Le club retrouve la Pro A en 2010. Trop faible sportivement et financièrement, il retourne une saison en Pro B, puis accède de nouveau à la Pro A en 2012. Ce coup-ci, le retour en Pro A est réussi puisque le club redevient champion de France en 2014 puis en 2015.

À son palmarès, le Limoges CSP compte onze titres de champion de France, et six coupes de France. Il est, avec le FA Mulhouse et l'ASVEL Lyon-Villeurbanne, l'une des trois équipes sacrées championnes de France trois années consécutives, et la seule (avec l’ASVEL de 1955 à 1957 puis de 2019 à 2022, le titre de 2020 n’étant pas attribué) à l'avoir été deux fois, de 1983 à 1985, puis de 1988 à 1990.

Par ailleurs, ayant remporté la coupe d'Europe des vainqueurs de coupe (coupes Saporta puis Eurocoupe), ayant gagné trois coupes Korać, et ayant gagné la prestigieuse coupe d'Europe des clubs champions (Euroleague) le Cercle Saint-Pierre fait partie des très rares équipes européennes, toutes disciplines confondues, à être sacrées dans l'ensemble des épreuves européennes de leur sport.

Le CSP évolue depuis 1981 au palais des sports de Beaublanc, au plafond duquel est accroché, le maillot numéro 7, celui de Richard Dacoury, retiré depuis 2010 ainsi que le maillot numéro 8 d'Ed Murphy, retiré depuis 2016. Le club est présidé par l'un de ses anciens joueurs, Frédéric Forte, de 2004 à son décès en 2017.

Alors que l'ambiance de la salle de Beaublanc, et l'importance de ses clubs de supporters sont souvent mentionnés comme participant à son succès, le Limoges CSP est, à l'instar de la porcelaine, l'un des symboles de la capitale limousine.

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Historique

Du patronage au club professionnel (1929-1981) Issu d'un patronage du centre-ville de Limoges, le Cercle Saint-Pierre connait sa première compétition officielle en 1939. Dans les années 1940, il devient champion de Haute-Vienne junior, et vice-champion du Limousin, avant de voir ses effectifs rejoindre la Résistance. Doté dans les années 1960 d'un lieu d'entrainement dans le quartier ouvrier des Coutures par Roger Constant et l'abbé Lesport, le club doit à deux hommes, Xavier Popelier et Jean-Claude Biojout, avec l'aide d'Albert Chaminade, sa marche en avant vers l'élite sportive du basket français.

Un patronage du centre-ville Si l'arrivée du basket à Limoges reste difficile à dater, son développement, dû aux patronages catholiques de la ville, est mieux connu.. Ces patronages sont, depuis le milieu du , des lieux de formation morale et sociale. Au début du , en concurrence avec les Unions laïques dans les activités d'encadrement et d'éducation de la jeunesse, les "patro", jusqu'alors bien souvent cantonnés à la musique, à la gymnastique et au théâtre, s'orientent vers les sports collectifs, au premier rang desquels le football et le basket. Ainsi, des années 1920 aux années 1940, les patronages limougeauds, dans leur grande majorité, ouvrent une section basket. Certains d'entre eux vont acquérir, localement, une grande réputation. C'est le cas de l'Alouette Sainte-Valérie, qui après avoir fusionné avec une Union laïque verra, bien plus tard, sa section basket se fondre dans le Limoges ABC.. C'est aussi le cas des Cadets de Saint-Michel., de la Saint-Louis de Gonzague., et surtout de la Martiale, le « Patro » de la paroisse du Sacré-Cœur.. vignette|Mur de photographies sur le Limoges CSP lors d'une exposition pour les 80 ans du club.

Le patronage de la paroisse Saint-Pierre-du-Queyroix, le Cercle Saint-Pierre, initialement composé d’une seule troupe de théâtre, se dote, lui aussi, d’une équipe de basket, et, le , le Cercle Saint-Pierre Basket-ball voit officiellement le jour. Roger Foussat en est le premier président.. Le club du patronage, dont le siège social est au 3 rue Saint-Nicolas, a des locaux modestes, situés entre l’église Saint-Pierre et le lycée Gay-Lussac.

L'équipe de basket du Cercle Saint-Pierre fait son entrée en compétition officielle en 1933. Le capitaine Couegnas, et ses troupes (Boisseau, Beger, Cohendy, Dutour et Sénèque) souffrent face aux réserves des meilleurs clubs de Limoges, ceux de l’Alouette, de la Martiale reconnue par le Ministère de la Guerre, sous le .993, comme société d’éducation physique et de préparation au service militaire ou de la Saint-Louis. L’équipe ne dispose pas de véritable terrain d'entraînement, et les matchs de division d’honneur, le plus bas niveau de l’époque, ont lieu le dimanche après la messe. Les déplacements n'excèdent pas une trentaine de kilomètres, et ne mènent qu'aux localités voisines les plus proches, telles Saint-Léonard ou Saint-Junien. Au milieu des années 1930, les entraînements font leur apparition. Chaque mercredi soir les joueurs se retrouvent dans la cour du patronage, au sein duquel les chanoines Bréchard et Fourgeaud encouragent le développement de la pratique sportive. Ils attirent de nouveaux adhérents, et trois équipes portent dorénavant le maillot du Cercle. Parmi elles, figurent les joueurs Bessaguet, Ménard, Raymond Sénèque, Daly, Bost, Picat, G. Dutour, A. et G. Cortey, Souza, Breuil, Varnat, J. et P. Georgio, Plainemaison, Masson, Michel, Mandoux et G. Sénèque. Lors d’une triple rencontre contre la Martiale, les équipes du Cercle repartent avec trois défaites : -20 en cadet, -40 pour la réserve et -70 pour l’équipe premièrePlaquette du cinquantenaire du CSP Limoges, 1978-1979. Entre 1931 et 1939, La Martiale remporte au moins 5 titres de Champion URL (1931, 1934, 1935, 1936 1937 et peut-être celui de 1938, portant ce chiffre au total de 6 titres de Champion URL) et 3 Coupes des Patronages URL (1932, 1933, 1939).

Dans les années 1940, le basket-ball se structure au niveau fédéral, et cela profite au Cercle qui bénéficie pour la première fois d’un arbitre, en la personne de Raymond Sénèque. La Seconde Guerre mondiale ne stoppe pas l’évolution du club qui, en l'absence de maillots verts, joue en rouge et avec de vieilles chaussures dont les joueurs ont supprimé les talons. Durant la saison 1942-1943 le « patro », grâce à son équipe junior, composée de Breuil, Varna, Mandoux, Cortey, Masson, Michel, Gilbert et Sénèque, remporte ses premiers lauriers. La saison 1942-1943 est celle des premiers « grands » déplacements : le club dépasse les limites de la Haute-Vienne avec des rencontres à Brive, Guéret, Ussel, ou Montluçon. Le CSP devient champion de Haute-Vienne junior avant de disputer la finale du championnat du Limousin, puis les demi-finales du championnat de France à Montluçon contre les Écureuils Montferrandais. L’équipe compte dans ses rangs cinq joueurs sélectionnés en équipe départementale. Mais le prolongement de la guerre fait éclater ce groupe prometteur, la quasi-totalité de l’équipe junior s’engageant dans la Résistance, conformément aux préceptes reçus des fondateurs du Cercle Saint-Pierre («… préparer au pays des hommes robustes et de vaillant soldats... »).

La saison 1948-1949 doit beaucoup au Président du Comité Départemental de la Haute-Vienne (depuis 1940) Albert Chaminade, qui a grâce à ses contacts, invité de nombreuses équipes françaises et étrangères à Limoges (les équipes hongroises, l’équipe des missionnaires américains etc…) mais également collaboré à l’édification d’une équipe « Limoges » qui affronta la sélection de Paris, de Lyon, de Nantes (toutes battues par les joueurs limougeauds principalement issus du CAPO Limoges et de La Martiale Limoges, une belle performance face à des sélections menées par les stars de l’époque : François Nemeth, André Buffière, Jean Swidzinski etc….).

En , à l’initiative d’Albert Chaminade, une rencontre est organisée pour promouvoir un peu plus le basket-ball : elle oppose une sélection du Limousin à une formation hongroise (47-28 pour la sélection limousine).. Albert Chaminade a été à l'initiative d'une proposition visant à recouvrir le Stade de Basket-Ball de Beaublanc, dans les années 1950. Albert Chaminade, le patient dévoué à la cause de « son » basket local avait entrepris une Résistance pacifique contre le joug de la FFBB. Ses efforts finirent par payer puisque le Limousin était intronisé de nouveau [légitimement] dans la cour fédérale dans les années 1960.. Il sera de l'inauguration officielle qui a lieu le . Le Palais des Sports de Beaublanc demeura jusqu’à l’ouverture du Palais omnisports de Paris-Bercy, en 1984, la plus grande salle de Basket-Ball de France. Après 1949, le CAPO cède sa place de locomotive à La Martiale et à l’ASPTT Limoges mais le club demeure un bastion du basket-ball limousin au début des années 1950.

En 1950, Xavier Popelier, alors membre de l’ASPTT athlétisme, rejoint le Cercle, au sein duquel les frères Pierre et Jean-Claude Biojout sont déjà présents. C’est également l’arrivée du premier international du club, Guy Beaumord, qui est alors international junior.

Un club qui se structure Lors de la saison 1960-1961, le président Roger Constant et l'abbé Lesport dotent le club d'une véritable infrastructure dans le quartier des Coutures : terrain de basket, salle de tennis de table et de gymnastique puis, plus tard, rénovation du vieux siège social du centre ville avec l’abbé Louvet. Le début des années 1960 coïncide aussi avec la volonté d’allier le « cercle » à d’autres « patro », notamment la Saint-Louis de Gonzague. L’Entente sportive et culturelle de Limoges voit donc le jour, mais capote. Le , le Cercle Saint Pierre est recréé. Un des responsables de la section basket, M. Malaurie, contacte Xavier Popelier, qui avait quitté le club au moment de la fusion, pour aider à la relance de la discipline. Il devient le responsable de l’équipe première dont le capitaine et meneur de jeu n’est autre que Jean-Claude Biojout. Les couleurs « vert et blanc » sont dues à la part prépondérante prise par la Confrérie des Bouchers dans la création du CSP. Leur accord a été acquis mais en contrepartie le club doit prendre les couleurs de saint Aurélien.