thumb|Logo de la mairie du de Paris. La mairie du arrondissement de Paris est un bâtiment administratif situé au 6, rue Drouot dans le 9e arrondissement de Paris.

Elle occupe l’hôtel d’Augny puis Aguado, construit à partir de 1748 par l’architecte Charles-Étienne Briseux pour le fermier général Alexandre Estienne, baron d’Augny. Cet hôtel devient à partir de 1829 la propriété du banquier Alexandre Marie Aguado, marquis de Las Marismas del Guadalquivir.

En 1848, l’hôtel est acquis par la ville de Paris et devient la mairie de l’ancien arrondissement, puis accueille les services municipaux de la mairie du 9e arrondissement de Paris à partir de 1860.

Situation Situé non-loin de l’hôtel de ventes Drouot, sis au , l’hôtel est desservi par la ligne 7, station Le Peletier et par les lignes 8 et 9, station Richelieu-Drouot.

Historique L'hôtel d'Augny Entre 1746 et 1748, le fermier général Alexandre Estienne, baron d’AugnyAlexandre-Marc-René-Étienne d'Augny, ancien fermier général démissionnaire en 1768, est mis en état d'arrestation à domicile le 5 frimaire. Il échappe à la guillotine et sera libéré le 5 fructidor an 2., acquiert trois lots de terrain à bâtir représentant une surface totale d’environ un hectare. Il charge alors l’architecte Charles-Étienne Briseux, d’y construire un hôtel qui est terminé un an plus tard. Quelques célèbres artistes de l’époque participent à sa décoration, notamment le sculpteur Nicolas Pineau, qui réalise les sculptures des salons, ainsi que les peintres, Charles André van Loo, Pierre Nicolas Huilliot, François Boucher, Jean-Baptiste-Marie Pierre et Louis-Joseph Le Lorrain qui ornent les plafonds, dessus-de-porte et trumeauxAntoine-Nicolas Dezallier d'Argenville, Voyage pittoresque de Paris ou Indication de tout ce qu'il y a de plus beau dans cette grande ville en peinture, sculpture, et architecture, Seconde édition, De Bure Libraire, Paris, 1752, p. 143Édouard Fournier, Paris démoli, Nouvelle édition revue et augmentée, E. Dentu Éditeur, Paris, 1883, p. 336.

Selon quelques contemporains, l’hôtel d'Augny est Barthélémy-François-Joseph Mouffle d'Angerville,Vie privée de Louis XV, Londres, 1781, page 221, ou encore : Liste des noms de famille... des ci-devant ducs, marquis, comtes, barons &c..

Pendant la Révolution, le baron reste reclus en son hôtel ; il demeure l'un des rares fermiers généraux à avoir échappé à la guillotine. Il disparaît sans descendance le (28 nivôse an VI). Ses biens sont divisés entre ses deux cousins germains, Nicolas Estienne d'Augny et Dominique Joseph Parron, qui hérite de l'hôtel.

L'hôtel est alors loué au maître sellier et carrossier, Nicolas Duchesne, son épouse Antoinette Françoise Gaudry et à Théodore Antoine Adolphe Lasalle, qui signent ensemble un bail d'une durée de 9 ans pour la somme de annuel.

Le Cercle des Étrangers Duchesne utilise une partie de l'hôtel d'Augny pour agrandir sa sellerie du boulevard Montmartre et sous-loue les appartements de prestige de l'hôtel au marquis de Livry et à son épouse, mademoiselle Saulnier, ancienne première danseuse de l'Opéra. Ils y installent un des plus célèbres club de jeux d'Europe : le Cercle des Étrangers.

Sous le Directoire et le Consulat sont organisés de nombreuses fêtes et bals. Ceux de l'hôtel d'Augny, les « bals des Étrangers » (surnommé Bal des Victimes, en 1793), sont alors réputés. On y vient jouer masqué, ainsi, sous couvert d'anonymat, certaines grandes fortunes y ont été défaites. Comme cette dame d'honneur de Joséphine qui perdit une somme si considérable au Cercle qu'elle fut révoquée des Tuileries.

Un contemporain décrit alors:

À la suite de quoi l'empereur Napoléon Ier interdit les jeux masqués et l'hôtel d'Augny est surveillé de près.

En 1806, Joseph Parron vend sa propriété à la maison Robillard & Cie, une des plus importantes manufactures de tabac au monde. Robillard fait édifier deux ateliers de fabrication de tabac au fond du jardin tandis que les salons continuent d'abriter les jeux.

En 1813, l'hôtel est à nouveau vendu à Jean Joseph Bernard, à qui Savary avait affermé les jeux de Paris pour une durée de six ansGérard Hertault, Abel Douay, Schulmeister: Dans les coulisses de la Grande Armée, Nouveau Monde Éditions - Fondation Napoléon. Sous la Restauration, les jeux du Cercle des Étrangers restent très prisés.

En 1819 la maison et le mobilier servant aux jeux sont loués à Boursault. Les ateliers de la manufacture Robillard sont détruits et le jardin reprend sa taille originale.

Sous Charles X, l'activité des jeux commence à décliner, jusqu'à leur interdiction en 1836, sous Louis-Philippe.

L'hôtel Aguado gauche|vignette|250x250px|Alexandre Aguado. En 1829, Jean Joseph Bernard vend sa maison au banquier Alexandre Aguado pour . L'hôtel d'Augny devient alors l'hôtel Aguado. La décoration intérieure est entièrement transformée ; les ornementations rococo sont remplacées par une décoration plus sobre, typique de l'époque Charles X. Les balcons en fer forgé ainsi que les boutons de porte sont marqués des initiales « AA ».

Aguado conserve l'hôtel jusqu'à son décès, en 1842. La Compagnie d'assurances générales sur la vie des hommes achète la propriété en 1844, pour et le loue aux banquiers Ganneron & GoüinDe l’hôtel d’Augny à la Mairie du 9eLes anciens hôtels de Paris : avec une carte gravée des Grands Hôtels de la Rive Gauche, avant 1789 / Comte d'Aucourt (1880), mais le fond du jardin est cédé à la société qui gère le passage Jouffroy et qui projette alors de réaliser soit une rue, soit un passage couvert entre le boulevard Montmartre et la rue de la Grange-Batelière. Une porte d'accès à l'hôtel devait être prévue. La société opte pour un passage couvert et la porte existe toujours entre la mairie et le passage Jouffroy.

La mairie d'arrondissement En 1848, il est acquis par la ville de Paris pour y installer la mairie de l'ancien , puis celle du après l'extension de la capitale en 1860. Deux ailes latérales construites par l'architecte Alfred-Philibert Aldrophe dans un style semblable au bâtiment central remplacent les communs afin d'agrandir les services de la mairie. L'aile droite est achevée en 1885 et celle de gauche en 1890.

Dans la cour se trouvent, à gauche, le monument aux morts du et en face, à droite, une statue en bronze de style Art déco, qui représente une allégorie de la Victoire, œuvre de François-Léon Sicard, fondue à la cire perdue dans les ateliers L. Gatti. Cette statue est présentée au Salon de 1932 sous le titre Le arrondissement à ses morts 1914-1918.

Entre 1972 et 1985, l'hôtel, alors en mauvais état, est intégralement restauré sous la direction de l'architecte Jean-Jacques Fernier.

Galerie

Protection L’édifice est inscrit partiellement aux monuments historiques pour sa façade sur cour et sa façade sur le jardin ainsi que pour la décoration du vestibule de la Justice de Paix, par arrêté du .

Anecdotes C'est en ces lieux que se tient, en présence de l'écrivain Bernard Le Bouyer de Fontenelle, une des premières répétitions de la remise en musique d'Énée et Lavinie par le compositeur Antoine DauvergneLe Mercure de France, Paris, avril 1757, page 50.

Après la chute de Robespierre, du 8 au 10 Thermidor an II, c'est à l'hôtel d'Augny que se tient un Bal des victimesJules Maurel, Marie et Léon Escudier, La France musicale, 9 année, n° 1, 4 janvier 1846.

Notes et références

Annexes

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Liens externes

Mairie du (paris.fr) De l’hôtel d’Augny à la Mairie du (mairie du )

09 Catégorie:Architecture civile du XVIIIe siècle Catégorie:Patrimoine du XVIIIe siècle Catégorie:Hôtel particulier dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique inscrit en 1927 Catégorie:Hôtel particulier monument historique à Paris