Lors de travaux réalisés sur la commune de Villeloin-Coulangé au début des années 1920, deux crosses abbatiales ont été trouvées.
Crosse en ivoire du thumb|upright=0.8|Crosse épiscopale du en ivoire de . Elle est ornée de fleurons. Cette crosse pastorale (crosse abbatiale) du fait l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques depuis le .
Elle a été mise au jour par Monsieur Charles Paillaud le . Elle se trouvait dans un tombeau, sous le pavage d'une salle qui fut à l'époque identifiée comme l'ancienne salle capitulaire de l'Abbaye Saint-Sauveur de Villeloin. Il est difficile de savoir si les fouilles de 1921 s'attachèrent à l'ensemble des sols ou furent ponctuelles. Une laiterie fut alors édifiée sur cet emplacement et elle y a fonctionné jusque dans les années 1990. L'examen comparatif des vestiges de l'abbaye au regard du parcellaire actuel du village de Villeloin-Coulangé et du plan Monasticon Gallicanum permet de localiser avec une quasi-certitude cette salle capitulaire. Le sol actuel profondément bétonné et les bouleversements visibles des structures anciennes ne laissent guère subsister d'espoir de tirer des enseignements nouveaux du lieu. Cette salle capitulaire avait un carrelage du ; elle nous est connue par une description de Dom Brunet, au Pierre Brunet, bénédictin de Villeloin qui fut reçu novice le .
Cette crosse en ivoire de est datée des environs de l'an 1200. Elle fut trouvée associée à la bouterolle (ou cuspes) de bronze qui terminait sa hampe. Le musée de Cluny put acquérir cette rare pièce en de Monsieur Paillaud, pour la somme de . Elle est exposée au musée dans la salle des ivoires. Dans un article sur « la nouvelle crosse romane du musée de Cluny », publié en 1930 dans la Revue archéologique, Elisa Maillard a souligné la qualité de cette acquisition en déplorant que sa mise à jour n'ait été accompagnée d'aucun indice de nature à éclairer les contours de cette remarquable découverte. Bien qu'ayant souffert de son séjour prolongé sous terre, cette crosse représente encore un fin décor de bourgeons à peine éclos d'où s'échappent quelques éléments végétaux. Le Journal d'Indre et Loire du Dimanche, en date du , 62, relate dans un court entrefilet cette découverte archéologique en précisant
Crosse en cuivre émaillée du thumb|upright=0.8|Crosse en cuivre émaillé du . Emaux limousins.
Cette seconde crosse a été mise à jour dans la même salle que la première le . C'est un travail d'émaillerie limousine.
Elle a été réalisée vers 1220-1235. Faite de cuivre embouti, champlevé, gravé, émaillé et doré. Émail bleu moyen. Hauteur - Largeur . On y voit le Couronnement de la Vierge dans la volute et l'Annonciation sur la douille. Elle était naguère visible au musée de l'Hôtel Goüin à Tours désormais fermé.
Le Couronnement de la Vierge par le Christ, inscrit dans le crosseron de cette pièce superbe, est assez peu répandu dans l'iconographie des crosses qui nous sont parvenues. Cette crosse a été, dans les années 1990, l'objet d'un nettoyage approfondi qui a donné de l'éclat à la pièce mais a, hélas, purgé le nœud de résidus terreux datant de son enfouissement, sans qu'aucune analyse ni examen n'ai été mis en œuvre.
La présence de ces deux crosses dans l'environnement de l'Abbaye de Villeloin donne une indication sur la place réelle de cet établissement, fondé dès le , à la période médiévale. Ces deux objets, surtout la crosse émaillée, étaient précieux, et très coûteux et semblent indiquer que leurs possesseurs étaient des abbés d'un certain renom.
Articles connexes
Politique et administration Villeloin-Coulangé Liste des maires de Villeloin-Coulangé Communauté de communes de Montrésor
Patrimoine civil Abbaye Saint-Sauveur de Villeloin Églises de Villeloin-Coulangé
Géographie Indre-et-Loire Touraine
Histoire Michel de Marolles Coulangé Villeloin
Références
Catégorie:Villeloin-Coulangé Catégorie:Objet religieux Catégorie:Monument historique classé au titre objet en Indre-et-Loire