Les ressources énergétiques de l'Islande, État insulaire, sont importantes du fait de sa géologie unique et de son hydrographie abondante. Grâce à celles-ci, 81,4 % de la consommation d'énergie primaire totale du pays provenait d'énergies renouvelables en 2018 : géothermie 61,8 %, énergie hydraulique 19,3 % et agrocarburants 0,3 %. Les combustibles fossiles ne contribuaient que pour 18,6 % (principalement le pétrole : 16,8 %). Au niveau de la consommation finale d'énergie, la part des combustibles fossiles est plus élevée : 23,1 % ; la part de l'électricité, entièrement produite à partir d'énergies renouvelables (hydroélectricité 69,7 %, géothermie 30,3 %) est de 51,8 %, celle de la chaleur de réseau, provenant à 97 % de la géothermie, est de 21,7 % et celle des énergies renouvelables en utilisation directe (surtout géothermie) de 3,4 %.
Mais les consommations émettrices de gaz à effet de serre, bien que minoritaires, suffisaient à amener les émissions de de l'Islande à un niveau légèrement supérieur à la moyenne européenne en 2017 ; ces émissions incombent pour l'essentiel au secteur des transports, dont les consommations de carburants se répartissent en 41 % pour l'aviation, 30 % pour les transports routiers, 17 % pour la pêche et 9 % pour les transports maritimes. Le développement des véhicules électrifiés (électriques purs et hybrides rechargeables), dont la part de marché atteint 25 % en 2019, apporte un début de solution.
Le principal usage de l'énergie géothermique est le chauffage, la chaleur étant distribuée aux bâtiments grâce à un important réseau de chaleur. L'hydroélectricité représente la majeure partie de la production électrique. La plupart des centrales hydroélectriques sont détenues par Landsvirkjun, la compagnie nationale d'énergie, qui est le principal fournisseur électrique en Islande.
Le potentiel énergétique de l'Islande est bien supérieur aux besoins de sa population de . Or, l'Islande étant une île, située à plusieurs centaines de kilomètres des terres les plus proches, son électricité ne peut être exportée. Ceci a conduit le pays à attirer des industries à forte consommation énergétique sur son territoire, de telle sorte que ces industries représentent de nos jours 82 % de la consommation électrique.
Ressources énergétiques La consommation d'énergie primaire du pays en 2018 provenait pour 81,4 % d'énergies renouvelables autochtones (géothermie 61,8 %, énergie hydraulique 19,3 %, agrocarburants 0,3 %) et pour 18,6 % de combustibles fossiles importés (pétrole : 16,8 %, charbon : 1,8 %) Gross energy consumption by source 1940-2018, Statistics Iceland, consulté le 31 janvier 2020..
Après transformation en énergie secondaire (électricité, chaleur de réseau), la consommation finale d'énergie s'élève en 2017 à et se répartit en 51,8 % d'électricité, 21,7 % de chaleur de réseau, 23,1 % de combustibles fossiles (produits pétroliers 19,7 %, charbon 3,5 %) et 3,4 % d'utilisation directe des énergies renouvelables (géothermie 2,7 %, biomasse-déchets 0,6 %) ; au total, les énergies renouvelables représentent 76,9 % et les combustibles fossiles 23,1 %.
Sources chaudes
thumb|Le système volcanique islandais
La géologie unique de l'Islande offre un grand potentiel pour la production d'énergies renouvelables. L'Islande est située sur la dorsale médio-atlantique et à l'aplomb d'une remontée d'un panache de manteau. La combinaison de ces deux volcanismes fait de l'île l'une des zones tectoniques les plus actives du monde ; plus de 200 volcans y sont d'ailleurs dénombrés. Le gradient géothermique en Islande est, de ce fait, très élevé, atteignant plus de au niveau de la zone la plus active, sur un axe sud-ouest nord-est, alors que la valeur est autour de 25 à dans la plupart des régions du monde. Il y a au moins 20 zones où la température est supérieure à à moins de de profondeur et plus de 250 où la température est supérieure à à moins de de profondeur.
Les précipitations, importantes en Islande, s'infiltrant dans le sol jusqu'à une profondeur de 1 à , vont alors être chauffées au contact des roches, ce qui va provoquer leur remontée. Ce phénomène explique la présence de plus de 600 sources chaudes situées dans l'ensemble de l'île, ainsi que de nombreux autres phénomènes paravolcaniques, tels que les fameux geysers, des fumerolles et des mares de boues. Ceci permet à l'Islande d'exploiter l'énergie géothermique pour chauffer les bâtiments ou pour produire de l'électricité.
Hydrologie Plus de 10 % de l'île est recouverte de glaciers, dont certains (Vatnajökull, Langjökull et Hofsjökull) comptent parmi les plus grands d'Europe. Ces glaciers sont la source de nombreuses rivières glaciaires, dont les plus importantes sont la Þjórsá, la Jökulsá á Fjöllum, la Hvítá, la Skjálfandafljót, la Jökulsá á Brú et la Tungnaá. Elles possèdent un débit relativement important (jusqu'à une centaine de mètres cubes par seconde) dès leur source, à plusieurs centaines de mètres d'altitude. Cette combinaison d'altitude et de débit donne à ces rivières un important potentiel énergétique. Cette combinaison offre aussi à l'Islande de nombreuses cascades, qui figurent parmi les attractions appréciées des touristes, ce qui a entraîné la protection de plusieurs rivières, notamment la Hvítá et la Jökulsá á Fjöllum, et interdit leur exploitation hydroélectrique.
Combustibles fossiles L'Islande étant une île volcanique relativement récente à l'échelle des temps géologiques, elle ne possède pas de gisements de pétrole ou de charbon. Tous les besoins en hydrocarbures du pays sont donc comblés par l'importation. Cependant, des études géologiques ont révélé que d'importants gisements d'hydrocarbures offshore pourraient exister, en particulier dans la zone de Dreki, située entre l'Islande et l'île Jan Mayen. Ces études s'appuient en particulier sur la grande similarité géologique de cette zone avec les zones à hydrocarbures des pays voisins (Groenland, Norvège et Écosse en particulier), qui se sont séparées lors de l'ouverture de l'océan Atlantique .
Le gouvernement islandais a alors proposé en 2007 des licences d'exploration pétrolière pour attirer les compagnies pétrolières étrangères . Malgré l'intérêt qu'elles ont porté à l'égard de l'exploration dans la zone, aucune licence n'a été utilisée . Une deuxième série de licences a été proposée en 2011 et le pays a annoncé en avoir accordé une licence à l'association de Faroe Petroleum (opérateur), Iceland Petroleum et Petoro Islande et une autre à l'association de Valiant Petroleum (opérateur), Kolvetni et Petoro Islande .
Politique énergétique Politique économique
thumb|Une usine d'aluminium à Reyðarfjörður
L'Islande possède relativement peu de ressources naturelles. La principale d'entre elles est la quantité importante de poissons autour de ses côtes, qui ont fait de la pêche la principale ressource économique du pays. Cependant, cette ressource est très fluctuante, tout comme les prix du marché, rendant donc l'Islande très vulnérable. Le gouvernement a alors entrepris de diversifier son économie. Conscient de l'important potentiel énergétique du pays, on proposa d'abord de vendre de l'électricité à l'Europe en l'exportant avec un câble sous-marin. Cette idée étant difficile à mettre en œuvre, on choisit plutôt d'attirer sur l'île des industries fortement consommatrices en énergie, en particulier l'industrie de l'aluminium. En 2009, l'aluminium représente 39 % des exportations.
Objectifs de politique énergétique L'électricité est à 100 % produite à partir de sources renouvelables, et la géothermie a remplacé le fioul et le charbon pour la chaleur, procurant le chauffage de 90 % des bâtiments, piscines ou serres agricoles. Au total, les renouvelables ont représenté 87 % de l'énergie primaire consommée par l'Islande en 2014. Le pays s'est fixé pour objectif de devenir le premier pays au monde 100 % vert à horizon 2050, en remplaçant le pétrole par les renouvelables dans les transportsEn Islande, l'électricité est déjà 100 % verte, Les Échos, 27 novembre 2015..
Éducation et recherche sur les énergies renouvelables L'Islande consacre un important effort de recherche privé et public aux énergies renouvelables. Plusieurs programmes de formation universitaire sont consacrés à cette question. Les principales universités islandaises conduisent souvent des recherches dans le domaine des énergies renouvelables. L'université d'Islande en particulier est renommée dans la communauté scientifique pour sa recherche dans ce domaine.
Mais il existe aussi des institutions plus spécialisées. RES – The School for Renewable Energy Science, située à Akureyri, propose une maîtrise en sciences d'un an dans le domaine des énergies renouvelables. Le programme est composé de cours intensifs et orienté vers la recherche. Il est mené en partenariat avec l'université d'Islande et l'université d'Akureyri, ainsi qu'avec de nombreux instituts de technologie à travers le monde. En 2009, l'école propose quatre spécialisations : énergie géothermique, pile à combustible et hydrogène, biocarburants et politique des énergies renouvelables. Elle propose aussi des programmes d'été et des cours individuels .
Le Reykjavik Energy Graduate School of Sustainable Systems (REYST), situé à Reykjavik, propose également une maîtrise en sciences dans le domaine des énergies renouvelables. Cette institution a été créée en en vertu d'un accord entre Orkuveita Reykjavíkur, l'université d'Islande et l'université de Reykjavik .
Électricité En 2018, la production d'électricité atteignait , dont , soit 69,7 %, par les centrales hydroélectriques et , soit 30,3 %, par les centrales géothermiques ; l'éolien a produit Data and statistics - Iceland : Electricity 2018, site Agence internationale de l’énergie, 24 septembre 2019..
Hydroélectricité
Géothermie Histoire thumb|left|Centrale géothermique de Krafla
La première centrale exploitant l'énergie géothermique pour produire de l'électricité fut la centrale géothermique de Bjarnarflag, située dans le district de Mývatn . Elle fut construite en 1969 et avait une puissance de d'électricité. Son succès amena la création quelques années plus tard de la centrale géothermique de Svartsengi, qui fut la première centrale géothermique au monde à combiner production d'électricité et d'eau chaude pour le chauffage urbain. La centrale avait alors une capacité électrique de . Le premier projet de grande ampleur fut la centrale géothermique de Krafla, qui devait atteindre . Malheureusement, une éruption intervient entre 1975 et 1984, causant de nombreux dommages aux puits de forage, et augmentant significativement le coût de construction. Cet épisode a provoqué une certaine méfiance envers la géothermie comme source d'électricité, ce qui, conjugué à la faible croissance de la demande énergétique à l'époque, entraîna un certain ralentissement du développement géothermique .
Dans les années 1990, de nombreuses industries consommatrices en énergie décidèrent de s'installer sur l'île, en particulier des usines de production d'aluminium et de ferrosilicium. Ces entreprises étaient attirées par les faibles prix de l'électricité islandaise, ainsi que par la faible pollution générée pour sa production. Ces développements industriels provoquèrent une importante hausse de la demande énergétique, la construction de nouvelles centrales géothermiques, ainsi que l'augmentation de la puissance des centrales existantes.
Principe de fonctionnement