Le premier cabinet Brüning, du nom du chancelier allemand Heinrich Brüning, est en fonction du au .
Composition PosteTitulairePartiChancelier du Reich Heinrich BrüningZentrumVice-chancelier Hermann Dietrich(à partir de 27/07/1930)DDPMinistre de l'Intérieur Joseph WirthZentrumMinistre de la Justice Johann Viktor Bredt(jusqu'au 06/12/1930)WP Curt Joël(à partir de 06/12/1930)Ministre des Affaires étrangères Julius CurtiusDVPMinistre de l'Économie Hermann Dietrich(jusqu'au 26/06/1930)DDP Ernst Trendelenburg(à partir du 27/06/1930)DDPAgriculture Martin SchieleDNVPMinistre des Finances Paul Moldenhauer(à partir du 20/06/1930)DVP Hermann Dietrich(à partir du 26/06/1930)DDPMinistre de la Défense Wilhelm GroenerMinistre du Travail Adam StegerwaldZentrumMinistre des Postes Georg SchätzelBVPMinistre des Transports Theodor von GuérardZentrumMinistre des Territoires occupés du Reich Gottfried TreviranusKPV
Histoire La crise 1929 touche durement la République de Weimar et l'économie allemande plonge dans la récession (baisse de la production et des prix dans l'industrie et dans l'agriculture) et l'État voit donc ses recettes diminuer (baisse de l'activité, donc baisse des prélèvements fiscaux).
Alors que le gouvernement de Müller est majoritaire est Reichstag, il se déchire face aux solutions à apporter à la crise ; entre politique de reflation et d'austérité. Le gouvernement chute sur l'impossibilité de compromis entre le SPD et la droite concernant l'assurance chômage.
Face à ces difficultés, Hindenburg nomme le chef du Zentrum, qui forme un gouvernement opte avec une politique de déflation et de restauration de l'équilibre budgétaire. Le gouvernement augmente les impôts sur les entreprises, ce qui déplaît au patronat puis, en , il baisse les salaires, les prix et les loyers (baisse des salaires dans la fonction publique, réduction des allocations chômage et des prestations sociales). Le gouvernement décide également de limiter les importations afin de limiter l'endettement extérieur.
Ce cabinet peut aussi être considéré comme le premier qui quitte le fonctionnement parlementaire du régime car il émane directement du président du Reich Paul von Hindenburg, qui exclut tout gouvernement de coalition avec le parti social-démocrate et donc mène à un gouvernement minoritaire.
De plus, lorsque Brüning présente son plan d'austérité au Reichstag en juin, il est mis en minorité. Cependant, Hindenburg utilise l'article 48 pour passer outre à ce vote, au nom d'un « péril pour le pays ». Le , une majorité hétéroclite rejette l'ordonnance, ce qui, en retour, provoque la dissolution du Reichstag par le Président.
Les élections de septembre sont un échec pour la coalition au pouvoir qui recule nettement tandis que les communistes et les nazis augmentent. Le gouvernement Brüning ne représente maintenant plus que 30 % de l'électorat, contre 40 % en avril. Pourtant, le gouvernement se maintient et devient un gouvernement présidentiel qui ne gouverne plus que par décret, et grâce à la « politique de tolérance » du SPD qui ne vote pas la censure. Si le gouvernement fait passer plusieurs lois normalement, il passe aussi 44 ordonnances via l'article 48 pour l'année 1931. Le Reichstag est court-circuité. Dès , le Parti des classes moyennes quitte la coalition, réduisant l'assise du gouvernement de 23 sièges.
La politique déflationniste et le dogme de l'équilibre budgétaire n'aboutissent pas en raison de la crise mondiale qui empêche les exportations, mais permettent de continuer de payer les réparations du traité de Versailles. Sur le plan extérieur, le gouvernement n'a pas la confiance de son homologue français qui s'inquiète de l'union douanière avec l'Autriche proposée par Brüning et fait retirer les crédits français en Allemagne. La politique d'austérité provoque aussi une panique bancaire des épargnants qui font de nombreux retraits et force la fermeture des banques allemandes en .
Cet échec mécontente l'entourage de Hindenburg, renforcé par la progression des nazis et du KPD aux élections municipales et locales.
Le , face à ces échecs, Hindenburg et son entourage, dont le Generalmajor Kurt von Schleicher, font pression sur Brüning pour droitiser son gouvernement, en excluant notamment les membres du Parti démocrate allemand, et une partie des catholiques. Brüning accepte aussi de nommer des ministres conservateurs sans-étiquettes. Le , le Président Hindenburg accepte la démission de Brüning, puis le nomme à nouveau pour former un nouveau gouvernement.
Bibliographie . . . .
Notes et références
Annexe Articles connexes Heinrich Brüning Cabinet Brüning II République de Weimar Liste des gouvernements allemands Gouvernement du Reich
Brüning1 Catégorie:Gouvernement minoritaire en Allemagne