thumb|La création des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l'Essonne, des Yvelines, du Val-d'Oise à partir de la Seine et de la Seine-et-Oise en 1968.
La réorganisation de la région parisienne est une modification de l'administration territoriale du district de la région parisienne, qui a été fixée par une loiLoi 64-707 du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne, JORF 162 du 12 juillet 1964, 6204–6209, fac-similé sur Légifrance. promulguée le . Un décret d'applicationDécret 67-792 du 19 septembre 1967 relatif à l'entrée en vigueur des dispositions de la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne, JORF 221 du 22 septembre 1967, 9380–9381, sur Légifrance. a fixé son entrée en vigueur au .
Elle a supprimé les départements de la Seine et de Seine-et-Oise, remplacés par ceux de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l'Essonne, des Yvelines et du Val-d'Oise. La Seine-et-Marne n'est pas concernée par ce redécoupage.
Causes de la réorganisation
L'historien Emmanuel Bellanger explique cette reconfiguration en mettant en avant deux éléments :
D'une part, le département de la Seine était devenu « trop puissant » (concentrant à l'époque 15 % de la population française), en contraste avec celui de Seine-et-Oise qui ne concentrait presque que des communes beaucoup plus pauvres ou enclavées. Cette reconfiguration a permis la création de nouveaux départements avec une population plus équilibrée et les mettant à égalité avec les autres départements du pays.
D'autre part, le pouvoir gaulliste souhaitait prévenir une potentielle élection des communistes à la tête du conseil général de la Seine (ce qui leur conférerait un contrôle indirect sur Paris), dans un contexte d'ascension politique du Parti communiste dans ce département où celui-ci contrôlait un grand nombre de mairies« 1964 : naissance d'un « département communiste » 40 communes issues de deux territoires », Le Parisien, 7 juillet 2014.. Ce redécoupage garantit ainsi l'autonomie de la ville de Paris à cette époque acquise à la droite et la création de plusieurs départements mêlant banlieues populaires et communes plus aisées, à l'images des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, et ne laissant à la gauche plus que la Seine-Saint-Denis comme bastion assuré dû au maintien d'une relative concentration de villes ouvrières en son sein.
Réorganisation des départements Jusqu'en 1964, la région parisienne se subdivisait en 3 départements, créés par la loi du : le département de Paris, rebaptisé en 1795 « département de la Seine » () ; le département de Seine-et-Oise () ; le département de Seine-et-Marne ().
Les deux premiers vont donner naissance à 7 nouveaux départements, la Seine-et-Marne conservant son nom et son territoire. La loi crée le département de Paris qui est entouré successivement par : la petite couronne avec 3 départements limitrophes de Paris : Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine ; la grande couronne composée des départements non limitrophes de Paris : Val-d'Oise, Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne.
Disparition du département de la Seine
En 1964, l'ambition de Paul Delouvrier est d'imposer le district de la région de Paris (institué en 1961, il regroupe Paris et la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne) comme l'institution phare des politiques régionales dans ce territoire capital, au détriment du département de la Seine (avec son conseil général et sa préfecture)Les tenants et les aboutissants de cette réorganisation sont expliqués par exemple par le chercheur CNRS Emmanuel Bellanger dans le Film documentaire en ligne, réalisé à l'occasion de la parution du livre "Val-de-Marne : Anthologie 1964 - 2014" paru aux Éditions de l'Atelier en 2014..
Avec la suppression du département de la Seine, les 81 communes sont réparties entre quatre nouveaux départements : Paris (1 commune), Hauts-de-Seine (27 communes), Seine-Saint-Denis (24 communes) et Val-de-Marne (29 communes).
Dans la capitale, le conseil municipal de Paris et le conseil général de la Seine sont remplacés par le Conseil de Paris, qui exerce à la fois les compétences d'un conseil municipal et celles d'un conseil général puis départementalLoi n°64-707 du 10 juillet 1964, articles 3 et 4. Celui-ci est mis en place au 1er janvier 1968.
Disparition du département de Seine-et-Oise
Le département de Seine-et-Oise, qui encerclait complètement le département de la Seine, a été dissous en constituant la totalité des départements de l'Essonne (194 communes), du Val-d'Oise (184 communes) et des Yvelines (259 communes) et en transférant des communes aux nouveaux départements des Hauts-de-Seine (9 communesChaville, Garches, Marnes-la-Coquette, Meudon, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Sèvres, Vaucresson et Ville-d'Avray), de la Seine-Saint-Denis (16 communesAulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Clichy-sous-Bois, Coubron, Gagny, Gournay-sur-Marne, Livry-Gargan, Montfermeil, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Le Raincy, Sevran, Tremblay-en-France, Vaujours, Villepinte - Source Atlas-Patrimoine93) et du Val-de-Marne (18 communesAblon-sur-Seine, Boissy-Saint-Léger, Chennevières-sur-Marne, La Queue-en-Brie, Le Plessis-Trévise, Limeil-Brévannes, Mandres-les-Roses, Marolles-en-Brie, Noiseau, Ormesson-sur-Marne, Périgny, Santeny, Sucy-en-Brie, Valenton, Villecresnes, Villeneuve-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges et Villiers-sur-Marne - Source Archives départementales du Val-de-Marne).
Création des départements Le découpage initial des départements est celui de l'annexe de la du portant réorganisation de la région parisienneLoi n° 64-707 du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne. : Département des Hauts-de-Seine. Communes : Antony, Asnières, Bagneux, Bois-Colombes, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry, Châtillon, Chaville, Clamart, Clichy, Colombes, Courbevoie, Fontenay-aux-Roses, Garches, La Garenne-Colombes, Gennevilliers, Issy-les-Moulineaux, Levallois-Perret, Malakoff, Marnes-la-Coquette, Meudon, Montrouge, Nanterre, Neuilly-sur-Seine, Le Plessis-Robinson, Puteaux, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Sceaux, Sèvres, Suresnes, Vanves, Vaucresson, Ville-d'Avray, Villeneuve-la-Garenne. Département du Val-de-Marne. Communes : Ablon-sur-Seine, Alfortville, Arcueil, Boissy-Saint-Léger, Bonneuil-sur-Marne, Bry-sur-Marne, Cachan, Champigny-sur-Marne, Charenton-le-Pont, Chennevières-sur-Marne, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Créteil, Fontenay-sous-Bois, Fresnes, Gentilly, L'Haÿ-les-Roses, Ivry-sur-Seine, Joinville-le-Pont, Le Kremlin-Bicêtre, Limeil-Brévannes, Maisons-Alfort, Mandres-les-Roses, Marolles-en-Brie, Nogent-sur-Marne, Noiseau, Orly, Ormesson-sur-Marne, Périgny, Le Perreux-sur-Marne, Le Plessis-Trévise, La Queue-en-Brie, Rungis, Saint-Mandé, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Maurice, Santeny, Sucy-en-Brie, Thiais, Valenton, Villecresnes, Villeneuve-le-Roi, Villejuif, Villeneuve-Saint-Georges, Villiers-sur-Marne, Vincennes, Vitry-sur-Seine. Département de la Seine-Saint-Denis. Communes : Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Bagnolet, Le Blanc-Mesnil, Bobigny, Bondy, Le Bourget, Clichy-sous-Bois, Coubron, La Courneuve, Drancy, Dugny, Épinay-sur-Seine, Gagny, Gournay-sur-Marne, L'Île-Saint-Denis, Les Lilas, Livry-Gargan, Montfermeil, Montreuil, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Noisy-le-Sec, Pantin, Les Pavillons-sous-Bois, Pierrefitte-sur-Seine, Le Pré-Saint-Gervais, Le Raincy, Romainville, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis, Saint-Ouen, Sevran, Stains, Tremblay-lès-Gonesse, Vaujours, Villemomble, Villepinte, Villetaneuse. Département du Val-d'Oise. Communes des cantons de : Argenteuil-Nord, Argenteuil-Sud, Cormeilles-en-Parisis, Écouen, Enghien-les-Bains, Gonesse, L'Isle-Adam, Luzarches, Magny-en-Vexin, Marines, Montmorency, Pontoise, Saint-Leu-la-Forêt, Sarcelles-Centre, Taverny. Département des Yvelines. Communes des cantons de : Bonnières-sur-Seine, La Celle-Saint-Cloud, Chatou, Chevreuse, Conflans-Sainte-Honorine, Houdan, Houilles, Limay, Maisons-Laffitte, Mantes-la-Jolie, Marly-le-Roi, Meulan, Montfort-l'Amaury, Poissy, Rambouillet, Saint-Germain-en-Laye, Versailles-Ouest, Versailles-Nord, Versailles-Nord-Ouest, Versailles-Sud. Et communes de : Bonnelles, Bullion, La Celle-les-Bordes, Longvilliers, Rochefort-en-Yvelines, Ablis, Allainville, Boinville-le-Gaillard, Clairefontaine-en-Yvelines, Craches, Orsonville, Paray-Douaville, Ponthévrard, Prunay-sous-Ablis, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Saint-Martin-de-Bréthencourt, Sainte-Mesme, Sonchamp. Département de l'Essonne. Communes des cantons de : Arpajon, Athis-Mons, Brunoy, Corbeil-Essonnes-Nord, Corbeil-Essonnes-Sud, Étampes, La Ferté-Alais, Juvisy-sur-Orge, Limours, Longjumeau, Massy, Méréville, Milly-la-Forêt, Montgeron, Palaiseau, Savigny-sur-Orge. Et communes de : Angervilliers, Boissy-sous-Saint-Yon, Breuillet, Breux, Dourdan, Roinville, Saint-Chéron, Saint-Cyr-sous-Dourdan, Saint-Maurice-Montcouronne, Saint-Sulpice-de-Favières, Saint-Yon, Sermaise, Le Val-Saint-Germain, Authon-la-Plaine, Chatignonville, Corbreuse, La Forêt-le-Roi, Les Granges-le-Roi, Mérobert, Plessis-Saint-Benoist, Richarville, Saint-Escobille.
Chefs-lieux Les chefs-lieux des départements nouvellement créés ont été fixés par un décret de 1965Décret 65-142 du 25 février 1965, JORF 48 du 26 février 1965, 1616. : Hauts-de-Seine : Nanterre ; Seine-Saint-Denis : Bobigny ; Val-de-Marne : Créteil ; Essonne : Évry-Petit-Bourg (aujourd'hui Évry-Courcouronnes) ; Yvelines : Versailles ; Val-d'Oise : Pontoise (l'hôtel de préfecture du Val-d'Oise étant cependant implanté sur le territoire de Cergy).
Préfets délégués En 1964, un décret est pris pour permettre la nomination de préfets délégués chargés d'organiser les nouveaux départements, en préparation de leur existence effective en 1968Décret 64-983 du 18 septembre 1964 relatif aux préfets délégués pour l'organisation des nouveaux départements de la région parisienne, JORF 221 du 22 septembre 1964, 8598.. Les préfets nommés ont été les suivants : Préfet délégué pour la Seine-Saint-Denis : Henri BouretDécrets du 19 septembre 1964, JORF 222 du 23 septembre 1964, 8629–8630. ; Préfet délégué pour les Hauts-de-Seine : Claude Boitel ; Préfet délégué pour le Val-de-Marne : Paul Camous puis Lucien LanierDécrets du 6 juin 1967, JORF 132 du 8 juin 1967, 5677. ; Préfet délégué pour l'Essonne : Christian Orsetti puis Alfred Diefenbacher puis à nouveau Christian Orsetti ; Préfet délégué pour le Val-d'Oise : André Chadeau puis Maurice ParafDécret du 13 septembre 1967, JORF 215 du 15 septembre 1967, 9214.. En 1968, ces préfets délégués ont été nommés préfets des départements nouvellement créésDécrets du 21 décembre 1967, JORF 299 du 24 décembre 1967, 12604–12605..
Réorganisation des circonscriptions législatives
La disparition des départements de la Seine et de Seine-et-Oise a rendu nécessaire la réorganisation des circonscriptions législatives. La loi du a ainsi modifié les limites des circonscriptionsLoi n° 66-502 du 12 juillet 1966 portant modification des dispositions du code électoral relatives à l'élection des députés à l'Assemblée nationale..
Le département de la Seine comportait, depuis 1958, 55 circonscriptions législatives, dont les 31 premières pour la seule ville de Paris. Ces dernières n'ont pas été modifiées et seules les circonscriptions 32 à 55 ont été réaffectées aux départements nouvellement créés. Le département de Seine-et-Oise comportait 18 circonscriptions législatives, qui ont elles aussi été réattribuées aux nouveaux départements. À cette occasion ont été modifiés le nombre et les limites de ces circonscriptions, la loi du prévoyant que le nombre de députés pour la France métropolitaine soit porté de 465 à 470. Ainsi le nombre de députés représentant la région parisienne est passé de 73 à 78.
Paris : 31 circonscriptions Essonne : 4 circonscriptions