Le « dopage mécanique », ou fraude technologique, consiste à utiliser des méthodes illégales d'augmentation de la performance d'engins mécaniques dans le cyclisme. Une technique utilisant un petit moteur électrique dissimulé dans le cadre d'un vélo est susceptible d'avoir été utilisée en 2010 lors de courses internationalesPatrick Testuz, « Le dopage mécanique électrise le peloton » - Les soupçons de triche technologique alimentent les discussions. Le pédalage assisté permettrait de rouler à , 2 juin 2010, sur 24heures.ch.. L'enquête n'a pas permis de prouver l'utilisation d'un tel procédé. Un premier cas de fraude technologique est décelé sur un vélo de la Belge Femke Van den Driessche lors des mondiaux de cyclo-cross 2016.. D'autres cas sont révélés par la suite dans le monde amateur.
Historique Au cours du mois de , une rumeur se répand selon laquelle sur certaines courses cyclistes professionnelles, des moteurs auxiliaires sont utilisés pour aider le coureur à pédaler« Et maintenant, on dope les vélos ? », sur velochrono.fr.. Avec l'aide d'un moteur miniature, un coureur peut garder des forces précieuses pour les deux ou trois dernières heures d'une course et ainsi arriver plus frais pour jouer la victoire« Le dopage technologique existe », sur letemps.ch..
Dans une vidéo, l'ancien coureur italien Davide Cassani participe à un reportage montrant la faisabilité et l'existence de vélos de course motorisés« À propos de Fabian Cancellara », sur ladepeche.fr.. Il essaye le vélo motorisé et affirme que le constructeur lui a certifié que quelques coureurs professionnels ont déjà utilisé ce matériel qui permet de rouler à sans se fatiguerLe « dopage mécanique » dans le cyclisme : info ou intox ?, sur lecoinsport.com.. Cassani accuse le cycliste suisse Fabian Cancellara — vainqueur du Tour des Flandres et Paris-Roubaix quelques semaines plus tôt — d'avoir utilisé ce stratagème. Dans la vidéo, Cassani indique que la batterie est cachée dans le cadre. Cependant, face à l'Union cycliste internationale (UCI), Cassani admet par la suite que la batterie doit plutôt avoir été logée dans un bidon en raison de sa taille.
Fabian Cancellara déclare à ce sujet : Finalement, rien ne sera prouvé. et le président de l'UCI, Patrick McQuaid, dénoncera une « histoire [qui] […] n'a jamais existé »« Pat McQuaid : Il n'y a jamais eu de vélos électriques », sur CyclismeRevue.eu..
L'UCI a déclaré en qu'elle n'a aucune preuve de « dopage mécanique ». Cependant, après une nouvelle expertise, elle a concédé la possibilité d'une telle manipulation des vélos de course et décidé de mettre en place dès le Tour de France 2010 des scanners afin de détecter les moteurs cachés. Début juillet, l'UCI déclare vérifier à l'issue de chaque étape un certain nombre de coureurs. Le nombre d'inspections est déterminé par la nature de l'étape et les caractéristiques du parcours. Il peut y avoir entre cinq et quinze vélos vérifiés. En cas de fraude détectée, le vélo sera confisqué et le coureur concerné exclu de la course. Les résultats de ces contrôles n'ont officiellement rien donné à la fin du Tour. Aux championnats du monde de cyclo-cross 2014, les vélos des trois premiers coureurs ont été vérifiés « UCI checked for motors in bikes at cyclo-cross Worlds », sur cyclingnews.com..
Lors du Tour d'Espagne 2014, Ryder Hesjedal est suspecté d'avoir un vélo électrique après la diffusion sur les réseaux sociaux d'un extrait vidéo de la . Après que le Canadien ait été victime d'une chute, la roue arrière de son vélo semble continuer de tourner. À la suite de la polémique, le manager de son équipe, Jonathan Vaughters, ironise sur son compte Twitter : . Guillaume Robert du site matosvelo.fr publie un article sur la polémique et estime qu'il ne s'agit probablement pas d'un cas de fraude technologique car le Canadien chute à grande vitesse en descente et évoque l'impossibilité d'intégrer . Il ajoute que la suspicion vient surtout du fait que la fameuse vidéo est au ralenti, l'impression n'auraient pas été la même en vitesse réelle..
En , l'UCI ajoute à son règlement des nouvelles sanctions pour les cyclistes et équipes convaincus de fraude technologique. La sanction est la disqualification du coureur de la course, une suspension d'au moins six mois et une amende de . Pour les équipes, les mêmes peines sont applicables sauf le montant de l'amende qui peut varier de à « Titre XII : Discipline et Procédures (version au 30.01.15) » , sur fr.uci.ch. « UCI introduces new sanctions against motorised doping », sur cyclingnews.com..
vignette|Van den Driessche est la première cycliste à être convaincue de fraude technologique. Le premier cas réel apparaît après l'épreuve féminine des moins de des championnats du monde de cyclo-cross 2016. L'UCI déclare avoir conservé pour de plus amples examens un vélo d'une concurrente, dans le cadre de son règlement sur la fraude technologique« Déclaration de l'UCI du 30 janvier 2016 », sur fr.uci.ch.. En effet, le vélo de la Belge Femke Van den Driessche, qui a abandonné la course sur incident mécanique, est conservé pour enquête« Dopage mécanique : quelque cloche avec le vélo d'une cycliste belge », sur 7sur7.be.. Van den Driessche déclare avoir pris le départ de la course, par erreur, avec le vélo motorisé, qui appartenait en fait à un de ses amis« Vélo à moteur : Femke Van den Driessche clame son innocence », sur directvelo.com.. L'Union cycliste internationale souhaite que la cycliste belge soit suspendue à vie pour marquer un signe fort dans la lutte contre la fraude technologique« Femke Van den Driessche : l'UCI veut frapper fort », sur 7sur7.be.. Le , Van den Driessche annonce qu'elle décide d'arrêter le vélo et renonce à se défendre devant l'UCI contre les accusations de dopage mécanique dont elle fait l'objet« Femke Van den Driessche arrête le vélo », sur sport.be.. Elle est finalement suspendue six ans« Six ans de suspension pour dopage technologique pour Femke Van den Driessche », 26 avril 2016, sur lequipe.fr..
Début , le président de l'UCI, Brian Cookson, annonce vouloir agir avec force contre le dopage motorisé. Il déclare : Quelques jours plus tard, environ sont contrôlés avant le début de la deuxième étape de La Méditerranéenne, mais sans résultat« Cyclisme : l'UCI contrôle les vélos de six équipes dans La Méditerranéenne », sur lexpress.fr..
En , deux journalistes diffusent un reportage durant lequel ils ont utilisé des caméras thermiques lors des Strade Bianche et d'une cyclosportive. Ils ont détecté des sources de chaleur dans le cadre de certains vélos et dans certaines roues, qui pourraient démontrer la présence de moteurs« Des moteurs sur certains vélos ? », sur lequipe.fr.. À la suite de ce reportage, l'Association internationale des coureurs (CPA) demande des sanctions exemplaires, telles que la suspension à vie« L'Association internationale des coureurs prône la suspension à vie pour l'utilisation de vélos avec moteurs », sur lequipe.fr., tandis que le Mouvement pour un cyclisme crédible demande à l'UCI d'ouvrir une enquête interne« Fraude technologique : communiqué de presse du MPCC », sur mpcc.fr..
Avant le début du Tour d'Italie 2016, l'UCI a annoncé faire entre d'ici la fin de l'année à la recherche de mini-moteurs cachés. La méthode de l'UCI, qui consiste à utiliser une tablette par résonance magnétique, est critiquée et considérée comme inefficace. Selon le président Brian Cookson, près d'un million d'euros ont été investis pour le développement de la méthode de la tabletteL'Équipe, 4 mai 2016.« Moteur caché dans les vélos : l'UCI va pouvoir détecter toute forme de tricherie, selon Brian Cookson », 3 mai 2016, sur lequipe.fr. « Motor-Doping: UCI will 2016 bis zu 12.000 Räder untersuchen », 5 mai 2016, sur radsport-news.com.. Lors des championnats du monde masters disputés en (plus de ), le Français Robert Massot est disqualifié pour manipulation techniqueMasters Cycling Classic - ROAD : St. Johann in Tirol - 24. Aug. bis 27. Aug. 2016.. Son déclassement mentionne l'article du règlement UCI qui concerne les assistances artificielles au pédalageGuide de clarification du règlement technique..
Lors du Tour de France 2017, sont effectués avec des tablettes spéciales, sans résultats. Selon une recherche menée conjointement par les chaînes de télévision ARD et et le journal italien Corriere della Sera, ces tests ne sont pas aussi efficaces qu'annoncés par l'UCI parce que les contrôleurs ne sont pas formés adéquatement. Le président de l'UEC, David Lappartient, a rejeté ces résultats en déclarant que les tablettes fonctionnent à 100 %. Fin juillet, Alessandro Andreoli, un coureur amateur italien de , est suspendu pour avoir utilisé un moteur caché lors d'une course« Le cycliste amateur avait un petit moteur », sur lequipe.fr.Italian amateur denies using mechanical doping.. En octobre, toujours chez les amateurs, c'est lors d'une course en France qu'est découvert un moteur dans un vélo.. Le coureur, Cyril Fontayne, âgé de , a reconnu la fraude mécaniqueL'Équipe, 3 octobre 2017.., et expliqué avoir acheté le moteur sur internet et l'avoir monté lui-même, dans le but de après une maladie qui l'a empêché de faire du vélo pendant trois mois.. En , la Fédération française de cyclisme (FFC) décide de l'interdire de licence pour une durée de cinq ans.. Il est condamné en par le tribunal correctionnel de Périgueux à soixante heures de travaux d'intérêt général, un euro symbolique versé à la FFC, et versés au club cycliste de Créon-d'Armagnac pour lequel il avait couru..
En , le coureur français Alexandre Geniez déclare au Petit Bleu d'Agen : ..
En , l'UCI annonce l'utilisation d'un caisson mobile à rayons X, une nouvelle méthode de détection qui est utilisée en plus des tablettes magnétométriques et des caméras thermiquesL’UCI présente un plan d’action renforcé contre la fraude technologique..
En , l'ancien coureur français Thomas Voeckler déclare lors d'un entretien à Libération : ..
Faisabilité technique La firme autrichienne Gruber, qui commercialise ce type de système depuis 2007, déclare en réponse que l'assistance électrique Gruber Assist n'a pas été conçue pour servir de « dopage mécanique », et ne peut même pas être utilisée pendant les courses« Assistance électrique Gruber Assist - Cancellara non coupable ! », sur cycloblog.fr.. Cependant, des professionnels ne partagent pas cet avis : avec les modifications appropriées, le système y compris la batterie peut parfaitement être caché dans un tube de cadre.
L'ancien coureur et directeur de la commission technique britannique Chris Boardman indique qu'il avait déjà averti l'UCI en 2009, sur l'utilisation potentielle de cette technologie « Boardman warned the UCI of risks of bike doping », sur cyclingnews.com.. Les propos sont confirmés par Marco Bognetti, ancien membre de la commission du matériel de l'UCI.
Beaucoup de coureurs professionnels actifs, y compris Linus Gerdemann et Jens Voigt, ont cependant considéré la possibilité de frauder de cette façon « difficile à imaginer », notamment sur la base du poids d'un vélo de course qui permettrait de remarquer cette incorporation assez facilement « Italienischer Richter ermittelt in "Motor-Doping"-Affäre », sur radsport-news.com..
Dans un documentaire diffusé à la télévision de l'émission hollandaise Bureau Sport avec la participation de Michael Boogerd, Nico Mattan et Michael Rasmussen, il est confirmé l'existence d'un système qui pourrait générer jusqu'à cent cinquante watts de puissance supplémentaire« Bureau Sport: Special », 3 janvier 2014, sur npo.nl..
En 1979