Lucie Cousturier, née Jeanne Lucie Brû à Paris le et morte dans la même ville le Archives de Paris, acte de décès n°1216, vue 3 / 19. est une artiste peintre, écrivaine, essayiste et militante anticolonialiste française.

Biographie Lucie Brû naît dans une famille aisée, son père Léon Casimir posséde la manufacture de poupées Brû à ParisBiographie dans Lucie Cousturier, les tirailleurs sénégalais et la question coloniale, Paris, L'Harmattan, 2009.. Dès 14 ans, elle s'intéresse à la peinture. Elle est l’élève des artistes néo-impressionnistes Paul Signac et Henri-Edmond Cross. Elle peint dans un style proche de ces peintres et consacre des études à leurs œuvres. Elle se marie en 1900 avec Edmond Cousturier, peintre et critique d'art. Un an plus tard, elle donne naissance à leur fils.

Artiste néo-impressionniste Elle fait partie du courant des néo-impressionnistes et expose ses premières oeuvres au Salon des indépendants en 1901. Elle expose en 1906 au Salon de la libre esthétique de Bruxelles et présente des toiles à la Berliner Secession de Berlin. Des expositions personnelles régulières ont lieu de 1906 à 1913. Elle peint des œuvres au dont elle sait aussi s’affranchirÉléments biographiques sur le site RFI.. Elle rédige à partir de 1911 divers articles et monographies sur les membres importants de ce mouvement (Georges Seurat, Paul Signac, Henri-Edmond Cross, Ker-Xavier Roussel, Maurice Denis) qui constituent des témoignages de première main, montrent sa maîtrise de la théorie de la peinture néo-impressionniste et font d'elle la première spécialiste de ce mouvement. Henri-Edmond Cross lui écrit qu'elle est par son talent « la seule femme peintre contemporaine ».

Son œuvre présente une variété de thèmes et son style se modifie au cours de sa vie, passant d'un néo-impressionnisme maîtrisé à des aquarelles spontanées réalisées durant ses voyages.

Militante pour l'émancipation des peuples de couleur Durant la Première Guerre mondiale, elle va vivre à Fréjus dans une maison achetée en 1913, « Les Parasols », à côté de laquelle sont installés des campements de tirailleurs sénégalais qui y séjournent avant leur montée au front. Elle visite les campements et décide d'améliorer l'apprentissage de la langue française des soldats : elle organise des cours d'alphabétisation à son domicile, et en fera le thème du récit Des inconnus chez moi qu'elle publie en 1920La Compagnie la Poursuite adapte cette œuvre à la scène en 2014, au moment de la célébration du centenaire de la Première Guerre mondiale..

En 1921 et 1922, chargée par le gouvernement français d’étudier "le milieu indigène familial et spécialement le rôle de la femme", elle effectue un voyage en Afrique-Occidentale française dont elle ramène de nombreuses toiles et trois nouveaux livres qui retracent ce périple. Lucie Cousturier fait figure de précurseur sur ce sujet, avant d’autres intellectuels français engagés comme André Gide (Voyage au Congo, 1927 et Retour du Tchad, 1928) ou Michel Leiris (L'Afrique fantôme, 1934). Les portraits qu'elle réalise sont loin des représentations stéréotypées des peuples africains, nus ou dans des costumes authentiques, qui prévalaient alors. Revenue en France, elle écrit dans Le Paria, « journal des prolétariats noirs et jaunes » (cf. Hommes et immigrations., et consacre la fin de sa vie au combat pour l’émancipation des peuples colonisés. vignette|Le nègre écrivant, aquarelle peinte entre 1921 et 1924.

Collection Brû-Cousturier Commencée par son père , la collection Brû-Cousturier dont hérite Lucie Cousturier, comptait des pièces importantes du mouvement néo-impressionniste, dont la célèbre toile de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte, achetée à la famille Seurat en 1900 pour . La toile est vendue en 1924 à des collectionneurs de Chicago, Frederic Clay et Helen Birch BartlettArt Institute of Chicago, notice de l'œuvre., puis donnée à l'Art Institute of Chicago deux ans plus tard, avec une clause interdisant tout prêt extérieur, à l'exception d'une unique fois, ce qui aura lieu à New York en 1958 pour une rétrospective Seurat organisée par les directeurs de l'Art Institute of Chicago et du Museum of Modern Art, Daniel Catton Rich et René d'Harnoncourt.

Œuvres Peinture

Fleurs et fruits de Provence, 1890-1917, huile sur toile, Helsinki, Ateneum Art Museum Pivoines, 1900-1910, huile sur bois, Saint-Denis-de-la-Réunion, Musée Léon-Dierx Les Jouets, 1903, Norfolk, Chrysler Museum of Art Autoportrait, vers 1905-1910, huile sur bois, musée d'art d'Indianapolis Vase de fleurs, huile sur toile, Minneapolis, musée d'art d'Indianapolis Femme faisant du crochet, vers 1908, huile sur toile, Paris, musée d'Orsay Bouquet de fleurs, 1910, huile sur toile, Cologne, Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud Fleurs, vers 1912, huile sur toile, Saint-Tropez, Musée de l'Annonciade Femme à sa toilette, non daté, huile sur toile, Beauvais, Musée de l'Oise Promenade au bois, localisation inconnueRené Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, . Massif de la Jungfrau (soir), localisation inconnue Saint-Tropez (l'eucalyptus)', localisation inconnue Anthémis, localisation inconnue Poivrons et grenades, localisation inconnue Homme noir écrivant, 1921-1924, aquarelle sur papier, Saint-Tropez, musée de l'Annonciade

Publications Des inconnus chez moi, 1920. La forêt du Haut-Niger, 1923. Mes inconnus chez eux, mon amie Fatou, citadineCommentaires sur le livre sur le site Femmes écrivains et littérature africaine, Paris, F. Rieder et , éditeurs, 1925. Mon ami Soumaré, laptot, 1925. Seurat, Paris, 1926. K. X. Roussel, Paris, 1927.

Expositions Une exposition lui est consacrée du au au musée de VernonRéseau des Musées de Normandie. Exposition collective et itinérante au Musée des Beaux-Arts de Limoges puis le monastère royal de Brou, « Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880-1940 » en 2020-2021 Elle fait partie des artistes présentées dans le cadre de l'exposition « Artistes voyageuses, l'appel des lointains – 1880-1944 » au palais Lumière d'Évian puis au musée de Pont-Aven en 2023., Au musée de l’Annonciade, à Saint-Tropez, une exposition « Lucie Cousturier, une artiste chez les Néo-Impressionnistes » a lieu du au .

Notes et références

Annexes

Bibliographie Roger Little (dir.), Lucie Cousturier, les tirailleurs sénégalais et la question coloniale, Paris, L'Harmattan, 2009. Adèle de Lanfranchi, Lucie Cousturier, 1876-1925, Paris, auto-édition, 2008. Gilles Kerzerho, Lucie Cousturier de Signac à Bakoré Bili, Rousset, éd. INDEX, 2014

Liens externes

Œuvres de Lucie Cousturier sur le site Figuration féminine.

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