Delphine Ernotte-Cunci, ou simplement Delphine Ernotte, est une dirigeante d'entreprise française, née le à Bayonne (Basses-Pyrénées).
Ingénieure centralienne de formation, elle travaille à partir de 1989 dans l'industrie des télécommunications au sein de France Télécom, puis Orange, occupant plusieurs postes de direction à partir de 2000 et jusqu'en 2015. Le , elle est nommée présidente de France Télévisions pour un mandat de cinq ans par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), et occupe le poste à partir du . Elle est reconduite à ces mêmes fonctions deux fois, le ., puis le . par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).
Début , elle est élue à la présidence de l'Union européenne de radio-télévision pour une prise de fonction au ..
Biographie Famille et formation Delphine Cunci est la fille de Roger Cunci et de Simone Brana, tous deux médecins au pays basque françaisWho's Who in France, édition 2013, .. Son grand-père maternel, Jean-Pierre Brana, fut maire de Bayonne à la Libération, de 1945 à 1947... Son oncle maternel., Guy Brana, ancien élève de l’École polytechnique, fut, entre autres mandats., vice-président trésorier du Conseil national du patronat français et à ce titre, la cible en 1986 d'un attentat d'Action directe, dont il sortit miraculeusement indemne.. Sa sœur, Marie-Christine Lemardeley, est adjointe de la maire de Paris Anne Hidalgo, chargée des questions relatives à l'enseignement supérieur, la vie étudiante et la recherche.
Elle est diplômée de l'École centrale Paris. (promotion 1989)..
Le , elle épouse le comédien Marc Ernotte. De ce mariage naissent deux enfants ; l'un d'entre eux est médecin.
France Télécom / Orange (1989-2015) Delphine Ernotte, ou Delphine Ernotte Cunci, travaille à France Télécom (devenue par la suite Orange), de 1989, tout d'abord comme analyste financière., jusqu'à 1993. Elle y est ensuite ingénieure économiste à la recherche et développement, chargée de la planification jusqu'en 1999. Elle dirige ensuite un réseau de boutiques Orange à Paris. Elle est par la suite nommée directrice générale en 2000 de La Société de diffusion de radiotéléphonie (SDR), poste qu'elle occupe jusqu'en 2004.
De 2004 à 2006, elle est directrice régionale Centre-Val de Loire. En , elle est nommée directrice de la « communication France ». À ce titre, elle est responsable du renouveau de l'image de marque d'Orange.
En , elle est nommée directrice commerciale France puis directrice « Grand public France » chez Orange en 2009. À ce titre, elle est directrice générale d'Orange Distribution, filiale d'Orange SA.
En , elle est appelée par Stéphane Richard, devenu directeur général et , comme directrice générale adjointe chargée des Opérations France. Elle fait donc partie des deux femmes qui siègent au comité exécutif du groupe OrangeCommuniqué de presse, 25 février 2010, .. Lorsque Stéphane Richard est nommé PDG le , Delphine Ernotte devient directrice générale d'Orange FranceCommuniqué de presse, 28 février 2011, ..
Présidente de France Télévisions (depuis 2015) Le , Delphine Ernotte est élue par les membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à la présidence de France Télévisions pour remplacer Rémy Pflimlin à partir du et pour un mandat de cinq ans.. Elle est la première femme à occuper ce poste..
Dans son plan stratégique remis au CSA, la nouvelle présidente fixe trois priorités : , et . Elle prévoit le et une afin d'.. L'une de ses premières décisions est de s'adjoindre la présence de Stéphane Sitbon-Gomez, petit-fils du journaliste Guy Sitbon, et considéré selon Le Monde comme le bras droit de Cécile Duflot..
En , elle procède au remplacement de Pascal Golomer par Michel Field à la direction de l'information« France Télévisions : nomination surprise de Michel Field », L'Expansion.fr, 7 décembre 2015.. Cependant, la Société des journalistes de France 2 s'étonne de l’éviction « brutale » de Golomer . La direction justifiera ce remplacement par la non venue de Marine Le Pen la présidente du FN à Des paroles et des actes, et un manque de réactivité de France 2 après les attentats du . Golomer avait également émis des doutes sur la mise en œuvre de la future chaîne France Info.
En 2016, Pascal Golomer sera finalement nommé par Ernotte directeur de la rédaction des sports de France Télévisions, en remplacement de François Brabant, appelé à rejoindre la création de France Info.
Début 2020, Delphine Ernotte se déclare candidate à sa propre succession à la tête de France Télévisions. Elle considère que France Télévisions « a besoin de continuité ». Le CSA la nommera pour un second mandat le .
Début , Delphine Ernotte devient la première femme à être élue à la tête de l'Union européenne de radio-télévision. Elle prend ses fonctions le . Elle est également membre du Groupe de travail mondial pour les médias publics, une initiative de la Public Media Alliance, depuis sa formation en .
Quelques semaines après le début de son second mandat à la tête de France Télévisions, Delphine Ernotte insiste sur l'un de ses objectifs majeurs en matière de ressources humaines, la diversité : « On a un énorme rattrapage à faire. Ce sera le fil rouge de mon mandat ».
En , Le Monde révèle qu'une partie variable de la rémunération des rédacteurs en chef de France Télévisions dépend de leurs efforts de renforcement de la couverture des sujets suivants : « Diversité, visibilité, Outre-Mer, Europe »A France Télévisions, les rédacteurs en chef incités à parler davantage d’Europe, lemonde.fr, 18 janvier 2021. Pour Marianne, la pratique de prime financière et de contrainte éditoriale pour mettre en avant l'européisme « pose problème ». Delphine Ernotte prendrait ainsi les devants sur un projet gouvernemental « qui consiste à pousser les Français à aimer l'Europe. Le tout sur des chaînes financées par l'argent public »Étienne Campion, Des journalistes de France TV mieux payés s'ils parlent de l'UE ? Le rêve européen à marche forcée, marianne.net, 19 janvier 2021.
En , Laurent Delpech est nommé par Delphine Ernotte à la tête de France Info en remplacement d'Erik Berg, qui occupait ce poste jusqu’en .
En , elle est reconduite par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour un troisième mandat consécutif.
Autres responsabilités Engagement pour l'égalité femme-homme Décrite comme féministe., Delphine Ernotte est engagée pour l'égalité professionnelle femme-homme.. Dans un entretien en 2012, elle déclare .. Au sein du groupe Orange, elle met en place en le réseau Innov’Elles afin de contribuer à la valorisation et à la promotion des femmes au sein du groupeDossier de presse : « l’égalité professionnelle chez Orange », , , consulté le=24 avril 2015...
Mandats Le , Delphine Ernotte Cunci est élue présidente du comité « Éthique et Développement durable » et membre du Comité d’audit et des comptes de Suez Environnement..
Elle préside le conseil d'administration de l'École nationale supérieure de la photographie (implantée à Arles)..
Elle est membre du conseil d’administration de CentraleSupélec depuis et en est la présidente depuis le . Elle siège également au conseil d’administration de l’établissement culturel « Le Cent-Quatre ».
En , elle est cooptée au sein du club Le Siècle..
Le , Delphine Ernotte remplace Monica Maggioni à la vice-présidence de l'Union européenne de radio-télévision..
Controverses À France Telecom Dans le cadre de ses fonctions à France Télécom, Ernotte fut confrontée à la question sensible des suicides, dans laquelle son ancien PDG Didier Lombard avait mis en place un mode de management critiqué pour la pression qu’il faisait porter sur ses salariés, consécutive à la mise en place du plan « Next », qui aura pour conséquences une vague de suicides entre 2008 et 2010 (près d'une soixantaine sur la période), conduisant à la démission du patron d'Ernotte« Suicides à France Télécom : un document interne alourdit la responsabilité des ex-dirigeants », L'Express.fr, 7 mai 2013 (consulté le 3 juillet 2016)..
Propulsée à la direction générale adjointe chargée des Opérations France par Stéphane Richard, puis à la présidence d'Orange France, elle admet alors que ces drames ont suscité chez elle et . Néanmoins, neuf suicides se produisent à nouveau entre janvier et . Soit, en deux mois, presque autant que pour l'ensemble de l'année 2013 ().
À France Télévisions Sur sa nomination Selon L'Obs et Laurent Mauduit, sa nomination a été préparée par un influent réseau composé de David Kessler (ancien conseiller médias et culture auprès de François Hollande et responsable de la filiale cinéma de Orange), Xavier Couture (ex-TF1 et Canal+ et ancien conseiller chargé des relations avec les acteurs de l'audiovisuel auprès de Stéphane Richard) et par « le lobbyiste » Denis Pingaud, conseil de Mathieu Gallet... Selon plusieurs médias, elle aurait également reçu le soutien d'Anne Hommel, ancienne conseillère de Dominique Strauss-Kahn, ancienne secrétaire de Jean-Christophe Cambadélis et ancienne consultante d'Euro RSCG. Laurent Mauduit ajoute que Sylvie Pierre-Brossolette, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), a elle aussi milité, discrètement car , pour sa candidature.
D'après Laurent Mauduit, Delphine Ernotte a été nommée grâce à la coalition des votes d'Olivier Schrameck, Sylvie Pierre-Brossolette, Nathalie Sonnac et Nicolas Curien .
Les rédactions de France 2 et France 3 dénoncent le la procédure mise en place par le CSA pour choisir le nouveau président de la télévision publique...
Philippe Bilger dénonce également une nomination Mentionné sur l'article .. Laurent Mauduit critique une désignation , affirmant notamment que Delphine Ernotte a plagié le projet de son concurrent Didier Quillot par l'intermédiaire de Xavier Couture, qui aurait d'abord soutenu ce dernier avant de rejoindre Delphine Ernotte .
Deux syndicats, la CGC et la CFDT, contestent la régularité de la nomination de Delphine Ernotte en déposant plainte contre Olivier Schrameck pour abus d’autorité et trafic d’influence. Le ministère public classe l'affaire sans suite. puis le Conseil d'État rejette les recours.. Les deux syndicats déposent ensuite un recours devant le Conseil d'État. Delphine Ernotte, qui n'est pas visée, publie alors un contestant les allégations de Laurent Mauduit, selon ce dernier ..
Exercice du mandat Le , elle déclare lors d'une interview dans l'émission Le Grand direct des médias sur Europe 1 que . Ces propos ont rapidement suscité une controverse, Ernotte se retrouvant notamment accusé de par l'ancien animateur de Nulle part ailleurs Philippe Gildas. Une accusation similaire est formulée de manière plus implicite par le journaliste Ivan Rioufol. Julien Lepers, officiellement évincé en de l'émission Questions pour un champion qu'il animait pendant , accuse quant à lui la présidente de France Télévisions de .
En , sa décision de licencier Philippe Verdier le pour avoir utilisé l'image du groupe pour la promotion de son livre est la cible de critiques.
Alors que la Cour des comptes publie un rapport critique sur la gestion de l'entreprise publique par Rémy Pflimlin, président entre 2009 et 2015, une enquête menée par BFM Business affirme le même mois que Delphine Ernotte, la nouvelle directrice touche un salaire qualifié d'« exorbitant » par Le Figaro, constitué d'un fixe de brut par an, avec un bonus variable pouvant aller jusqu'à , soit un total de bruts par an. Delphine Ernotte répond que sa rémunération annuelle a été divisée par deux en quittant FT/Orange pour rejoindre France Télévisions. Cette rémunération serait identique à celle de son prédécesseur, Rémy PflimlinLes salaires mirobolants de France Télévisions, lefigaro.fr, 31 octobre 2016.