L'Appel du désigne un tract de Charles Tillon diffusé à Bordeaux avec la complicité de certains kiosquiers communistes. Les tracts rapportant l'appel du dirigeant du Parti communiste étaient encartés dans des journaux bordelais comme La France ou La Petite Gironde.

Le contexte politico-diplomatique et militaire Ce même jour, le maréchal Pétain, nommé président du Conseil par le président Albert Lebrun fait un discours radiophonique :

Ce discours et cette nomination font suite à la démission de Paul Reynaud du poste de Président du Conseil.

Entre le et le , l'armée belge faisait défection, et la Grande-Bretagne décidait, sans concertation avec le commandement français, de replier son armée en rembarquant par Dunkerque la totalité de son corps expéditionnaire de , ainsi que , laissant le reste de l'armée française seule face aux Allemands.

Le représentant de Churchill auprès du gouvernement français, le général Edward Spears, est venu à Bordeaux le pour tenter de convaincre Paul Reynaud et Georges Mandel, ministre de l'Intérieur, de rejoindre Londres, mais sans succès. Reynaud allait démissionner et Mandel était sur le point d'embarquer à bord du paquebot Massilia pour continuer la guerre depuis l'Afrique du Nord. Résolu de longue date à refuser la défaite et à continuer le combat, de Gaulle décide de repartir à Londres ce même jour et Spears l'accompagne dans l'avion mis à disposition de De Gaulle par Churchill pour son voyage de retour en France la veille.

Le tract Franck Liaigre dans son ouvrage consacré aux FTP (2015) souligne qu’à ce jour aucun exemplaire original n’a été retrouvéSylvain Boulouque, Charles Tillon et Valentin Feldman, nonfiction.fr, 16 avril 2021.

Ce texte a pu être présenté comme un appel à la résistance au fascisme hitlérien (il revendique notamment la ). Selon Yves Santamaria, il n'est toutefois que , dénonce la guerre comme impérialiste et rejette l'alliance avec l'Angleterre. Cité par .. Pour leur part, Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier sont sensibles à la différence de ton entre ce tract, offensif envers l'hitlérisme, et les comportements plus ambigus à la même période d'autres membres de la direction du parti (dont Jacques Duclos). Le tract de Charles Tillon leur semble symptomatique de la pensée d'un dirigeant proche des milieux syndicalistes, davantage en prise avec la classe ouvrière, et qui ne s'est rendu qu'une fois (en 1931) en Union soviétique..

Un texte plus long, d'une vingtaine de pages, publié également à Bordeaux le (le « manifeste de Bordeaux »), reprend et développe les mêmes thèmes, vilipendant plus vivement encore l'hitlérisme mais aussi le régime de Vichy et l'armistice, qualifié de « pacte de bourreaux ». Texte Un exemplaire du tract a été retrouvé aux archives départementales de la Gironde par l'historien Roger Bourderon Roger Bourderon, Le PCF à l'épreuve de la guerre, 1940-1943, De la guerre impérialiste à la lutte armée, Éditions Syllepse, 2012, p.79. Bourderon montre que le tract du musée Jean Moulin, est un faux et qu'il existe au moins 4 tracts communistes distribués dans la région de Bordeaux entre le et le , et qu'aucun d'entre eux ne peut être daté de façon précise. thumb|Tract "Appel au peuple de France" signé "Le parti communiste de France" trouvé par Roger Bourderon aux Archives départementales de la Gironde cote VR32

APPEL AU PEUPLE DE FRANCE Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l'ESPAGNE, l'AUTRICHE, l'ALBANIE et la TCHECOSLOVAQUIE.

La grande force de paix qu'était l'UNION SOVIETIQUE était repoussée.

ET MAINTENANT, ILS LIVRENT LA FRANCE

Les incapables, les veules, les lâches, les vendus à HITLER voudraient esquiver les responsabilités.

ILS ONT TOUS TRAHI : Les gouvernants ont toujours agi contre le peuple.

Après avoir emprisonné plus de quinze mille travailleurs,

Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est,

Après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers,

Ils jugent pouvoir, avec le concours d'HITLER, livrer le pays entier au fascisme.

Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme. Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.

Il est le NOMBRE : uni, il sera la FORCE.

Notre PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS toujours vivant malgré la répression, fait appel aux traditions françaises de liberté et d'indépendance.

IL FAUT QUE LE PEUPLE TOUT ENTIER SE DRESSE

Pour l'arrestation immédiate des traîtres

Pour un gouvernement populaire s'appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, rétablissant la légalité du PARTI COMMUNISTE, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s'entendant avec l'URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux,

Commerçants, artisans et intellectuels,

Soldats, marins, aviateurs encore sous les armes,

UNISSEZ-VOUS DANS L'ACTION

LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Articles connexes Appel du 10 juillet 1940

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